Claude Bessy

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Claude Bessy
Naissance
Paris
Activité principale

Danseuse étoile
Directrice de l'École de danse de l'Opéra national de Paris de 1972 à 2004

Chorégraphe
Pédagogue
Style Danse classique et moderne
Activités annexes Directrice du Ballet de l'Opéra de Paris de 1970 à 1971
Lieux d'activité Paris
Formation École de danse de l'Opéra de Paris
Maîtres Paulette Dynalix
Conjoint Serge Golovine
Récompenses Prix Pavlova
Distinctions honorifiques

Commandeur de la Légion d'honneur
Grand'croix de l'Ordre national du Mérite

Commandeur des Arts et des Lettres

Scènes principales

Claude Bessy, née le à Paris, est une danseuse, chorégraphe et professeur de ballet française.

Elle est danseuse étoile du ballet de l'Opéra de Paris et en est la directrice de 1970 à 1971.

Puis Claude Bessy dirige, de 1972 à 2004, l'École de danse de l'Opéra de Paris qui lui est rattachée.

Les débuts[modifier | modifier le code]

C'est à l'âge de huit ans, alors que Claude Bessy dessine une ballerine sur le tableau noir de la classe, que la remplaçante de sa maîtresse de l'époque lui demande si elle aimerait faire de la danse[1].

Si elle suit comme spectatrice les cours de Lioubov Egorova, professeur réputé auprès des danseurs étoiles de l'Opéra de Paris qui deviendra bien plus tard son mentor, elle prend ses premiers cours de danse chez le danseur Gustave Ricaux en 1942, avant d'entrer quatre mois plus tard à l'école de danse de l'Opéra de Paris chez Marceline Rouvier.

Sa « petite mère » y sera Paulette Dynalix.

Dans le ballet de l'Opéra de Paris[modifier | modifier le code]

C'est en 1944, à l'âge de 13 ans, qu'elle intègre le corps de ballet de l'Opéra de Paris en tant que deuxième quadrille, un grade aujourd'hui disparu.

Alors qu'elle n'a que quatorze ans, George Balanchine en visite à l'Opéra de Paris la remarque et lui propose une variation de soliste, alors même qu'elle n'a jamais dansé seule sur la scène de l'Opéra Garnier. La presse ayant eu vent de cette promotion inattendue, les journalistes proposent à Claude Bessy de poser pour eux ; elle leur suggère de poser en costume de scène sur les marches de l'Opéra... elle écopera de huit jours de mise à pied pour «manquement grave à la discipline».

Deux ans et quelques anicroches plus tard, la jeune danseuse, promue «petit sujet», est prise d'un fou rire lors d'une représentation de «Castor et Pollux». La semaine suivante, l'administration, agacée par son tempérament désinvolte, la rétrograde au rang de coryphée.

La punition ne durera guère, puisque Claude Bessy retrouvera son titre de petit sujet au bout de deux mois de bonne conduite. Nommée «grand sujet» en 1949, elle attendra trois ans avant d'accéder au rang de première danseuse.

Appel de Gene Kelly[modifier | modifier le code]

Un matin de mai 1953, Gene Kelly en personne qui, l'ayant vue la veille sur la scène de l'Opéra, l'appelle pour la féliciter pour son travail, et qui souhaite la rencontrer pour une audition en vue de son prochain film, l'Invitation à la danse. Elle passera deux essais mais, refusant de n'être qu'une nouvelle Leslie Caron, elle déclinera le contrat de la MGM[2]. Cependant, Gene Kelly s'entête et la persuade de venir tourner pour lui sur son temps de vacances : Claude Bessy accepte finalement un petit rôle.

Au lit à cause d'une primo-infection pulmonaire[modifier | modifier le code]

L'année suivante sera moins faste pour la ballerine, puisqu'une visite médicale de routine détectera chez elle une primo-infection pulmonaire qui la contraindra à garder le lit durant cinq mois. Mais Claude Bessy est têtue et, commençant à s'ennuyer ferme, elle convainc son médecin de la laisser reprendre quelques cours, puis de la laisser participer à un spectacle, en lui promettant que son rôle ne la fatiguera pas trop... alors qu'elle danse en tant qu'étoile dans ce ballet ! Le docteur, invité à la représentation, est furieux, et la confine dans son lit encore trois mois. Elle retrouve le chemin de l'Opéra Garnier à la rentrée 1954.

Danseuse étoile[modifier | modifier le code]

Claude Bessy est nommée étoile en mai 1957. Cependant, sa véritable consécration n'aura lieu que l'année suivante. Au printemps 1958, la nouvelle étoile est invitée par l'ABT pour danser La Belle Hélène, Casse-Noisette et Roméo et Juliette. Après son deuxième spectacle, elle reçoit un télégramme du directeur de l'Opéra de Paris qui lui enjoint de rentrer en France en urgence, afin d'incarner le rôle principal de la nouvelle « super-production » de la maison, l'Atlantide (d'après le roman de Pierre Benoit) : Ludmila Tchérina, fâchée pour une histoire de costumes, a claqué la porte de l'institution huit jours avant la première d'un ballet qu'elle préparait depuis deux mois. Claude Bessy accepte le défi, mais doit faire face à un nouveau désagrément... Serge Lifar, à la suite de problèmes de contrat, retire la chorégraphie qu'il avait conçue. Mais George Skibine, danseur étoile de l'Opéra de Paris, se voit proposer de créer une nouvelle chorégraphie, et ne peut refuser cette occasion de se présenter comme le successeur de Lifar. Durant cette semaine marathon, Claude Bessy répétera tous les jours jusqu'à une heure du matin. Le défi sera relevé, le spectacle un succès ; mais la jeune étoile, rompue par la fatigue et le stress, passera la journée du lendemain dans un état proche de la dépression nerveuse. Durant tout le reste de sa carrière, elle s'attachera à faire entrer la danse moderne au répertoire de l'Opéra de Paris, invitant par exemple de nouveaux professeurs pour faire classe à l'ensemble de la compagnie.

