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Sylvia Plath

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Sylvia Plath
Sylvia Plath dans son appartement londonien de Chalcot Square en 1961.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 30 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Pseudonyme
Victoria LucasVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Court Green (en) (-), LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Père
Otto Plath (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Aurelia Plath (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Warren Joseph Plath (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Ted Hughes (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Frieda Hughes
Nicholas Hughes (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Genres artistiques
Distinctions
Œuvres principales
La Cloche de détresse, Ariel, The Colossus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Sylvia Plath
Signature.
Plaque commémorative.
Vue de la sépulture.

Sylvia Plath est une écrivaine, diariste et poétesse américaine, née le à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le à Primrose Hill (Royaume-Uni). Elle est l'autrice de poèmes, d'un roman, de nouvelles, de livres pour enfants et d'essais.

Si elle est surtout connue de façon internationale pour sa poésie, notamment avec son recueil posthume Ariel (1965), elle tire également sa notoriété de La Cloche de détresse (The Bell Jar), roman d'inspiration autobiographique paru en 1963, un mois avant sa mort, qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression au début de sa vie d'adulte.

Élève brillante diplômée du Smith College et de l'université de Cambridge, boursière Fulbright, Plath participe dès 1959 à un atelier d'écriture aux côtés des poètes Robert Lowell et Anne Sexton, formant le courant du confessionnalisme auquel elle sera par la suite affilié. De 1956 à 1962, Plath est mariée au poète britannique Ted Hughes, avec qui elle a deux enfants (Frieda et Nicholas Hughes (en)), et dont elle aborde la relation tumultueuse et nuisible dans un grand nombre de ses poèmes, lettres et journaux intimes[1].

Durant la majeure partie de sa vie, Plath souffre de dépression, traitée à plusieurs reprises par l'électroconvulsivothérapie[2]. Elle finit par se suicider au cours de l'hiver 1963 à Londres, laissant derrière elle une œuvre et une esthétique poétique et littéraire devenues le sujet de milliers d'études dans le monde entier. Sa poésie complète (The Collected Poems, 1981), a notamment été couronnée du prix Pulitzer en 1982, faisant de Sylvia Plath la quatrième personne à recevoir cette distinction à titre posthume[3].

Jeunesse et formation

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Fille d'Otto Emil Plath (1885-1940), immigré allemand, et d'Aurelia Frances Schober (1906-1994), Américaine aux origines autrichiennes, Sylvia Plath naît à Boston, dans le Massachusetts. En 1935, après la naissance de son frère Warren Joseph, la famille déménage au 92 Johnson Avenue, à Winthrop, où habitent les grands-parents maternels de Sylvia.

Elle est une enfant douée qui publie son premier poème à l'âge de huit ans, dans le Boston Herald Magazine[4]. La même année, le , son père, professeur d'allemand à l'université de Boston et entomologiste spécialisé dans le domaine des abeilles, meurt inopinément des suites de l'amputation d'une jambe gangrenée. Un de ses amis étant mort d'un cancer du poumon, il s'était persuadé qu'il avait la même maladie et ne s'était pas occupé de soigner son diabète avant qu'il ne soit trop tard[5],[6]. À la mort de son père, Sylvia tient ces paroles :

« Je ne parlerai plus jamais à Dieu[7]. »

Ce premier drame la marque au fer rouge : ce père mythique est une figure qui par la suite hante nombre de ses poèmes, dont le plus célèbre est Daddy, qui présente son père comme un être oppressif et autoritaire. Une visite à la tombe de son père lui inspirera aussi le poème Électre sur le chemin des azalées.

Issue d'une famille cultivant l'ambition et le culte du travail, elle s'avère souvent trop exigeante avec elle-même comme avec les autres. Brillante élève, très précoce, elle décide dès l'adolescence de devenir écrivaine. Au fil des années, elle publie plusieurs poèmes dans des magazines et journaux locaux. À l'âge de onze ans, elle commence à entretenir régulièrement un journal intime[4]. En parallèle de l'écriture, elle se montre également douée pour les arts, en remportant un prix de peinture aux Scholastic Art & Writing Awards de 1947[4].

Smith College, Northampton, Massachusetts : l'université où Sylvia Plath fit ses études.

