Premières Nations

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Premières Nations
Odanak First Nation (Abenaki).gifOuje Bougounou Cree.jpg
Haida flag.pngFlag of Eel Ground First Nation.svg
Bandera innu.PNGTemagama Ojibwa.png
Kawawachikamach Band of the Naskapi Nation.jpgBandera Red Earth Cree.PNG
Bandera Nis'ga Nation.pngBandera Sechelt.png
Flag of the Iroquois Confederacy.svgMikmaq State Flag.svg

Drapeaux de Premières Nations
Populations significatives par région
Population totale 698 025 (2006)[1]
Autres
Langues Langues des Premières Nations
Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de répartition

Les Premières Nations (anglais : First Nations) sont les peuples autochtones canadiens qui ne sont ni des Inuits ni des Métis. On utilise encore les termes Indiens ou Amérindiens.

Sur plus d'un million de personnes qui se définissent comme autochtones au Canada, 64 % font partie des Premières Nations. Ils se répartissent en 50 nations ou groupes linguistiques et 617 communautés. La majorité des membres des Premières Nations vivent en milieu urbain et non plus en réserve[2].

Terminologie[modifier | modifier le code]

Ensemble, les Premières Nations, les Inuits et les Métis forment les peuples autochtones canadiens.

L'expression « Premières Nations » s'est répandue à partir des années 1980 en remplacement du terme « Indiens »[3] considéré comme péjoratif. Certains peuples autochtones utilisent le terme « Première Nation » à la place de « bande » pour désigner leur communauté[4].

Le mot « Indien » reste le terme légal même si son usage est en déclin[5],[6]. Le terme « Native Americans » s'appliquent aux peuples autochtones des États-Unis[7] et son équivalent « Native Canadians » est peu utilisé au Canada. La Proclamation royale de 1763 se référait aux Autochtones de l'Amérique du Nord britannique comme « tribus » ou « nations »[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

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Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

Les guerres entre Premières Nations[modifier | modifier le code]

Guerrier indien Moennitarri.
Article détaillé : Guerres indiennes.

Ces conflits trouvent leur origine dans l'expansion des treize premières colonies américaines qui se traduisit aussi par la conquête de l'Ouest. Ces conflits feront l'objet de représailles de la part des deux camps, tels que des massacres et des pillages.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, les Premières Nations d'Amérique du Nord ont été parqués dans des réserves et leurs principaux gibiers, les troupeaux de bisons, exterminés pour leur fourrure sous les incitations du gouvernement fédéral.

En 1830, l'Indian Removal Act inaugure la politique de déplacement des populations amérindiennes vers l'Ouest qui pousse certains à se réfugier vers le Nord au Canada : jusqu'en 1850, 100 000 membres des Premières Nations sont déportés. L'épisode le plus célèbre reste celui, tragique, de Piste des Larmes[9] qui vit entre 1838 et 1839 la déportation brutale vers l'Ouest du Mississipi de 17 000 Cherokees, dont 4 000 à 8 000 moururent en chemin de froid, de faim, et d'épuisement…

XXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1952, la citoyenneté canadienne est accordée aux Premières Nations. Puis, en 1968, nait le mouvement amérindien (American Indian Movement) à Minneapolis.

Dans les années 1960, sous l'influence du Red Power, on a redécouvert l'héritage et la civilisation des Premières Nations.

Les Premières Nations ont appris aux Européens la culture de plantes qui connurent ensuite un grand succès : tomate, pomme de terre, maïs et tabac. Enfin certains mots anglais rappellent leurs origines indiennes (moccassin, canoe, toboggan, etc.),

Les Premières Nations elles-mêmes font revivre leurs traditions ancestrales (artisanat, Pow wow). Une partie connaît les problèmes de pauvreté et d'alcoolisme. Les Arapahos se sont lancés dans les jeux de hasard et l'industrie des casinos.

La Convention de la Baie James et du Nord québécois[modifier | modifier le code]

La centrale hydro-électrique Robert-Bourassa (LG-2) et son évacuateur de crues, Baie James (Québec)

Les organisations politiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Assemblée des Premières Nations.

Le mouvement Idle No More - 'Jamais plus l'inaction est un mouvement de contestation des Nord-Amérindiens du Canada déployé en réaction à l'adoption par le gouvernement Harper d'une loi omnibus, Loi C-45[10], sanctionnée par le parlement canadien, qui entraîne, selon les manifestants, la violation des traités ancestraux.

Lors de l'élection fédérale canadienne de 2015, le taux de participation de certaines communautés autochtones a augmenté de 280 %[11].

Les excuses du gouvernement en 2008[modifier | modifier le code]

Le , le premier ministre Stephen Harper présente les excuses des autorités canadiennes aux 150 000 enfants autochtones qui subirent une tentative d'assimilation dans des pensionnats chrétiens financés par le gouvernement[12]. Harper déclara : « Le gouvernement du Canada est sincèrement désolé, et demande pardon aux populations autochtones de ce pays, pour avoir si profondément failli à leur égard. Nous sommes désolés[13]. »

Ces excuses rappellent celles présentées quatre mois plus tôt par le premier ministre australien Kevin Rudd aux Générations volées aborigènes.

Gouvernement[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues amérindiennes.

Au Canada, les ethnolinguistes estiment le nombre de langues des Premières Nations, mortes et toujours existantes confondues, à 1 321. Bien que certaines comportent des différences majeures par rapport à d'autres les spécialistes ont pu cependant les regrouper en « familles » n'ayant parfois connu aucun contact.

