Manawan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la réserve indienne. Pour la bande indienne, voir Atikamekw de Manawan.
Manawan
village de Manawan
village de Manawan
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Lanaudière
Statut municipal Réserve indienne
Chef Jean-Roch Ottawa
Démographie
Population 2 060 hab.[1] (2016)
Densité 258 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 12′ 43″ nord, 74° 23′ 09″ ouest
Superficie 797 ha = 7,97 km2
Divers
Code géographique 62802
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Québec

Voir la carte administrative de la zone Québec (conique)
City locator 14.svg
Manawan

Géolocalisation sur la carte : Québec

Voir la carte topographique de la zone Québec (conique)
City locator 14.svg
Manawan
Liens
Site web http://www.manawan.com

Manawan, dont le nom officiel est la communauté atikamekw de Manawan[2], est une communauté des Premières nations située dans Lanaudière, au Québec, au Canada[3]. La réserve a été créée officiellement le 29 août 1906. Elle est le siège et la seule réserve des Atikamekw de Manawan.

La réserve couvre une superficie de 7,7 km2 et est enclavée dans le territoire non organisé de Baie-Atibenne à environ 72 km au nord de Saint-Michel-des-Saints à partir d'où elle est accessible via un chemin de gravier. Elle tire son nom de la rivière Manouane qui prend sa source à proximité. Jusqu'en 1991, elle portait le nom de Manouane, mais l'orthographe en atikamekw standardisée est « Manawan », nom qui signifie « lieu où l'on cueille des œufs ».

Toponymie[modifier | modifier le code]

« Manawan » signifie « lieu où l'on ramasse des œufs » en atikamekw. Le vrai nom du lieu où est situé le village de Manawan est Metapeckeka (prononcé « Métabeshkega ») qui signifie « là où sortent les marécages » ou « savane qui sort d'une baie »[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

Manawan vue du lac vers 1971

La réserve indienne de Manawan est enclavée dans le territoire non organisé de Baie-Atibenne dans Lanaudière au Québec. Elle est située à 113 km au nord-est de Mont-Laurier[2]. Elle couvre une superficie de 773 hectares[2]. Elle est reliée par une route à Saint-Michel-des-Saints au sud qui est le centre de services situé le plus près de la réserve. La ville importante située la plus proche est Montréal[5].

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants de Manawan sont principalement des Attikameks. Lors du recensement de 2011 de Statistiques Canada, Manawan avait une population de 2 073 habitants, une augmentation de 12,5 % par rapport à la population de 2006. Ainsi, avec une superficie de 7,73 km2, Manawan a une densité de population de 267,9 habitants/km2. Selon ce recensement, Manawan a un total de 407 logements privés dont 372 sont habités par des résidents habituels. L'âge médian de la population est de 19,4 ans[6].

Évolution démographique de Manawan
1991 1996 2001 2006 2011 2016
1 224 1 416 1 646 1 843 2 073 2 060
(Sources : Recensements de Statistiques Canada)

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du village en 1971

Autrefois, les Atikamekw cueillaient les œufs des oiseaux migrateurs pour leur alimentation. Le lieu exact de la cueillette est situé au lac Manawan au nord-est de la communauté actuelle. Les rives du lac Métabeskéga sont fréquentées par des familles atikamekw au moins depuis 1850[réf. nécessaire]. À partir de ce lieu, elles se séparaient pour rejoindre leur territoire de chasse hivernal. En 1870, le début de l'exploitation forestière vit se sédentariser quelques familles sur ce site, nommé alors Metapeckeka[4]. La Compagnie de la Baie d'Hudson s'installa à cet endroit en 1871. Les barrages installés sur les lacs Kempt, Manawan et Châteauvert au début des années 1900 inonda l'ancien village et un nouveau village se forma en aval.

La création d'une réserve pour les Atikamekw de Manawan fut un processus difficile. Une loi adoptée le 31 janvier 1861 permettaient de mettre à part des terres n'excédant par 93 080 hectares pour les Amérindiens. Le chef Louis Newashish effectua des demandes à répétition pour la création d'une réserve pour les Atikamekw de Manawan, mais elles étaient refusées par le gouvernement du Canada qui disait que la réserve de Maniwaki créée en 1850 étaient réservée pour eux. Les Atikamekw refusèrent d'aller y vivre, mais le gouvernement fédéral refusa tout de même d'établir une réserve en disant que la réserve de Wemotaci était aussi pour eux. Après plusieurs années de correspondance et de nombreux voyages en canot d'écorce à Ottawa ainsi que de longues négociations, le gouvernement fédéral accepta finalement la création d'une réserve.

L'arpentage des terres pour la réserve de Manawan a lieu le 25 mai 1906. Celles-ci ont une superficie de 771,32 hectares d'un seul tenant. L'arrêté en conseil 532, adopté le 29 août 1960, transfère officiellement la gestion et l'administration de ce territoire du gouvernement du Québec au gouvernement du Canada et la réserve est ainsi officiellement créée[7],[8],[9]. À cette époque, elle avait environ 50 habitants.

Le magasin général de la Compagnie de la Baie d'Hudson ferma vers 1941. Dans les années 1950, l'exploitation forestière et la construction de barrages augmentèrent la sédentarisation des Atikamekw au milieu du XXe siècle. Ainsi, la population de Manawan augmenta et un véritable village se constitua avec son bureau de poste. L'église catholique fut érigée en 1961[10]. En 1973, la réserve de Manawan est reliée par une route à Saint-Michel-des-Saints et l'influence culturelle non-autochtone s'accélère[4]. Néanmoins, l'atikamekw continue malgré tout d'être la première langue parlée à Manawan[11].

