Les Yeux d'Elsa

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Les Yeux d'Elsa
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Les Yeux d’Elsa est un recueil de vingt et un poèmes de Louis Aragon, publié en 1942. Il rassemble des poèmes parus en revues entre juin 1941 et février 1942. Aragon a indiqué les avoir publiés « dans l’ordre suivant lequel ils ont été écrits »[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Louis Aragon et Elsa Triolet chez leur ami Pierre Seghers à Villeneuve-lès-Avignon en 1941.

Elsa Triolet rencontre Louis Aragon en 1928 à Montparnasse, au café La Coupole, fréquenté par beaucoup d'artistes. Il devient l'homme de sa vie, celui par qui elle peut enfin s'enraciner dans la société française. Elle devient sa muse. Il épouse Elsa le 28 février 1939. Sa poésie est largement inspirée, depuis les années 1940, par l'amour qu'il lui voue[2].

Sur le front de mai 1940, subissant la débâcle des armées françaises, Aragon, mobilisé en 1939, fait preuve d'un courage qui lui vaut d'être décoré de la croix de guerre et de la médaille militaire. Ces mois de guerre sont à l'origine d'une grande part des poèmes du recueil Les Yeux d'Elsa, publié en 1942 par Pierre Seghers. Réfugié par la suite en zone libre, où il continue d'écrire les poèmes qui composent ce recueil, il va participer, autant par la plume qu'en organisateur clandestin, à la Résistance dans les milieux intellectuels. Son œuvre poétique est mise au service de la mobilisation patriotique.

À la différence de René Char, qui prend le maquis et ne publiera qu'après la guerre ses Feuillets d'Hypnos, ou de Pierre Reverdy qui choisit de ne plus écrire de poèmes tant que la France est occupée, Aragon croit possible de mener le combat avec ses propres armes : la poésie. Ce recueil évoque aussi les malheurs de la guerre et se veut une contribution poétique à la Résistance : l'hymne à l'amour est aussi hymne à la France, à travers sa poésie.

Analyse[modifier | modifier le code]

Ce recueil inaugure le long cycle consacré par l'auteur à sa compagne Elsa Triolet[2],[3], avec qui il formera jusqu'à la mort de celle-ci, en 1970, un couple mythique. Aragon poursuit inlassablement sa création poétique, à partir de la femme qui lui donne « tous les pouvoirs ». Suivront notamment Les Yeux et la Mémoire (1954), Le Roman inachevé (1956), Elsa (1959), Le Fou d'Elsa (1963), Il ne m'est Paris que d'Elsa (1964).

Louis Aragon revient dans ce recueil à une simplicité des images et des rythmes, loin des provocations de ses recueils précédents, pour montrer le lien entre son lyrisme personnel et son engagement poétique[4].

Les Yeux d’Elsa est aussi le titre du premier poème du recueil[5].

Chanson[modifier | modifier le code]

Le poème qui fait le titre du recueil fut mis en musique et chanté par plusieurs artistes, dont André Claveau, Jean Ferrat, Alain Barrière et plus récemment Les Enfoirés 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Roy, Aragon, Paris, Seghers, collection Poètes d'aujourd'hui, numéro 2, .
  • Georges Sadoul, Aragon, Paris, Seghers, collection Poètes d'aujourd'hui, numéro 159, .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopædia Universalis, « Les Yeux d'Elsa », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 24 septembre 2018)
  2. a et b Louis Aragon sur le site "Les Voix de la poésie"
  3. « Les yeux d'Elsa - Louis Aragon - Babelio », sur www.babelio.com (consulté le 23 septembre 2018)
  4. Chauvin, Danièle. « « L'histoire et mon amour ont la même foulée... ». Broniewski sous le signe d'Aragon », Revue de littérature comparée, vol. n o 307, no. 3, 2003, pp. 275-292, premier paragraphe Lire en ligne
  5. Alexandre Desportes, « Poème Les yeux d'Elsa - Louis Aragon », sur www.poesie-francaise.fr (consulté le 24 septembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]