En 1950, après ses études secondaires à la Gamaliel Bradford High School, grâce à une bourse d'études, elle est acceptée dans l'une des meilleures universités américaines réservées aux femmes, le Smith College, située à Northampton à proximité de Boston[8].

Au cours de ses premières années universitaires, elle publie des poèmes, écrit des articles pour le magazine Mademoiselle (dont elle devient éditrice invitée), participe aux fêtes et aux bals de la vie étudiante[9]. C'est à ce stade de sa vie qu'elle commence à souffrir d'être prise en étau entre le conformisme ambiant et le besoin de liberté et d'indépendance qui l'anime. À la fin de sa troisième année, elle est sélectionnée par Mademoiselle avec dix-neuf autres jeunes femmes pour passer un mois à New York afin d'écrire et de rencontrer d'autres autrices, parmi lesquelles Elizabeth Bowen[10]. Beaucoup des évènements qui se sont produits durant cet été 1953 ont ensuite servi d'inspiration à son roman La Cloche de détresse[11]. Durant ce séjour new-yorkais, Sylvia apprend qu'elle a été refusée au séminaire d'écriture organisé par l'écrivain Frank O'Connor à Harvard.

Le 24 août 1953, à l'âge de 20 ans, Plath fait sa première tentative de suicide documentée, en avalant une grande quantité d'hypnotiques appartenant de sa mère[4]. Elle survit à cette tentative, mais passe les six mois suivants au McLean Hospital de Belmont, un hôpital psychiatrique. Elle reçoit du Dr. Ruth Beuscher une éléctroconvulsivothérapie, à base de décharges électriques et d'injections d'insuline (Cure de Sakel). Son séjour à l'hôpital, ainsi que sa bourse d'études, sont financées en intégralité par l'autrice Olive Higgins Prouty, qui avait elle-même souffert d'une dépression nerveuse[12]. Sylvia semble montrer des signes de guérison satisfaisants, puisqu'elle termine brillamment ses études au Smith College, soumettant en 1955 sa thèse The Magic Mirror : A Study of the Double in Two of Dostoyevsky's Novels, et obtenant son diplôme avec la mention honorifique (summa cum laude)[13],[14].

En 1956, elle obtient une bourse Fulbright pour étudier en Angleterre, au Newnham College à Cambridge. Elle publie ses œuvres dans le journal étudiant, Varsity, et s'y fait une amie, Dorothea Krook. Elle passe ses vacances à explorer l'Europe[15].

Newnham College, Cambridge, où Sylvia Plath étudia.

Le 25 février 1956, elle fait la connaissance de Ted Hughes, un jeune poète anglais[16], à la fête d'inauguration d'un nouveau magazine de poésie, le St Botolph's Review. Rencontre fulgurante s'il en est, ils se marient quelques mois plus tard[17], en juin 1956. Le couple, d'une grande beauté physique, attire les regards. Ted et Sylvia s'installent alors à Londres. Sa vie d'épouse, les soucis financiers et la dactylographie des manuscrits de Ted occupent Sylvia davantage que sa propre carrière. À ce moment, le couple commence à s'intéresser à l'astrologie et au surnaturel, et à pratiquer notamment le ouija.

Le couple décide d'aller vivre deux ans aux États-Unis, de 1957 à 1959, les deux poètes tentant de subsister de leur plume, mais Sylvia doit occuper de petits emplois temporaires, notamment réceptionniste à l'unité psychiatrique du Massachussetts General Hospital. Elle obtient aussi un poste d'enseignante dans son ancienne université, le Smith College, qu'elle doit quitter en 1958 faute de réussir à trouver du temps pour écrire. Parallèlement, elle assiste à des conférences et ateliers d'écriture donnés par le poète américain Robert Lowell, au cours desquelles elle rencontre la poétesse Anne Sexton. Ces cours auront une influence capitale sur son œuvre, et formeront les prémices du courant littéraire du confessionnalisme, auquel elle sera par la suite rattachée : Lowell et Sexton l'encouragent tous deux à puiser son inspiration dans ses expériences personnelles et son point de vue féminin. Hughes et Plath rencontrent aussi aux États-Unis le poète W.S. Merwin, qui deviendra un ami du couple.

