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Boris Le Lay

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Boris Le Lay
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Boris Le Lay, né le à Quimper, est un blogueur et militant français d'extrême droite.

Se réclamant du nationalisme breton, il anime le site extrémiste Breizatao.com et serait l'administrateur du site Democratieparticipative.biz, ouvertement néonazi, antisémite, homophobe et raciste. En 2018, il est placé sous mandat de recherche mais reste en fuite au Japon.

Biographie

Boris Le Lay naît le à Quimper, en France, au sein d'une famille d'origine bretonne. Il est élevé par sa seule mère, entre Elliant et Rosporden[1].

Vers 2004, titulaire d'une licence en histoire et d'un BTS en audiovisuel, Boris Le Lay rejoint le mouvement nationaliste breton Adsav[2]. En 2006, menacé d'exclusion pour des « questions de comportement », il le quitte de lui-même[2],[1]. Aux alentours de 2005, il est également surveillant à mi-temps dans un lycée de sa ville natale[1].

En juin 2006, il fonde avec Dominique Lambert[n 1] une association d'amitié entre la Bretagne et Israël appelée « Breizh-Israël », avant de s'en éloigner[Quand ?][2] et de changer radicalement de point de vue après avoir lu Les Espérances planétariennes d'Hervé Ryssen[3].

En , dans le cadre d'un canular et afin de revendiquer son nationalisme breton, Boris Le Lay publie une annonce dans la catégorie « Arts et antiquités » du site de vente en ligne eBay, proposant de mettre la France aux enchères[4]. Il précise notamment aux éventuels acheteurs que « la République est composée de nations minoritaires muselées » et qu'elle est dotée d'un « superbe appareil d'État à rénover »[4].

Fin 2008, il crée le « blog de Boris Le Lay » qui publie plusieurs billets par jour avec un antisémitisme des « plus crus »[3]. Il y développe notamment des éloges de l'Allemagne nazie sur le complot juif, l'inceste, la « pédomanie » et l'homosexualité judaïque[3] et appelle à la « croisade » contre la « secte mahométane »[5]. Se considérant comme un nationaliste breton[6], il commente l'actualité sur les réseaux sociaux et sur YouTube[7], commençant chacune de ses vidéos par le gimmick « Bevet Breizh, Breizh Atao! », ce qui signifie « Vive la Bretagne, Bretagne toujours ! »[n 2],[5].

En , il est présenté comme le chargé des relations Europe du nouveau Mouvement des damnés de l'impérialisme de Kémi Seba, et signe une tribune favorable à ce dernier sur VoxNR[8]. En 2009, il s'en prend à Pierre Sautarel, animateur de François Desouche, le qualifiant de « traître et suceur de juifs »[3]. Il anime à la même époque un autre site intitulé Le Journal des indigènes[3]. Il se rapproche d'Hervé Ryssen, qu'il accueille sur son nouveau blogue, leprojetjuif.info[1], avant que leurs relations ne se refroidissent vers 2013[9].

En 2014, il s'installe au Japon, « pays d'origine de son épouse »[10], dans lequel il a déjà travaillé auparavant, notamment dans un établissement gastronomique, propriété du chef cuisinier français Joël Robuchon[1]. Il travaille alors comme crêpier dans des « restaurants français de Tokyo »[11]. Fin 2018, objet d'une fiche S, pour son appartenance à la mouvance d'extrême droite radicale, et d'une notice rouge d'Interpol, il serait « activement recherché » par la police[12],[13].

Cybermilitantisme

Boris Le Lay est une figure du cybermilitantisme d’extrême droite. Actif notamment sur les réseaux sociaux populaires, tels que Facebook et Twitter, et sur le média social YouTube — il cumule plus de 200 000 abonnés sur ces plates-formes internet[1],[14] —, il est à l'initiative, en [15], d'une résurgence de Breiz Atao, un site internet nationaliste breton, dont il est le « responsable légal et principal rédacteur »[5]. Après une condamnation pour provocation à la haine raciale[16], la page d'accueil du site est déréférencée en par le moteur de recherche Google[17].

En , il lance une « campagne pour la remigration de Bourama »[1], un adolescent malien installé à Concarneau, dont le visa provisoire arrive bientôt à échéance et ayant fait l'objet d'un portrait dans Le Télégramme[18]. Il organise ensuite une campagne de harcèlement contre la journaliste à l’origine de ce papier[1].