Langues[modifier | modifier le code]

La première langue parlée à Manawan est l'atikamekw, une langue de la famille linguistique algonquine[11],[12]. Jusqu'à maintenant, la transmission naturelle orale de la langue d'une génération à l'autre ne s'est jamais interrompue. C'est pourquoi, l'atikamekw est connu de tous les Attikameks de la communauté et constitue la langue de communication courante. Il s'agit de la langue d'enseignement à l'école primaire. Par la suite, l'enseignement se fait en français, qui est la langue seconde parlée par toute la communauté.[réf. nécessaire]

Le recensement de 2011 de Statistiques Canada indique que 97,6 % de la population a l'atikamekw comme langue maternelle, 2,4 % a le français et 0,2 % a l'anglais. 89,9 % de la population connait le français, 4,1 % connait l'anglais ainsi que le français et 10,1 % ne connait ni l'anglais ni le français. 94 % de la population utilise principalement l'atikamekw à la maison tandis que 5,5 % utilise principalement le français et 0,2 % l'espagnol. 44,1 % de la population n'utilise qu'une seule langue à la maison de manière régulière, mais, en plus de la langue principale, 51,8 % utilise aussi régulièrement le français, 3,9 % l'atikamekw et 0,2 % l'innu-aimun[6].

Vivre à Manawan[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

L'agora de l'école secondaire Otapi de Manawan
Centre sportif et culturel

Manawan a deux établissements scolaires principaux : l'école primaire Simon P. Ottawa et l'école secondaire Otapi. Des cours de la formation aux adultes sont également offerts, au sein d'un autre établissement de la communauté.

L'école Otapi a été construite en 1996. Elle a été rénovée et agrandie en 2013. Elle reçoit environ 275 élèves du secondaire 1 à 5[13].

Santé[modifier | modifier le code]

Manawan comprend un dispensaire de services de santé, le Centre de santé Masko-Siwin[14].

Services sociaux[modifier | modifier le code]

Les services sociaux pour les personnes en besoin de la communauté atikamekw de Manawan sont administrés par le Conseil de la Nation Atikamekw gérant l'ensemble des communautés atikamekw[15].

Télécommunications[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2016)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
La radio communautaire de Manawan

Le conseil des Atikamekw de Manawan a mis sur pied, depuis 1999, un plan d'infrastructure en télécommunications. Dans ce cadre, un projet de fibre optique pour Internet a été créé. Suite à un appel d'offres, les services de Communications Intermonde de Joliette ainsi que de ses partenaires, le Groupe Génicom pour l'ingénierie et Électro-Saguenay pour la construction du réseau, ont été retenus en 2003. Les travaux d'installation du réseau de fibre optique entre Manawan et Saint-Michel-des-Saints ont commencé en novembre 2005. Le réseau a été inauguré par Gilles Ottawa, remplacement du chef Paul-Émile Ottawa, le 28 février 2006. Ainsi, le Conseil des Atikamekw de Manawan est maintenant propriétaire de 200 km de réseau de fibre optique de Manawan à Joliette.

Manawan dispose également d'une station de radio communautaire, CHMK 93.1 FM.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (décembre 2016)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Depuis 2009, le Conseil de bande a créé une corporation à but non lucratif, Tourisme Manawan, qui a pour objectif de développer un tourisme authentique et équitable mettant en valeur la riche culture atikamekw. Un site traditionnel offrant de multiples activités de plein air, avec des guides atikamekw professionnels, fut construit: Matakan localisé sur une île de l'immense Lac Kempt, long de 61 km. Les voyageurs en quête d'expériences et d'échanges y vivent, sous le tipi, des séjours de mai à octobre et de janvier à mars de chaque année.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Recensement du Canada, 2016
  2. a, b et c « Détails de la réserve/établissement/village », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 3 novembre 2016).
  3. Gouvernement du Québec, « Manawan », Répertoire des municipalités, sur Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire
  4. a, b et c « Fiche descriptive », sur www.toponymie.gouv.qc.ca
  5. « Géographie », sur Affaires autochtones et du Nord Canada (consulté le 3 novembre 2016).
  6. a et b « Profil de recensement », sur Statistiques Canada (consulté le 3 novembre 2016).
  7. « L'histoire de Manawan », sur www.manawan.com (consulté le 9 août 2010).
  8. Laurent Jérôme et Vicky Veilleux, « Witamowikok, « dire » le territoire atikamekw nehirowisiw aujourd’hui : territoires de l’oralité et nouveaux médias autochtones », Recherches amérindiennes du Québec,‎ (lire en ligne) (inscription nécessaire).
  9. L'application des lois et règlements français chez les Autochtones de 1627 à 1760. Ratelle, Maurice, ministère de l'Énergie et des Ressources, 1991, 48 p., (Les études autochtones).
  10. « Église de Saint-Jean-de-Brébeuf, Manawan, Québec, Canada », sur www.gcatholic.org
  11. a et b « Manawan, entre espoir et fierté », sur LaPresse.ca, (consulté le 3 novembre 2016).
  12. « Les langues indigènes des Amérindiens : Attikamekw (Attikamek, Atikamekw, Attimewk) », sur www.native-languages.org (consulté le 9 août 2010).
  13. Canada Newswire, « Minister Valcourt Congratulates the Atikamekw de Manawan on the Official Opening of Otapi High School », Canada Newswire, Manawan (Québec),‎ .
  14. Ministère de la Santé et des Services sociaux, « CENTRE DE SANTÉ MASKO-SIWIN MANAWAN - Trouver une ressource - Portail santé mieux-être », sur www.sante.gouv.qc.ca (consulté le 13 septembre 2016)
  15. « Conseil de la Nation Atikamekw », sur www.atikamekwsipi.com (consulté le 13 septembre 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]