Marie Jacobé

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Marie de Clopas Venise

Marie-Jacobé serait l'épouse de Clopas[1]. Il s'agirait d'une demi-sœur de la mère de Jésus, elle aussi appelée Marie[1], qu'Anne, la grand-mère maternelle de Jésus, aurait eu avec un certain Cléophas, parfois aussi appelé Jacques. Clopas aurait été un frère — probablement un demi-frère — de Joseph[2]. Ainsi les deux demi-sœurs toutes deux appelées « Marie », auraient épousé deux demi-frères et trois de leurs fils respectifs auraient porté les mêmes noms (Jacques, Joseph ou Joset, Simon), facilitant les confusions ultérieures.

La tradition indique qu'elle est la mère de Jacques le petit — appelé Jacques le Mineur dans la tradition chrétienne pour valoriser Jacques de Zébédée, rehaussé du qualificatif de « Majeur » — et de Joset. Toutefois, les identités de ces deux fils est incertaine. À la suite de la proposition de saint Jérôme, une partie de la tradition catholique fait de Jacques le Mineur le même personnage que le « frère » de Jésus appelé Jacques le Juste[1] et fait de Joset, fils de Clopas, le frère de Jésus du même nom appelé aussi Joseph. Toutefois, cette proposition de saint Jérôme, adoptée au Ve siècle par les églises latines occidentales, n'a jamais été acceptée par les églises orientales qui continuent de distinguer ces personnages et les fêtent séparément[3].

Pour effectuer son identification, saint Jérôme a proposé de voir dans le qualificatif Alphée qui suit le nom de Jacques dans les listes d'apôtres, un autre nom de Clopas[4]. Marie Jacobé est donc souvent présentée comme la femme d'Alphée[4]. Toutefois, un autre nom d'apôtre est aussi suivi du qualificatif Alphée. Il s'agit de Lévi-Matthieu et il n'y a aucune raison de considérer Jacques le « frère » de Jésus et l'apôtre Matthieu comme étant des frères[4].

Marie-Jacobé est probablement aussi la mère de Simon de Clopas, un cousin de Jésus qui est devenu le deuxième évêque de Jérusalem[1] après avoir survécu à la grande révolte juive de 66-73[5]. C'est probablement parce qu'il n'était pas né lorsque Ponce Pilate était Préfet de Judée (26-36) qu'il ne figure pas à la suite de ses frères, Jacques le petit et Joset dans l'évangile attribué à Marc, sauf à considérer que Clopas avait épousé plusieurs femmes. Pour les mêmes raisons que pour ses frères, une partie de la tradition catholique identifie ce troisième fils de Marie-Jacobé avec le « frère » de Jésus appelé Simon le Zélote[6],[7],[8], car ce Simon a aussi été surnommé le Zélote. Si on en croit Bède le Vénérable (mort en 735), ce serait Isidore[9] qui, au VIIe siècle, aurait été le premier à avoir fait la confusion entre Simon le Zélote (Ac. 1, 13) et Siméon qui a succédé à Jacques comme « évêque » de Jérusalem[10]. Toutefois, l'immense majorité de la tradition chrétienne, y compris catholique, ainsi que les historiens rejettent cette identification.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Sainte Anne et les trois Marie

Selon la Légende dorée, elle serait née du second mariage de sainte Anne avec Cléophas, frère de Joseph. Elle aurait épousé Alphée et aurait donné naissance à quatre fils : "Jacques le mineur, Joseph le juste, qui est le même que Barsabas, Simon et Jude".

Elle est assimilée à l'une des Saintes Maries dont la mémoire est vénérée en Camargue aux Saintes-Maries-de-la-Mer et qui sont fêtées, l'une, Marie Jacobé le 25 mai et la seconde Marie Salomé (femme de Zébédée), le 22 octobre[11].

L'auteur de l'évangile attribué à Marc parle à la fois d'une Marie, mère de Jacques le Petit et de Joset et aussi d'une Marie mère de Jacques. Toutefois, l'identification de ces deux n'est pas une certitude[12] et l'on ignore les raisons pour lesquelles les évangélistes ont choisi des formulations aussi ambiguë pour dénommer les personnages clés de l'histoire de Jésus.

Occurrences néotestamentaires[modifier | modifier le code]

  • Mt 27,56 : « Parmi (les femmes) qui étaient au pied de la croix, il y avait Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. »
  • Mt 28,1 : « … Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre.»
  • Mc 15,40 : « Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, parmi elles Marie de Magdala, et Marie, mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé… »
  • Mc 15,47 : « Or Marie de Magdala, et Marie, mère de Joset regardaient où on l’avait mis.»
  • Mc 16,1  : « Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates, afin d'aller embaumer Jésus. »
  • Jn 19,25 : « Près de la croix se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. »
  • Lc 24,10 : « Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie, mère de Jacques, et les autres qui étaient avec elles. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Richard Bauckham, Gospel Women: Studies Of The Named Women In The Gospels, Mary of Clopas, T&T Clarck, Edinburgh, 2002, p. 203-225.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 34-35 ; 38 et 43.
  2. cf. Eusèbe de Césarée (Hist. eccl. 3, 11) qui cite Hégésippe : « Tous, d'une seule pensée, décidèrent que Siméon, fils de Clopas, qui est mentionné dans le livre de l'Évangile, était digne du siège de cette Église : il était, dit-on, cousin du Sauveur. Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph. »
  3. Pierre-Antoine Bernheim, Jacques, frère de Jésus,  éd. Albin Michel, 2003, p. 17.
  4. a, b et c Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, éd. GDP, Nashville, 2012, p. 77-81.
  5. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 204.
  6. Simon Claude Mimouni, La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem, in Studia patristica vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 448.
  7. Marie-Françoise Baslez, Persécutions dans l'Antiquité: Victimes, héros, martyrs, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2007, p. 37.
  8. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 257.
  9. Probablement Isidore de Séville (mort le 4 avril 636) qui écrit : « Simon Zelotes qui interpretatur Zelus. Hic primus dictus est cananeus a vico Cana, quod interpretatur posideus, qui et Simon tertio nomine appelatus est, zelo Dei feruens. Par Petri in cognomento, et similis in honore. Apostolus domini, et consobrinus, Cleophae, et Mariae filius, quae Mariae Cleophae in euangelio dicitur, Cleophae pater eius, et Ioseph, qui quasi pater dicitur, Christi frates tuerunt, et mater eius, quae Mariae Cleophae dicitur, soror Mariae matris Domini fuit. Ita et miro modo duo frates dua sorores habuerunt vxores. Sed Cleophae carnaliter, Ioseph vero spiritualiter . Hic itaque Simon accepit in praedicatione Aegypti principatum, et post Iacobum Iustum cathedram dicitur tenuisse Ierosolymorum, et post annos LXX, meruit sub Hadriano imperator per crucem sustinere martyrium passionis, Iacet in Bosphoro , », Isidore de Séville, Hispalensis episcopi, Opera omnia, p. 394.
  10. Calvin B. Kendall, Faith Wallis, in Bède le Vénérable, Bede: On the Nature of Things and on Times, 2010, Liverpool University Press, Liverpool, p. 13.
  11. Sainte Salomé la Myrophore sur Nominis
  12. André-Marie Gérard, Dictionnaire de la Bible, Paris, Robert Laffont, 1989, p. 885.

Liens externes[modifier | modifier le code]