Pêche miraculeuse

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La Pêche miraculeuse, d'après Gustave Doré.
La Pêche miraculeuse (1610), de Pierre Paul Rubens.

Dans le Nouveau Testament, il y a deux pêches miraculeuses, une avant (Lc 5. 1-11) et une après (Jn 21. 1-24) la résurrection de Jésus-Christ.

La première, relatée par Luc, est à l'origine de la vocation des apôtres Pierre, Jacques et Jean, qui abandonnant leurs filets se mettent à la suite du Christ et deviendront 'pêcheurs d'hommes'.

La seconde, relatée par Jean, est liée à une manifestation de Jésus ressuscité au même groupe de pêcheurs, confirmant par un repas pris ensemble l'aspect physique de sa résurrection et le caractère universel de la mission qui leur est confiée (153 poissons dans les filets). Jean ne présente pas l'évènement comme 'miracle'.

L'usage veut que sous la dénomination de 'pêche miraculeuse', les textes religieux évoquent plus habituellement le premier événement, considéré comme miracle, qui se passe avant la Passion de Jésus.

Texte[modifier | modifier le code]

Évangile selon Luc, chapitre 5, versets 1 à 11 :

« Comme Jésus se trouvait auprès du lac de Génésareth, et que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, il vit au bord du lac deux barques, d'où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets. Il monta dans l'une de ces barques, qui était à Simon, et il le pria de s'éloigner un peu de terre. Puis il s'assit, et de la barque il enseignait la foule. Lorsqu'il eut cessé de parler, il dit à Simon : avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher. Simon lui répondit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; mais, sur ta parole, je jetterai le filet. L'ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l'autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu'elles enfonçaient. Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit : Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. Car l'épouvante l'avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu'ils avaient faite. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Alors Jésus dit à Simon: Ne crains point; désormais tu seras pêcheur d'hommes. Et, ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent[1]. »

La Pêche miraculeuse d'après Raphaël (1515).

Interprétation[modifier | modifier le code]

Le docteur de l’Église Grégoire le Grand dans son homélie 24 s'attarde nettement plus sur la deuxième pêche miraculeuse effectuée une fois le Christ ressuscité. Néanmoins il donne quelques indications sur la métaphore que constitue dans la Bible, le fait de pêcher des poissons. Pour ce pape donc, le lac est le monde présent, battu par les vagues de la vie; le rivage est le repos éternel, et naturellement les poissons représentent les humains, bons et mauvais stipule pour cette première pêche, Grégoire le Grand.

Benoît XVI lors de l'Angélus du dimanche 10 février 2013 donne sa vision de l'appel du Christ et de cette première pêche miraculeuse: « De cette manière, l'évangéliste montre comment les premiers disciples ont suivi Jésus et lui ont fait confiance, en s'appuyant sur sa parole, accompagnée par des signes miraculeux...L'image de la pêche se rapporte à la mission de l'Église...Le texte donne à réfléchir sur la vocation au sacerdoce et à la vie consacrée.»[2]

L'énigme des 153 poissons[modifier | modifier le code]

Cette énigme est liée à une rencontre de Jésus, ressuscité, avec ses disciples de Galilée. La rencontre se fait au bord du lac au petit matin, quand la barque de Simon-Pierre revient avec les disciples mais sans poisson. Jésus leur crie alors de jeter les filets à droite de la barque. Ce qu’ils font et c’est le miracle : les filets se remplissent de gros poissons, jusqu’à 153. Un bon chiffre. Mais pourquoi donner une telle précision comme s’il s’agissait d’un concours de pêche, ou d’un message secret ? Ainsi dans l’Apocalypse de Saint-Jean (13,18) il est question de « 666 » le chiffre de la Bête. A propos de 153 (Jean 21,11) l’écrivain voulait-il utiliser le célèbre code milésien (de Milet)[3] connu depuis longtemps dans les pays de culture grecque ? Rappelons ce qu’il en est : A chaque lettre (signe) de l’alphabet grec est associé un chiffre (un nombre entier) appelé sa valeur numérique (ou gématrique) . Voici ce code :

(alpha) α = 1 (bêta) β =2 (gamma)g=3 (delta) δ = 4 (epsilon) ε =5 (dzêta) ζ = 7 (êta) η=8 (thêta) θ = 9 (iôta) i = 10 (kappa) k = 20 (lambda) l=30 (mu)m = 40 (nu)n=50 (ksi)ξ=60 (omicronn)ο =70 (pi)π = 80 (rho)r =100 (sigma) σ = 200 (tau)t = 300 (upsilonn) u = 400 (phi) φ = 500 (ch) χ = 600 (psi) ψ = 700 (oméga) ω=800

De même, à chaque nom grec composé de plusieurs lettres est associé un chiffre, appelé sa valeur numérique (ou gématrique) qui est la somme des valeurs numériques des différents composants du nom. Par exemple :

                                                                                                                                                                                                           φ   ι   λ   ι  π   π   ο   σ (en français  Philippe)              500   10   30   10   80   80   70   200                          La somme de ces huit valeurs numériques est 980. 