Les langues européennes ont nommé, en utilisant leurs propres vocabulaires, des éléments de la culture indienne, ce qui introduit des confusions.

Familles de langues autochtones et isolats en Amérique du Nord

Sans écriture, les Premières Nations ont laissé peu de traces anciennes. Néanmoins, la culture des Premières Nations a influencé les toponymes : plusieurs provinces portent un nom d'origine indienne (Manitoba, Saskatchewan, Ontario, Québec, etc.). De nombreux fleuves (Arthabaska) et éléments de géographie physique ont été puisés dans la langue des Premières Nations.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

On regroupe le plus souvent les cultures des Premières Nations en grands ensembles géographiques : Nord-Est, Nord-Ouest (région sub-arctique, Nord-Ouest), Grandes Plaines, Sud-Est, Sud-Ouest, forêts de l'Est. Les conditions de vie étaient donc très différentes selon le milieu de vie des Premières Nations. La diversité des peuples s'exprime également dans le domaine des croyances. On peut néanmoins dégager quelques points communs aux nombreuses tribus :

  • Un Dieu créateur et unique appelé « Le Grand Esprit » auquel les membres des Premières Nations donnent le nom de Wacondah.
  • Des dieux secondaires ou « Esprits Auxiliaires » (par exemple : les esprits du vent, du feu, du tonnerre, ou wakantanka le dieu de la chasse).
  • Les Premières Nations étaient animistes. Offrandes à la terre-mère.
  • Le chamanisme : lecture des signes au moyen d'Enthéogènes ou d'artifices.
  • Le symbolisme : chaque animal et élément sacré doit être représenté sous forme de totem ou de signes (cercle, croix, triangle).

Les Premières Nations partageaient également des rites communs :

  • Rites de purification avant les prières et les cérémonies : utilisation du tabac et de la sauge.
  • Prières et transes en cercles
  • Les Pow wow
  • La Danse des Esprits (The Ghost Dance) : les participants répètent des couplets au son des tambours. Les incantations peuvent mener à la transe.
  • La Danse du Soleil (The Sun Dance) dans les Grandes Plaines pour vénérer le soleil, pendant la période du solstice d'été. Elle était accompagnée de mutilations corporelles volontaires destinées à montrer son courage et à entrer en transe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Recensement 2006 », sur Statistiques Canada.
  2. « Premières Nations », sur Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (consulté le 7 avril 2014).
  3. Gordon Gibson, A New Look at Canadian Indian Policy: Respect the Collective – Promote the Individual, (ISBN 978-0-88975-243-6)
  4. Terminology. Aboriginal Affairs and Northern Development Canada. Retrieved 12 April 2012.
  5. « Words First An Evolving Terminology Relating to Aboriginal Peoples in Canada », Communications Branch of Indian and Northern Affairs Canada,‎ (consulté le 26 juin 2010)
  6. « Terminology of First Nations, Native, Aboriginal and Métis » [PDF], Aboriginal Infant Development Programs of BC,‎ (consulté le 26 juin 2010)
  7. Liz Hill, « National Museum of the American Indian », Smithsonian Institution,‎ (consulté le 9 octobre 2009)
  8. W.R. Wilson, « The Royal Proclamation of 1763 »,‎ (consulté le 9 octobre 2009)
  9. cité dans l'ouvrage Petit Arbre.
  10. Loi C-45 - Modifications apportées par le projet de loi C-45 aux dispositions du code criminel sur la responsabilité pénale des organisations
  11. « Invisibles «no more» »,‎ 28 octobre 2015.
  12. Débats de la Chambre des communes : Compte rendu officiel (Hansard) - 11 juin 2008
  13. (en) Canada apology for native schools - BBC News, 11 juin 2008

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Coze, Wakanda, Éditeur Alexis Redier, Paris, 1929.
  • Florence Delay et Jacques Roubaud, Partition rouge. Poèmes et chants des Indiens d'Amérique du Nord, Paris, Seuil, 1995 (ISBN 2-0202-3690-7)
  • Renée Dupuis, Quel Canada pour les Autochtones? La fin de l'exclusion, Montréal, Boréal, 174 pages, 2001
  • M. Edmonds, E.-E. Clark, Légendes indiennes, tome 1. Les voix du vent, Éditions du Rocher, 1997 (ISBN 2-2680-2636-1)
  • Gilbert Legay, Dictionnaire des Indiens d'Amérique du Nord, Casterman, 2005 (ISBN 2-2031-3135-7)
  • Michel Piquemal, Les Indiens des plaines d'Amérique, Sorbier, 2001 (ISBN 2-7320-3699-4)
  • René Thévenin, Mœurs et histoire des indiens d'Amérique du Nord, Payot, 2004 (ISBN 2-2288-9858-9)
  • Claude Fohlen, Les Indiens d'Amérique du Nord, Que sais-je?, PUF, 4e édition, 1999 (ISBN 2-1304-4214-5)
  • Larry-J. Zimmerman, Les Indiens d'Amérique du Nord, Librairie Gründ, 2003 (ISBN 2-7000-3114-8)
  • David W. Penney, Arts des Indiens d'Amérique du Nord, Pierre Terrail, 1999 (ISBN 2-8793-9118-0)
  • Jack Weatherford, Ce que nous devons aux Indiens d'Amérique, Paris, Albin Michel, 1993
  • M. Harner, Chamane. Les secrets d'un sorcier d'Amérique du Nord, Paris, Albin Michel, 1982

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]