Henry de Lesquen

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Henry de Lesquen
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Henry de Lesquen en 2017.

Nom de naissance Henry Bertrand Marie Armand de Lesquen du Plessis-Casso
Naissance ou (selon l'état civil)
Port-Lyautey (Maroc)
Nationalité Français
Profession
Autres activités
Formation
École polytechnique (1968-1971)
ENA (1972-1974)

Henry de Lesquen (prononcé [ɑ̃ʁi ə leskɛ̃] Prononciation du titre dans sa version originale Écouter) est un haut fonctionnaire, homme politique et dirigeant de radio français né le , ou le , à Port-Lyautey.

Il est administrateur civil de 1974 à 2013. Président du club, puis carrefour de l'Horloge depuis 1985, il prend la tête de Radio Courtoisie en 2007. Il est par ailleurs conseiller municipal de Versailles de 2001 à 2014.

Se réclamant du national-libéralisme, il est classé à l'extrême droite. Fin 2015, il annonce vouloir être candidat à l'élection présidentielle de 2017. Dans les mois qui suivent, il multiplie les déclarations racistes qui lui valent des poursuites.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Henry Bertrand Marie Armand de Lesquen du Plessis-Casso est issu d'une ancienne famille de la noblesse bretonne[n 1]. D'origine hispanique par sa grand-mère maternelle, Camille Medina[n 2],[1], il est le fils du général de brigade Pierre de Lesquen du Plessis-Casso, ancien élève de l’École polytechnique (promotion 1923), commandant du 31e régiment du génie à Port-Lyautey (aujourd'hui Kénitra) au Maroc sous protectorat français, et d'Anne-Marie Huon de Kermadec[2]. Ses parents habitent Versailles et le château d'Échauffour dans l'Orne[3],[4].

Né à Port-Lyautey le [2] selon l'état civil — en fait, selon lui, le [5] —, il est le dernier d'une fratrie de huit[4], qui comprend Aliette, Philippe (ancien élève de l’École polytechnique, promotion 1957)[6], Marie-Laure et Hervé (morts en bas âge), Marie-Aline (épouse Patrick Marcenat), Louis-René (maire de Fierville-Bray de 1983 à 2008) et Bruno (ingénieur civil des Mines de Saint-Étienne promotion 1965[7], adjoint au maire d'Échauffour depuis 2014[8]).

Marié le à Maud de Villèle[2], artiste peintre et candidate du Mouvement pour la France (MPF) à plusieurs élections locales[9],[10], il s'installe avec celle-ci dans le quartier Saint-Louis à Versailles ; ils ont trois filles et deux fils[2],[11]. Il est « fervent catholique »[12].

Formation[modifier | modifier le code]

Henry de Lesquen fait ses études à l'école Saint-Jean-de-Béthune de Versailles, aux cours Sainte-Marie de Hann et lycée Van-Vollenhoven de Dakar — où il passe son baccalauréat en 1965 —, et enfin, en classe préparatoire, à l'école Sainte-Geneviève (à nouveau à Versailles)[2].

Il fait son service militaire comme officier de marine ; il deviendra par la suite lieutenant de vaisseau honoraire[13].

Il intègre l'École polytechnique au 59e rang[14] dans la promotion 1968[15] ; il y a comme professeur Jacques Attali, dont il affirme qu'il aurait, dans son Analyse économique de la vie politique (parue aux Presses universitaires de France en 1973), repris un de ses textes sans le citer[16].

Après avoir obtenu une licence en sciences économiques[2] en 1971 et avoir envisagé de « faire de la recherche en mathématiques »[17], il est reçu sur les places réservées aux polytechniciens[18] à l'École nationale d'administration (ENA) dans la promotion Simone-Weil de 1974[2].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Affecté au corps des administrateurs civils[19], Henry de Lesquen est chargé du bureau des autoroutes au ministère de l'Équipement (1974-1978) puis titulaire du budget de l'industrie (1978-1979). Il est ensuite affecté à la direction du budget, au ministère des Finances, en tant que chef du bureau des énergies, des matières premières et de la chimie (1979-1983)[2].

