Samuel Lafont

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Samuel Lafont
Illustration.
Biographie
Nationalité Française
Parti politique UMP (jusqu'en 2015)
LR (depuis 2015)
PF
Syndicat UNI
Diplômé de Institut de formation politique
Profession Conseiller en communication
Site web damocles.co

Samuel Lafont est un militant politique français spécialisé dans la communication numérique. Il se fait connaître par sa présence sur Twitter durant le mouvement contre le mariage homosexuel en 2013, avant de créer le média Damoclès.

Samuel Lafont débute son engagement politique à l'Union nationale inter-universitaire (UNI) avant de militer pour l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Conseiller en communication durant la campagne présidentielle de 2012, il se fait remarquer lors du mouvement opposé au « mariage pour tous » en 2013, durant lequel il est membre du Printemps français. Très actif sur Twitter, certains de ses tweets sont accusés d'homophobie. Une agression violente qu'il subit, sans rapport avec le mouvement mais relayée dans ses cercles politiques, lui donne également de la visibilité.

Il participe ensuite à la campagne de François Fillon pour l'élection présidentielle de 2017, durant laquelle il fonde le média d'information Damoclès, actif notamment sur les réseaux sociaux. Sa ligne éditoriale évolue après la campagne et est depuis assimilée à la fachosphère.

Biographie

Débuts en politique

Samuel Lafont naît à la fin des années 1980[1]. Originaire du Gard[2], il étudie à l'Institut de formation politique, un institut d'obédience libéral-conservateur et qui ne délivre pas de diplôme[3].

Durant ses études, il est membre du bureau national[4] du syndicat étudiant très à droite Union nationale inter-universitaire (UNI)[1],[5]. Il adhère à l'Union pour un mouvement populaire (UMP)[4] au milieu des années 2000[6], parti dont il devient délégué national[7].

Au début des années 2010, Samuel Lafont est conseiller en communication chez E-fluence[7], une petite société militante qu'il co-gère avec Mathieu Soliveres[6]. Durant la campagne présidentielle de 2012, ils créent un jeu Flash, dont le but est d'enfariner le candidat socialiste François Hollande[7],[6]. Ils revendiquent plus deux millions de visiteurs[8]. Il est suivi en 2013 par Avionoutai, toujours dans le but de se moquer de François Hollande, finalement élu président[6],[8].

Opposition au mariage homosexuel

En 2013, Samuel Lafont milite sur les réseaux sociaux, en particulier Twitter[9], où il est très actif[1]. Il participe à une sphère de la « droite dure » aux cotés de catholiques traditionalistes, tel que Vivien Hoch ou Stéphane Journot. Il y acquiert sa notoriété. Dans ses tweets, il s'en prend à ceux qu'il nomme la « racaille », particulièrement en commentant des faits divers impliquant des personnes vivant en banlieue, ou aux Roms, décriés comme « une population absolument pas intégrée et qui ne vit pas comme nous » qu'il accuse de violences[9].

Manifestation de La Manif pour tous le à Paris.

Alors qu'un projet de loi élargissant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe débattu au Parlement fait face à une forte opposition de la droite et de l'extrême droite, il est l'un des militants les plus radicaux sur les réseaux sociaux[5],[1]. Il s'investit au sein du Printemps français, branche radicale de La Manif pour tous[5]. Il est l'un des instigateurs du mouvement « Camping pour tous », créé le , dont le but est d'occuper le parvis du Sénat pendant les débats sur la loi[10],[11]. Le , il participe à un affichage nocturne sur la façade de l'Espace des Blancs-Manteaux dans Le Marais à Paris, où se tient alors le « Printemps des assoces LGBT »[12]. Il se fait particulièrement remarquer pour ses tweets accusés d'homophobie[1],[5],[9], tel que « Est-ce que je peux me marier avec mon chien alors ? » ou la diffusion d'un photomontage prêtant à une militante pour le mariage homosexuel une pancarte « Mes deux papas me pètent le cucul quand je veux »[5],[9].