À l'été 1959, le couple débute un voyage de huit semaines à travers le Canada, les États-Unis et le Mexique, où ils séjournent entre autres à la résidence d'artistes de Yaddo, à New York.

En octobre, Sylvia étant enceinte, le couple décide de retourner à Londres, où ils vivent au 3 Chalcot Square et s'aident mutuellement dans leur travail. Frieda, leur premier enfant, naît le 1er avril 1960. La même année, Plath publie son premier recueil de poèmes, The Colossus.

Au début de l'année 1961, alors qu'elle vient de terminer l'écriture de La Cloche de Détresse, Sylvia et Ted quittent Londres pour s'installer dans la campagne anglaise, dans le comté de Devon. Ils y pratiquent l'apiculture, et les abeilles deviendront ensuite le sujet d'un certain nombre de poèmes contenus dans le recueil de poèmes Ariel. Ils voyagent fréquemment en France, notamment sur la Côte d'Opale, à Berck, séjours dont elle tirera le long poème Berck-Plage dans son recueil. En , elle fait une fausse couche, événement qui hantera par la suite bon nombre de ses poèmes, dont Parliament Hill Fields. Le couple bat de l'aile, mais ils donnent néanmoins naissance à un second enfant, Nicholas, en janvier 1962, avant de se séparer en octobre, après six ans de mariage.

Cette séparation a longtemps été expliquée du fait des troubles psychiatriques de Sylvia et de la liaison de Ted avec Assia Wevill, l'épouse de son ami poète David Wevill. Sylvia découvre la relation en juillet 1962, après quoi le couple tente un voyage de la dernière chance en Irlande, auprès du poète Richard Murphy, pour se raccommoder. Mais le voyage se termine en catastrophe, Hughes abandonnant Plath pour retrouver Assia à Londres. Ils se séparent quelques semaines plus tard, et Hughes retourne vivre à Londres, laissant derrière lui sa femme et ses enfants.

Cependant, la publication tardive en 2017 des correspondances de Sylvia Plath avec son thérapeute ont révélé une autre facette de la vie domestique du couple : les violences infligées par Ted Hughes sur son épouse, dont les coups auraient notamment provoqué sa fausse couche de 1961[18].

À l'époque de la séparation du couple, Sylvia brûle des lettres et des manuscrits de Ted. Cette période de colère et de désespoir se révèle être la plus productive de sa vie d'écrivaine, durant laquelle elle rédige la quasi-totalité de son recueil Ariel.

Fin de vie et héritage

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23 Fitzroy Road, Londres : la maison où Sylvia Plath se donna la mort, autrefois occupée par W. B. Yeats.

En 1962, Sylvia Plath retourne s'installer à Londres avec ses enfants, Frieda et Nicholas. Elle loue un appartement dans une maison autrefois occupée par le poète irlandais William Butler Yeats : elle en est extrêmement heureuse et considère cela comme un bon présage dans le contexte du début de sa procédure de divorce. Mais l'hiver 1962-1963 est l'un des plus rudes du siècle à Londres : les tuyaux sont gelés, ses enfants tombent malades, et elle ne dispose pas d'un téléphone pour contacter ses proches. Les symptômes de la dépression refont surface, mais Plath continue d'écrire. La Cloche de détresse est finalement publiée en 1963, sous le nom de plume de Victoria Lucas, mais est reçu avec une relative indifférence.

Le , au petit matin, malade et dépressive, Plath se suicide en plongeant sa tête dans le four de la gazinière après avoir ouvert le gaz. Auparavant, elle a calfeutré la porte de la cuisine et préparé sur la table des biscuits et du lait pour ses enfants, qui dorment à l'étage supérieur et qui échapperont à l'empoisonnement par le gaz. Elle décède à l'âge de 30 ans. Son corps est découvert par son infirmière, qui parvient à ouvrir la porte à l'aide d'un serrurier. Cette infirmière avait été recommandée à Sylvia par son docteur, John Herder, face à l'aggravation de ses symptômes dépressifs, et faute d'avoir pu l'admettre en hôpital psychiatrique, quelques jours avant son suicide[19].