En 1984, il est détaché auprès de la ville de Paris, où il devient sous-directeur des finances. En 1987, il est nommé par Jacques Chirac, alors maire de la ville, secrétaire général de l'office public d'aménagement et de construction (OPAC), fonction qu'il occupe jusqu'en 1990[2].

En 1991, il est nommé membre de la mission de contrôle des organismes agricoles du service du contrôle d’État au ministère des Finances, puis en 2003 de la mission de contrôle économique et financier « sécurité sociale-action sociale », et enfin en 2009 des missions santé et financement de la sécurité sociale au ministère de l’Économie, des Finances et de l'Industrie[2].

Le , il est admis à la retraite[20].

En parallèle à ces activités, il est, de 1978 à 1987, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris[2].

Engagement public et politique[modifier | modifier le code]

Activités associatives[modifier | modifier le code]

Yvan Blot, cofondateur du club de l'Horloge.

Henry de Lesquen dit s'être lié en avec Jean-Yves Le Gallou, camarade de promotion de l'ENA, en discutant de la peine de mort[21] en présence de Xavier Ousset[17].

Article détaillé : Carrefour de l'Horloge#Historique.

Il fonde le [22] le club de l'Horloge avec quatre anciens élèves de l'ENA, Jean-Paul Antoine, Didier Maupas, Bernard Mazin, ainsi qu'Yvan Blot et Jean-Yves Le Gallou, ces deux derniers étant également membres du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE). Ils souhaitent se démarquer du GRECE, dont ils critiquent le projet « méta-politique à long terme », en recherchant des résultats plus immédiats et en promouvant l'entrisme au sein des partis politiques tels que le Rassemblement pour la République (RPR) et l'Union pour la démocratie française (UDF)[23],[24]. Selon Pierre-André Taguieff, « à bien des égards, le Club de l'Horloge est né d'une dissidence à l'intérieur du GRECE, conduite par ceux qui ne voulaient pas séparer leur carrière politique de leur participation à une entreprise de refondation culturelle[25] ». Selon Matthieu Laurent, les fondateurs du club partagent « l’intérêt du GRECE pour la biologie, la sociobiologie, la justification des inégalités et des hiérarchies « naturelles », la référence à Gramsci sur le rôle des intellectuels[26] ». L'ouvrage La Politique du vivant, publié en 1979 sous la direction d'Henry de Lesquen, s'appuie ainsi, selon Tom McCulloch, sur les thèses développées par le GRECE dans les années 1970 en matière de sociobiologie, de déterminisme génétique et de darwinisme social, en « revendiquant une crédibilité scientifique à la thèse que les sociétés humaines étaient naturellement inégales, hiérarchisées, antagonisées et ne survivant que grâce à la compétition[23] ». Le Club adopte « progressivement une orientation très différente de celle du GRECE, tant sur le plan de l’analyse que de la stratégie d’action politique », préférant à la troisième voie prônée par le GRECE « un libéralisme économique fortement teinté de nationalisme[26] ». Selon Alexandre Reynes, si ses fondateurs rompent « en apparence avec l'indo-européisme et le paganisme », le club de l'Horloge « partage cependant avec le GRECE l'anti-égalitarisme et le différentialisme identitaire qu'il traduit en une « préférence nationale »[27] ». Selon Fiammetta Venner, le « resté jusqu'en 1979-1980 dans l'orbite du GRECE. Mais, à la suite d'une campagne de presse en 1979, le Club de l'Horloge a tenu à prendre ses distances avec la Nouvelle droite[28]. », Jim Wolfreys ajoutant que le cercle fait ainsi preuve d'une plus grande conscience tactique que le GRECE, en prenant ses distances à l'égard de ce dernier[29].