Une agression dont il est victime est massivement relayée[1]. Le , il est roué de coups et poignardé à plusieurs reprises dans le métro parisien[11]. Pourtant sans lien avec son engagement politique, l'évènement est rapidement récupéré et transformé en intox[1],[9]. La Manif pour tous publie un communiqué où elle évoque l'« agression sauvage » survenue « quelques heures après des appels lancés contre lui sur les réseaux sociaux » et une des figures du mouvement, Christine Boutin, dénonce un acte « hétérophobe »[1]. Plusieurs rassemblements de soutien sont organisés[13]. La préfecture de police de Paris évoque seulement « des échanges de mauvais regards suivis d'insultes dégénérant en agression crapuleuse »[1].

Dans la continuité des mobilisations contre le mariage homosexuel[14], il est annoncé en tête de la liste « Force vie », chapeautée par Christine Boutin, aux élections européennes de 2014 dans la circonscription Sud-Est[5], avant de quitter le projet de liste durant le mois d'avril[15],[16].

Campagne de François Fillon et fondation de Damoclès

Samuel Lafont est salarié en 2015 de Contribuables associés, une association de droite engagée contre le « trop d'impôts »[17]. Il participe à un « tour de France » dans cinquante-cinq villes afin de proposer une consultation « sur les réformes à engager pour réduire les dépenses publiques et les impôts »[18],[19].

Durant la campagne pour l'élection présidentielle de 2017, Samuel Lafont figure au sein du pôle « Société civile » bénévole du candidat des Républicains François Fillon, où il occupe la fonction de co-responsable des réseaux sociaux. Ses tweets homophobes de 2013 ressortent alors et font polémique[1],[5]. Dans le cadre de la campagne, Samuel Lafont fonde en le site d'information militante Damoclès[4], qu'il décline sur l'ensemble des réseaux sociaux[2]. Avec celui-ci, il participe notamment à la diffusion d'une fausse information juste avant le premier tour de scrutin, accusant le candidat favori Emmanuel Macron de pratiquer l'expatriation fiscale en Suisse. À l'issue des votes, François Fillon ne figure pas au second tour, à l'issue duquel Emmanuel Macron est finalement élu[4].

Après la campagne électorale, la ligne éditoriale de Damoclès évolue et devient semblable à celle des sites de « réinformation » de la fachosphère[4], qualifié d'« ultra-droitière »[20],[21] ou d'extrême droite[17]. En particulier, le site met en avant la vision d'une civilisation française menacée par l'islam et l'immigration ou partage la critique de médias mainstream qui mentiraient[4] ; il relaye l'information de chaque attaque terroriste ou supposée et s'en prend à la politique menée par Emmanuel Macron[2]. Malgré les assimilations avec la fachosphère, Damoclès refuse ce qualificatif[21]. Aussi, Samuel Lafont lance plusieurs pétitions à succès — certaines dépassent les 100 000 signatures —, par exemple en soutien à Éric Zemmour ou contre le Pacte de Marrakech sur les migrations, déjà instrumentalisé par les identitaires[4]. Il continue également dans la diffusion ou la création de fausses informations[4],[22].

En 2017, après que le chef d'État-Major des armées Pierre de Villiers ait démissionné à la suite d'un désaccord avec le président de la République, Samuel Lafont participe[2] aux manifestations de soutien effectués en ligne par l'extrême droite[21],[20]. Il lance, via Damoclès, la plateforme « SOS Armée », active sur Twitter et Facebook, ainsi qu'une pétition[2]. Ces actions connaissent le succès et sont très partagées[20]. Dans le même temps, il participe à un débat organisé par Sputnik France (site d'information lié à la Russie et considéré comme proche de l'extrême droite et complotiste) autour de l'évènement, en tant que porte-parole de Damoclès[2].

Samuel Lafont est en 2020 attaché parlementaire de la sénatrice LR des Français établis hors de France Joëlle Garriaud-Maylam[4]. À partir de , il est membre de « Génération Z », un mouvement de soutien à la candidature du polémiste d'extrême droite Éric Zemmour à l'élection présidentielle de 2022[23], dont il est chargé des réseaux sociaux[24][réf. à confirmer].

