Jean Audran

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Jean Audran
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Autres activités
Maître
A influencé
François-Bernard Lépicié
Père
Mère
Jeanne Chéron
Fratrie
Enfants
Distinctions

Jean Audran est un graveur aquafortiste et buriniste français né à Lyon le et mort en son logement des Gobelins à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Disciple de son oncle Gérard Audran[1], c'est « à l'âge de vingt ans, nous dit Karl Heinrich von Heinecken, que Jean Audran commence à se produire. Ses succès sont tels qu'il obtient le titre de graveur et de pensionnaire du Roi de France, avec un logement aux Gobelins »[2] et qu'il est reçu académicien le sur présentation des portraits gravés d'Antoine Coysevox d'après Hyacinthe Rigaud et de Noël Coypel d'après Charles Antoine Coypel[3]. C'est à Jean Audran personnellement, estime Donald Posner, qu'Antoine Watteau, après avoir rompu avec Claude Gillot pour travailler auprès de Claude Audran III, doit à son tour son entrée à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1712[4].

Du mariage de Jean Audran avec Marie-Marguerite d'Ossier, on connaît la naissance d'au moins onze enfants, dont Benoît Audran le Jeune (1698-1772), également graveur, Michel Audran, entrepreneur des tapisseries du Roi aux Gobelins, et Gabriel Audran, négociant dans les îles. Marie-Marguerite décède le à l'âge de 38 ans, en même temps que sa dernière fille Geneviève-Suzanne à qui elle donnait alors naissance[5].

Le squelette du cheval gravé par Jean Audran s'inscrit dans le projet confié par François Robichon de la Guérinière à Charles Parrocel, peintre possédant une profonde connaissance de l'art équestre, d'illustrer par l'estampe L'école de cavalerie, contenant la connaissance, l'instruction et la conservation du cheval (1733). Parrocel confiant ses dessins préparatoires aux graveurs (outre Parrocel lui-même, on relève les noms de Jean Audran, Nicolas-Dauphin de Beauvais, Laurent Cars, Louis Desplaces, Nicolas-Gabriel Dupuis ou Jacques-Philippe Le Bas), le squelette de Jean Audran s'inscrit parmi ces pièces aujourd'hui dispersées dans les musées et les collections particulières qui permettent de mesurer l'importance donnée par Robichon de la Guérinière et Parrocel au projet[6].

Neil Jeffares relève que Jean Audran est également pastelliste[7].

Jean Audran exerce la gravure jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans et Charles-Paul Landon estime son œuvre gravé à la quantité de cent-vingt pièces, « sans y comprendre plusieurs autres sujets gravés pour les libraires et insérés dans divers ouvrages ». Landon ajoute qu'« un certain nombre d'estampes marquées simplement du nom d'Audran ont embarrassé quelques amateurs qui ne savent auxquels des artistes de cette famille on doit les attribuer »[8].

Élèves[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

L'alliance de Bacchus et de l'Amour, d'après Charles-Antoine Coypel
Louis XV, d'après Pierre Gobert

Par ordre alphabétique des artistes interprétés :

Galerie[modifier | modifier le code]

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Expositions[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Jean Audran, disciple de son oncle Gérard, savait, comme lui, mélanger habilement les travaux de la pointe aux travaux du burin et tirer de ces deux outils savamment dirigés un excellent parti ; il dessinait avec aisance et savait se plier aux exigences particulières des différents artistes auxquels il demandait des modèles ; lorsqu'il pouvait être guidé par les peintres eux-mêmes, en suivant scrupuleusement leurs conseils et en se conformant aux observations qui lui étaient faites, il arrivait à rendre d'une façon très satisfaisante la forme des figures ou des objets, et l'aspect même des tableaux qu'il entendait reproduire... Savoir conserver l'harmonie à toutes ces figures sans en sacrifier absolument aucune, exprimer la fraîcheur des chairs en même temps que le brillant des étoffes et la somptuosité du cadre au milieu duquel la scène se passe, tout cela n'est pas tâche facile, et Jean Audran s'en acquitta avec honneur. » - Georges Duplessis[1]

Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

Le squelette du cheval, d'après Charles Parrocel

France[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Espagne[modifier | modifier le code]

Italie[modifier | modifier le code]