D'abord vice-président du club, Henry de Lesquen en devient président le [30],[22]. Dans cette période, selon Tom McCulloch, les distances prises avec le GRECE au sujet du néo-libéralisme s'estompent, le club dénonçant, sous la plume d'Henry de Lesquen, le « cosmopolitisme »[31] dans lequel le gouvernement socialiste dissoudrait la nation et partageant avec le GRECE la défense de l'identité nationale contre les menaces insidieuses du matérialisme et de l'islam[23].

En , il fonde SOS Identité, qui édite La Lettre de SOS Identité (1990-1998)[32] et avec laquelle il entend « concourir au maintien et au développement de l'identité française »[33]. En 1990, alors qu'il est secrétaire de l'OPAC, il diffuse sous le sceau de l'association un tract polémique, où il affirme que « la campagne antiraciste [ayant alors cours] est en réalité antinationale et outrageante pour les Français », qui fait s'interroger certains observateurs sur les critères d'attribution des logements sociaux à Paris[34].

Sophie Body-Gendrot relève dès 1993 que l'association demande « le retour dans leur pays d'origine des immigrés [...] qui ne peuvent ou ne veulent assimiler les mœurs et les valeurs de la France[35] ». En 1996, l'association compte 15 000 membres[36]. Une antenne verra par ailleurs le jour en Belgique, sous l'égide Patrick Sessler[37].

À partir de 1996, il appartient au groupe X-Démographie-Économie-Population (X-DEP), agréé par l'Association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique[38].

En , il crée le Mouvement associatif pour l'union de la droite (MAUD).

En , il devient membre du Conseil national souverainiste, émanation de l'Alliance pour la souveraineté de la France ; son suppléant est Gérard Hannezo[39].

En 2001, il succède à Paul Lambert comme président de l'association anti-immigrationniste francilienne Voix des Français-Renaissance 95[40].

À l'automne 2015, le club de l'Horloge est rebaptisé « carrefour de l'Horloge », et fusionne avec Voix des Français, SOS Identité et le MAUD[41].

Il est par ailleurs adhérent du cercle Renaissance[2] — fondé par Michel de Rostolan en 1970 — et membre de son comité de parrainage[42],[43].

Radio[modifier | modifier le code]

Invité régulier de Radio Courtoisie depuis sa création en 1987, il y fonde, en 2003, le Libre journal des idées politiques[44],[45].

Il devient membre du conseil d'administration de la radio en 2005. Le — à la suite de la mort, en octobre de l'année précédente, du fondateur de la station Jean Ferré, et conformément au vœu de ce dernier — il devient président de Radio Courtoisie[n 3], succédant à l'intérimaire Christian Langlois. Son arrivée à la présidence s'accompagne de l'exclusion de Claude Reichman, patron d'émission sur la station depuis 1994, et d'Olivier Pichon, directeur du Libre journal des lycéens, créé en 1987, pour lui avoir reproché de tenir à l'écart des décisions les directeurs d'émissions et l'avoir accusé de vouloir se servir de la radio comme tremplin pour ses ambitions politiques[46]. Paul-Marie Coûteaux lui reconnaît plus tard le mérite d'avoir « apur[é] les comptes et, par la grâce d’internet, développ[é] la radio »[47].

Le Libre journal d'Henry de Lesquen, diffusé le lundi soir, succède également à celui de Jean Ferré[44]. Il accueille la chronique — bimensuelle puis hebdomadaire — « du grand large » de Patrick Simon.

La gestion de Radio Courtoisie par Lesquen s'accompagne de ce que Les Inrockuptibles analysent comme une nette « [réorientation de] l’antenne à l’extrême droite »[48]. En 2012, l'émission qu'il dirige fait l'objet d'une mise en demeure de la part du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) en raison de propos jugés discriminatoires[49] — qui est confirmée[n 4] par le Conseil d'État en 2014[50]. En 2013, une autre mise en demeure concerne des propos jugés islamophobes[51],[52],[53].

En tant que président de Radio Courtoisie, il considère la station comme une radio de « résistance culturelle », et un prolongement du club de l'Horloge[52].

