Pensionnat autochtone au Canada

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Pensionnat indien de Qu'Appelle

Les pensionnats autochtones ou écoles résidentielles, étaient l'enseignement public en internat destiné aux Amérindiens au Canada. Il s'agissait d'institutions destinées à scolariser, évangéliser et assimiler les enfants autochtones. Au cours du XXe siècle, le Département des Affaires Indiennes encouragea les internats pour autochtones afin de favoriser leur assimilation[1]. Cette pratique, qui séparait les enfants de leur famille, a été décrite comme un génocide culturel ou le fait de « tuer l'indien dans l'enfant »[2],[3]. Ces pensionnats ont existé des années 1820 jusqu'aux années 1990, le dernier ayant fermé ses portes en 1996[4].

Début de l’assimilation[modifier | modifier le code]

C’est pour évangéliser et assimiler les populations amérindiennes que le gouvernement fédéral et l’Église ont instauré les pensionnats autochtones. Les conditions de vie des pensionnats y étaient très difficiles et plusieurs pensionnaires en conservent encore aujourd'hui des séquelles importantes[5].

Les premiers pensionnats furent créés en 1820. Les Autochtones étaient considérés comme des personnes que l’on devait civiliser par l’éducation qu’ils n’avaient jamais eue. Suivant la loi sur les Indiens modifiée en 1920, tous les enfants autochtones du Canada devaient fréquenter un pensionnat autochtone au moins 10 mois par année. Le terme « pensionnat autochtone » regroupe les écoles industrielles, les pensionnats, les foyers scolaires, les maisons d’hébergement, les logements chez un particulier et les écoles résidentielles.

En 1945, le gouvernement fédéral cessa de verser une allocation familiale aux familles dont les enfants ne fréquentaient pas l’école, ce qui était un autre moyen de rendre obligatoire la fréquentation scolaire et l’assimilation[6].

Listes des pensionnats[modifier | modifier le code]

Québec[modifier | modifier le code]

Il y avait en tout six pensionnats indiens au Québec :

  • le pensionnat catholique d’Amos (1948-1965) ;
  • le pensionnat anglican de Fort George (1934-1979) ;
  • le pensionnat catholique de Fort George (1936-1952) ;
  • le pensionnat anglican de La Tuque (1963-1978) ;
  • le pensionnat catholique de Pointe-Bleue (1956-1965) ;
  • le pensionnat catholique de Sept-Îles (1952-1972).

Il y avait également cinq pensionnats laïcs réservés aux Inuit du Nord du Québec : les réserves fédérales de Fort George, George River, Pointe à la Baleine, Bellin et Port-Harrison.

Conditions de vie[modifier | modifier le code]

Les conditions de vie dans les pensionnats étaient souvent difficiles. L’une des causes directes des maladies et des décès était le financement largement inadéquat de la part du gouvernement, ce qui entraînait un manque de qualité, de quantité et de variété de la nourriture. La solitude, l’absence de contact avec les parents et la famille, la frustration liée à l'interdiction de parler sa langue maternelle, la piètre qualité de l’enseignement, la faim, l’institutionnalisation, le travail excessif, la route et les règles strictes, la brutalité et l’absence de personnes de confiance sont des aspects que l’on a pu retrouver dans la majorité des pensionnats[7].

Les traumatismes[modifier | modifier le code]

Ces établissements ont laissé chez leurs pensionnaires des cicatrices et des traumatismes importants. Même si quelques-uns d’entre eux gardent un souvenir favorable suite à l’apprentissage des habiletés utiles et les attitudes positives qu’ils ont acquises, la majorité des pensionnaires raconte des histoires de solitude, de discipline rigoureuse et de sévices physiques, sexuels (pédocriminels) et psychologiques. Selon le livre Peuples autochtones, résilience et séquelles du régime des pensionnats : « la séparation de leurs parents et de leur famille a été leur premier traumatisme ». Les jeunes étaient confrontés à une nouvelle culture, à une nouvelle langue et à un nouveau régime disciplinaire que leur imposait les Blancs[8]. Des cas de stérilisation forcée, nettoyage ethnique, d'expériences médicales contraintes et de torture médicale, de meurtres et de charniers d'enfants ont été reportés dans des pensionnats tenus par l'Église unie du Canada et l'Église catholique[réf. nécessaire].