En , son compte YouTube, qui hébergeait une centaine de vidéos a été supprimé, après de nombreuses requêtes judiciaires[19].

Democratieparticipative.biz

D'après divers médias[20],[21], la direction générale de la police nationale soupçonne Boris Le Lay d'être l'administrateur de Democratieparticipative.biz, un site web ouvertement néonazi[22],[23] créé en 2016 et décrit comme « antisémite, raciste, homophobe », et dont le procureur de la République de Paris François Molins cherche à faire interdire la diffusion en France, à la demande de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH)[13],[24]. Le , le tribunal de grande instance de Paris accède à la demande du procureur et ordonne aux fournisseurs d'accès français le blocage DNS du site dans les quinze jours du jugement sous peine d'astreinte de 10 000 euros par jour de retard dans l'application de la mesure[25]. L'intéressé a réagi en changeant le nom du site, mais la DILCRAH est parvenue à obtenir en référé des décisions non contradictoires contraignant les fournisseurs d'accès internet à appliquer le même blocage à ces nouveaux sites. En outre, selon la DILCRAH, le déréférencement Google rend également l'accès au site plus difficile[26].

Après la diffusion en direct des attentats de Christchurch, le , l'entreprise américaine Facebook, critiquée pour son inaction[27], lance une campagne de suppression de comptes propageant des discours de haine sur son réseau social. Le , la page Facebook de Boris Le Lay est alors effacée[14].

Condamnations

En 2011, à la suite d'une perquisition à son domicile, Boris Le Lay est condamné pour insultes racistes envers Yannick Martin, le sonneur du Bagad Kemper, à 18 mois de prison avec sursis, à 1 500  de dommages et intérêts et à 1 000  de frais d’avocats[28] pour un commentaire posté par un internaute sur le forum du site Breiz Atao qui écrivait « Que cela plaise ou non on n'a jamais vu de Celtes noirs, peut-on lire à propos de Yannick Martin, et nous n'en verrons jamais »[29]. Le jugement de première instance est confirmé en 2013 par un arrêt de la cour d'appel[30].

En octobre 2013, il est condamné notamment pour contestation de crimes contre l'humanité[31], et en octobre 2014 pour des propos antisémites[32]. En 2015, il est condamné à six mois de prison, 8 000 euros de dommages et intérêts, ainsi que 800 euros de remboursement des frais de procédure[33] pour provocation à la discrimination raciale à l'encontre de Yannick Martin dans une vidéo postée en juin 2013[34]. En 2016, il est condamné à deux ans de prison ferme pour des insultes contre la magistrate Fatou Mano. Étant parti vivre au Japon[6], il est toujours condamné par défaut[35],[36].

Début 2016, il cumule une douzaine de condamnations[10]. Il est défendu durant ses procès par Pierre-Marie Bonneau, lui-même militant nationaliste[10]. En février 2018, Boris Le Lay écope d'une nouvelle peine de deux ans de prison avec mandat d'arrêt. La plainte vient du recteur de l'académie de Rennes, qui lui reproche l'utilisation de trois photos de classe d'une école de Pontivy, publiées et récupérées dans le journal local. Les images avaient été utilisées dans un article de Breizatao prétendant démontrer une « africanisation et islamisation fulgurante de la ville »[37]. En septembre 2018, il est condamné à Saint-Brieuc à un an de prison ferme pour provocation à la haine raciale[16]. L'ensemble de ses condamnations, essentiellement pour incitation à la haine raciale, représente, début 2019, un total de dix années de prison ferme[1].

Notes et références

Notes

  1. Dominique Lambert est conseiller municipal divers droite de Quimper depuis 2016.
  2. « Vive la Bretagne, Bretagne toujours ! » en français.