En 2013, il démet le patron d'émission Thierry Bouzard pour avoir diffusé à l'antenne la chanson « Shoahnanas » de Dieudonné, condamnant à cette occasion des « provocations inacceptables »[48]. Natacha Chetcuti-Osorovitz et Fabrice Teicher relèvent qu'il « essaie de condamner et soutenir à la fois Dieudonné dans un véritable numéro d’équilibriste idéologique », d'une part en le qualifiant de « mulâtre » et de « parangon du cosmopolitisme », et d'autre part en le soutenant contre les attaques judiciaires dont il est l’objet pour avoir « tourné en dérision la religion de la Choah »[54].

À partir de 2016, sa déclaration de candidature à l'élection présidentielle et ses multiples déclarations polémiques ont des répercussions sur Radio Courtoisie. Plusieurs responsables d'émission réclament alors son départ[55]. Le 9 juin, Paul-Marie Coûteaux publie sur Le Salon beige une lettre ouverte, dans laquelle il l'accuse de nuire à la station par ses déclarations en faisant fuir auditeurs et invités, et qualifie son comportement de « pain béni [sic] pour tous [leurs] adversaires, qu’il s’agisse du système médiatique, des droites modérées gangrenées par la « pensée unique » et, bien entendu, de toutes les gauches ». Deux jours plus tard, Coûteaux cosigne sur le même site, avec plusieurs autres responsables d'émissions, un appel réclamant sa démission[56],[55]. En réaction, Lesquen le renvoie[57]. Le 22 juin, une nouvelle lettre signée par des responsables d'émissions lui demande de démissionner ; Jean-Yves Le Gallou, quant à lui, indique ne pas être certain de reprendre à la rentrée l'animation de son « bulletin de réinformation »[53]. Henry de Lesquen présente cette querelle comme une « cabale des dévots [...] fomentée en sous-main par les nazis néopaïens et anti-chrétiens de TV Libertés » et assure vouloir être « candidat à [sa] réélection » à la présidence de la station en 2017[53]. En octobre, il déclare à Marianne que « les purges sont terminées »[58].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Entre droite et extrême droite[modifier | modifier le code]

Défenseur du national-libéralisme[n 5],[n 6], il se réclame de l'école autrichienne d'économie[59] et se présente comme un homme de droite[52] favorable à l'union de celle-ci avec le Front national (FN)[60]. S'il rejette l'étiquette d'extrême droite[61],[12],[62], celle-ci lui est couramment attribuée[63],[64],[65],[66],[67]. Pascal Perrineau le situe dans la famille nationaliste[68].

Devenu membre du RPR en 1977, il quitte ce parti en 1985[67]. La même année, il devient proche de Jules Monnerot[69].

En 1987, il est auditionné par la Commission des sages pour la réforme du Code de la nationalité, lors d'une séance qu'Évelyne Ribert qualifie d'un « un peu houleuse »[70],[71]. L'année suivante, il organise avec le club de l'Horloge un « référendum postal » sur cette question, « pour ne pas laisser au lobby de l'immigration le monopole de la parole[72]. »

En , il signe le manifeste lancé par Alain Dumait et Claude Reichman en faveur de l'« entente à droite »[73],[74]. En août de la même année, il intervient à l'université d'été du Front national à Toulon, à propos d'« union de la droite »[75].

Il signe le « Manifeste en faveur de la messe tridentine » qui paraît en dans Le Figaro[76].

En , il participe aux Assises de la France en danger organisées par le Bloc identitaire[77],[78]. À l'occasion de l'élection présidentielle, il appelle à voter au premier tour « pour la droite populiste, c'est-à-dire Frédéric Nihous, Nicolas Dupont-Aignan ou Marine Le Pen », en excluant tout suffrage en faveur de Nicolas Sarkozy[79], puis à voter blanc au second tour[80].

Le , avec Philippe Conrad, Jean-Yves Le Gallou et Bernard Lugan, il découvre au siège de Radio Courtoisie le texte laissé par Dominique Venner après son suicide. Il déclare peu après espérer que « de ce geste naîtront un éveil des consciences et un mouvement »[81]. La même année, il apporte le soutien de sa radio à La Manif pour tous[52].