Depuis son suicide en 1963, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les pays anglophones, les féministes voyant dans son œuvre l'archétype du « génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes », les autres voyant en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d'un suicide annoncé[8].

Son dernier poème connu, intitulé Edge (en français, Le Bord) fait figure de testament prémonitoire.

Sylvia Plath est enterrée au cimetière Saint Thomas Becket et Thomas l'Apôtre de Heptonstall dans le comté anglais du Yorkshire de l'Ouest[20],[21].

Sa mort fut un drame non seulement pour ses enfants mais aussi pour son ex-mari, Ted Hughes, et pour sa mère, Aurelia Plath, qui ne s'en sont jamais remis. Son fils, Nicholas Hughes (en), souffrant de dépression, s'est suicidé par pendaison à son domicile en Alaska, le à l'âge de 47 ans[22],[23]. Sa fille, Frieda, est néanmoins devenue artiste et est l'autrice de sept livres pour enfants. Elle réside au Pays de Galles.

Quant à l'amante de Hughes, Assia Wevill, elle se donne la mort, à elle et à sa fille de quatre ans, Shura, de la même façon que Plath, mais six ans plus tard, en 1969[24].

Œuvres complètes et anthologies

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Éditions anglo-saxonnes

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Éditions françaises

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  • Sous la direction de Patricia Godi (trad. de l'anglais), Œuvres : Poèmes, romans, nouvelles, contes, essais, journaux, Paris, Gallimard, 8 septembre 2011), 1280 p. (ISBN 978-2-07-013219-5)

Éditions anglo-saxonnes

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Éditions françaises

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  • Trois femmes : poème à trois voix (trad. Laure Vernière), Editions des Femmes, 17 février 1976, rééd. 2007, 42 p. (ISBN 978-2-7210-0055-2)
  • Ariel (trad. de l'anglais par Valérie Rouzeau), Paris, Poésie Gallimard, , 128 p. (ISBN 978-2-07-044149-5)
  • Arbres d'hiver : Précédé de La Traversée (trad. Françoise Morvan & Valérie Rouzeau), Poésie Gallimard, , 280 p. (ISBN 978-2-07-040379-0)
  • Conversation parmi les ruines : choix de poèmes, suivi de Le livre des lits (trad. Jean-Pierre Vallotton), Lausanne, , 60 p. (OCLC 78603728)

Éditions anglo-saxonnes

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  • The Bell Jar, (réimpr. 2000, 2005, 2006, 2019) (1re éd. 1963), 240 p. (ISBN 978-0-571-35506-8)
  • Letters Home (réimpr. 1986, 1992, 2001) (1re éd. 1975, aux éditions Harper & Collins), 516 p. (ISBN 978-84-397-0619-9, lire en ligne)
  • Johnny Panic and the Bible of Dreams : Short Stories, Prose, and Diary Excerpts, Harper Perennia, 1977, rééd. 1 mars 2000, 336 p. (ISBN 978-0-06-095529-8, lire en ligne)
  • The journals of Sylvia Plath, Dial Press, avril 1982,, 370 p. (OCLC 605394609, lire en ligne)
  • The Magic Mirror (1989), thèse de fin d'étude de Sylvia Plath à l'université Smith College
  • édité par Karen V. Kukil, The Unabridged Journals of Sylvia Plath, Anchor, , 732 p. (ISBN 978-0-385-72025-0)

Éditions françaises

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Littérature enfantine

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Éditions anglo-saxonnes

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Éditions françaises

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Édition anglo-saxonnes

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Édition française

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Postérité

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Ted Hughes, en sa qualité d'exécuteur testamentaire de l'héritage personnel et littéraire de Sylvia Plath, a été suspecté d'avoir détruit le dernier cahier du journal de son épouse, qui révélait des détails sur leur vie commune. Ce fait n'a toutefois jamais été prouvé, et ses archives, aujourd'hui conservées à l'université Columbia à la suite de son décès en 1998, ont révélé qu'il ne s'agissait là que de rumeurs[26],[27],[28],[29].

De nombreux critiques, souvent féministes, ont accusé Ted Hughes d'avoir exercé un contrôle arbitraire sur la publication des œuvres de Sylvia, en vue de se protéger lui-même[30]. Il a toujours nié cet état de fait, bien qu'il ait admis avoir transigé avec la mère de Sylvia, Aurelia Plath, quand celle-ci a tenté de faire interdire la publication aux États-Unis des écrits les plus controversés de sa fille[28],[31].

