Église primitive

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Ichtus, symbole des premiers chrétiens. Le poisson étant un des symboles des Nazôréens, attestés notamment en Batanée (Palestine).

L'Église primitive désigne en général le mouvement créé par Jésus depuis sa formation dans les années 30 et pendant tout le Ier siècle de notre ère, alors qu'il était essentiellement composé de Juifs et que la rupture avec le judaïsme n'avait pas encore commencé. À partir de l'église de Jérusalem (aussi appelée Qehila de Jérusalem) dirigée par Jacques le Juste, assisté de deux autres « colonnes » les apôtres Simon-Pierre et Jean de Zébédée, le mouvement essaime dans une bonne partie de l'empire romain dans les communautés juives des grandes cités et de l'autre côté de l'Euphrate à Édesse, à Nisibe, en Adiabène, au Taxila et même jusqu'à la côte ouest de l'Inde. Cette partie de la prédication semble coordonnée par l'apôtre Thomas, assisté par Judas Thaddée, son frère Simon le Zélote, l'apôtre Nathanaël bar Tolmay, aussi connu sous le nom de Barthélemy.

La prédication dans l'Empire romain est conduite par l'apôtre Pierre « qui passait partout » et probablement l'apôtre Jean, bien que cela ne soit pas relaté. Un personnage de rang quasi apostolique, connu sous le surnom de Barnabé, joue un rôle décisif certes pour le développement du mouvement, mais surtout pour ce que nous en savons, puisque c'est lui qui s'adjoindra Paul de Tarse et qui dirigera le premier voyage missionnaire relaté dans les Actes des Apôtres. Jacques le Juste reste à Jérusalem pour couvrir de sa haute autorité l'activité des apôtres et pour coordonner toutes les prédications apostoliques. Outre cette direction, il semble avoir autorité sur l'ensemble des territoires palestiniens peuplés de Juifs. Le mouvement, alors simplement appelé « la Voie » ou la « Voie du Seigneur » se développe outre dans la province romaine de Syrie et sa capitale Antioche dont Pierre est le premier évêque, dans tout l'espace de la Turquie actuelle et aussi en Grèce, c'est la partie qui est partiellement racontée dans les Actes des Apôtres, dont le « héros » est Paul. Bien que ce ne soit pas raconté, il y a de très forts indices qui montrent que le mouvement se développe aussi en Égypte, peut-être sous l'action de Barnabé et de Marc. Par ailleurs des traditions tardives font état d'une église à Rome qui aurait existé dès le milieu des années 40, bien que cela ne puisse être ni étayé ni récusé.

Dans les années 50, les opposants au mouvement (Pharisiens et Sadducéens) le désignent sous le nom de notsrim (Nazôréens) probablement pour souligner que Jésus ne peut pas être le Messie annoncé, car selon eux il serait né à Nazareth. Ce nom est resté dans l'histoire et c'est souvent ainsi que les spécialistes appellent ce mouvement, à défaut de connaître le nom qu'il se donnait lui-même.

Les sources détaillées s'arrêtent vers 61, juste avant l'exécution de Jacques le Juste en 61/62 qui n'est pas relatée. Le mouvement qui connaissait une exceptionnelle vitesse de propagation semble connaître un fort reflux avec la Grande révolte juive de 66-74. Outre l'exécution de Jacques, l'exécution de Paul qui est ramené à Rome pour être jugé puis décapité en 67-68, puis l'exécution de Pierre ne sont pas racontés. La répression de la révolte en Palestine semble couper les liens de l'église de Jérusalem avec les autres églises, notamment dans l'Empire romain. Vers 73, un cousin de Jésus, Siméon de Clopas est toutefois désigné pour succéder à Jacques et à celui qui a probablement dirigé le mouvement de 62 jusqu'à la prise de Jérusalem en 70, mais dont le nom est inconnu. Toutefois, il semble que l'église de Jérusalem fortement affaiblie par la répression n'ait plus les forces nécessaires pour diriger les églises formées à l'étranger. Siméon est ensuite crucifié vers 107/108 ou au moment de la Révolte des exilés en même temps qu'Ignace d'Antioche.