Après avoir soutenu Marine Le Pen, il revient sur sa position quand le militant homosexuel Sébastien Chenu rejoint en le Rassemblement bleu Marine[82]. Par la suite, il accuse le FN d'être devenu « un lupanar pédérastique »[12] « dirigé par une coterie d’homosexuels »[82], et qualifie Marine Le Pen de « femme de gauche » « inculte » qui « s'éclate en écoutant de la musique nègre en boîte de nuit »[12].

Après les élections départementales de 2015, il attribue l'échec du FN au « discours étatiste et chevènementiste de Florian Philippot »[82]. À l'occasion des élections régionales de décembre 2015, il appelle à faire « barrage à la classe politique cosmopolite » et à « voter Front national dans 10 des 12 régions[n 7],[83],[84],[85] ». Cette même année, peu avant l'exclusion de Jean-Marie Le Pen du FN, il prend la défense de ce dernier en déclarant que les « réactions hystériques » des dirigeants frontistes après son entrevue dans Rivarol, sont le symbole de « leur soumission au système »[12].

Conseiller municipal de Versailles[modifier | modifier le code]

En , il fonde l'Union pour le renouveau de Versailles (URV), dont il devient le président. En , se présentant pour la première fois au suffrage universel, il dirige une liste divers droite (DVD) pour l'élection municipale à Versailles, qui obtient le soutien du Mouvement national républicain (MNR)[86] de Bruno Mégret et sur laquelle figure Albert Chambon. Sa liste, qui provoque une triangulaire, obtient 26 % des voix au second tour et sept élus, dont l'athlète Luc Baggio et le journaliste Philippe Colombani, dit Aramis[87],[88]. Dans le même temps, candidat dans le canton de Versailles-Nord, il est battu par Alain Schmitz avec 31,55 % des voix[89],[90].

Il revendique avoir lancé, dans le bulletin municipal de la commune, le terme de « réinformation », qui donne par la suite son titre au bulletin de Jean-Yves Le Gallou sur Radio Courtoisie[17] et est popularisé sur Internet par des sites d'extrême droite ou conspirationnistes[91],[92]. Les Inrockuptibles confirment qu'il est « l'un des premiers, avec Jean-Yves Le Gallou, à avoir parlé de « réinformation » et de « réinfosphère[93] ».

En , candidat aux élections cantonales à Versailles-Nord-Ouest, il est battu au second tour en triangulaire avec 25,51 % des suffrages. À cette époque, il est proche de Philippe de Villiers[94].

En 2006, lorsque le maire de Versailles, Étienne Pinte, initie le projet d'une cérémonie en hommage aux harkis, Henry de Lesquen publie une lettre ouverte intitulée « Pas vous, pas ça, M. Pinte ! », dans laquelle il lui reproche d'avoir « déserté » en se soustrayant volontairement à l'appel du contingent lors de la guerre d'Algérie (Étienne Pinte avait à l'époque la nationalité belge). Il est condamné pour diffamation envers le maire, en première instance puis en appel, à 1500 euros d'amende et 2000 euros de dommages et intérêts[95],[n 8].

En , au sortir du conseil municipal de Versailles, après que celui-ci lui eut tapé sur l'épaule, il assène un coup de poing au visage de l'adjoint Jean-Baptiste Marvaud[96],[97],[98],[n 9] ; ce dernier dépose plainte[99], sans suite. Le , il annonce sa candidature à l'élection municipale des 9 et 16 mars 2008 à Versailles. La liste URV qu'il mène, classée cette fois-ci à l'extrême droite (EXD[n 10]), bénéficie du soutien du MPF[100] et appelle à une « révolution orange » en accusant la municipalité sortante de « détruire Versailles »[101]. Anne Brassié figure parmi ses colistiers. La liste URV provoque comme en 2001 une triangulaire, et obtient 13,85 % au premier tour et 13,23 % au second tour. Réélu au conseil municipal avec deux de ses colistiers[102], Lesquen ne se représente pas lors des élections municipales de 2014.