Accident grave[modifier | modifier le code]

Bien plus tard, un grave accident de voiture fera craindre pour la suite de sa carrière. Mais la danseuse remonte sur scène huit mois plus tard, et honore l'offre de Maurice Béjart qui lui confie son célèbre Boléro.

Chorégraphe[modifier | modifier le code]

Claude Bessy est également chorégraphe. On lui doit des pièces telles que Studio 60, Play Bach, Concerto en Ré, Les Fourmis, ainsi qu'une version de La Fille mal gardée[3].

Directrice de l'École de danse[modifier | modifier le code]

Le 18 juin 1970, Claude Bessy est nommée directrice du Ballet de l'Opéra de Paris ad interim pour une saison, mais c'est le 2 octobre 1972 qu'elle laissera une marque indélébile, puisqu'elle est nommée directrice de l'école de danse de l'Opéra de Paris.

Une fois à ce poste, Claude Bessy permet aux élèves de monter sur scène au moins une fois par an, avec la création des Démonstrations (ou classes sur scène) de l'École de danse et la mise en place d'un spectacle par an, et tous les deux ans à l'Opéra Garnier. À partir de 1981, Claude Bessy emmène les élèves en tournée dans le monde entier, que ce soit au Japon, aux États-Unis, en Égypte ou encore en Grèce, durant lesquelles se font particulièrement remarquer Patrick Dupond et Sylvie Guillem issus des réformes de son enseignement à l'école de danse. C'est également elle qui a lancé le projet de déplacer l'École de danse à Nanterre, dans une structure plus adaptée à l'enseignement que ne l'était le vieil Opéra. Désormais, l'école de danse a son siège dans un bâtiment situé à 10 kilomètres à l'ouest du Palais Garnier, qui a été construit par Christian de Portzamparc, architecte et urbaniste français. Il est inauguré en octobre 1987.

Claude Bessy occupe la fonction de directrice de l'École de danse jusqu'en 2004, date à laquelle Élisabeth Platel la remplace.

Les deux dernières années de sa direction sont quelque peu entachées par des accusations vis-à-vis de ses méthodes de travail. En 2000, Aurélie Dupont déclairait déjà : « Pendant six années d'école, plus encore que la douleur intense des exercices, ce qui me fait le plus mal, c'est la méchanceté. Et la froideur des adultes. Nous étions des enfants seuls en internat. Un peu de douceur, de gentillesse, ne nous aurait pas fait moins bien danser ». En 2002, un rapport établi par le cabinet SocialConseil à la demande du CHS de l'Opéra de Paris, accuse les méthodes, « le déni de douleur », des « atteintes à la dignité », une « discipline de terreur psychologique » qui prévalent à l'école[4]. Le rapport est contesté par Hugues R. Gall, qui évoque une « description unilatérale et hypothétique », et juge que « le ton même des citations conduit à s'interroger sur le degré d'objectivité des rédacteurs ». Des témoignages d'anciens élèves, de parents d'élèves ou du personnel évoquent des fractures non soignées, des problèmes d'anorexie, une culture de l'humiliation et de soumission basée sur « la peur constante de se faire renvoyer », des enfants laissés à eux-mêmes sans l'accompagnement de diététicien ou de psychologue. Claude Bessy se défend elle aussi en déclarant : « Moi, j'ai été élevée à la baguette. Aujourd'hui, quand tu fais une connerie, il n'y a plus de sanctions. Moins on travaille, plus on gagne de l'argent. Tout le monde discute. Je n'ai plus rien à voir avec cette société »[5].

Les adieux[modifier | modifier le code]

Le 30 mars 2004, elle organise son gala d'adieux sur la scène de l'Opéra Garnier[6].

Au programme :

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle épouse en 1996 Serge Golovine, qui décédera deux ans plus tard.

Émissions de télévision[modifier | modifier le code]

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Claude Bessy est également Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Danseuse étoile, Claude Bessy, 1961.
  • La Danse pour passion, Claude Bessy, 2004.
  • Leçon de danse, Claude Bessy, 2005.
  • (Claude Bessy présente) Les grands ballets classiques, Claude Bessy, 2009. (ISBN 978-2-258-07839-0).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « C'est peut-être parce qu'un jour ma maîtresse d'école tomba malade que je suis devenue danseuse. » (Claude Bessy, «Danseuse étoile», 1961)
  2. « En me parlant de Leslie Caron, il croyait qu'il allait m'impressionner. Il obtint l'effet inverse..., car je n'avais pas du tout envie de devenir une nouvelle Leslie Caron [...] je n'oubliais pas que son exil à Hollywood avait mis fin à sa carrière de danseuse. » (Claude Bessy, Danseuse étoile, 1961)
  3. Fiche de Claude Bessy sur le site de l'Opéra national de Paris.
  4. Tu danseras dans la douleur par Daniel Conrod sur telerama.fr le 11 février 2011
  5. Petit rat de l'Opéra tu souffriras ! par Marie-Christine Vernay sur liberation.fr du 4 décembre 2002
  6. Hommage à Claude Bessy sur le site de l'Opéra national de Paris.
  7. Décret du 13 novembre 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]