Manitoba

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Manitoba (homonymie).
Manitoba
Armoiries
Armoiries
Drapeau
Drapeau
Carte de localisation
Carte de localisation
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Capitale Winnipeg
Plus grande ville Winnipeg
Admission dans la Confédération  (5e)
Lieutenant-gouverneur Philip Lee
Premier ministre Greg Selinger
Sièges à la Chambre des communes 14
Sièges au sénat 6
Code postal R
Abréviation postale MB
ISO 3166-2:CA CA-MB
Démographie
Gentilé Manitobain(e)
Population 1 208 268 hab. (2011)
Densité 1,9 hab./km2
Rang 5e
Langues officielles Anglais
Géographie
Superficie 647 801 km2
Rang 8e
Terre 553 556 km2
Eau 64 241 km2 (14,5 %)
Fuseau horaire UTC -6
Divers
Devise Gloriosus et Liber
(Latin : « Glorieux et libre »)
Domaine Internet .mb.ca
Panneau routier bilingue à l'entrée du Manitoba.

Le Manitoba est une province de l'Ouest du Canada, situé dans la région des prairies, bordé à l'ouest par la Saskatchewan, à l'est par l'Ontario, au nord par le Nunavut et au sud par les États américains du Minnesota et du Dakota du Nord. Avec une population estimée à 1 208 268 habitants en 2011 et une superficie de 647 801 km2, le Manitoba est la 5e province la plus peuplée et la 8e plus grande de la Fédération. Le nom de la province vient d'un mot cri signifiant « passage du Grand Esprit ». Winnipeg est sa capitale ainsi que sa ville la plus peuplée.

Les marchands de fourrures sont arrivés dans la région à la fin du XVIIe siècle mais la zone n'a jamais été rattachée aux colonies voisines appartenant aux gouvernements français, britannique, espagnol et russe. Au lieu de cela, le Manitoba a été partagé entre les deux plus grandes colonies, la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest pour finalement devenir une colonie de la Compagnie de la Baie d'Hudson, qui la vendra au Canada en 1870. Crée à partir des Territoires du Nord-Ouest, il est devenu la 5e province du Canada le 15 juillet 1870.

Le Manitoba compte plus de cent dix mille lacs et possède un climat continental en grande partie en raison de sa topographie plane. L'agriculture, située surtout dans les régions fertiles du Sud et de l'Ouest de la province, est vitale pour l'économie de la province, les autres principales ressources économiques étant les transports, l'industrie, l'exploitation minière, l'exploitation forestière, l'énergie, le pétrole et le tourisme.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Manitoba se trouve au centre du pays, dans les prairies. Les provinces limitrophes sont la Saskatchewan, à l'ouest, le Nunavut, au nord, l'Ontario à l'est, et les États-Unis (Dakota du Nord et Minnesota), au sud.

Winnipeg est la capitale de la province. Les autres principales villes sont Brandon, Portage la Prairie, Le Pas, Churchill, Thompson, Dauphin et Ste. Anne.

Le climat du Manitoba est rude, bien que le sud de la province soit suffisamment fertile pour permettre une agriculture extensive. Au nord se trouvent des forêts de conifères, de la fondrière de mousse, et la toundra, à l'extrémité.

Hydrographie et sols[modifier | modifier le code]

La province dispose d'une façade maritime donnant sur la baie d'Hudson au nord-est. Elle comporte environ cent dix mille lacs qui couvrent plus de cent mille kilomètres carrés, soit 15 % de sa superficie. Les principaux lacs sont les lacs Winnipeg, Manitoba et Winnipegosis. Le lac Winnipeg est le dixième plus grand lac du monde par sa superficie. Parmi les cours d'eau importants se trouvent la rivière Rouge, la rivière Assiniboine, le fleuve Nelson, la rivière Winnipeg, la rivière Hayes et le fleuve Churchill.

La plus grande partie du sud du Manitoba occupe le lit de l'ancien lac glaciaire Agassiz. Cette région, notamment la vallée de la rivière Rouge, est plane et fertile. Elle regroupe la majeure partie de la population de la province. Le point culminant du Manitoba est le mont Baldy (Baldy Mountain) avec une altitude de 832 mètres. Les principaux reliefs de la province sont le Mont Riding, les collines Pembina (ou collines du Manitoba), la forêt provinciale de Sandilands et le bouclier canadien. Les régions situées au nord et à l'est de la province, assises sur le socle granitique accidenté du bouclier canadien sont faiblement peuplées.