Dans son dernier recueil de poèmes, paru en 1998 quelques mois avant sa mort, intitulé Birthday Letters, Ted Hughes rompt enfin son silence à propos de Sylvia, dans un dernier hommage poétique et une tentative de comprendre le suicide de celle qui fut sa femme pendant sept ans. Birthday Letters constitue l'un des recueils de poèmes les plus vendus du XXe siècle (plus d'un demi-million d'exemplaires depuis sa parution en 1998 en Grande-Bretagne). À cet égard, l'illustration de l'édition originale du livre a été réalisée par Frieda Hughes, la fille de Ted et Sylvia.

Même si les critiques ont réservé un accueil favorable au premier ouvrage de Sylvia Plath, The Colossus, les critiques l'ont aussi souvent dépeint comme trop conventionnel et dépourvu de l'intensité de ses œuvres ultérieures[32]. Ainsi, la portée de l'influence de Ted Hughes sur l'œuvre de Sylvia a souvent suscité des débats passionnés. Toutefois, quand on connaît leurs travaux respectifs, il est aisé de constater que les poèmes de Sylvia Plath sont des plus personnels, et que les similitudes d'écriture entre les deux poètes sont quasi inexistantes.

Les poèmes qui composent le recueil Ariel traduisent une rupture eu égard à ses œuvres précédentes, Sylvia Plath se positionnant alors clairement dans le courant littéraire américain du confessionnalisme. Il est probable que les enseignements du poète Robert Lowell ont joué un grand rôle dans cette évolution. Dans les pays anglophones, l'impact de la publication du recueil Ariel fut énorme, du fait de l'intensité des textes qui le composent, et qui décrivent sans fard la maladie mentale, notamment dans des poèmes à caractère autobiographique tels que Daddy et Lady Lazarus.

En dépit des critiques et des biographies publiées après sa mort, les débats autour de l'œuvre de Sylvia Plath tiennent plus d'une lutte entre ses « défenseurs » et les « défenseurs » de Ted Hughes que d'un véritable débat de fond[33]. Fait illustrant la passion suscitée par Sylvia Plath et le niveau d'amertume de certaines admiratrices envers Ted Hughes, la tombe de Sylvia a été sujette, pendant des années, à des actes de saccage visant à effacer le nom « Hughes » de la pierre tombale, à tel point qu'elle a fait l'objet d'un traitement technique antivandalisme.

Œuvres inspirées par Sylvia Plath

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Littérature

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  • Le roman Pourquoi pas la vie de Coline Pierré aux éditions de l'Iconoclaste, imagine la vie qu'aurait eue Sylvia Plath si elle avait raté son suicide, 2021.
  • Le roman Sylvia P. d'Ananda Devi paru en .
  • Lazare mon amour de Gwenaëlle Aubry, paru en 2016 aux éditions de l'Iconoclaste (édition canadienne Lazare mon amour. Avec Sylvia Plath, Héliotrope, 2016).
  • The Last Confessions of Sylvia P., de Lee Kravetz, paru en .

Œuvres inspirées par le couple Sylvia Plath - Ted Hughes

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Prix à titre posthume

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En 1982, Sylvia Plath est la première femme poète de l'histoire à se voir accorder le prix Pulitzer en poésie, à titre posthume (pour une anthologie de ses œuvres, The Collected Poems).

Depuis 2015, un cratère de la planète Mercure est nommé Plath en son honneur[34].

En , une voie du 12e arrondissement de Paris est nommée rue Sylvia-Plath.

