Robert Pinget

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Robert Pinget
Naissance
Genève, Drapeau de la Suisse Suisse
Décès (à 78 ans)
Tours, Indre-et-Loire, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Genres

Robert Pinget est un romancier et dramaturge français d'origine suisse, né le à Genève et mort le à Tours[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 19 juillet 1919 à Genève, Robert Pinget, après avoir terminé des études de droit, exerce le métier d'avocat à Genève durant un an. Il quitte la Suisse en 1946 pour Paris, où il entre aux Beaux-Arts.

Il publie son premier ouvrage, Entre Fantoine et Agapa en 1951. En 1952, Robert Laffont publie son premier roman, Mahu ou le Matériau, sous l'impulsion de Georges Belmont. Ensuite c'est Le Renard et la Boussole chez Gallimard, en 1953. Alain Robbe-Grillet et surtout Samuel Beckett qui restera un grand ami de Pinget, le conseillent à Jérôme Lindon patron des Éditions de Minuit[2]. Grâce à leur soutien, Graal Flibuste paraît chez Minuit en 1956, après avoir été refusé par Raymond Queneau chez Gallimard. Désormais, Minuit sera l'éditeur de Pinget.

Son roman intitulé Quelqu'un a remporté le prix Femina en 1965.

En 1966, il acquiert la nationalité française et s'installe en Touraine, dans ce qu'il appelle sa « chaumière », où il écrira la plupart de ses livres. Il y construit une tour, et invente ce qui est considéré comme sa « dernière veine », à savoir la série des « carnets », dont la parution commence en 1982, avec la publication de Monsieur Songe, du nom de ce personnage vieillissant dont Robert Pinget n'a jamais nié qu'il était une forme d'alter ego.

Peu après le colloque qui lui est consacré à Tours, en 1997, il succombe à une attaque cérébrale dans cette même ville, le 25 août 1997.

L’œuvre[modifier | modifier le code]

L’œuvre romanesque[modifier | modifier le code]

Pour ses œuvres « romanesques », à partir de son entrée aux éditions de Minuit, Robert Pinget s'est toujours situé explicitement dans le cadre du Nouveau Roman en jouant clairement le jeu de la remise en question, qui caractérise ce mouvement, des codes de l'écriture romanesque : intrigue, psychologie des personnages, contexte historique. Ses romans comportent ainsi toujours une réflexion sur l'écriture en train de se faire, avec un narrateur qui en commente la progression. Mais il complète cette réflexion par l'expression de sa sensibilité et d'une analyse de soi[3].

L’œuvre dramatique[modifier | modifier le code]

L’œuvre dramatique comprend vingt œuvres, rassemblant des pièces de théâtre, des pièces radiophoniques et des scénarios de films. Les distinctions de genre restent cependant floues, puisqu'une pièce a été adaptée pour la télévision, avant d'être reprise au théâtre, et que plusieurs romans ont été adaptés pour la scène[4].

Les journaux[modifier | modifier le code]

Robert Pinget n'a jamais reconnu écrire un journal, pourtant ses derniers textes, attribués à « Monsieur Songe » sont bien un journal écrit à la troisième personne, « lieu d'échange et de confrontation entre la fiction et l'autobiographie ». Il subvertit le genre comme il a subverti le roman, ni procès-verbal ni chronologie raisonnée, mais tension entre souvenirs, lectures, affects, paroles rapportées, etc.[5] : « Vieux thèmes mêlés aux notations du jour. Le temps les saisons. Cœur inadapté. Et le fil ténu d'un récit sans importance qui s'impose encore, on ne sait pourquoi[6] ».

Études de l'œuvre[modifier | modifier le code]

  • Textes inédits - Bibliographie - Mélanges :
  1. Jean-Claude Liéber (dir.) et Madeleine Renouard (dir.), Le chantier Robert Pinget : Colloque de Tours, Jean-Michel Place, (ISBN 9782858935284)
  2. Revue Europe[7]
  3. Revue Histoires littéraires : dossier Robert Pinget[8]
  4. Robert Pinget : matériau, marges, écriture[9]
  5. Robert Pinget : inédits[10]
  • Monographies :
  1. Ecriture et intériorité dans quatre romans de Robert Pinget[11] : Passacaille, Fable, Cette voix, L'Apocryphe.
  2. Robert Pinget : Le vieil homme et l'enfant[12] : vagabondage à travers les thèmes qu'aborde l'œuvre.

