Enfants d'Israël

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L’expression « enfants d’Israël » (hébreu : בני ישראל, Benei Israël ) est l’une des appellations les plus fréquemment employées dans la Torah pour désigner les Israélites, c'est-à-dire ceux qui parmi les Hébreux descendent du patriarche Jacob, renommé Israël (« Dieu a combattu à ses côtés »).

Le terme d’« enfants d’Israël » ne se confond pas avec celui de « citoyens d’Israël » : Israël désigne, dans la seconde expression, un État moderne, fondé en 1948, dont les citoyens sont les Israéliens et non les Israélites. Bien que fondé par des Juifs avec pour vocation d’être un État juif, tous ses citoyens ne sont pas juifs — certains sont musulmans, d’autres chrétiens, ou simplement athées — et forment environ 20 % de la population nationale [réf. souhaitée]. De plus, bien que nombre de Juifs ressentent une affinité très forte avec ce pays en tant que Terre Sainte, ils n’en sont pas citoyens.

Dans la tradition juive[modifier | modifier le code]

Les douze progéniteurs des tribus d’Israël[modifier | modifier le code]

Article détaillé : tribus d’Israël.

À l’origine, les enfants d’Israël sont les douze fils de Jacob dont descendront les Douze Tribus. La Torah les appelle tantôt « enfants de Jacob », tantôt « enfants d’Israël ». Après leur arrivée dans le pays de Gosen que leur a assigné le pharaon d’Égypte, dont l’un d’entre eux, Joseph, est le premier ministre, leurs descendants se multiplient prodigieusement. Eux aussi sont appelés « Enfants d’Israël ».

Selon un midrash, Jacob est le plus grand des trois patriarches, car lui seul a pu engendrer une famille dont tous les membres sont vertueux. Le plus ancien de ces trois patriarches, Abraham est père de ses deux fils Isaac (Itzhaq en hébreu, qui signifie « Il rira ») et Ismaël. Ce dernier, Ismaël, a une grande descendance, au sein de laquelle se trouve Mahomet — prophète de l’islam — descendant direct par le fils d'Ismael Qedar ancêtre de la tribu de Mahomet. Le fils ainé, Isaac, donna naissance à Jacob et Ésaü, lequel devint un chasseur[1] et qui le restera toute sa vie. Il a aussi vendu son droit d’aînesse à son cadet en échange d’un plat de lentilles rouges (« Edom »).

Exode et au-delà[modifier | modifier le code]

Dans le Livre de l’Exode, les Israélites, les Juifs sont constamment appelés « Enfants d’Israël », notamment lorsque Dieu parle à Moïse.

Après l’éclatement de la monarchie unifiée, le royaume méridional fut connu comme le royaume de Juda, tandis que le royaume septentrional (qui comprenait le territoire de dix des douze tribus) préservait l’appellation de royaume d’Israël. Toutefois, « Israël » continuait également à désigner les douze tribus. Voir aussi Dix tribus perdues.

Christianisme[modifier | modifier le code]

Dans l'évangile attribué à Matthieu, Jésus déclare n'être venu « que pour les brebis perdues de la maison d'Israël. » À partir du IIe siècle, la « grande Église » chrétienne revendique être le « nouvel Israël » ou le « véritable Israël » (verus Israel), censé remplacer les « Enfants d’Israël ». Le premier témoin littéraire se trouve chez Justin de Naplouse. Cette doctrine s'appelle le supersessionisme, ou encore la « théologie de la substitution ».

Islam[modifier | modifier le code]

L’expression « Enfants d’Israël » revient très fréquemment dans le Coran pour désigner la descendance de Ya'qoub (يعقوب, Jacob), fils d'Ishaq (Isaac). Pour les musulmans, Jacob est le prophète Israël. Donc lorsque Dieu mentionne les enfants d’Israël, ce sont les enfants de Jacob. Le Coran le nomme Ya'qoub et aussi Isra'il (Israël), mais des exégètes attribuent depuis peu une autre étymologie à ce nom, fondé selon eux sur le mot arabe sarâ signifiant « voyager de nuit » [2],[3].

Autres occurrences[modifier | modifier le code]

  • Il existe un groupe ethno-religieux en Afghanistan qui se dénomme Bnei Israel ou Bani Israel (Enfants d'Israël), comme les Juifs. Ce groupe est appelé en français Pashtoun. Certains Pashtounes disent descendre de patriarches des « dix tribus perdues » du royaume d’Israël déportées par les Assyriens.
  • Les Falashas se dénomment Bétä Esraél (Maison d'Israël). Depuis leur immigration en Israël, ils sont de plus en plus souvent appelés juifs éthiopiens.
  • Une des trois mouvances rastafari porte le nom de Twelve Tribes of Israel, c’est-à-dire les Douze Tribus d’Israël (les deux autres mouvances étant les Nyahbinghi et les Bobo Dread).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce qui n’est pas considéré comme une occupation « juste », le prototype biblique du chasseur étant Nemrod
  2. Ali Amir Moezzi, Dictionnaire du Coran, éditions Robert Laffont (2007) (ISBN 978-2-221-09956-8) ; (981 pages) p. 434.
  3. Comparer avec le songe de Jacob, absent du Coran, qui, de nuit alors qu'il dormait, a vu une échelle, en un lieu situé entre Bersabée et Hârân, qui conduirait aux cieux, voir Livre de la Genèse (28 : 11-19)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Kulanu (« Nous tous »), un site dont le but était de collecter des informations sur les communautés juives, passées et présentes, à travers le monde mais qui se consacre actuellement davantage au génocide des tutsis.