Dans les années 90, Clément de Rome, un judéo-chrétien appartenant à une famille liée aux Flaviens à laquelle appartiennent les empereurs Vespasien, Titus et Domitien semble tenter d'utiliser son aura et celle de l'église de Rome pour exercer une certaine autorité sur d'autres églises, notamment sur celle de Corinthe. Toutefois, cette tentative est forcément stoppée par ce que la tradition chrétienne appelle la persécution de Domitien où plusieurs membres ou proches de la famille impériale, probablement chrétiens, sont exécutés ou envoyés en exil, par ordre de Domitien, qui finit lui-même assassiné en 96. Selon la tradition, Clément est lui-même exécuté en 99 après avoir été déporté dans le Cherson (la Crimée actuelle). C'est aussi dans les années 90 que s'amorce la rupture entre le judaïsme rabbinique et les Nazôréens.

La question de la structuration de ce mouvement est débattue. Même en supposant, qu'il ne possède pas d'administration structurée, le mouvement présente dès sa constitution une organisation hiérarchique constituée avec les nominations des évêques. La structure en trois niveaux : épiscopes, presbytres, et diacres, qui préfigure la structure actuelle des églises épiscopales, apparaît plus tard, à la charnière des Ier et IIe siècle. Cette structure est attestée au tout début du IIe siècle dans certaines épitres d'Ignace d'Antioche.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon le Nouveau Testament, le mouvement de Jésus naît dans la mouvance de Jean le Baptiste dans les années 30 dans la région Palestine. Il puise sa source en Judée dans deux groupes de disciples de Jésus présents à Jérusalem avant la destruction du Temple en 70, d'une part les « jacobiens », communauté liée à la figure de Jacques le Juste et, d'autre part, les « pétriniens », qui se réfèrent à la figure de Pierre. Les membres de ce mouvement seraient ainsi le premier groupe à avoir envisagé la messianité de Jésus[1].

Genèse du mouvement[modifier | modifier le code]

Le Sermon de la Montagne, par Carl Heinrich Bloch, 1890.

Paradoxalement, les détails du début du mouvement (années 40-60) sont mieux connus que ce que devient le mouvement après la grande révolte (66-70) et même après 60. Ceux-ci ont en effet été conservés dans des textes qui font partie du Nouveau Testament. Il s'agit des Actes des Apôtres et des épîtres de Paul de Tarse. La littérature pseudo-clémentine apporte aussi son lot d'informations, même si tous ces textes doivent être examinés de façon critique. Les Actes des Apôtres notamment ont fait l'objet dans les dernières décennies d'une analyse critique dévastatrice, au point de se voir dénié par certains, en tout ou partie, toute valeur historique[2].

Avant le déclenchement de la grande révolte (66-70), trois événements ont marqué non seulement la communauté de Jérusalem, mais de fait l'ensemble de l'Église primitive :

À partir des années 50, ceux qui nient que Jésus soit le Messie fils de David, notamment les Pharisiens et les Saducéens, désignent ce mouvement sous le nom de nazôréens (notzrim en hébreu), probablement en référence à Nazareth, qui n'est probablement alors qu'un lieu-dit, pour souligner que Jésus n'est pas, selon eux, né à Bethléem, endroit où les prophéties disaient que le « Messie fils de David qui serait vainqueur à Jérusalem » devait naître. Faute de connaître le nom que se donnait ce mouvement, c'est le nom que retiennent la plupart des historiens, alors que d'autres ne font commencer le mouvement nazôréen que vers 73, après le retour à Jérusalem de ceux qui s'étaient réfugiés à Pella.

Mis à part le déplacement d'une partie de la communauté de Jérusalem vers Pella entre 62 et 68, les textes chrétiens sont muets sur l'attitude des nazôréens et de leurs dirigeants pendant la grande révolte, mais aussi dès la fin des années 50. Ainsi, on ne sait rien non plus de leur positionnement par rapport aux événements qui ont conduit à cette révolte durant les années 60.

