Innus

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Innus
Description de l'image Innus mosaic.jpg.

Populations significatives par région
- Drapeau : Québec Québec 21 000
- Drapeau de Terre-Neuve-et-Labrador Terre-Neuve-et-Labrador 2 000
Population totale 23 000
Autres
Régions d’origine Nitassinan
(Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord (Québec)
ainsi que la péninsule du Labrador)
Langues Innu-aimun
Religions Mushuau Innu
Ethnies liées Peuples algonquiens

Drapeau innu.

Les Innus ou Montagnais-Naskapis sont un peuple autochtone originaire de l’Est de la péninsule du Québec-Labrador, plus précisément des régions de la Côte-Nord et du Saguenay-Lac-Saint-Jean au Québec ainsi que de la région du Labrador à Terre-Neuve-et-Labrador[1].

Le terme « Innu » provient de leur langue, l’innu-aimun, et signifie « être humain ». Ce nom fut officiellement adopté en 1990 remplaçant le terme « Montagnais » donné par les premiers explorateurs français. Les Innus désignent leur territoire ancestral sous le nom de Nitassinan.

En 2016, on estimait leur nombre à plus de 22 000, soit plus de 20 000 au Québec répartis dans 10 bandes et plus de 2 000 au Labrador dans deux bandes.

Montagnais, Naskapi ou Innu[modifier | modifier le code]

Au Québec, le peuple innu est parfois divisé en deux communautés:

  • les Montagnais du Saguenay et de la Côte-Nord et
  • les moins nombreux Naskapis (peuple de l'intérieur en innu-aimun) qui vivent plus au nord.

Les Naskapis sont signataires de la Convention du Nord-Est du Québec.

Depuis 1990, ce peuple est généralement connu comme les Innus (être humain dans la langue Ilnu).

Histoire[modifier | modifier le code]

Des Innus fabricant un canoë près de Sheshatshiu vers 1920

Les Innus du Labrador, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord n'ont jamais officiellement cédé leur territoire au Canada par voie d'un traité autochtone, et jusqu'en 2002, les Innus des villages de Natuashish et Sheshatshiu du Labrador n'étaient pas assujettis à la loi sur les Indiens.

Avec l'expansion de l'exploitation minière et forestière depuis le début du XXe siècle, une proportion de plus en plus grande des Innus s'établissaient dans des villages au long des côtes et dans l'intérieur des terres. La sédentarisation des Innus était aussi activement encouragée par les gouvernements du Canada, du Québec et de Terre-Neuve et par les Églises catholique et anglicane, ce qui a mis définitivement fin à leur nomadisme.

Avec le déclin des activités traditionnelles (la chasse, le piégeage et la pêche), la vie dans ces nouveaux villages fut souvent troublée par la toxicomanie, la violence familiale et le suicide.

Kawawachikamach, Québec[modifier | modifier le code]

La nation naskapie de Kawawachikamach est la seule communauté Naskapis qui ait signé un traité sur ses revendications territoriales, la Convention du Nord-Est du Québec de 1978. Depuis cette date, les Naskapis de Kawawachikamach ne sont plus assujettis à la loi sur les Indiens, comme le sont toutes les autres communautés innues du Québec.

Histoire des Naskapis[modifier | modifier le code]

Durant l'été 1603, François Gravé et Samuel de Champlain rencontrent le chef innu Begourat, qui se prépare alors à mener une campagne contre des Iroquois de la rivière Richelieu. La plus ancienne référence aux Naskapis apparaît autour de 1643 quand le Jésuite André Richard réfère aux Ounackkapiouek; mais on connaît très peu de choses sur ce groupe auquel Richard fait référence sauf le fait qu'il est une des petites nations situées quelque part au nord de Tadoussac.