Notes et références

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  1. (en-GB) Danuta Kean, « Unseen Sylvia Plath letters claim domestic abuse by Ted Hughes », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  2. LISA FIRESTONE JOYCE CATLETT, « The Treatment of Sylvia Plath », Death Studies, vol. 22, no 7, , p. 667–692 (ISSN 0748-1187, PMID 10342971, DOI 10.1080/074811898201353, lire en ligne, consulté le )
  3. « Sessions, Sylvia Plath and Updike Are Among Pulitzer Prize Winners », sur archive.nytimes.com (consulté le )
  4. 1 2 3 4 (en) Connie Ann Kirk, Sylvia Plath: A Biography, Bloomsbury Academic, (ISBN 978-0-313-33214-2, lire en ligne)
  5. Anne-Spooky, « Sylvia Plath », sur Les Archives de la Douleur, (consulté le ).
  6. (en) « Sylvia Plath », sur Neurotic Poets.
  7. (en) Anne Stevenson, Bitter fame : a life of Sylvia Plath, Houghton Mifflin, , 413 p. (ISBN 978-0-395-45374-2, lire en ligne), p. 10.
  8. 1 2 (en-US) « Sylvia Plath », sur encyclopedia.com (consulté le ).
  9. (en-GB) Andrew Wilson, « Sylvia Plath in New York: 'pain, parties and work' », The Observer, (ISSN 0029-7712, lire en ligne, consulté le ).
  10. (en-US) « Plath [married name Hughes], Sylvia (1932–1963), poet and writer », Oxford Dictionary of National Biography, {{Article}} : paramètre « date » manquant (DOI 10.1093/ref:odnb/9780198614128.001.0001/odnb-9780198614128-e-37855, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  11. (en-US) Poetry Foundation, « Sylvia Plath », sur Poetry Foundation, (consulté le ).
  12. (en) Olive Higgins Prouty, Now, Voyager, Feminist Press at CUNY, (ISBN 978-1-55861-476-5, lire en ligne)
  13. (en-US) « Sylvia Plath - Poems, Death & The Bell Jar - Biography », sur biography.com (consulté le ).
  14. (en-US) Academy of American Poets, « About Sylvia Plath | Academy of American Poets », sur poets.org (consulté le ).
  15. (en) Anita Plath Helle, The Unraveling Archive: Essays on Sylvia Plath, University of Michigan Press, (ISBN 978-0-472-06927-9, lire en ligne)
  16. France Culture, 29 mars 2023, 20h30, "Pages arrachées à Sylvia Plath 3/5 : Lettres d'amour".
  17. « Sylvia Plath Biography - life, children, story, death, school, mother, old, information, born, college, husband, house », sur notablebiographies.com (consulté le ).
  18. (en-GB) Danuta Kean, « Unseen Sylvia Plath letters claim domestic abuse by Ted Hughes », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  19. Brian Cooper, « Sylvia Plath and the depression continuum », Journal of the Royal Society of Medicine, vol. 96, no 6, , p. 296–301 (ISSN 0141-0768, PMID 12782699, PMCID 539515, DOI 10.1258/jrsm.96.6.296, lire en ligne, consulté le )
  20. (en) « Sylvia Plath (1932-1963) - Mémorial Find a Grave », sur fr.findagrave.com (consulté le ).
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  22. (en-US) Anahad O’Connor, « Nicholas Hughes, 47, Sylvia Plath’s Son, Dies (Published 2009) », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le ).
  23. (en-GB) Chris Green, « Lonely life and premature death of Nicholas Hughes », sur The Independent, (consulté le ).
  24. (en) Emily Van Duyne, « Diary of a Pilgrimage: Marking the Gravesite of Assia and Shura Wevill », sur Literary Hub, (consulté le )
  25. « « La Cloche de détresse », de Sylvia Plath : un chant d’amour à la jeune fille folle », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
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  27. « Controverse autour de l'autobiographie de Sylvia Plath », sur actualitte.com (consulté le ).
  28. 1 2 (en-US) Sarah Churchwell, « Ted Hughes and the Corpus of Sylvia Plath », Criticism, Vol. 40, No. 1, , p. 99-132 (34 pages) (lire en ligne).
  29. (en-US) Dan Chiasson, « Sylvia Plath’s Last Letters », The New Yorker, (lire en ligne).
  30. (en-GB) Danuta Kean, « Unseen Sylvia Plath letters claim domestic abuse by Ted Hughes », sur the Guardian, (consulté le ).
  31. (en-US) Georgiana Banita, « "The Same, Identical Woman": Sylvia Plath in the Media », The Journal of the Midwest Modern Language Association, Vol. 40, No. 2, , p. 38-60 (23 pages) (lire en ligne).
  32. Angélique Thomine, « Le Mythe de Daphné vu par Sylvia Plath », Les chantiers de la création, (ISSN 2430-4247, lire en ligne).
  33. (en-GB) Hadley Freeman, « Sylvia Plath: 50 years later and the same bitter arguments rage on | Hadley Freeman », sur The Guardian, (consulté le ).
  34. « Planetary Names: Crater, craters: Plath on Mercury », sur planetarynames.wr.usgs.gov (consulté le ).