L'exécution d'Étienne[modifier | modifier le code]

La conversion de Paul[modifier | modifier le code]

L'envoi de Thaddée auprès d'Abgar V[modifier | modifier le code]

Après la crucifixion de Jésus, l'apôtre Thomas aurait envoyé Addaï (appelé aussi Thaddée ou Judas thaddée par Jérôme de Stridon[4]) un des disciples de Jésus, au roi Abgar. La tradition veut aussi que la communauté d'Édesse ait été fondée par ce disciple de l'apôtre Thomas, appelée Addaï[5], venu de Banyas en Palestine, vers 37. Toutefois, depuis plusieurs siècles l'Église latine occidentale considère ces relations comme entièrement légendaires, point de vue auquel se rallient nombre d'historiens.

C'est dans la région d'Édesse, capitale du petit royaume d'Osrhoène[6] que la première version de l'Évangile selon Thomas pourrait avoir été composée dès le milieu du Ier siècle. « En Syrie, la langue ne constituait pas une barrière culturelle[7] » parce que les deux langues, syriaque et grec, « constituaient l'expression et le véhicule d'une même et unique civilisation hellénistique, une tradition remontant aux origines de l'empire séleucide[8]. »

Le christianisme de cette région était « indépendant du christianisme hellénistique[6] » des Églises de Rome ou de la province romaine d'Asie, ainsi que de la prédication de Paul de Tarse. François Blanchetière lui préfère le nom de nazaréisme. Ce christianisme « concevait la foi comme une « Voie », une façon de vivre ; rien d'abstrait ou de dogmatique[6] ». Selon la tradition chrétienne, les successeurs d'Abgar V seraient revenus au paganisme. Au IIe siècle, ce courant chrétien sera illustré par Tatien le Syrien, Bardesane d'Édesse, et deux siècles plus tard par Aphraat et Éphrem le Syrien[6].

Pierre en Samarie puis dans la province de Syrie[modifier | modifier le code]

Pierre convertit des hauts personnages romains[modifier | modifier le code]

La réunion de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Le conflit d'Antioche et la réunion de Jérusalem sont datés par certains critiques des années 48-52[9]. Toutefois, d'autres critiques estiment que cet épisode se trouvait initialement dans le document pétrinien et que c'est le deuxième rédacteur des Actes des apôtres qui l'a inséré dans la « Geste de Paul », en Actes 15, 5s, pour suggérer que Paul était présent à cette réunion[10]. Pour eux, cette réunion a eu lieu bien avant. Ils estiment que fort logiquement les questions soulevées lors de cette assemblée ont découlé de la contestation qui a suivi la conversion du centurion Corneille (Ac 11, 2-3) et que la relation de cette réunion se trouvait initialement juste après l'épisode où Pierre convertit des craignants Dieu « païens » à Césarée maritime (Actes 10, 9s). Ce point de vue est partagé par un nombre significatif d'historiens spécialistes, ce qui a pour conséquence que Barnabé et Paul n'étaient pas présent lors de cette réunion, contrairement à ce que suggère le texte des Actes des Apôtres[11].

Pour Simon Claude Mimouni, le conflit d'Antioche et la réunion de Jérusalem « peuvent être considérés comme les deux premiers épisodes connus de la longue saga de l'opposition, qui s'est développée à l'intérieur même du mouvement des disciples de Jésus, entre deux tendances : l'une maximalisant la portée de l'observance de la Torah, avec Jacques et Pierre comme figures principales, et l'autre la valeur de la croyance au Messie, avec Paul essentiellement – les autres péripéties ont été conservées dans les lettres de Paul en Ph 3 et en 2Co 10-13[9] ». Pour lui, Paul rapporte de façon assez détaillée, ce conflit dans une lettre écrite aux communautés de Galatie, dans les années 54-55[3].

Vue d'une ville construite à flanc de colline entourée de remparts
Reconstitution de la ville de Jérusalem à l'époque de Jésus. Vue de l'enceinte fortifiée dans le secteur de l'Ophel.