Notes et références

  1. a b c d e f g h i et j Lucas Barel, « Un membre de « l'équipe bis » de Fillon rattrapé par ses messages homophobes », sur L'Express, (consulté le 25 mai 2021).
  2. a b c d e et f René Ferrando, « Affaire du cambrioleur tué à Servian : qui se cache derrière la pétition ? », sur Midi libre, (consulté le 25 mai 2021).
  3. Pascale Tournier, « L'IFP, pépinière pour libéraux-conservateurs et cathos identitaires », sur La Vie, (consulté le 28 mai 2021).
  4. a b c d e f g h et i Pierre Plottu et Maxime Macé, « Lafont et Thieulloy : collaborateurs de sénateurs LR et piliers de la fachosphère », sur Libération, (consulté le 25 mai 2021).
  5. a b c d e f et g « Samuel Lafont, du Printemps Français à l'« équipe bis » de campagne de François Fillon », sur Yagg, (consulté le 25 mai 2021).
  6. a b c et d Stéphanie Marin, « Un Nîmois et ses trois amis aident le président Hollande à trouver son avion ! », sur Objectif Gard, (consulté le 28 mai 2021).
  7. a b et c Tristan Berteloot, « Café politique - « Mes deux papas » et cætera », sur BFM TV, (consulté le 25 mai 2021).
  8. a et b Yan Barry, « Nîmes : le jeu buzz Avionoutai met François Hollande en scène », sur Midi libre, (consulté le 28 mai 2021).
  9. a b c d et e Assma Maad, « Samuel Lafont, catho tradi obsédé par les « racailles » et les homos, rejoint le pôle « Société civile » de l'équipe Fillon », sur BuzzFeed, (consulté le 25 mai 2021).
  10. Matthieu Beigbeder, « Manif pour tous, Civitas, Printemps français... la nébuleuse des anti-mariage gay », sur L'Express, (consulté le 28 mai 2021).
  11. a et b Julie Saulnier avec AFP, « Ce que l'on sait de l'agression d'un militant anti mariage gay à Paris », sur L'Express, (consulté le 28 mai 2021).
  12. Blandine Grosjean, « Virée anti-LGBT : que faisait Béatrice Bourges ce dimanche à 4 heures ? », sur Rue89, (consulté le 28 mai 2021).
  13. Laurent Borredon, « Comment une rumeur a enfiévré les anti-mariage gay », sur Le Monde, (consulté le 28 mai 2021).
  14. Delphine Legouté, « Le militant anti-mariage gay Samuel Lafont devient tête de liste aux européennes pour Christine Boutin », sur Le Lab, Europe 1, (consulté le 25 mai 2021).
  15. Delphine Legouté, « Pourquoi Christine Boutin a perdu ses deux jeunes têtes de liste Force Vie aux européennes », sur Le Lab, Europe 1, (consulté le 29 mai 2021).
  16. « Résultats des élections européennes 2014, Sud-Est (05) : Force Vie », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le 25 mai 2021).
  17. a et b Samuel Laurent, Mattea Battaglia et Damien Leloup, « De SOS Éducation à la « santé naturelle », voyage dans la galaxie conservatrice des Laarman », sur Le Monde, (consulté le 28 mai 2021).
  18. « Un tour de France en 80 jours contre l'impôt », sur Le Courrier picard, (consulté le 28 mai 2021).
  19. David Saint-Sernin, « Jeudi , le Tour de France contre « le matraquage fiscal » passe à Toulouse », sur ActuToulouse, Actu.fr, (consulté le 28 mai 2021).
  20. a b et c C. C., « La fachosphère adoube le général de Villiers après son recadrage par Macron », sur L'Obs, (consulté le 25 mai 2021).
  21. a b et c Romain Herreros, « Après son clash avec Macron, le général de Villiers nouveau porte-étendard de la « patriosphère » », sur Le HuffPost, (consulté le 25 mai 2021).
  22. Les Décodeurs, « Damocles », sur Le Monde (consulté le 31 mai 2021).
  23. Tristan Berteloot, « Zemmour, l’épine dans le pied de Le Pen », sur Libération, (consulté le 21 juillet 2021)
  24. Alexandre Sulzer, « Présidentielle : la stratégie LR d’Eric Zemmour », sur Le Parisien, (consulté le 15 juin 2021).

Liens externes