  • Pinacothèque Tosio Martinengo, Brescia, Antoine Coysevox, d'après Charles Antoine Coypel ; La bataille du Granique, La bataille d'Arbelles, La reine des Perses aux pieds d'Alexandre, La défaite de Porus, Porus amené devant Alexandre, L'entrée triomphale d'Alexandre à Babylone, d'après Charles Le Brun[10].
  • Pinacothèque Repossi (it), Chiari, Antoine Coysevox, d'après Charles Antoine Coypel ; La bataille du Granique, La bataille d'Arbelles, d'après Charles Le Brun ; L'enlèvement des Sabines, d'après Nicolas Poussin[10].
  • Musées civiques de Lecco (it), L'alliance de Bacchus et de l'Amour, d'après Charles Antoine Coypel[10].
  • Civica raccolta di incisioni Serrone, Villa Reale, Monza, Infans salus gentium, d'après Francesco Albani ; L'adoration des bergers, d'après Pierre de Cortone ; L'enlèvement des Sabines, d'après Nicolas Poussin ; Colonne, d'après Raphaël Sanzio[10].

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Slovaquie[modifier | modifier le code]

  • Galerie municipale de Bratislava, Le couronnement de Marie de Médicis, d'après Pierre Paul Rubens.

Suisse[modifier | modifier le code]

La bataille du Granique, d'après Charles Le Brun
  • Musée d'art et d'histoire de Genève, L'alliance de Bacchus et de l'Amour et Athalie chassée du temple d'après Charles Antoine Coypel ; La Reine blanche pénétrée de l'esprit de Dieu, La résurrection de Lazare et La pêche miraculeuse, d'après Jean-Baptiste Jouvenet ; Entrée triomphale d'Alexandre dans Babylone, d'après Charles Le Brun ; Galatée, d'après Carlo Maratta ; L'enlèvement des Sabines, d'après Nicolas Poussin ; Sainte Scolastique, d'après Jean Restout ; Henri IV délibérant sur son futur maariage et Le couronnement de Marie de Médicis, d'après Pierre Paul Rubens.

États-Unis[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Georges Duplessis, Les Audran, Librairie de l'art L. Allison, 1892.
  2. Karl Heinrich Heinecken, Dictionnaire des artistes dont nous avons des estampes, avec une notice détaillée de leurs ouvrages gravés, chez Jean-Gottlob-Immanuel Bretikopf, Leipzig, 1778.
  3. Emile Bellier de la Chavignerie et Louis Auvray, Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine du dessin jusqu'à nos jours, Librairie Renouard, 1882.
  4. Donald Posner, Antoine Watteau, Cornell University Press, 1984.
  5. Extraits des registres de la paroisse Saint-Hippolyte conservés aux Archives de la ville de Paris.
  6. Xavier Salmon, Charles Parrocel et l'école de cavalerie, dans François Robichon de la Guérinière, écuyer du Roi et d'aujourd'hui, actes du colloque tenu en l'École nationale d'équitation, ]
  7. Neil Jeffares, Dictionary of pastellists before 1800, Unicorn Press, 2006.
  8. Charles-Paul Landon, Annales du musée et de l'école moderne des beaux-arts, Imprimerie des annales du musée, tome 15, 1807.
  9. a et b Abraham Rees, article « French school of engraving » dans The Cyclopædia, or universal dictionary of arts, sciences and literature, Longman, Hurst, Rees, Orme et Brown, Londres, 1819.
  10. a, b, c, d, e, f, g et h Musées de Lombardie, Jean Audran dans les collections
  11. a et b Philadelphia Museum of Art, Jean Audran dans les collections
  12. a et b Bibliothèque municipale de Valenciennes, Jean Audran dans les collections
  13. a et b Metropolitan Museum of Art, "L'évanouissement d'Esther" par Jean Audran dans les collections
  14. a, b, c, d, e, f, g et h Musées d'art de Harvard, Jean Audran dans les collections
  15. a et b Metropolitan Museum of Art, "L'Annonciation" par Jean Audran dans les collections
  16. a et b Université de Liège, Jean Audran dans les collections
  17. a et b Davison Art Center, Jean Audran dans les collections
  18. a et b Musée Rolin, "La résurrection de Lazare" par Jean Audran dans les collections
  19. a et b Metropolitan Museum of Art, "Moïse défendant les filles de Jethro" par Jean Audran dans les collections
  20. a et b Musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne, "La bataille du Granique" par Jean Audran dans les collections
  21. a et b Musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne, "La reine des Perses aux pieds d'Alexandre" par Jean Audran dans les collections
  22. a et b Musée des vbeaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne, "La bataille d'Arbelles" par Jean Audran dans les collections
  23. a et b Musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne, "L'entrée triomphale d'Alexandre dans Babylone" par Jean Audran dans les collections
  24. a et b Musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champagne, "La défaite de Porus" par Jean Audran dans les collections
  25. a et b Musée des beaux-arts et d'archéologie de Châlons-en-Champgne, "Porus amené devant Alexandre" par Jean Audran dans les collections
  26. a et b Charles Le Brun et Jean Audran, Les expressions des passions de l'âme, présentation de l'ouvrage
  27. a et b Château de Versailles, "Fontaine d'Apollon et de Daphné" par Jean Audran dans les collections
  28. a et b Château de Versailles, "Fontaine de Persée et d'Andromède" par Jean Audran dans les collections
  29. a et b R.E. Lewis, Henri IV délibérant de son futur mariage, présentation de l'estampe
  30. a et b Royal Collection, "Marie de Modène" par Jean Audran dans les collections
  31. a et b National Portrait Gallery, "Le Roi Jacques II" par Jean Audran dans les collections
  32. Kunsthalle de Brême, Sous le signe du lus : la gravure française au temps de Louis XIV, présentation de l'exposition
  33. « La collection d'estampes des musées », L'hebdomadaire du vendredi, Châlons-en-Champagne,
  34. a, b, c, d, e, f et g Joconde - Collections des musées de France, Jean Audran
  35. Musée des beaux-arts de Dole, Jean Audran dans les collections
  36. École nationale supérieure des beaux-arts, Jean Audran dans les collections
  37. Musée du Louvre, Jean Audran dans les collections
  38. a, b, c, d, e et f National Trust Collection, Jean Audran dans les collections
  39. British Museum, Jean Audran dans les collections
  40. Royal Academy, "Printemps" par Jean Audran dans les collections
  41. Royal Académy, "Hiver" par Jean Audran dans les collections
  42. Royal Collection, "Henri IV délibérant sur son futur mariage" par Jean Audran dans les collections
  43. Victoria and Albert Museum, Jean Audran dans les collections
  44. San Francisco De Young Museum, Jean Audran dans les collections
  45. National Gallery of Art, Hyacinthe Rigaud dans les collections