Radicalisation politique[modifier | modifier le code]

En 2015, une page Facebook et un compte Twitter intitulés « Henry de Lesquen 2017 » voient le jour afin de soutenir sa « candidature virtuelle » à l'élection présidentielle de 2017[63],[103],[84],[n 11]. À cette occasion, il propose notamment de mettre en place la « réémigration »[n 12] — c'est-à-dire le retour massif et contraint des immigrés dans leur pays — d'abroger le droit d'asile et la « législation antiraciste », de restaurer la primauté du droit national sur le droit international[104], de privatiser l'enseignement[67],[105] et de supprimer le code du travail[67]. Il affirme pour sa part qu'il se présentera effectivement si on lui apporte, à Noël 2016, les « 500 signatures de maires » requises « dans une corbeille »[106].

Début 2016, ses propositions sur son site de campagne, ainsi que ses nombreuses publications sur Twitter, attirent l'attention des médias : le candidat préconise en effet de raser la tour Eiffel — qu'il juge « affreuse » —, de rétablir la peine de mort pour les meurtres, le terrorisme et le trafic de drogue, d'annexer la Belgique et le Luxembourg, de punir l'avortement, de supprimer le SMIC, de lutter contre le « prétendu art contemporain » ou « art dégénéré », ou de bannir la « musique nègre » — dans laquelle il classe « le jazz, le blues, le rock 'n' roll et bien sûr l'immonde rap » — des médias publics[62],[105]. L'Humanité le qualifie de « raciste sans envergure ni courtoisie » qui « éructe sans vergogne la haine de l’autre », et juge qu'il représente « le pire du pire » de « la droite française »[107]. Les Inrockuptibles décrivent ses messages sur Twitter comme « si violents parfois qu’ils en deviennent absurdes, donnant l’impression qu’il s’agit de comptes parodiques de très mauvais goût »[108]. Le , Guillaume Meurice diffuse dans son émission sur France Inter un entretien avec Henry de Lesquen, dans laquelle ce dernier revient sur sa volonté d'éviction de la « musique nègre » et son opposition au salaire minimum, et justifie l’esclavage en déclarant que « si [nos ancêtres] ont accepté l'esclavage, c'est qu'ils ne pouvaient pas faire autrement », et que « [ceux] qui étaient esclaves [...] préféraient être serfs que mourir de faim[84] ».

Le , à Bagnolet, il intervient lors du banquet anniversaire des 65 ans de Rivarol. Lors de son allocution, il revient sur la question de la « musique nègre » pour laquelle il réclame l'arrêt des subventions publiques, car elle « stimule les mêmes zones du cerveau que la sexualité » et constitue donc « une musique obscène de part en part »[109],[110],[111],[112].

Il continue ensuite de multiplier les déclarations polémiques : fin avril 2016, il poste sur Twitter un commentaire dans lequel il se dit « émerveillé par la longévité des « rescapés de la Shoah » », et se demande s'ils ont « vécu les horreurs qu'ils ont racontées ». Il appuie ses propos en évoquant la « plantureuse Simone Veil » qui, à 88 ans, « va bien », et en dénonçant « la religion de la Choah » [sic]. Cette publication entraîne un nouveau tollé médiatique. L'Express le qualifie notamment de « multirécidiviste de la haine », et Le Parisien de « candidat carrément raciste » qui multiplie les « propositions hallucinantes susceptibles de tomber sous le coup de la loi ». Lui-même se dit raciste « dans le bon sens du terme, sans haine et sans reproche, comme de Gaulle »[113],[114],[115]. L'Union des étudiants juifs de France (UEJF) dépose plainte contre lui[114] et, à la suite d'un nouveau signalement de la LICRA, une enquête est ouverte contre lui par le parquet de Paris[116]. Ses propos extrémistes suscitent la controverse jusqu'au sein de Radio Courtoisie et chez ses compagnons de route comme Martial Bild ou Jean-Yves Le Gallou. Pour Bernard Antony, « Il n'y a plus rien de rationnel chez Lesquen. Il est obsessionnellement antisémite ». Un ancien collaborateur de Radio Courtoisie avance que le mariage de sa fille aînée avec un Juif aurait été « l'élément déclencheur » de ses saillies antisémites[58].

