José Saramago

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José Saramago

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José Saramago

Activités Écrivain, journaliste, dramaturge, poète
Naissance
Azinhaga, Santarém
Drapeau du Portugal Portugal
Décès (à 87 ans)
Tías, Lanzarote, Îles Canaries
Drapeau de l'Espagne Espagne
Langue d'écriture Portugais
Distinctions Prix Nobel de littérature en 1998

Œuvres principales

Compléments

Site officiel

José de Sousa Saramago est un écrivain et journaliste portugais, né le à Azinhaga (Portugal) et mort le à Lanzarote (îles Canaries (Espagne)[1]. Il est le seul Portugais décoré du Grand-Collier de l'Ordre de Sant'Iago de l'Épée et reste à ce jour l'unique auteur lusophone à avoir reçu le prix Nobel de littérature.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille modeste du sud du Portugal, il est rapidement obligé d'abandonner ses études secondaires, commencées à Lisbonne, pour entrer dans une école professionnelle dont il sort avec un diplôme de serrurier[2]. Parallèlement à sa formation, il se passionne pour la littérature et la langue française qu'il a longtemps pratiquée et admirée[2].

Il exerce son métier dans plusieurs hôpitaux de la capitale mais l'abandonne très vite pour occuper des postes administratifs dans différentes entreprises[2].

En 1944, il épouse Ilda Reis dont il a une fille, Violante.

Son premier roman paraît en 1947 : Terre du péché (Terra do pecado). Cependant, il lui faut attendre 20 ans pour s'imposer dans le milieu littéraire, collaborant avec de nombreux journaux portugais dont Diário de Notícias pour lesquels il écrit des chroniques et des poèmes. Son second roman L'Année 1993 (O ano de 1993) ne paraît qu'en 1975[2].

José Saramago explique lui-même cette percée tardive en littérature par son manque d'assurance et ses incertitudes[2]. Dès lors, sa production demeure ininterrompue et foisonnante jusqu'à sa mort. En 1982, son roman Le Dieu manchot (Memorial do convento) lui apporte, à 60 ans, la renommée internationale ainsi que le Grand Prix du roman du Pen Club en 1984.

En 1988, il se remarie avec la journaliste Pilar del Río.

En 1998, il obtient le prix Nobel de littérature, « pour avoir, grâce à ses paraboles soutenues par l'imagination, la compassion et l'ironie, rendu sans cesse à nouveau tangible une réalité fuyante dans une œuvre aux profondeurs insoupçonnées et au service de la sagesse. »[3].

Il est également détenteur du prix Camoes et est docteur honoris causa des universités de Bordeaux et Lille III[4].

Atteint de leucémie, il meurt le .

José Saramago a passé ses dernières années aux îles Canaries, au large des côtes africaines.

Opinions politiques[modifier | modifier le code]

Saramago a été membre du Parti communiste portugais à partir de 1969. Athée, il s'est décrit lui-même comme un pessimiste. Ses positions ont provoqué la controverse au Portugal, notamment après la publication de L'Évangile selon Jésus-Christ (O Evangelho Segundo Jesus Cristo, 1991). Il n'a jamais dissimulé sa défiance face à la construction européenne dont il a déploré les dérives libérales[5]. Il disait s'interroger constamment sur la place conférée par la Commission de Bruxelles et le Parlement de Strasbourg à son pays, pauvre et démuni, dont il craignait l'engloutissement.

À la fin de sa vie, Saramago s'engage fortement dans le mouvement altermondialiste, participant aux forums sociaux mondiaux et étant l'un des signataires du Manifeste de Porto Alegre. Il s'est également engagé dans la contestation de la version officielle des attentats du 11 septembre 2001. Il a, de plus, souvent dénoncé la politique du gouvernement israélien vis-à-vis de la Palestine. Il fut membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le .

Il a été candidat aux élections européennes de 2009[6].

Romans[modifier | modifier le code]

En plus des classiques portugais (Luís de Camões, Gil Vicente, Fernando Pessoa), Saramago reconnaît plusieurs influences sur sa création littéraire parmi lesquelles la littérature baroque, Don Quichotte, le modernisme, le postmodernisme ou encore l'œuvre de Günter Grass et Gabriel García Márquez[7],[8].