L'agriculture extensive est pratiquée uniquement dans la partie sud de la province, même si la culture céréalière est également présente dans la région de la ville du Pas. L'activité agricole principale est l'élevage bovin (35 %), la céréaliculture (19 %) et la production d'huile végétale (8 %). Environ 12 % des terres arables du Canada se situent au Manitoba.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

Les ours polaires sont nombreux dans le Nord du Manitoba.

Les parties est, sud-est et nord du Manitoba sont couverte par la forêt boréale de conifères et le muskeg (ou « fondrière de mousse » ). La partie la plus septentrionale, qui borde la baie d'Hudson, présente une végétation de type toundra. La forêt couvre environ 263 000 kilomètres carrés, soit 48 % de la superficie de la province[1]. La forêt se compose principalement de pins (gris et rouges notamment), d'épicéas (épinettes blanches et noires), de mélèzes laricins, de peupliers (faux-trembles, baumiers), de bouleaux (bouleaux à papier et bouleaux nains) ainsi que quelques poches de thuyas occidentaux[1]. La prairies à herbes hautes domine dans la partie sud de la province. Elle est notamment remarquable pour la présence d'espèces d'orchidées menacées[2].

Le Manitoba abrite des espèces animales variées. La province est notamment connue pour son importante population d'ours polaires ; la ville de Churchill est ainsi connue comme la « capitale de l'ours polaire »[3]. D'autres animaux de grande taille comme l'orignal, le caribou et le loup sont communs dans la province, notamment dans les zones protégées. Une importante population de serpents du genre Thamnophis existe près de Narcisse. Le Manitoba compte plus de 145 espèces d'oiseaux, dont la chouette lapone, oiseau symbole officiel de la province, ainsi que le faucon pèlerin[4]. Les lacs du Manitoba abritent de nombreuses espèce de poissons, dont la truite, le brochet et le laquaiche aux yeux d'or [5].

Winnipeg, la capitale du Manitoba[modifier | modifier le code]

La capitale du Manitoba et sa plus grande ville est Winnipeg, la huitième métropole du pays en nombre d'habitants. Winnipeg est le siège du gouvernement, de l'Assemblée législative du Manitoba et de la Cour provinciale. Quatre des cinq universités de la province, toutes les quatre ayant des équipes de sport professionnelles et la plupart des activités culturelles (comme le Festival du Voyageur et Folklorama) sont situées à Winnipeg. La ville a une gare routière et ferroviaire, un aéroport international très fréquenté avec une base des Forces canadiennes opérant à partir de l'aéroport et est le siège régional du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les nations autochtones du Manitoba sont les Ojibwas et Assiniboines. Le premier navigateur britannique, Sir Thomas Button, fut chargé par Jacques Ier d'Angleterre, en 1611, de poursuivre les explorations faites par Henry Hudson au Nord de l'Amérique; il a découvert les terres qu'il nomma Nouvelle-Galles, terre de Carey's-Swans-Nest, les caps de Southampton, de Pembroke, les îles Mansfield, l'île et la baie de Button. Parvenu jusque vers le soixante-cinquième parallèle, il se convainquit de la possibilité d'un passage au nord-ouest. Il aurait atteint le Manitoba actuel et visita le fleuve Nelson en 1612. Par la suite, Pierre Gaultier de Varennes, Sieur de la Vérendrye visita le val de la rivière Rouge dans les années 1730, ouvrant ainsi la voie à l'exploration et à la colonisation française pour la traite des fourrures.

1738 : La Vérendrye atteint le site actuel de Saint-Boniface. Des traiteurs et des explorateurs français de la Nouvelle-France utilisent la route tracée par La Vérendrye pour se rendre dans l'Ouest de la Nouvelle-France. Nombre de voyageurs éliront domicile dans l'Ouest, avec leur épouse amérindienne, donnant ainsi naissance à un nouveau peuple, les Métis de l'Ouest. À la suite de l'occupation militaire britannique de la Nouvelle-France en 1763 lors de la guerre de Sept Ans le Manitoba devint une partie de la terre de Rupert, territoire gigantesque de monopole de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Propriété d'un parent de la famille royale britannique lord Rupert.

1812 : les premiers colons anglophones écossais et irlandais recrutés par Lord Selkirk arrivent à la Fourche.

À partir de la fondation du premier village d'agriculteurs, en 1811, par lord Selkirk, un conflit fait rage entre les colons blancs et les métis qui y habitent et qui faisaient du commerce avec la Compagnie du Nord-Ouest, concurrente de la Corporation de la Baie d'Hudson de lord Selkirk. En 1816, une bataille provoquée par les colons cause la mort de vingt colons, tués par les Métis, dont le gouverneur ; le gouvernement britannique disculpa les Métis. Le résultat de ce conflit est la fusion des deux compagnies, exigée par le gouvernement britannique pour mettre fin aux violences.