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Bibliographie

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Il est impossible de dresser une liste exhaustive des articles et essais consacrés à la vie et à l'esthétique littéraire et poétique de Sylvia Plath, ce sont des milliers d'études de par le monde qui ont été produites autour de sa vie et de son œuvre. Pour en avoir une idée, on peut consulter le guide consacré à la recension des écrits dédiés à Sylvia Plath pour la période 1973-1988 :

  • Arthur K. Oberg, « Sylvia Plath and the New Decadence », Chicago Review, Vol. 20, No. 1, , p. 66-73 (8 pages) (lire en ligne)
  • Marjorie Perloff, « "Angst" and Animism in the Poetry of Sylvia Plath », Journal of Modern Literature, Vol. 1, No. 1, , p. 57-74 (18 pages) (lire en ligne)
  • Pamela A. Smith, « The Unitive Urge in the Poetry of Sylvia Plath », The New England Quarterly, Vol. 45, No. 3, , p. 323-339 (17 pages) (lire en ligne)
  • Marjorie G. Perloff, « "A Ritual for Being Born Twice": Sylvia Plath's 'The Bell Jar' », Contemporary Literature, Vol. 13, No. 4, , p. 507-522 (16 pages) (lire en ligne)
  • Constance Scheerer, « The Deathly Paradise of Sylvia Plath », The Antioch Review, Vol. 34, No. 4, , p. 469-480 (12 pages) (lire en ligne)
  • Frederick Buell, « Sylvia Plath's Traditionalism », Boundary 2, Vol. 5, No. 1, , p. 195-212 (18 pages) (lire en ligne Accès payant)
  • Jeannine Dobbs, « "Viciousness in the Kitchen": Sylvia Plath's Domestic Poetry », Modern Language Studies, Vol. 7, No. 2, , p. 11-25 (15 pages) (lire en ligne)
  • M. D. Uroff, « Sylvia Plath and Confessional Poetry: A Reconsideration », The Iowa Review, Vol. 8, No. 1, , p. 104-115 (12 pages) (lire en ligne)
  • Jon Rosenblatt, « Sylvia Plath: The Drama of Initiation », Twentieth Century Literature, Vol. 25, No. 1, , p. 21-36 (16 pages) (lire en ligne)
  • Heather McClave, « Sylvia Plath: Troubled Bones », New England Review (1978-1982), Vol. 2, No. 3, , p. 447-465 (19 pages) (lire en ligne)
  • Greg Johnson, « A Passage to "Ariel": Sylvia Plath and the Evolution of Self », Southwest Review, Vol. 65, No. 1, , p. 1-11 (11 pages) (lire en ligne)
  • Margaret Dickie, « Sylvia Plath's Narrative Strategies », The Iowa Review, Vol. 13, No. 2, , p. 1-14 (14 pages) (lire en ligne)
  • Ted Hughes, « Sylvia Plath and Her Journals », Grand Street, Vol. 1, No. 3, , p. 86-99 (14 pages) (lire en ligne)
  • Heather Cam, « "Daddy": Sylvia Plath's Debt to Anne Sexton », American Literature, Vol. 59, No. 3, , p. 429-432 (4 pages) (lire en ligne Accès payant)
  • E. Miller Budick, « The Feminist Discourse of Sylvia Plath's the Bell Jar », College English, Vol. 49, No. 8, , p. 872-885 (14 pages) (lire en ligne)
  • Susan Van Dyne, « Reviewed Work: Sylvia Plath: The Wound and the Cure of Words by Steven Gould Axelro », The New England Quarterly, Vol. 64, No. 4, , p. 685-688 (4 pages) (lire en ligne)
  • Patricia Hampl, « The Smile of Accomplishment: Sylvia Plath's Ambition », The Iowa Review, Vol. 25, No. 1, , p. 1-28 (28 pages) (lire en ligne)
  • Steven Gould Axelrod & Nan Dorsey, « The Drama of Creativity in Sylvia Plath's Early Poems », Pacific Coast Philology, Vol. 32, No. 1, , p. 76-86 (11 pages) (lire en ligne)
  • Paul Bentley, « 'Hitler's Familiar Spirits': Negative Dialectics in Sylvia Plath's 'Daddy' and Ted Hughes's 'Hawk Roosting », Critical Survey, Vol. 12, No. 3, , p. 27-38 (12 pages) (lire en ligne Accès payant)
  • Georgiana Banita, « "The Same, Identical Woman": Sylvia Plath in the Media », The Journal of the Midwest Modern Language Association, Vol. 40, No. 2, , p. 38-60 (23 pages) (lire en ligne)
  • Parvin Ghasemi, « Violence, Rage, and Self-Hurt in Sylvia Plath's Poetry », CLA Journal, Vol. 51, No. 3, , p. 284-303 (20 pages) (lire en ligne)
  • Scott Knickerbocker, « "Bodied Forth in Words": Sylvia Plath's Ecopoetics », College Literature, Vol. 36, No. 3, , p. 1-27 (27 pages) (lire en ligne)