Le conflit d'Antioche, ne vient pas à proprement parler de divergences avec ce que l'on peut appeler la théologie de saint Paul, qui semble se développer ultérieurement, mais d'un phénomène nouveau, qui est l'apparition d'adeptes du mouvement de Jésus venant directement du paganisme et donc appelés « païens[Note 1] » dans les lettres de Paul et les Actes des Apôtres. Il est facile de comprendre que l'observance de la Torah par ces chrétiens d'origine polythéiste et notamment la question de la circoncision, déjà problématique médicalement pour un adulte à l'époque, mais en plus interdite pour un non-juif dans la société romaine puisque considérée comme une mutilation, soit devenue une question épineuse.

Lors de la réunion de Jérusalem, l'observance de la Torah par les chrétiens d'origine polythéiste est examinée[3]. Selon Simon Claude Mimouni, « la question de la circoncision, notamment, est posée par des pharisiens devenus chrétiens. Elle est examinée par les apôtres et les anciens (presbytres) en présence de la communauté. Elle est résolue par Pierre qui adopte le principe suivant : Dieu ayant purifié le cœur des païens par la croyance en la messianité de Jésus, il ne faut plus leur imposer le « joug » de la Torah. Jacques accepte la proposition de Pierre[12],[S 1]. »

Toutefois, Jacques est inquiété par des problèmes pratiques, qui naîtront dans les communautés[12] comportant à la fois des « adeptes de la Voie » (« juifs ») et ce que l'on pourrait appeler des « adeptes de Chrestos » d'origine polythéiste[Note 1], souvent appelées « communautés mixtes » par les spécialistes.

Pour respecter l'obligatoire « pureté » exigée par l'orthopraxie juive, « il ne faut pas que les chrétiens d'origine juive aient à craindre de souillure légale lorsqu'ils fréquentent les chrétiens d'origine polythéiste[Note 1]. Il propose par conséquent sa décision à l'assemblée de la communauté et enjoint de la notifier aux chrétiens d'origine païenne par lettre : il faut que ces derniers observent un minimum de préceptes en s'abstenant des souillures de l’idolâtrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang[12]. »

Jacques le Juste et la communauté de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Jacques le Juste « fut le représentant le plus éminent d'une Église primitive profondément enracinée dans la tradition juive[13]. » « Presque tous les textes chrétiens datant des trois dernières décennies du Ier siècle et une bonne partie de ceux composés au début du IIe siècle montrent l'influence massive des concepts et du mode de pensée juifs[14]. » Jacques « considérait son frère Jésus comme l'agent eschatologique choisi par YHWH pour annoncer l'arrivée imminente du Royaume de Dieu, et demander le repentir des fils d'Israël[13] ». Il attendait le retour de Jésus, « exalté à la droite de Dieu après sa résurrection[13] » qui « signalerait la résurrection des morts, le jugement de Dieu et l'instauration de son royaume[13] ». Connu pour son observance fidèle de la Torah, il ne pouvait concevoir que le rôle et l'importance de la Loi aient pu changer, comme le clamait Paul de Tarse[13]. Il s'opposa à ce dernier et à son message qui impliquait une redéfinition de l'identité d'Israël et du rôle de la Loi[15]. Il avait quelques attentions pour les Gentils qui cherchaient Dieu, mais son mot d'ordre restait « pas de confusion entre les Juifs et les Gentils »[16]. Étienne Nodet, enseignant à l'École biblique de Jérusalem, estime que Jacques n'a jamais été un chrétien, dans la mesure où d'après lui, Jacques n'a pas reconnu Jésus comme Messie et qu'il ne pouvait le faire que lorsque celui-ci serait revenu et aurait vaincu pour restaurer le royaume d'Israël[16]. Si cette attente est indéniable dans la communauté nazaréenne, les historiens estiment en général que Jacques et les nazôréens reconnaissaient Jésus comme Messie.