1822 : création du Conseil d'Assiniboia, un gouvernement local mis en place par la Compagnie de la Baie d'Hudson pour aider le gouverneur de la compagnie à administrer la Colonie de la Rivière-Rouge. Le Conseil a essentiellement des fonctions judiciaires.

1835 : le Conseil d'Assiniboia est métamorphosé en assemblée législative et exécutive. Pour assurer l'application des lois et faciliter le fonctionnement de l'administration, le conseil crée des comités, constitue des tribunaux et organise une force policière. Plusieurs francophones descendants des Français de la Nouvelle-France et des Métis, sont appelés à exercer diverses fonctions dans la magistrature et la police.

Lors de la cession de la terre de Rupert au Canada en 1869 (elle deviendra les Territoires du Nord-Ouest), un manque d'attention aux intérêts métis mena le chef métis Louis Riel à établir un gouvernement provisoire en déclarant l'indépendance du Manitoba. Ce fut la rébellion de la rivière Rouge (1869-1870). Des délégués du gouvernement de Riel entrèrent en négociation avec le gouvernement canadien, ce qui mena à l'entrée dans la confédération de la province du Manitoba en 1870 (Loi sur le Manitoba). À ce moment les anglophones d'extractions britanniques étaient approximativement de 5 % de la population totale. Les descendants des Français et métis francophones formaient 40 % de la population et les Amérindiens majoritaires 45 %. L'implantation de colons britanniques par la suite et l'interdiction du français ont rendu minoritaires ces deux majorités.

À l'origine, le territoire de la province ne s'étendait que sur 1/18 de sa taille actuelle – elle fut connue comme « la province timbre-poste ». Elle crut progressivement en absorbant des parties des Territoires du Nord-Ouest jusqu'à atteindre sa taille actuelle en parvenant au soixantième parallèle nord en 1912.

Pendant la Première Guerre mondiale, les femmes du Manitoba qui sont mariées à des soldats ou des marins deviennent les premières canadiennes à disposer du droit de vote, droit que, au moins en théorie, elles ont exercé au nom de leurs maris. Une grande grève générale eut lieu à Winnipeg en 1919, et la province a été durement touchée par la Grande Dépression. Cela a conduit à la création de ce qui allait devenir le Nouveau Parti démocratique du Manitoba, l'un des grands partis politiques de la province.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le mot Manitoba vient d'un mot cri qui signifie « passage du Grand Esprit »[6] (Gitche Manitou).

Population[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2006[7], le plus grand groupe ethnique au Manitoba est d'origine anglaise (259 595 habitants), mais il y a une importante minorité d'origine française (148 370 habitants) et une population autochtone en pleine croissance (192 865 habitants y compris les Métis). Mais seules 45 000 personnes ont aujourd'hui le français pour langue maternelle, soit 4 % de la population du Manitoba. Les autres groupes ethniques importants sont les Allemands (216 755 habitants - le deuxième groupe en importance), les Écossais (209 170) et les Irlandais (155 915). Le Manitoba est l'un des centres les plus importants de culture ukrainienne à l'extérieur de l'Ukraine (il y a 167 175 personnes d'origine ukrainienne) et le Manitoba est le foyer de la plus grande communauté islandaise à l'extérieur de l'Islande.

Langues[modifier | modifier le code]

Au Manitoba, l'anglais est la langue maternelle de 95 % de la population. Le français est la langue maternelle de 4 % de la population, desquels près de la moitié utilise principalement l'anglais à la maison.

Sport[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Manitoba Forest Facts », Manitoba Conservation (consulté le 3 juillet 2011)
  2. (en) « Fringed-orchid, Western Prairie », Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada (consulté le 3 juillet 2011)
  3. (en) Ian Stirling et Dan Guravich, Polar Bears, Ann Arbor, University of Michigan Press,‎ 1998, 1e éd., 208 p. (ISBN 978-0-472-08108-0, LCCN 88014244)
  4. (en) Andy Bezener et Ken D De Smet, Manitoba birds, Lone Pine,‎ 2000, 1–10 p.
  5. (en) « Angler's Guide 2009 », Manitoba Fisheries,‎ 2009 (consulté le 3 juillet 2011), p. 5
  6. Le Canada dans le monde contemporain, John Ruypers & al, Chenelière Éducation, Montréal, 2009, p. 73
  7. statcan.ca

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]