Le mot Naskapi apparaît pour la première fois en 1733 qui à cette époque est décrit comme un groupe comprenant environ quarante familles qui a un important campement au Lac Achouanipi. À peu près à la même époque en 1740, le gestionnaire du poste d'Eastmain de la compagnie de la Baie d'Hudson, Joseph Isbister, relate qu'il y aurait des Indiens qu'il appelle Annes-carp au Nord-Est du Golfe Richmond. Dans les années qui suivirent ces Indiens furent appelés Nascopie et Nascappe. Quelques années plus tard les comptes périodiques des missions moraviennes décrivent un groupe d'Indiens demeurant à Okak dénommés Nascopies

Innus du Labrador[modifier | modifier le code]

En 1999, l'organisme Survival International a publié une étude sur les conditions de vie dans les deux communautés innues du Labrador et sur les politiques gouvernementales favorisant leur localisation dans des villages éloignés de leurs terres de chasse traditionnelles. Survival International affirmait que ces politiques violaient le droit international et se comparaient au traitement infligé aux Tibétains par les autorités de la République populaire de Chine. De 1990 à 1997, selon ce rapport, la communauté innue de Davis Inlet, Labrador, affichait un taux de suicide douze fois plus élevé que celui de la population canadienne, donc au moins trois fois plus élevé que le taux observé dans plusieurs villages nordiques isolés du Canada.

Cette situation a amené le gouvernement canadien à allouer le statut d'indien aux Innus du Labrador en 2002, à allouer le statut de réserve indienne à la communauté de Natuashish en 2003 et à déménager et les Innus Mushuan (Davis Inlet) dans la nouvelle réserve de Sheshatshiu en 2006.

Culture[modifier | modifier le code]

Panneau routier « attachez vos enfants » en langue innu, dans la réserve de Pointe-Parent à Natashquan, Québec.

On peut mentionner le Festival Innu Nikamu de Maliotenam (Mani Utenam en innu-aimun : le village de Marie) dont la vocation est de transmettre aux enfants la mémoire de la Culture innue ; ainsi que le festival annuel d'Innucadie, à Natashquan.

La littérature innue est représentée nationalement et internationalement par la poétesse Rita Mestokosho.

La musique est défendue par plusieurs groupes musicaux. Les musiciens innus les plus connus sont Shauit, Florent Vollant et Claude McKenzie, du groupe Kashtin, populaire durant les années 1990. Voir aussi Innu Folk. On mentionnera également Jean-Marc Picard et Petapan de Pessamit, le Groupe Maten de Mani-Utenam, Meshikamau de Sheshatshit (North West rivers), Bobby Couture de Uashat (Sept-îles), Francois Jerome de Mani-Utenam, Teueikan de Unamen-shipu (La Romaine), Uasheshkun, Innutin de Ekuanitshit (Mingan), William-Mathieu Mark de (La Romaine), Jennifer Bellefleur de (La Romaine), James Nuna de (Sheshatshit), Pearl Nuna de (Sheshatshit), Laurent Mark de (La Romaine) et George Nuna de (Sheshatshit).

Population[modifier | modifier le code]

Villages innus du Québec et du Labrador
Population des Innus (Montagnais) du Québec en décembre 2015[2]
Communautés Total résidents non-résidents
Pessamit (Betsiamites) 3925 2893 1032
Essipit (Les Escoumins) 774 514 260
Unamen Shipi (La Romaine) 1161 1116 45
Mashteuiatsh (Pointe-Bleue) 6704 2085 4447
Matimekosh (Schefferville) 964 847 117
Ekuantshit (Mingan) 662 * *
Nutashkuan (Natashquan) 1097 1003 94
Pakua Shipi (St-Augustin) 363 * *
Uashat Mak Mani-Utenam (Sept-Îles/Moisie) 4532 3506 1026
Innus (Total) 19 955 12616 7339
Numéro Nom officiel de la bande[3] Siège Population inscrite
(novembre 2016)
85 Bande des Innus de Pessamit Pessamit 3 950[4]
80 Innu Takuaikan Uashat Mak Mani-Utenam Sept-Îles 4 608[5]
86 Innue Essipit Essipit 743[6]
87 La Nation Innu Matimekush-Lac John Schefferville 985[7]
76 Montagnais du Lac St-Jean Mashteuiatsh 6 612[8]


Le regroupement Mamit Innuat comprend quatre bandes indiennes[3] avec 3 300 membres en 2018.