Pour François Blanchetière, le proto-nazaréisme, en Palestine principalement, est composé de prêtres (Ac 6, 7) à qui aurait pu être adressée l'Épître aux Hébreux, de lévites comme Barnabé (Ac 4, 36) et surtout du peuple d'Israël selon la triple division de la société juive[17]. Elle semble être constituée de personnes aisées tout comme de personnes de condition modeste pour lesquels on n'hésite pas à mettre tout en commun[17]. Les spécialistes notent que certaines idées et certaines pratiques esséniennes ressemblent à celles de la communauté primitive de Jérusalem telle qu'elle est décrite dans les Actes des Apôtres[18]. La plus marquante de ces similarités concerne la communauté des biens pratiquée selon les Actes (2, 44-45 ; 4, 32-35 et 36-37 ; 5, 1-11) par l'Église primitive de Jérusalem et celle qui caractérisait le mouvement essénien[18]. Il existe beaucoup d'autres parallèles entre les Esséniens[19],[Note 2], ou à l'une de leurs quatre tendances mentionnées par un texte attribué à Hippolyte de Rome. Certains sont pertinents à souligner dans la mesure où ils ne concernent pas des croyances ou des pratiques largement répandues à l'époque[19]. Ainsi, les esséniens, tout comme les nazôréens méprisaient-ils les richesses et valorisaient la pauvreté. L'appellation les pauvres ('ebyônîm) qui désignaient parfois les Esséniens, auteurs d'une centaine des Manuscrits de la mer Morte, était peut-être utilisée dans la communauté de Jérusalem[19].

Le mouvement dirigé par Jacques était le principal parmi les nombreux groupes catégorisés péjorativement comme minim (hérétiques, sectaires min = mauvaise espèce) dans le Talmud[20].

Voyage missionnaire de Barnabé avec Paul pour adjoint[modifier | modifier le code]

Le conflit d'Antioche[modifier | modifier le code]

Dans les Actes des Apôtres[S 2], à la suite de cette réunion, une lettre écrite par les « colonnes » – c'est-à-dire Jacques, Pierre et Jean – et les anciens et de la communauté de Jérusalem est envoyée aux communautés d'Antioche, de Syrie et de Cilicie et probablement portée par ceux qu'une épitre de Paul appelle les « envoyés (apostoloi, apôtres) de Jacques »[21]. Il y est demandé aux destinataires d'observer le compromis défini par Jacques. Cette lettre contient probablement les quatre clauses que la tradition chrétienne appelle « décret apostolique »[22], et dont voici l'une des versions :

« L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé de ne pas vous imposer d'autres charges que celles-ci, qui sont indispensables : vous abstenir des viandes immolées aux idoles, du sang, des chairs étouffées et des unions illégitimes. Vous ferez bien de vous en garder. Adieu[S 3]. »

Selon Simon Claude Mimouni, ce décret « pose de nombreux problèmes d'ordre littéraire et historique[22] ». Il semble, au vu de la narration de l'incident d'Antioche contenue dans une lettre de Paul[21], que « l'observance de ces quatre clauses a pour objectif de résoudre la question de la communauté de table entre les chrétiens d'origine juive et les chrétiens d'origine païenne[22] », même s'il n'en est fait aucune mention dans le décret tel que nous le connaissons[Note 3].

Les envoyés de Jacques sont Silas et Judas Barsabbas[Note 4], un personnage important puisqu'il est probablement le frère de Joseph Barsabbas, du même rang que ceux du « groupe des douze » ; le tirage au sort lui a simplement préféré Matthias lorsqu'il a fallu remplacer le « traître » Judas. La tradition chrétienne a retenu le surnom de Joseph, Barnabé, formé à partir d'un jeu de mot sur son nom : bar sabbas donnant bar nabbas (Barnabé), ce qui veut dire « fils d'encouragement ».

La venue de ces « envoyés de Jacques » à Antioche, avec probablement des directives orales, provoque un bouleversement dans les habitudes des communautés chrétiennes de la ville. En effet, les judéo-chrétiens et les « pagano-chrétiens » avaient pris l'habitude de prendre les repas symbolisant l'eucharistie en commun. Ce à quoi met fin la venue de Barnabé et Silas, munis des directives de Jacques. Cela ne se passe pas sans émoi, et Paul prend même violemment à partie l'apôtre Pierre, allant jusqu'à le traiter d'hypocrite.

« Les événements d'Antioche et de Jérusalem représentent les premières traces connues d'un débat sur l'interprétation de la Torah en fonction de la reconnaissance du Messie – débat qui ne va cesser de se développer, de manière parfois très vive, durant plus d'une décennie entre Paul et ses opposants[22]. »

Le conflit d'Antioche et la réunion de Jérusalem ont eu une incidence considérable sur les rapports entre les deux tendances principales – les jacobiens et pétriniens d'une part, et les pauliniens d'autre part –, qui donneront par la suite naissance au judéo-christianisme et au « pagano-christianisme »[23].