Dénonciations[modifier | modifier le code]

Bill Phipps, modérateur de l'Église unie du Canada, demanda durant son ministère pardon aux Amérindiens du Canada pour les abus commis par les ministres de l'Église au sein des écoles résidentielles amérindiennes au XXe siècle. Un pasteur de l'Église unie du Canada, Kevin D. Annett, a enquêté et dénoncé les pratiques de cette église au sein des pensionnats autochtones dans un livre et un film documentaire[9],[10].

Excuses[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre Stephen Harper présente des excuses au nom des Canadiens relativement aux pensionnats, le 11 juin 2008 en Ontario[11], pour les 139 pensionnats recensés au Canada, dont 12 au Québec[12]. Le mardi 15 décembre 2015, le premier ministre Justin Trudeau demande solennellement pardon aux autochtones du pays au nom de l'État fédéral[13].

Réparations[modifier | modifier le code]

Nora Bernard, militante pour les droits des Amérindiens, à la tête d'un recours collectif au Canada, a obtenu près de 5 milliards de dédommagement du gouvernement.

Anciens élèves connus[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Alberni School Victim Speaks Out », First Nations Drum (consulté le 30 mai 2015)
  2. Residential Schools — A Chronology, Assembly of First Nations, consulté le 9 janvier 2009.
  3. (en) "Canada apologizes for 'killing the Indian in the child'", Monsters & Critics, 11 juin 2008. Consulté le 2 décembre 2009.
  4. http://www.cbc.ca/news/canada/a-timeline-of-residential-schools-the-truth-and-reconciliation-commission-1.724434
  5. Morissette 2012.
  6. Chartrand, Logan et Daniels 2006.
  7. Chansonneuve 2005.
  8. Dion Stout et Kipling 2003.
  9. Kevin D. Annett, Hidden No Longer: Genocide in Canada, Past and Present
  10. Unrepentent
  11. (fr) « Discours d’excuses de Stephen Harper », Site du Premier ministre canadien
  12. (fr) « Autochtone : l’horreur des pensionnats hante encore les survivants », Gisèle Pouhe Njall, Ijsberg Magazine, 28 août 2014
  13. « Les excuses de Trudeau pour les pensionnats autochtones, « chapitre sombre » de l’histoire du Canada », sur Le Monde.fr (consulté le 16 décembre 2015).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Deborah Chansonneuve, Retisser nos liens : comprendre les traumatismes vécus dans les pensionnats indiens par les Autochtones, Ottawa, Fondation autochtone de guérison, , 56 p. (ISBN 978-0-9736647-5-1, OCLC 81020137).
  • Madeleine Dion Stout et Gregory D. Kipling, Peuples autochtones : résilience et séquelles du régime des pensionnats, Ottawa, Fondation autochtone de guérison, , 64 p. (ISBN 978-0-9733976-7-3, OCLC 144149084).
  • Larry N. Chartrand, Tricia E. Logan et Judy D. Daniels, Histoire et expériences des Métis et les pensionnats au Canada, Ottawa, Fondation autochtone de guérison, , 200 p. (ISBN 978-1-897285-36-7, OCLC 144149649, lire en ligne).
  • Réjean Morissette, Les Autochtones ne sont pas des pandas : histoire, autochtonie et citoyenneté québecoise, Montréal, Hurtubise, , 402 p. (ISBN 978-2-89647-886-6, OCLC 794573036).
  • Pierre Lepage, Mythes et réalités sur les peuples autochtones, Québec, Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, , 88 p. (OCLC 734109637).
  • (en) Kevin D. Annett, Hidden no longer : genocide in Canada, past and present, Nanaimo, International Tribunal into Crimes of Church and State and The Friends and Relatives of the Disappeared, , 333 p. (OCLC 683258268).
  • Fondation autochtone de guérison, Répertoire des pensionnats au Canada, 2007 [lire en ligne].

Filmographie[modifier | modifier le code]