Ses romans présentent souvent des scénarios fantastiques : dans Le Radeau de pierre (A jangada de pedra, 1986), la péninsule ibérique se sépare de l'Europe et dérive sur l'Atlantique ; dans L'Aveuglement (Ensaio sobre a cegueira, 1995), un pays entier est frappé par une épidémie de cécité ; dans L'Année de la mort de Ricardo Reis (O ano da morte de Ricardo Reis, 1995), un des hétéronymes de Fernando Pessoa survit un an après la mort du poète[9].

L'auteur élabore, dans plusieurs de ses œuvres, de minutieuses reconstitutions d'événements historiques en soulignant le facteur humain de ces événements plutôt que de présenter une version historique officielle. Le Dieu manchot se veut en effet une peinture exhaustive du Portugal au temps baroque, mais ne perd jamais le point de vue de la fiction, ni même du mensonge par le biais d'une histoire d'amour insolite et d'un ton blasphématoire[3]. « Obsédé », selon son propre aveu, par l'histoire de son pays et admirateur d'historiens français comme Fernand Braudel, Georges Duby et Jacques Le Goff, Saramago se défend pourtant d'écrire des romans historiques[2]. Certaines de ses œuvres n'hésitent pas à user de l'allégorie et sont lisibles comme des paraboles. L'auteur tend en effet, aux détours d'histoires situées à des époques révolues, un miroir à ses contemporains, maniant avec brio le sous-entendu et l'ironie au gré d'une écriture volubile et parodique. On retrouve aussi, comme thématique très portugaise, le goût du voyage dans des récits qui intègrent à un cadre historique et géographique avéré des éléments narratifs surnaturels ou merveilleux rappelant le réalisme magique sud-américain[10]. Ses romans se veulent en réalité un mélange de fable, de mythe et de reportage[11].

Style[modifier | modifier le code]

L'écriture de Saramago condense divers degrés d'énoncé et de dialogue et prend des libertés avec la ponctuation[9]. Elle est caractérisée par de longues phrases, rythmées par de nombreuses virgules. Ces phrases peuvent être vues comme une succession de phrases courtes où la virgule aurait remplacé le point. Elles comprennent aussi de nombreuses incises, qui sont autant de digressions à l'adresse du lecteur. Les dialogues eux-mêmes ne sont pas introduits classiquement par des guillemets ou des tirets, mais sont traités sous forme d'incises au cœur des phrases. L'absence d'alinéa donne à la page un aspect très dense.

Saramago décrit avec ironie « la syntaxe chaotique, l'absence de point final, l'élimination obsessive des paragraphes, l'emploi erratique des virgules et, péché sans rémission, l'abolition intentionnelle et diabolique de la lettre majuscule » qui caractérisent son écriture (Les Intermittences de la mort, p. 125).

L'auteur prend plaisir à balader le lecteur au gré de digressions, de métaphores et d'anachronismes qui mettent en relief des jeux de miroir où mensonge et vérité se confondent et s'échangent[2]. Saramago explique que, dans la vie comme en art, la frontière entre le faux et le véridique se réduit à « une feuille de papier »[9].

Malgré tout, le style de Saramago reste d'une remarquable fluidité.

« Mais l'inconvénient avec les témoignages, quelle que soit leur prétention à la vérité, c'est leur manque de précision dans les détails et leur restitution passionnée des événements… La prolifération des témoignages de second ordre ou de troisième que certains ont copiés, d'autres ont transmis sans soin, que certains ont répétés par ouï-dire, d'autres les ont modifiés dans les détails en toute bonne ou mauvaise foi, que certains ont librement interprétés, d'autres les ont rectifiés, que certains ont propagés avec une indifférence totale, d'autres les ont proclamés comme la vérité unique, éternelle et irremplaçable, ces derniers étant les plus suspects de tous. »

L'Histoire du siège de Lisbonne (cité dans Les Disparus).

Gregory Mion, auteur de plusieurs articles sur José Saramago, est revenu sur le style si caractéristique de l'auteur après le décès de ce dernier, arguant d'une « mort sans point final »[12].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Classement principal par genre, classement secondaire par date de parution en portugais.