Citation[modifier | modifier le code]

« Il me semble que lorsqu'on est attiré par un écrivain, ce n'est pas sa biographie qui intéresse. Je m'étonne toujours qu'on aborde un écrivain avec des questions qui n'ont rien à voir, ou peu à voir, avec son œuvre. Je n'ai pas de vie autre que celle d'écrire. Mon existence est dans mes livres… »

— Entretien avec Louis-Albert Zbinden, Gazette de Lausanne, 4 décembre 1965

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Mahu ou le matériau, 1952, roman
  • Le Renard et la Boussole, 1953, roman
  • Graal Flibuste, 1956, roman
  • Baga, 1958, roman
  • Le Fiston, 1959, roman
  • Clope au dossier, 1961, roman
  • L'Inquisitoire, 1962, roman
  • Quelqu'un, 1965, roman (Prix Femina)
  • Le Libera, 1968, roman
  • Passacaille, 1969, roman
  • Fable, 1971, récit
  • Cette voix, 1975, roman
  • L'apocryphe, 1987, roman
  • Monsieur Songe, 1982, roman
  • Le Harnais, 1984, carnets
  • Charrue, 1985, carnets
  • L'Ennemi, 1987, roman
  • Du nerf, 1990, carnets
  • Théo ou Le temps neuf, 1991, roman
  • Taches d'encre, 1997, carnets
  • Mahu reparle, 2009, roman
  • La Fissure, précédé de Malicotte-la-Frontière (théâtre), 2009
  • Jean Loiseau, 2009, premier roman inédit, in Histoires littéraires no 40

Recueil de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Entre Fantoine et Agapa, 1951, nouvelles

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Lettre morte, 1959, pièce en deux actes
  • La Manivelle, 1960, pièce radiophonique
  • L'Hypothèse, 1961, théâtre
  • Ici ou ailleurs, Architruc, L'Hypothèse, 1961, théâtre
  • Autour de Mortin, 1965, dialogues
  • Abel et Bela, 1961, théâtre
  • Identité, 1971, théâtre
  • Paralchimie, suivi de Architruc, L'Hypothèse, Nuit, 1973, théâtre
  • Un testament bizarre, et autres pièces (Mortin pas mort, Dictée, Sophisme et sadisme, Le chrysanthème, Lubie), 1986, théâtre
  • De rien, 1992, théâtre
  • L'Affaire Ducreux, et autres pièces (De rien, Nuit, Le bifteck), 1995, théâtre

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Cette chose, 1967, avec des dessins de Jean Deyrolle
  • Gibelotte, 1994, bande-dessinée, dessins de Matias

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Roger-Michel Allemand

Jérôme Lindon a réalisé (sous le pseudonyme de Louis Palomb) un pastiche de Robert Pinget publié par les Editions de Minuit[13]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice biographie de la BNF
  2. Le Chantier, L’œuvre dans tous ses états, p. 13
  3. Le Chantier, L'oeuvre dans tous ses états, p. 13-14
  4. Le Chantier, L’œuvre dans tous ses états, p. 17
  5. Le Chantier, L’œuvre dans tous ses états, p. 32
  6. L'apocryphe, I, V, p. 14
  7. Revue Europe - Janvier Février 2004
  8. « Sommaires Histoires littéraires n°40 | Histoires Littéraires » (consulté le 12 mai 2015), n° 40, 2009
  9. Editions Manuscrits Modernes - 2011 - Collectif
  10. « Revue des sciences humaines », Presses universitaires du Septentrion, n° 317, 2015
  11. Editions Slatkine - 1997 - Yoshinori Iwata
  12. Editions Zoe - 2001 - Jean Roudaut
  13. Editions de Minuit - 1978 - Correspondance, roman - Louis Palomb (Jérôme Lindon)