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Le Raptor

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Le Raptor

Informations
Genre Podcast vidéo
Nom de naissance Ismaïl Ouslimani
Naissance Août 1993
France
Nationalité Français
Vidéos populaires Expliquez-Moi Cette Merde
Le Rendez-Vous Dissident
Inspecteur Raptor
Raptor News
Nombre d'abonnés 610 000 (Le Raptor dissident renommée Le Raptor)
108 000 (Raptor Vs Wild renommée Crash Test - L'Émission)
Chaîne Le Raptor dissident
Chaîne secondaire Raptor Vs Wild

Ismaïl Ouslimani dit Le Raptor ou anciennement Le Raptor dissident, né en août 1993, est un vidéaste, streamer Twitch et polémiste d'extrême droite et considéré comme un des plus influents de la fachosphère française[1],[2].

Il s'est fait connaître à partir de 2015 grâce à ses vidéos sur YouTube, dans lesquelles il expose ses opinions politiques. Il est surtout remarqué pour ses prises de positions violentes et cultive une posture viriliste[2], notamment par la pratique de la musculation.

Biographie

Jeunesse et vie privée

« Le Raptor » est le pseudonyme d'Ismaïl Ouslimani[3],[4]. Né en 1993, Ismaïl Ouslimani est d'origine algérienne kabyle. Après avoir fait deux années de classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) au lycée militaire de Saint-Cyr puis au lycée Saint-Louis, il suit des études en école nationale supérieure d'ingénieurs (ENSI) à Toulouse[5],[6].

Vidéos

Inspiré par un auteur de tutoriels de musculation, Ismaïl Ouslimani commence en 2015 à publier des vidéos politiques sur YouTube en utilisant le pseudonyme « Le Raptor dissident »[6] et en se montrant sous les traits d'un dinosaure[7]. Adoptant un rythme saccadé, il réalise notamment des « revues d’actualité avec une bonne grosse dose de haine »[6]. Selon Valeurs actuelles, il s'inspire sur la forme de l'« humour Canal+ » et du Petit Journal de Yann Barthès[4]. Jean-Yves Camus le qualifie de « sous-produit de la sous-culture qui émerge sur YouTube »[4].

En novembre 2016, il atteint les 300 000 abonnés[6] puis, l'année suivante, il dépasse les 500 000[8], tout en cumulant 25 millions de vues en 2017[9]. Pour Nicolas Lebourg, « le fait qu’il s’agisse d’un individu non affilié à une organisation politique, semblant n’avoir aucune biographie militante, témoigne du nouvel âge individualiste de la politique – même Fdesouche s’était constitué grâce à un collectif, au-delà de la personnalité de son emblématique fondateur ». Il classe Le Raptor, aux côtés du dessinateur Marsault, parmi les « réussites du combat culturel d’extrême droite »[10]. Viriliste revendiqué[2], il monnaye par ailleurs des conseils de musculation[8].

En 2016, la chroniqueuse de France Inter Giulia Foïs, accuse Le Raptor d'être à l'origine du cyberharcèlement de Marion Seclin[2],[11]. Une vidéo publiée par celle-ci portant sur le harcèlement de rue[12] où elle critique également la drague de rue, lieu qu'elle trouve inapte pour la drague. Le Raptor lui répondit dans une vidéo où il critique la « généralisation » de ses propos et lui reproche de comparer « l’approche désintéressée et la drague de rue au harcèlement de rue »[13],[14] suite au propos de Marion Seclin : « Ce n'est pas à toi de décider où et quand tu fais un compliment à une inconnue ». Deux de ses vidéos sont supprimées par la plateforme à cause de plusieurs commentaires haineux sous la vidéo : il dénonce alors une décision « abusive »[6] et fera appel par la suite de cette décision sans succès[15].

Il critique notamment d'autres vidéastes, comme Mathieu Sommet, Dany Caligula[6] ou Usul[7]. Il s'attaque en outre aux journalistes[8] et à des figures politiques telles que Marine Le Pen, surnommée « Malika Le Pen » et paradoxalement selon lui rangée à gauche[7],[9]. Affirmant « taper » sur tout le monde[9] et revendiquant l'insulte comme moyen d'expression, il se plaint lui-même d'être harcelé[8]. Il a également été accusé de manipulation, comme lorsqu'il prête à la rédaction de Mediapart des propos écrits sur un blog d'internaute[7].

