Peuples iroquoiens

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Les Iroquoiens forment l'un des deux plus importants groupes de premières nations qui parlent une langue de la famille linguistique de l'Est de l'Amérique du Nord, l'autre étant celui des peuples algonquiens. Les Iroquoiens sont parfois désignés par les universitaires sous le nom de nom de peuples Nadoueks, du nom utilisé par les Algonquiens pour désigner les iroquoiens[1].

Les Iroquoiens sont semi-sédentaires et s'adonnent à l'agriculture, la permaculture et l'horticulture. Ils vivent dans des villages de maisons longues, villages entourés de palissades pour se protéger. Ce sont des sociétés matrilinéaires, où la transmission familiale se fait de mère en fille. Ce peuple est aussi matrilocal[2] : ainsi, les enfants d’un couple vont s’installer dans les maisons longues de la famille de la mère. De plus, c’est la famille de la mère qui va élever ces enfants.

Les groupes de locuteurs iroquoiens actuels se trouvent dans l'est de l'Amérique du Nord, la majorité dans l'est du Canada et quelques-uns dans l'est des États-Unis.

Description[modifier | modifier le code]

Les Iroquoiens portent des mocassins et des raquettes tels que nous les connaissons aujourd’hui. Avec du bois d'orme, dont l’écorce sert pour les maisons longues, ils fabriquent des canots qui peuvent contenir 10 à 12 personnes et qui servent à pêcher dans les lacs et la rivière environnante.

La chasse se pratiquait surtout au printemps et à l’automne, la pêche et l'agriculture étant les activités principales qui faisaient vivre les populations. Les activités de la chasse et de la pêche, de même que les expéditions commerciales ou diplomatiques, étaient des activités presque exclusivement masculines. Alors que les hommes consacraient l’essentiel de leur temps pour assurer un apport en viande, en peaux et en fourrures, les activités agricoles incombaient essentiellement aux femmes. Les femmes faisaient les gros travaux tels que cultiver les champs qui se trouvaient derrière les maisons longues, en se servant de longs bâtons.

Ce sont également les femmes qui fabriquent les vases en argile cuite, qui sont ornés d'incisions aux motifs géométriques complexes. Ces vases servent pour la préparation de la nourriture, pour le transport de l'eau et pour l'entreposage des surplus. Ce sont dans ces vases que les peuples font la cuisson de la sagamité, un plat de base pour ces peuples. Elles font aussi beaucoup de vannerie, des colliers et des bracelets.

Les Iroquoiens sont semi-sédentaires. Ils peuvent occuper un territoire pendant vingt ans. Ils cultivent plusieurs plantes comestibles tels les citrouilles, les courges, les fèves, les tournesols, et le maïs, qui sont à la base de leur alimentation. On parle de permaculture entre trois plantes mères, soit le maïs, la courge et les fèves. Une relation s'est créée entre ces trois plantes qui poussent bien ensemble. Les plants de courges couvrent le sol, aidant ainsi avec l'humidité de celui-ci la pousse du mais et des haricots. Comme ils pratiquent l'agriculture sur brûlis et n'engraissent pas leurs champs, les sols s'épuisent rapidement, obligeant le groupe à s'installer ailleurs à des intervalles de dix à trente ans.

Comparaison entre Iroquoiens et Algonquiens[modifier | modifier le code]

Iroquoiens Algonquiens
Territoire Basse-Terre du Saint-Laurent (Québec) Petit territoire Bouclier canadien et Appalaches (Québec) Grand territoire
Structure sociale Matrilinéaire Patrilinéaire
Mode de vie Semi-sédentaire Nomade
Aliment de base Maïs, courges, fèves, citrouilles, tournesols Gibier, poisson (chasse et pêche)
Habitation Maisons longues dans un village entouré d'une palissade (bois)
Intérieur d'une maison longue typique d'un peuple iroquoïen.
Image d'un wigwam, habitations des peuples algonquiens.
Wigwams ou tipi dans un campement (bois)
Habillement Fait en peaux d'animaux Fait en peaux d'animaux
Statut politique des femmes Nomme le Chef de Clan, décisions prises par consensus (tout le monde est d'accord), droit de déclarer la période de guerre, droit de parole puissant Chef de bande, il est choisi par la tribu, décisions prises par consensus (tout le monde est d'accord), droit de parole faible
Rôle des femmes Tâche domestique, enfants, décisions, récoltes, confection de vêtements, préparation des repas Tâches domestiques, enfants, confection vêtements, cueillette, préparation de la viande d'animaux

Iroquoiens du Nord[modifier | modifier le code]

Chez les Iroquoiens du Nord, la situation au moment du contact avec les Européens était la suivante :

Confédération des Hurons-Wendat[modifier | modifier le code]

Habitant la région au nord du lac Ontario, il y avait la confédération des Hurons-Wendats regroupant quatre - peut-être cinq - nations, les Attiragenregas, les Ahondirhonons, les Onguiaronons, les Antouaronons et les Kakouagogas.

Confédération de trois nations[modifier | modifier le code]

Au sud-est du lac Érié se trouvaient les Ériéronons ou Ériés, connus chez les Français comme la Nation des Chats, et qui formaient aussi une confédération de trois nations mal connues.

Ligue des Cinq Nations[modifier | modifier le code]

Au sud du lac Ontario se répartissaient les groupes de la Ligue des Cinq Nations (Haudenosaunee), ou Gens de la Maison-Longue, connus aussi sous l'appellation Iroquois. Ils regroupent les Sénécas (Tsonnontouans), les Cayugas (Goyogouins), les Onondagas (Onontagués), les Onneiouts (Onneyouts) et les Mohawks (Agniers). À l'ouest des Sénécas habitaient les Wenroronons. Dans la haute vallée de la rivière Susquehanna habitaient les Susquehannocks, connus chez les Français sous l'appellation Andastes.

Iroquoiens du Saint-Laurent[modifier | modifier le code]

Enfin, le long de la vallée du Saint-Laurent, de nombreux groupes apparentés se rassemblent sous l'appellation Iroquoiens du Saint-Laurent, dont ceux que rencontre Jacques Cartier dans la région de Québec (la «Province de Canada», incluant le village de Stadaconé) et de Montréal (dont ceux du village de Hochelaga).

Iroquoiens du Sud[modifier | modifier le code]

Les Iroquoiens du Sud habitaient près des côtes de la Caroline du Nord et de la Virginie, tels les Tuscaroras, les Meherrins et les Nottaways, et à l'intérieur des terres sur le plateau appalachien (c'est le cas des Cherokees).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges E. Sioui, Les Wendats, une civilisation méconnue, Presses Université Laval, 1994.
  2. Christian Gates St-Pierre, Marie-Ève Boisvert et Maude Chapdelaine, « L’étude des maisonnées iroquoiennes à travers l’analyse de leur industrie osseuse : le cas des Iroquoiens du Saint-Laurent de la région de Saint-Anicet, au Québec », Palethnologie. Archéologie et sciences humaines, no 8,‎ (ISSN 2108-6532, DOI 10.4000/palethnologie.431, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roland Tremblay, Les Iroquoiens du Saint-Laurent, Les Éditions de l'Homme, (ISBN 2-7619-2326-X).
  • Roland Viau, Femmes de personne. Sexe, genres et pouvoir en Iroquoisie ancienne, Boréal, , 323 p. (ISBN 2-7646-0052-6)
  • Roland Viau, Enfants du néant et mangeurs d'âmes. Guerre, culture et société en Iroquoisie ancienne, The Cranberries/Québec, Boréal, , 318 p. (ISBN 2-89052-807-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]