Louis Néel

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Louis Eugène Félix Néel ( à Lyon, France à Brive-la-Gaillarde, France) est un physicien français. Il est lauréat du prix Nobel de physique de 1970[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Élève en classe préparatoire au lycée du Parc, puis au lycée Saint-Louis, il entre en 1924 à l’École normale supérieure, d'où il sortit major de sa promotion d'agrégation en 1928. Il prépare ensuite une thèse à Strasbourg sous la direction de Pierre Weiss. Docteur ès sciences physiques en 1932[2], il est professeur à la Faculté des Sciences de Strasbourg de 1937 à 1945.

En 1939, il est mobilisé et détaché auprès de la Marine nationale. Ses travaux sur la démagnétisation des navires de guerre (protection contre les mines magnétiques, par « des stations de désaimantation »), effectués en un temps record (quelques mois passés au Centre de recherche de la marine), ont permis d'épargner des centaines de vies en 1940[3]. Ce laboratoire de recherche est dissous le 1er octobre 1940 à la suite de l'armistice.

Louis Néel, avec ses assistants Robert Forrer et Louis Weil migre alors à l'Institut Polytechnique de Grenoble dont le directeur Félix Esclangon l'avait côtoyé en 1940 au laboratoire de recherche de la marine, avant qu'il ne remplace le doyen René Gosse, socialiste et résistant révoqué par le Gouvernement de Vichy. En 1955, il permet l'arrivée du CEA à Grenoble sur d'anciens terrains militaires[4]. Il devient professeur à la Faculté des Sciences de Grenoble où, de 1945 à 1976, il est successivement directeur du Laboratoire des essais mécaniques de l’Institut polytechnique de Grenoble (1942-1953), puis directeur du Laboratoire d’électrostatique et de physique du métal de Grenoble (1946-1970) et enfin directeur du Laboratoire de magnétisme de Grenoble (1971-1976). En relation avec le Commissariat à l'énergie atomique, en 1957 il a participé à l'installation de la pile Mélusine au sein du Centre d'études nucléaires de Grenoble puis à celle de l'Institut Laue-Langevin, première coopération scientifique franco-allemande d'envergure de l'après guerre. Il devient membre étranger de la Royal Society.

Il est lauréat du prix Nobel de physique de 1970 (avec Hannes Alfvén) « pour un travail fondamental et des découvertes à propos de l'antiferromagnétisme et du ferromagnétisme, ce qui a mené à d'importantes applications en physique de l'état solide[1] ».

Mandats scientifiques[modifier | modifier le code]

De 1950 à 1976, Louis Néel cumule les mandats scientifiques : directeur et président de l’Institut polytechnique de Grenoble, directeur du Centre d’études nucléaires de Grenoble, membre du Comité consultatif des Universités, membre du directoire, puis du conseil d’administration du CNRS, membre du Conseil de l’enseignement supérieur, président de la Commission de physique du CNRS, électronique, électricité et magnétisme, et représentant de la France au Comité scientifique de l’OTAN.

Il a soutenu le développement à Grenoble des mathématiques appliquées, mais en œuvrant pour l’implantation dans la ville de l’Institut Laue-Langevin et de l’European synchrotron radiation facility, il est considéré comme l'instigateur du Polygone scientifique. De nos jours, un parvis porte son nom devant le centre Minatec.

Il fut président de la Fondation Louis-de-Broglie de 1973 à 1991.

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Son implication dans la défense nationale, notamment à travers la recherche sur la protection des navires de guerre par désaimantation contre les mines magnétiques, lui vaut plusieurs distinctions :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Louis Néel, Le magnétisme dans l'Œuvre de Paul Langevin, 1972.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « for fundamental work and discoveries concerning antiferromagnetism and ferrimagnetism which have led to important applications in solid state physics » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Physics 1970 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 19 juin 2010
  2. Louis Néel, Influence des fluctuations des champs moléculaires sur les propriétés magnétiques des corps, Université de Strasbourg (thèse de doctorat ès Sciences Physiques), Strasbourg, 1932, 120 p. [thèse en ligne (page consultée le 19 juin 2010)]
  3. Bernard Barbara, « L'œuvre de Louis Néel », sur louisneel-centenaire.inpg.fr, CNRS,‎ 2001 (consulté le 6 octobre 2012), p. 3/10.
  4. Le Point, « Les terrains stratégiques du CEA »,‎ (consulté le 23 septembre 2015)
  5. a et b Lauréats de prix de la SFP
  6. Lauréats de la médaille Blondel
  7. Lauréats de la médaille d'or du CNRS

Liens externes[modifier | modifier le code]

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