Références

  1. a b c d e f g h et i Théo du Couëdic et Maxime Recoquillé, « Boris Le Lay, itinéraire d’un multirécidiviste de la haine raciale », sur Slate.fr, Slate, (consulté le 20 avril 2019).
  2. a b et c La Fachosphère 2016, p. 286
  3. a b c d et e La Fachosphère 2016, p. 288
  4. a et b « Il met la France en vente sur Internet », sur Le Télégramme, (consulté le 31 juillet 2017).
  5. a b et c La Fachosphère 2016, p. 283.
  6. a et b Hervé Chambonnière, « Boris Le Lay localisé au Japon », Le Télégramme, 22 novembre 2016.
  7. Agnès Laurent, « Boris Le Lay, le troll breton qui répand la haine », L'Express, 15 juillet 2017.
  8. La Fachosphère 2016, p. 290
  9. La Fachosphère 2016, p. 289
  10. a b et c La Fachosphère 2016, p. 285.
  11. La Fachosphère 2016, p. 293
  12. La Fachosphère 2016, p. 294
  13. a et b « Antisémite, raciste, homophobe : la justice tente de bloquer un site Internet étendard de la fachosphère », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le 20 octobre 2018).
  14. a et b « Facebook supprime la page de Boris Le Lay, figure de la fachosphère », Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 20 avril 2019).
  15. La Fachosphère 2016, p. 291
  16. a et b Jean-Yves Hinault, « L’ultranationaliste breton Boris Le Lay condamné à un an de prison pour provocation à la haine », sur ouest-france.fr, .
  17. Marc Rees, « Non, le blog ultranationaliste Breiz Atao n'a pas été totalement déréférencé de Google », Next INpact,‎ (lire en ligne, consulté le 4 novembre 2017)
  18. https://www.letelegramme.fr/finistere/concarneau/rencontre-bourama-une-vie-d-adulte-a-17-ans-29-11-2014-10443451.php.
  19. J.G., « YouTube supprime le compte du blogueur ultranationaliste Boris Le Lay », 20 minutes, (consulté le 20 avril 2019).
  20. Jérôme Gicquel, « Qui est Boris Le Lay, le blogueur breton qui déverse sa haine sur Internet? », 20 minutes,‎ (lire en ligne).
  21. « Le site raciste "Démocratie participative" bloqué, les auteurs évoquent une "attaque" », France-Soir,‎ 19 aôut 2019 (lire en ligne, consulté le 22 août 2019).
  22. Philippe Graziani, « Un vif émoi à Tulle après la publication sur un site néo-nazi de propos haineux contre l'ancien déporté Jean Viacroze », sur France Bleu, (consulté le 11 septembre 2019).
  23. Dominique Desaunay, « Un site néo-nazi bloqué par la justice française de nouveau en ligne », sur RFI, (consulté le 11 septembre 2019).
  24. Marc Rees, « Blocage de DemocratieParticipative.biz : ce que révèle l’assignation du procureur de Paris », sur Next INpact, (consulté le 22 avril 2019).
  25. Martin Untersinger, « La justice française ordonne le blocage du site raciste Démocratie participative », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 28 novembre 2018).
  26. Hakima Bounemoura, « Pourquoi n'arrive-t-on pas à bloquer définitivement «Démocratie participative», l'un des sites les plus influents de la fachosphère? », 20 minutes,‎ (lire en ligne, consulté le 24 janvier 2019).
  27. Michaël Szadkowski et Damien Leloup, « Après l’attentat de Christchurch, Facebook, Youtube et Twitter accusés de mal modérer les discours haineux », Le Monde, (consulté le 20 avril 2019).
  28. « Bagad Quimper. Un procès pour injures racistes au tribunal », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le 23 novembre 2017).
  29. La Fachosphère 2016.
  30. « Diffamation. Peine confirmée en appel contre Boris Le Lay », Le Télégramme,‎ (lire en ligne, consulté le 23 novembre 2017).
  31. « Propos négationnistes. Le fondateur de Breiz Atao une nouvelle fois condamné », sur ouest-france.fr, .
  32. AFP, « Propos antisémites: un blogueur condamné », Le Figaro, (ISSN 0182-5852, consulté le 20 avril 2019).
  33. J.G., AFP, « Bretagne: Le blogueur Boris Le Lay condamné à de la prison ferme », sur www.20minutes.fr (consulté le 23 novembre 2017).
  34. AFP, « Racisme : un blogueur breton condamné à de la prison ferme », Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 20 avril 2019).
  35. Yannick Guérin, « Deux ans de prison ferme contre l'ultranationaliste breton Boris Le Lay », Ouest-France, .
  36. « Deux ans de prison ferme pour l'ultranationaliste Boris Le Lay », France 3 Bretagne, .
  37. « Pontivy. Utilisation de photos de classe : Boris Le Lay à nouveau condamné », article archivé sur Internet Archive, Le Télégramme, (consulté le 30 octobre 2018).

Annexes

Bibliographie

Liens externes