Kanesatake

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Kanesatake
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Laurentides
Subdivision régionale Deux-Montagnes
Chef Serge Otsi Simon ( en poste depuis 2011, réélu en 2014)
Démographie
Population 2 045 hab. (2006)
Géographie
Coordonnées 45° 30′ 41″ N 74° 07′ 25″ O / 45.5114, -74.12372645° 30′ 41″ Nord 74° 07′ 25″ Ouest / 45.5114, -74.123726
Localisation

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Kanesatake (en mohawk : Kanehsatà:ke) est un établissement amérindien Mohawk, enclavé dans la municipalité d'Oka au Québec. Il est situé à la confluence de la rivière des Outaouais et du lac des Deux Montagnes sur la rive nord[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Kanesatake fait partie du territoire de la MRC de Deux-Montagnes, dans la région administrative des Laurentides[2].

Il couvre un territoire de 11,88 km2[3]. On y compte 327 maisons. Il est accessible par la route 344.

« Une partie du territoire de Kanesatake est imbriquée dans le village d'Oka même, où près de 55 parcelles de terrain appartenant à des Mohawks sont séparées les unes des autres par des terrains privés non amérindiens »[4].

Aux dires du grand chef Serge Otsi Simon (en poste depuis 2011, réélu en 2014) : « Il est certain qu'il faut augmenter la superficie de Kanesatake pour parvenir à avoir à la base un certain territoire qui n'est pas composé que de morceaux de terre éparpillés »[4].

Tensions[modifier | modifier le code]

Kanesatake a connu des tensions politiques au cours de son histoire récente.

Durant l'été 1990 (11 juillet - 26 septembre), la crise d'Oka est un événement politique marquant qui opposa la nation mohawk aux États québécois et canadien. La crise demandera l'intervention de l'armée canadienne après l'échec d'une intervention de la Sûreté du Québec.

Article détaillé : Crise d'Oka.

Vingt ans plus tard, les tensions sont encore vives entre les gens de la communauté et les Blancs, selon Ghislain Picard[5].

Gouvernance[modifier | modifier le code]

En 1991, les citoyens de Kanesatake ont tenu leurs premières élections pour les chefs et les membres du conseil. Jerry Peltier a été élu grand chef[6]. Avant cela, les chefs étaient héréditaires à travers le système de parenté matrilinéaire et nommés par les mères de clan.

En janvier 2004, la petite communauté a fait face à une autre crise qui fit la manchette autant dans la province de Québec que dans le reste du Canada, en raison de conflits politiques entre les partisans de l'ex-chef de la communauté, James Gabriel, et ceux du chef en poste, Steven Bonspille[7]. Les chefs Pearl Bonspille, Steven Bonspille et John Harding s'étaient opposés à Gabriel dans une suite d'incidents qui ont mis fin au mandat de Gabriel comme grand chef. John Harding et les autres chefs du conseil Steven Bonspille et Pearl Bonspille se sont opposés à la tentative de prise de contrôle de la police par Gabriel par l'embauche d'agents privés dans le cadre d'une descente contre des trafiquants de drogue en janvier 2004. Ils ont considéré l'action de Gabriel comme une tentative illégale d'usurpation du pouvoir de la Commission de police. Les 67 constables spéciaux ont été contraints de se réfugier dans la station de police locale pour se protéger après que 200 membres de la communauté aient encerclé le poste de police[8]. La demeure de Gabriel fut incendiée et ce dernier quitta la communauté, d'abord pour Montréal, ensuite pour l'Ontario[6], [9]. 13 personnes seront plus tard reconnues coupables de méfaits et de participation à une émeute[10].

Des élections ont eu lieu à la fin du printemps 2005. Le 26 juin 2005, Steven Bonspille a défait James Gabriel lors de l’élection du grand chef. Harding Bonspille et Pearl Bonspille ont en outre été réintégrés dans leurs fonctions comme chefs sur le conseil[6].

L'engagement dans la vie politique est resté élevé : en 2008, il y avait 25 candidats en lice pour sept sièges au conseil. À l'époque, il y avait plus de 2300 électeurs inscrits : 1685 sur le territoire et 664 à l'extérieur.

Commerce du tabac[modifier | modifier le code]

Le tabac est une plante et un médicament traditionnel indigène à l'Amérique du Nord et du Sud. Des sources archéologiques ont montré que son utilisation fait partie des traditions religieuses et politiques rituelles dans les cultures autochtones des Amériques depuis au moins deux mille ans[11]. Sous les lois actuelles du Canada et des États-Unis, les autorités fédérales et provinciales/étatiques tentent de contrôler le commerce de produit contenant du tabac à travers le prix et les taxes, en partie à cause de l'impact sur la santé d'une forte consommation de tabac.

Malgré les problèmes politiques et légaux qui y sont liés, Kanesatake a bénéficié de retombées économiques des ventes hors taxes de tabac (dans les cigarettes) à des non-autochtones. Commençant autour de 2003 avec seulement deux cabanes de pêche mises en place à chaque extrémité du territoire, la communauté a développé par la suite ses ventes de tabac. En 2014, il y avait environ 25 magasins qui vendaient des produits du tabac. Les réserves mohawks d'Akwesasne et de Kahnawake ont toutes deux développé des usines pour fournir Kanesatake avec leurs cigarettes depuis que l'expansion du commerce a pris de l’ampleur [12].

Éducation[modifier | modifier le code]

La commission scolaire du territoire est la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier. En 2014, 55 étudiants de Kanesatake choisissaient de fréquenter l'école secondaire Lake of Two Mountains à Deux-Montagnes. L'école primaire Mountainview à Prévost et l'école primaire Saint-Jude à Deux-Montagnes desservent également cette communauté.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Kanesatake.

Démographie[modifier | modifier le code]

Une partie du village d'Oka, le village iroquois, 1872, par O. Dieker
Population[13]
  • dans la communauté : 1 349
  • en dehors de la communauté : 696
  • Total : 2 045

Personnalités[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Affaires indiennes et du Nord Canada : Première Nation de Kanesatake
  2. MRC de Deux-Montagne
  3. Statistique Canada : Kanesatake
  4. a et b Terres autochtones en vues - Le casse-tête de Kanesatake
  5. Les plaies sont encore vives 20 ans après la crise d'Oka, selon Picard
  6. a, b et c Jeff Heinrich, « Wide-open race in Kanesatake », The Gazette, 27 juin 2008, La Nation Autochtone du Québec.
  7. Radio-Canada : Crise à Kanesatake - Ottawa a agi unilatéralement
  8. « Quebec asked for FBI help during 2004 Kanesatake crisis: U.S. diplomatic cables », APTN, 3 mai 2011.
  9. « James Gabriel lance Les dessous de Kanesatake », Le Journal de Montréal, 14 janvier 2008, La Nation Autochtone du Québec.
  10. « Thirteen guilty in Mohawk trial », The Gazette, 30 octobre 2005.
  11. « Tobacco Road », Mohawk Nation News, 7 août 2015.
  12. « Canada's boom in smuggled cigarettes », The Center for Public Integrity, 27 mars 2009.
  13. Registre des Indiens, AINC, Décembre 2009

Lien externe[modifier | modifier le code]

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Kanesatake est enclavé dans la municipalité d'Oka

Rose des vents Oka Rose des vents
Oka N Oka
O    Kanesatake    E
S
Oka