Numéro Nom officiel de la bande[3] Siège Population inscrite
(janvier 2017)
82 Les Innus de Ekuanitshit Ekuanitshit 634[9]
83 Montagnais de Natashquan Natashquan 1 118[10]
88 Montagnais de Pakua Shipi Saint-Augustin 371[11]
84 Montagnais de Unamen Shipu La Romaine 1 179[12]

Autres 3 bandes à compter sont-ils

Faisant un grand total de plus de 22 000 membres en 2016.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Dorothy K. Burnham, To Please the Caribou: Painted Caribou-Skin Coats Worn by the Naskapi, Montagnais, and Cree Hunters of the Québec-Labrador Peninsula, Toronto, Royal Ontario Museum, .
  • José Mailhot, Au pays des Innus : les gens de Sheshashit, Montréal, RAQ,
  • (en) Jose Mailhot, The People of Sheshatshit, St. John's, ISER, .
  • (en) Lucien M. Turner, Ethnology of the Ungave District, Hudson Bay Terriroty, Montréal, McGill-Queen's University Press, .
  • (en) Marie Wadden, Nitassinan: The Struggle to Reclaim Their Homeland, Toronto, Douglas & McIntyre,
  • (en) Nymphia Byrnc et Camille Fouillard, It's Like the Legend: Innu Women's Voices, Charlottetown (ÎPÉ), Gynergy Books, .
  • Madeleine Lefebvre, Tshakapesh : récits montagnais-naskapi, .

Articles scientifiques[modifier | modifier le code]

  • Anne Doran, « Territoire et sacré chez les Innus », Théologiques, Faculté de théologie et de sciences des religions, Université de Montréal, vol. 16, no 1,‎ (ISSN 1492-1413, lire en ligne [PDF]).
  • Aude Maltais-Landry, « Un territoire de cent pas de côté : récits de la création d'une réserve indienne en territoire innu au milieu du XXe siècle », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 69, nos 1-2,‎ , p. 19-50 (lire en ligne).
  • (en) Eleanor Leacock, « Montagnais Women and the Jesuit Program for Colonization », Women and Colonization: Anthropological Perspectives, New York, Præger,‎ .
  • Jean-Paul Lacasse, « L'affirmation des droits territoriaux des Innus », Revue générale de droit, vol. 37, no 1,‎ , p. 183-199 (lire en ligne).
  • Jean-Paul Lacasse, « Autonomie gouvernementale et justice pénale innue », Revue générale de droit, vol. 32, no 3,‎ , p. 809-820 (lire en ligne).
  • Jean-Paul Lacasse, « Le territoire dans l'univers innu d'aujourd'hui », Cahiers de géographie du Québec, Département de géographique de l'Université Laval, vol. 40, no 110,‎ (ISSN 1708-8968, lire en ligne [PDF]).
  • Laurie Guimond et Alexia Desmeules, « « Les oreilles se sont ouvertes des deux côtés » : développement territorial et relations entre Innus et non-Innus au chantier Romaine », Recherches sociographiques, vol. 58, no 2,‎ , p. 363-386 (DOI 10.7202/1042167ar, lire en ligne).
  • Maxime Saint-Hilaire, « La proposition d'entente de principe avec les Innus : vers une nouvelle génération de traité ? », Les Cahiers de droit, Faculté de droit de l'Université Laval, vol. 44, no 3,‎ (ISSN 1918-8218, lire en ligne [PDF]).
  • Yvette Mollen, « Transmettre un héritage : la langue innue », Cap-aux-Diamants, Les Éditions Cap-aux-Dimants inc., no 85,‎ (ISSN 1923-0923, lire en ligne [PDF]).

Liens externes[modifier | modifier le code]