Fin avril, une pétition initiée sur change.org contre sa candidature recueille 60 000 signatures[117]. Dans le même temps, concédant à Libération qu'il n'a « aucune chance » de recueillir les 500 parrainages, il dit envisager de se présenter à la primaire des Républicains en novembre 2016[67]. Il compare sa candidature à celle de Donald Trump aux États-Unis, et dit vouloir fonder avec le républicain américain « un nouvel ordre international respectueux des nations »[118]. Mi-, dans le cadre de la polémique autour de l'organisation d'un concert de rap en marge de la commémoration du centenaire de la bataille de Verdun, il propose de « réémigrer Black M — avec d'autres — dans le bassin du Congo »[119],[120].

Le , son compte Twitter est suspendu en France[108], à la suite d'un message dans lequel il évoquait « le génocide des 30 millions de Slaves exterminés par les chefs bolcheviks, en majorité juifs ». L'Obs souligne qu'il s'agit là d'une « première en France » pour un « responsable politique », à l'exception d'une mésaventure similaire subie en 2009 par Frédéric Lefebvre. Il crée un nouveau compte dans les heures qui suivent[121]. Le , la veille de la date limite d'enregistrement des candidatures, il annonce qu'il se présente à la « primaire de la droite et du centre » en tant que « candidat de la vraie droite », et menace de « saisir le Tribunal de grande instance pour faire valoir le droit » s'il n'était pas retenu[122]. Entre les deux tours de la primaire, il annonce soutenir François Fillon[123].

En réponse aux propos d'Henry de Lesquen, Kery James sort en septembre, dans son album Mouhammad Alix, un morceau intitulé Musique nègre, sur lequel il est accompagné de Lino et Youssoupha, ainsi que de divers autres rappeurs dans le clip de la chanson[124].

Toujours dans le contexte de sa candidature, Henry de Lesquen est interrogé par Lucien Jean-Baptiste pour un documentaire sur le racisme, retransmis sur Planète +. Avant la diffusion du film le 3 octobre, la chaîne publie sur internet un extrait de l'entretien, où Henry de Lesquen revient sur son souhait d'interdire la « musique nègre » dans les médias publics et sur son concept de « réémigration », tout en assurant qu'un test ADN lui a permis de s'assurer qu'il n'avait « pas de sang congoïde ». La vidéo devient virale sur la toile, où elle entraîne de vives réactions, et « Henry de Lesquen » devient pour quelques heures l'un des mots-clés les plus partagés sur Twitter[125].

En décembre, Henry de Lesquen qualifie sur Twitter d'« imposture cosmopolite » l'élection d'Alicia Aylies (Miss Guyane) au titre de Miss France 2017, au motif que « la Guyane n'est pas la France », et qu'« il convient que la demoiselle qui représente la France soit de race caucasoïde »[126]. Dans le même temps, à la suite de plusieurs signalements de propos racistes, le CSA engage une procédure de sanction envers le Libre journal d'Henry de Lesquen, ainsi qu'envers la radio[127].

Début 2016, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) signale à la justice des textes de son site de campagne consacrés à la « vérité sur les races humaines », « la lutte des races » et « la question raciale »[114], ce qui lui vaut, en mars, d'être astreint à effectuer un stage de citoyenneté de deux jours au mémorial de la Shoah, stage qu'il dit avoir « bousillé »[67].

Fin 2016, l'ensemble des propos publiés sur son compte Twitter et sur son site lui vaut d'être poursuivi en justice pour « injures publiques, provocation à la haine raciale et contestation de crime contre l’humanité »[127]. En , il est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 16 000 euros d'amende pour « provocation à la haine et contestation de crime contre l'humanité » et à « verser des dommages et intérêts aux associations luttant contre le racisme »[128],[129].