Poésie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Journaux[modifier | modifier le code]

  • Cadernos de Lanzarote, 5 vol. , 1994-1998.
  • O Caderno, 2009.
    • Le Cahier, trad. Marie Dominique Hautebergue, préf. Umberto Eco, Le Cherche Midi, 2010, 243 p. (ISBN 978-2-7491-1621-1)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • A Noite, 1979
  • Que Farei Com Este Livro?, 1980
  • A Segunda Vida de Francisco de Assis, 1987
  • In Nomine Dei, 1993
  • Don Giovanni ou O dissoluto absolvido, 2005

Contes et nouvelles[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Opéras[modifier | modifier le code]

Deux textes de Saramago ont inspiré des opéras d'Azio Corghi :

  • Le Dieu manchot devenu Blimunda, opéra en 3 actes - d'après Memorial do Convento de José Saramago 1990 Milan
  • Divara - Wasser und Blut, drame musical en 3 actes - d'après In nomine Dei de José Saramago 1993 Münster (pour l'anniversaire de la ville de Münster)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Chiapas, un combat pour la dignité in Manière de voir - Vol. 49, janvier-février 2000, p. 84-86
  • S'attaquer au tabou de la démocratie in Manière de voir - Vol. 83, octobre-novembre 2005, p. 20-23

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. la-croix.com
  2. a, b, c, d, e, f et g Article de Françoise Beaucamp consacré à José Saramago in Le Nouveau dictionnaire des auteurs, de tous les temps et de tous les pays, édition Laffont-Bompiani, 1994, Paris, page 2868
  3. a et b « José Saramago, communiste et baroque », Les Échos,‎ 9 octobre 1998 (lire en ligne)
  4. Deslivres.com
  5. José Saramago sur l'encyclopédie Larousse.
  6. « Européennes : les people à l'assaut de Strasbourg », Le Matin, 6 juin 2009.
  7. Le Magazine littéraire N°381, novembre 1999, « Günter Grass du Tambour au prix Nobel », réaction de José Saramago à l'annonce du prix décerné par Stockholm à Günter Grass, son successeur, page 27.
  8. (de) Article de Cicero, mai 2007.
  9. a, b et c [vidéo], Ina.fr « José Saramago à propos de "L'année de la mort de Ricardo Reis" », consulté le 11 novembre 2013.
  10. Œuvre de José Saramago sur l'encyclopédie Larousse.
  11. José Saramago sur l'encyclopædia Universalis.
  12. Saramago, la mort sans point final

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) B. Losada, Eine iberische Stimme, Liber, 2, 1, 1990, 3
  • (fr) Silvia Amorim, "José Saramago: art, théorie et éthique du roman", L'Harmattan, coll. Classiques pour demain, Paris, 2010.
  • (fr) Emmanuelle Guerreiro, Réalité et fiction dans l'univers romanesque de José Saramago : étude des œuvres 'Levantado do Chao' et 'O Ano da Morte de Ricardo Reis', Université de Toulouse-Le Mirail, Toulouse, 2007, 2 vol., 592 p. (thèse de doctorat de Portugais)
  • (fr) Silvia Pastor Rocha, L'interculturalité et le roman contemporain en Europe (José Saramago, Christa Wolf, Vassilis Alexakis), Université Sorbonne nouvelle-Paris 3, Paris, 2009, 405 p. (thèse de doctorat de Littérature générale et comparée)
  • (fr) Graciela Estrada Vargas, Ironie et parodie dans l'écriture romanesque contemporaine : Saramago, Fuentes, Kundera, Université de la Sorbonne nouvelle-Paris 3, Paris, 2007, 360 p. (thèse de doctorat de Littérature générale et comparée)
  • (pt) O. Lopes, Os sinais e os sentidos : Literatura portuguesa do século XX, Lisboa, 1986
  • (pt) M. Maria Seixo, O essencial sobre José Saramago, Imprensa Nacional, 1987
  • (pt) T.C. Cerdeira da Silva, Entre a história e aficção : Uma saga de portugueses, Dom Quixote, 1989
  • (pt) Helena I. Kaufman, Ficção histórica portuguesa da pós-revolução, Madison, 1991
  • (pt) Baptista Bastos, José Saramago : Aproximação a um retrato, Dom Quijote, 1996
  • (pt) Horácio Costa, José Saramago : O Período Formativo, Ed. Caminho, 1998
  • (pt) Carlos Reis, Diálogos com José Saramago, Ed. Caminho, Lisboa, 1998
  • (pt) Maria da Conceição Madruga, A paixão segundo José Saramago : a paixão do verbo e o verbo da paixão, Campos das Letras, Porto, 1998

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (pt) José Saramago : le temps d'une mémoire, film de Carmen Castillo, Direction du livre et de la lecture, Paris, 2009 (cop. 2003), 70' (DVD, version sous-titrée en français)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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