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Robichon de la Guérinière, gravures d'après les dessins de Charles Parrocel, L'école de cavalerie, contenant la connaissance, l'instruction et la conservation du cheval, Éditions Collombat, in-folio, 1733, et in-octavo, 1736 ((présentation en ligne).
  • Catalogue des estampes provenant des fonds de planches des sieurs Gérard, Benoist, Jean et Louis Audran, graveurs ordinaires du Roi, en son Académie royale de peinture et de sculpture, et qui se trouvent présentement à Paris, chez Benoït Audran, graveur, rue Saint-Jacques, à l'enseigne de la ville de Paris, Imprimerie Lottin, 1757 et 1763.
  • François Basan, Dictionnaire des graveurs anciens et modernes depuis l'origine de la gravure, avec une notice des principales estampes qu'ils ont gravées, chez De Lormel, Saillant, Veuve Durand, Durand et Dessaint, Paris, 1767.
  • Karl Heinrich von Heinecken (de), Dictionnaire des artistes dont nous avons des estampes, avec une notice détaillée de leurs ouvrages gravés, chez Jean-Gottlob-Immanuel Breitkopf, 1778.
  • Charles-Paul Landon, Annales du musée et de l'école moderne des beaux-arts, chez Charles-Paul Landon, Imprimerie des annales du musée, tome 15, 1807.
  • Michael Bryan, Dictionnaire biographique et critique des peintres et des graveurs, vol. 1, 1813.
  • Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, Plon, 1872.
  • Roger Portalis et Henri Béraldi, Les graveurs du XVIIIe siècle, tome 1, Damascène Morgand et Charles Fatout, 1881.
  • Emile Bellier de la Chavignerie et Louis Auvray, Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine du dessin jusqu'à nos jours, Librairie Renouard, Paris, 1882.
  • Paul Lacroix, L'ancienne France - Peintre et graveurs, Firmin-Didot et Cie, Paris, 1888, réédition B.N.F. 2012.
  • Georges Duplessis, Les Audran, collection « Les artistes célèbres », Librairie de l'art L. Allison, 1892 (lire en ligne).
  • Emile Dacier, La gravure française, Larousse, 1944.
  • Les Muses, encyclopédie des arts, article « Audran, famille de graveurs et de peintres français », tome 2, Grange Batelière, Paris, 1970.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Xavier Salmon, Charles Parrocel et l'école de cavalerie, dans François Robichon de la Guérinière, écuyer du Roi et d'aujourd'hui, actes du colloque tenu sous la direction de Patrice Franchet d'Espèrey, École de cavalerie, .
  • Neil Jeffares, Dictionary of pastellists before 1800, Unicorn Press, 2006 (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]