Début , il retire sa candidature en faveur de François Fillon et appelle à soutenir ce dernier « contre l'oligarchie cosmopolite » et pour « barrer la route à Macron »[130],[131],[132],[133]. À la suite du premier tour de l'élection présidentielle, il appelle à voter Marine Le Pen « contre Macron, candidat de l'oligarchie cosmopolite »[134].

En , un article des Inrockuptibles relève qu'il « semble avoir très vite compris le rôle du numérique dans la diffusion de ses idées », et qu'il est « devenu l'emblème des jeunes d'extrême droite sur internet » ; peu après sa publication, ses comptes Twitter sont à nouveau censurés[93].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Chapitres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il est d'ailleurs membre de l'Association d'entraide de la noblesse française (ANF, cf. Henry de Lesquen, « La part de la noblesse dans l'identité française », Bulletin de l'ANF, no 206,‎ , p. 58).
  2. Née guatémaltèque, elle était devenue française après son mariage.
  3. Il est réélu le , puis à nouveau le
  4. Le Conseil d'État indique qu'en « postulant une inégalité intellectuelle en fonction de l'origine des personnes et de la couleur de leur peau », Henry de Lesquen n'a pas respecté les termes de la convention d'émettre conclue entre le CSA et Radio Courtoisie.
  5. Il présente ainsi Ronald Reagan, Margaret Thatcher, Lee Kuan Yew, Christoph Blocher, Viktor Orbán, Charles de Gaulle, Vladimir Poutine, Yasuhiro Nakasone, Benyamin Netanyahou, Narendra Modi, Recep Tayyip Erdogan et Jarosław Kaczyński comme douze « modèles de national-libéralisme ». Il est également affilié à la « droite nationale-libérale » par Alain de Benoist et Charles Champetier en 1999 dans leur cartographie de l'ensemble des familles de la droite (cf. Éléments, no 94, février 1999 ; cité dans Jean-Yves Camus, « Le Front national et la Nouvelle Droite », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé et Nonna Mayer (dir.), Les Faux-Semblants du Front national : sociologie d'un parti politique, Paris, Presses de Sciences Po, , p. 112).
  6. Notamment dans le domaine du chômage, il résume son positionnement national-libéral par ces deux propositions : « renvoyer les immigrés dans leur pays d'origine et brûler le code du travail ».
  7. En Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine et en Île-de-France, en raison de la présence sur les listes frontistes d'Aurélien Legrand et de Florian Philippot, dont il dénonce l'influence « étatiste-cosmopolite », il appelle à l’abstention ou au vote blanc.
  8. Le jugement est également confirmé par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH, cf. Alfredo Allegra, « Liberté d'expression : un jugement de valeur attribué à un tiers peut constituer un fait diffamatoire », sur lextimes.fr, ).
  9. Un an plus tôt, les deux élus s'étaient vivement opposés, Marvaud taxant Lesquen de « fascisme », et ce dernier demandant en retour qu'on « [mette] une camisole » à Marvaud (cf. Véronique Beaugrand, « Nouvelle empoignade au conseil municipal », Le Parisien, ).
  10. L'attribution à la liste de cette nuance politique est cependant annulée par le tribunal administratif de Versailles en .
  11. Lui-même tweete régulièrement, à partir d', sous le nom @henrydelesquen puis @hlesquen.
  12. Terme qu'il préfère à celui de « remigration », « formule qui vient de l'anglais ».

Références[modifier | modifier le code]

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    « The Club was formed in 1974 by members of GRECE, notably Jean-Yves Le Gallou, Yvan Blot, and Henry de Lesquen [...] The founders were moved by political ambition and disillusionment with GRECE's long-term meta-political project for winning the battle of ideas and achieving the 'sudden metamorphosis' that would create fundamental political shift. The Club intended to force the pace and its members pursued careers in the RPR and UDF. »

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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