Selon, David Doucet, journaliste et auteur de La Fachosphère : comment l’extrême droite remporte la bataille du Net, « il faut reconnaître au Raptor un certain talent formel et des vidéos assez léchées. Produit de son époque, il sait parfaitement capter les internautes, et c’est pourquoi je connais des gens, pas du tout d’extrême droite, qui ne le regardent que pour le style[16]. ».

Idéologie

Le journaliste David Doucet, dans son livre La Fachosphère, classe Ismaïl Ouslimani à l'extrême-droite et l'affilie à la « fachosphère », un vocable que ce dernier aime à railler. Selon lui, « il se rattache bien sûr à ce courant. Il s'attaque à tous les totems que déteste la fachosphère : la gauche en général, le mode de vie parisien, le féminisme ou bien encore le multiculturalisme… »[7],[8]. Le Raptor reprend des symboles de la communauté jeuxvideo.com, en particulier de la sous-culture réactionnaire du forum 18-25[17],[9]),[16], et inspirerait à son tour les harceleurs de ces forums[9]. Buzzfeed le décrit comme un membre d'un groupe de youtubeurs diffusant un « discours réactionnaire et antiféministe d'une extrême violence » et se revendiquant du dessinateur Marsault[9]. Il rend aussi hommage à Jean-Marie Le Pen[7], Éric Zemmour et Henry de Lesquen condamné pour provocation à la haine et contestation de crime contre l'humanité[7],[2],[18] (lequel loue son « grand talent »[4]), il dénonce les « social justice warriors » qui selon lui « prônent tout et n'importe quoi au nom de la tolérance, de la liberté d'être et de s'exprimer, de l'amour de son prochain et du plus faible »[8]. Selon Marianne, qui qualifie de « youtubeur star de l'extrême droite » et « un des porte-étendards » de l'extrême droite sur Internet, « Peut-on refuser l'étiquette d'extrême droite lorsque l'on rebaptise la présidente du Rassemblement national "Malika Le Pen, femme de gauche" ? Lorsque l'on s'oppose à l'avortement, que l'on prône un virilisme exacerbé, que l'on dénonce le "cosmopolitisme" ou les "fragiles" ? ». Le Raptor « plaide en partie l'ironie et l'outrance volontaire » et se dit être « assez flou sur ses opinions »[17].

Selon Buzzfeed, il affiche à ce titre son mépris envers les « fragiles », leur reprochant d'avoir des « corps de lâches », et associe la maigreur à la soumission ou à l'homosexualité[7]. Il s'oppose à l'avortement qu'il compare dans un tweet à un génocide, et a soutenu l'utilisation de la violence physique contre des femmes ou des féministes avec des propos tels que « ça fait un moment je t'aurais mis un coup de frein à main dans la gueule histoire de tester ton port de ceinture, et que je t'aurais balancée sur le bas-côté » ou encore « punir son insolence en lui ébouriffant d’une claque humiliante ses cheveux mal coiffés »[9]. Selon Vincent Matalon de France Info, « le vidéaste utilise aussi des codes antisémites en faisant apparaître discrètement une photo de Larry Silverstein lorsqu'il évoque le journaliste Patrick Cohen »[7].

Le Raptor dissident est souvent accusé de jouer de l’ambiguïté de ses propos et de leur supposé second degré et est ainsi qualifié de troll par Le Nouvel Obs[15], ce à quoi il répond : « rajouter des insultes, ça a aussi cette capacité de diminuer le niveau, de rabaisser le niveau de la vidéo pour qu'on se dise «bon c'est pas trop sérieux, on rigole», même si les choses sont sérieuses, les idées sont sérieuses[9] ». De même, pour Valeurs actuelles, l'humour et la dérision font office de « faux-nez, pour faire passer des idées qui n’ont pas droit de cité »[4]. Ce qui fait dire au politologue Stéphane François : « Le Raptor Dissident est dans cette stratégie de banalisation et diffusion des idées d’extrême droite, même s’il préfère se dire de droite, et pas d’extrême droite, car c’est encore un terme disqualifiant »[2]. Cette droitisation des esprits reste passive, selon le politologue Jean-Yves Camus : « Les gens qui sont abonnés à la chaîne du Raptor se contentent de rester derrière leur écran, en enfilant la lecture de vidéos avant d’aller se coucher. Ça ne débouche pas sur une mobilisation politique, car Le Raptor touche une population qui ne mettrait jamais la main sur un bulletin de vote, encore moins qu’elle ne descendrait dans la rue pour manifester[2]. »

