Rodion Raskolnikov

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Raskolnikov.
Mikhaïl Klodt: Marmeladov et Raskolnikov (à gauche).

Rodion Romanovitch Raskolnikov (en russe : Родион Романович Раскольников) est le personnage principal du roman de Fiodor Dostoïevski, Crime et Châtiment.

Raskolnikov dans le roman[modifier | modifier le code]

Raskolnikov (sans doute né en 1843) est un ancien étudiant en droit tombé dans la pauvreté. Il décide de commettre un crime en tuant Aliona Ivanovna, une vieille usurière:

« Il s'est décidé à tuer une vieille usurière, veuve d'un conseiller titulaire. Cette vieille est stupide, sourde, avare et prend des taux usuraires disproportionnés. Elle est méchante et, issue d'un autre temps, exploite sa sœur cadette comme domestique. "Elle est totalement inutile", "dans quel but vit-elle?", "Est-elle utile à quelqu'un?", etc. »[1].

« Elle donne quatre fois moins que le coût d'une chose, et prend des intérêts mensuels à taux de 5 ou même de 7, etc[2]. »

Cependant, il hésite encore à la tuer. Une lettre reçue de sa mère change la donne : elle lui écrit que le mariage de sa sœur est prévu bientôt avec un certain Loujine. Raskolnikov comprend que sa sœur n'aime pas son futur mari et qu'elle s'est sacrifiée pour le bien-être matériel de la famille et surtout pour lui, son frère dans le besoin. Le jeune homme se décide donc à tuer et à voler la vieille femme, mais tue accidentellement la sœur de celle-ci, témoin involontaire. Avec sa théorie que les gens sont divisés en personnes ordinaires (qui suivent le courant) et en personnes extraordinaires, infiniment rares, lesquels ne sont pas soumis aux mêmes règles que la masse des ordinaires, et sont notamment dépositaires d'un « droit moral de tuer ». Raskolnikov est convaincu d'appartenir à la seconde catégorie, et c'est ainsi qu'il se justifie à lui-même son meurtre.

Apparence[modifier | modifier le code]

« Du reste, il était remarquablement bien de sa personne, avec de beaux yeux sombres, roux foncé, la taille au-dessus de la moyenne, mince et élancé...Il était si mal habillé que tout autre aurait honte de sortir ainsi dans la rue avec des tels oripeaux pendant la journée. »

Prototypes[modifier | modifier le code]

L'immeuble dit « de Raskolnikov » à Saint-Pétersbourg.

Guérassime Tchistov[modifier | modifier le code]

Greffier de 27 ans, vieux-croyant, qui en janvier 1865 a tué à coups de marteau deux vieilles femmes (une cuisinière et une blanchisseuse) à Moscou dans le but de voler les biens de leur maîtresse Mme Doubrovina, de la classe des petits bourgeois. C'est d'une malle de fer que de l'argent et des objets d'argent et d'or ont été dérobés. Les deux victimes ont été trouvées dans des pièces différentes et dans des mares de sang (journal La Voix («Голос») 1865, 7-13 septembre).

А. Т. Néophytov[modifier | modifier le code]

Professeur d'histoire à Moscou, parent en ligne maternelle de la tante de Dostoïevski (issue de la classe des marchands) A. F. Koumanina dont il figure dans le testament comme Dostoïevski lui-même. Il a été arrêté dans une affaire de faux billets à taux de 5 % de prêt à domicile (comparer le motif de l'enrichissement instantané dans la conscience de Raskolnikov).

Pierre-François Lacenaire[modifier | modifier le code]

Pierre-François Lacenaire est un criminel français qui avait reconnu que tuer quelqu'un était pour lui comme «boire un verre de vin»; justifiant ses crimes, Lacenaire a écrit des vers et des Mémoires pour démontrer qu'il était «victime de la société». Animé d'un esprit de vengeance, et voulant combattre les injustices sociales au nom des idées révolutionnaires, il se serait en apparence inspiré de ce que lui auraient dit des socialistes utopistes (compte rendu du procès de Lacenaire, qui s'est tenu dans les années 1830, par Dostoïevski dans les pages du journal «Le Temps», 1861, №2).

Adaptation à l'opéra[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre de Dostoïevski à Mikhaïl Katkov écrite à Wiesbaden 10(22)—15(27) septembre 1865
  2. Crime et Châtiment, tome I, chapitre VI
  3. Abram Gozenpoud/Гозенпуд, Абрам Акимович, Dostoïesvki et la musique/ Достоевский и музыка, Léningrad, Музыка,‎ , 175 p. [détail de l’édition], p. 150—169

Bibliographie[modifier | modifier le code]