Le calcul montre que le nom « Ephèse » a lui aussi pour valeur numérique 980. Ainsi un nombre peut être la valeur numérique de plusieurs noms (mots). Venons-en maintenant à la recherche du nom(ou des noms) qui pourrait avoir pour valeur numérique 153. Pour cela rappelons la proposition faite par Jésus à quelques pêcheurs du lac de Galilée : quitter leur métier pour le suivre, lui Jésus, et apprendre de lui, à devenir pêcheurs d’hommes. D’où une question que l’on peut se poser : 153 ne serait-il pas la valeur numérique de l’un de ces pêcheurs d’hommes, que ce soit Simon-Pierre ou un autre des Douze ? Le calcul montre que n α θ α n α η l (Nathanaël) dont le nom n’est pas mentionné dans la liste des Douze, seul, ce disciple possède une valeur numérique proche de 153 (à savoir : 50+1+9+1+50+1+8+30 = 150). Ainsi M α ρ θ α (Marthe) a pour valeur numérique : 40 + 1 + 100 + 9 + 1 = 151. Par contre M α ρ ι α (Marie) a pour valeur numérique : 40+ 1 + 100 + 10 + 1 = 152 Enfin η m α γ δ α l η n η (Madeleine, littéralement la magdaléenne, celle de Magdala) a pour valeur numérique : 8+40+1+3+4+1+30+8+50+8 = 153

Mais il ne faudrait pas en déduire trop vite que seule Madeleine, a pour valeur numérique 153. Il se pourrait fort bien que d’autres noms aient aussi 153 pour valeur numérique. En effet on a vu plus haut que 980 était à la fois la valeur numérique du nom φ ι λ ι π π ο σ (Philippe) et aussi celle du nom Eφ ε σ ο σ (Ephèse). Dans le cas de 153 il est clair que l’écrivain, auteur du texte, pense seulement à Madeleine, vue la proximité étroite de celle-ci avec M α ρ ι α (Marie) , M α ρ θ α (Marthe) et n α θ α n α η λ (Nathanaël). Autrement dit si c’est par hasard que les valeurs numériques de M α ρ θ α (Marthe) et M α ρ ι α (Marie) se suivent, il n’en est plus de même pour les autres. En effet après Marie(de Béthanie)à laquelle pense instinctivement l’écrivain sacré, on attendrait Marie-Madeleine(nom, et le surnom ici nécessaire pour distinguer les deux Marie). Or l’écrivain n’a gardé que le surnom permettant ainsi la proximité immédiate des deux Marie.


(Nathanaël) n’est rendue possible que grâce à une manipulation du nom du disciple, par exemple, en lui donnant un surnom. Ainsi ces petits changements permettent d’obtenir quatre valeurs numériques qui se suivent exactement. Dans quel but ?

Probablement pour exprimer leur proximité spirituelle. Certes, dans l’Eglise de Jésus l’autorité donnée aux Douze est fondamentale, mais ne pas oublier les relations amicales et fraternelles, que demande Jésus, au cours de son dernier repas : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous, les uns les autres, comme je vous ai aimés. Si vous avez de l’amour les uns pour les autres, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples.» La mission des pêcheurs d’hommes est de rassembler dans une même barque tous ceux qui attendent le Royaume de Dieu. Tous les disciples, qu’ils soient masculins ou féminins, sont invités à participer à la mission confiée aux Douze. Non pas peut-être en tant que cadre dans la hiérarchie de l’Eglise, mais sûrement en vivant intensément, avec foi et amour, leur vie de fils de Dieu et de frère des hommes. Oui une hiérarchie est nécessaire dans l’église de Jésus afin de ne pas dévier. Mais pour tous, l’amour vécu au jour le jour est encore plus nécessaire. Une phrase de saint Jean de la Croix résume tout ce qui vient d’être dit : «  Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. »

Jusqu’ici nous avons envisagé surtout le cas des pêcheurs d’hommes et des disciples masculins et féminins. Que dire de Marie de Nazareth, η m η t η r (la mère) de Jésus, devenue au pied de la croix, la m η t η r (mère) du disciple bienaimé. Marie de Nazareth, η m η t η r (la mère) de Jésus a pour valeur numérique 464 comme Nazareth. Terminons sur la relation étroite entre Marie de Nazaret et les trois femmes dont les valeurs numériques se suivent. On découvre que 151+152+153 = 456. Or 456 est la valeur numérique de «mère» et 464 est la valeur numérique de «la mère». Il y a donc une étroite relation entre Marie de Nazaret et les saintes femmes dont parle l’évangile de Jean. D’après cet évangile, c’est Marie de Magdala qui a eu le privilège de voir, la première, Jésus ressuscité. Il est donc permis de penser que, des 3 femmes, elle est la plus proche de Jésus. Ce que traduit bien la proximité matérielle des chiffres : 151 152 153… S’il faut conclure, Marie de Magdala mérite, selon Jean, son nom milésien secret de 153…


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après la traduction de Louis Segond.
  2. Angélus de Benoit XVI du dimanche 10 février 2013
  3. Code Milésien

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Homélies sur les évangiles de saint Grégoire le Grand, éditions Sainte-Madeleine
  • IV Évangile, chapitre 21