Alors qu'il reçoit dans un premier temps l'approbation de Alain Soral[2] qui était une source d'inspiration supposée pour Ismaïl Ouslimani[19], ce dernier devient un farouche critique de la ligne politique du polémiste[3] en dénonçant son « marxisme » et son « cosmopolitisme ». En , il propose à Alain Soral un duel en arts martiaux mixtes (une pratique interdite en France), que ce dernier accepte[2],[3]. Dieudonné proposa son aide pour organiser le combat. Il organisa une conférence de presse où fut présent seulement Alain Soral. Le Raptor déclina l'invitation[2]. Cependant, le duel n'est pourtant jamais planifié, semble-t-il suite à des désaccords sur l'organisation[20]. Pour le philosophe Michaël Fœssel, « la guerre que se mènent par écrans interposés Alain Soral et le « Raptor Dissident » se ramène à peu de choses en matière de théorie politique ». Les deux hommes se sont « divisés au moment d’établir la hiérarchie des ennemis à abattre », à savoir que « du côté de Soral, tout le mal vient des Juifs, alors que ledit Raptor réserve sa vindicte imagée aux «arabo-musulmans» »[21]. Selon, Jean-Yves Camus, il s'agit d'une querelle d'ego classique : « Dans cette petite mouvance, ils se font la courte échelle, puis, dans un second temps, s’accusent les uns les autres des pires turpitudes et finissent par se détester[2]. »

Notes et références

  1. « Qui est Raptor Dissident, le "porte-étendard de la fachosphère" aux millions de vues sur YouTube ? », sur Franceinfo, (consulté le 30 janvier 2019)
  2. a b c d e f g h i j et k Cuxac 2018.
  3. a b et c Dejean 2018.
  4. a b c d et e Saverot 2018.
  5. La première confession du “Raptor dissident”, youtubeur le plus influent de la droite 2.0 sur Valeurs actuelles, le 11 juillet 2018
  6. a b c d e et f Signoret 2016.
  7. a b c d e f g h et i Matalon 2017.
  8. a b c d e et f Ridel 2017.
  9. a b c d e f g et h Darmanin 2017.
  10. Nicolas Lebourg, « À l'extrême droite, quoi de nouveau ? », sur nouveau-magazine-litteraire.com, .
  11. « L’histoire d’un duel », sur France Inter, .
  12. Fanny Marlier, « Du web à France 2, Marion Seclin ose le féminisme », sur Les Inrocks, (consulté le 7 mai 2017).
  13. ness4car, « marion seclin feminisme en declin explique moi cette merde 7 [raptor dissident] », (consulté le 19 juin 2018)
  14. Le Raptor Dissident, « YouTube Supprime Mes Vidéos - Raptor Vs Wild », (consulté le 19 juin 2018)
  15. a et b Perrine Signoret, « Sur YouTube, le Raptor Dissident (et autres trolls) ne sont plus tranquilles », L'Observateur,‎ (lire en ligne)
  16. a et b Anna Cuxac, « COMBAT DE COQS À FACHOLAND », Causette,‎ , p. 18-22 (ISSN 2100-9791, lire en ligne)
  17. a et b Hadrien Mathoux, « Comment Internet a bouleversé la manière de se forger une culture politique », Marianne, (consulté le 30 mars 2019)
  18. Xavier Ridel, « Comment Henry de Lesquen est devenu l'emblème des jeunes d'extrême droite sur internet ? », sur lesinrocks.com, .
  19. Franck Brusset, « LE RAPTOR DISSIDENT RAPTORISÉ ? (Terrene Trash) », (consulté le 13 mars 2019)
  20. La première règle du YouTube Fight Club, c'est de faire parler du YouTube Fight Club sur Libération, le 24 août 2018
  21. Michaël Foessel, « Difficile «gauchosphère» », sur Libération, .

Voir aussi

Bibliographie