En français

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  • Sylvie Doizelet, La terre des morts est lointaine : Sylvia Plath, éd. Gallimard, 1996
  • Ted Hughes, Birthday Letters, traduit et présenté par Sylvie Doizelet, éd. Gallimard, 2002 ; Poésie/Gallimard, 2015
  • Taïna Tuhkunen-Couzic, Sylvia Plath, une écriture embryonnaire, éd. L'Harmattan, 2002
  • Valérie Rouzeau, Sylvia Plath : un galop infatigable, éd. J.M. Place, 2003 ; biographie suivie d'une sélection de textes traduits par l'auteure
  • Voltuan, Sylvia Plath : célébration poétique : zikaron charuzim, Paris, librairie-galerie Racine, coll. « Saint-Germain-des-Prés », , 177 p. (ISBN 978-2-243-04497-3 et 2-243-04497-8)
  • Patricia Godi, Sylvia Plath : Mourir pour vivre, Éditions Aden, , 366 p. (ISBN 9782848400822)
  • Gwenaëlle Aubry, Lazare mon amour, Editions de l'Iconoclaste, , 80 p. (ISBN 9791095438045)
  • Ananda Devi, Sylvia P., Editions Bruno Doucey, , 208 p. (ISBN 978-2-36229-429-7)
  • Janet Malcolm (trad. de l'anglais par Jakuta Alikavazovic), La Femme Silencieuse : Sylvia Plath et Ted Hughes The Silent Woman - Sylvia Plath & Ted Hughes »], Editions du sous-sol, , 240 p. (ISBN 9782364685390)
  • Érik Martiny, « L'impact de Sylvia Plath et de l'imagerie fasciste sur la poésie masculine irlandaise », Études anglaises, Vol. 61, , p. 83-93 (10 pages) (lire en ligne)
  • Françoise Neau, « Sylvia Plath et l'urgence d'écrire », Libres cahiers pour la psychanalyse, N° 30, , p. 93-112 (19 pages) (lire en ligne)
  • Françoise Neau, « Vivre et écrire dans les Journaux de Sylvia Plath », Le Coq-héron, n° 219, , p. 98-104 (6 pages) (lire en ligne)
  • Jean-Marie Fossey, « « Papa il a fallu que je te tue. », Rencontre insolite avec Sylvia Plath », La clinique lacanienne, , p. 69-80 (11 pages) (lire en ligne)
  • Françoise Neau, « Présentation de Trois Femmes, de Sylvia Plath », Le présent de la psychanalyse, , p. 129-132 (3 pages) (lire en ligne)
  • Erminia Passannanti, Limite. Il mito dell’integrità tra Eros e Thanatos nella poesia di Sylvia Plath, Salerne/Rome, Ripostes, 1995, ristampa 2012 (ISBN 978-1-4710-4142-6)

En allemand

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Liens externes

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