Par ailleurs, l'attitude tranchante et véhémente de Paul dans certaines de ses lettres à la suite de ces divers événements et de bien d'autres qui se sont produits en Asie et en Grèce a peut-être fourni à ceux qui sont demeurés insatisfaits de l'accord de 48-49 ou de 49-50, une raison de considérer ce dernier comme rompu par lui, précipitant Paul, lors de sa visite à Jérusalem en 58, dans un cycle de procès et d'emprisonnements qui vont le conduire de Jérusalem à Rome – du moins si l'on en croit Ac 21. 27-31[24].

L'église de Rome[modifier | modifier le code]

L'église d'Éphèse[modifier | modifier le code]

La prédication de Thomas[modifier | modifier le code]

Comme cela a déjà été relaté, après la crucifixion de Jésus, Thomas aurait envoyé Addaï (appelé aussi Thaddée ou Judas thaddée, un des disciples de Jésus, au roi Abgar V à Édesse.

Selon le texte des Actes de Thomas, pendant syriaque (dialecte de l'araméen) des Actes des apôtres mais absent du corpus du Nouveau Testament et déclaré apocryphe au VIe siècle, l’apôtre Thomas a d'abord quitté Antioche vers l'an 37 pour aller évangéliser Ninive en compagnie de Barthélémy[25] ou bar Tolmaï (fils de Tolmaï). Il crée des églises dans le nord de l'espace perse, dominé à l'époque par les Parthes, l'Adiabène et l'Arménie. Il fait ensuite la même chose dans le Gandhara (Taxila), où son roi Gondopharès Ier, accueille favorablement sa prédication.

Probablement après son retour à Jérusalem pour assister à ce que le mouvement de Jésus sacralisera en l'appelant l'Assomption de la mère de Jésus, Thomas repart pour un second voyage qui le mène en Inde du Sud par bateau[26]. Il arrive à Cranganore au Kerala à la fin de l’an 52, où l'araméen était parlé et où vivait une communauté juive. Il tente de l'évangéliser, mais aurait eu plus de succès auprès des autochtones, et baptise de nombreuses personnes de la haute caste et de la famille royale, qui forment alors le noyau de la première communauté chrétienne en Inde. De 52 à 63, il fonde au total sept Églises au Kérala ainsi qu'au Tamil Nadu et au Sri Lanka, alors appelé Taprobane.

La dernière rencontre de Jacques le Juste et de Paul à Jérusalem[modifier | modifier le code]

Dans les Actes des Apôtres[S 4], il est rapporté que, lors de son dernier séjour à Jérusalem, Paul a été accueilli très froidement par Jacques le Juste, le chef de la communauté, et les anciens. Ceux-ci lui font savoir que, selon des rumeurs, il a enseigné aux juifs de la diaspora l'« apostasie » vis-à-vis de Moïse, c'est-à-dire l'abandon des coutumes ancestrales[27] et notamment de la circoncision de leurs enfants. Une « rumeur » confirmée par le contenu de ses épîtres, telles qu'elles figurent dans le Nouveau Testament. Jacques et les anciens suggèrent à Paul un expédient qui doit montrer aux fidèles son attachement à la Loi, puis lui citent les clauses du « décret apostolique » émis pour les chrétiens d'origine païenne, que Paul n'a pas remplies[24].

Un mouvement de contestation houleux, soulevé par des juifs d'Asie, entraîne l'arrestation de Paul alors qu'il se trouve dans le Temple[S 5],[28]. « Apparemment, Jacques et les anciens ne font rien pour lui venir en aide, ni pour lui éviter son transfert à Césarée puis à Rome[28]. » Cet incident montre un certain durcissement du groupe de Jacques le Juste en matière d'observance[28], probablement lié à la crise provoquée par les zélotes, qui aboutira, en 66, « à une révolte armée des Juifs contre les Romains[28] ».

L'exécution de Jacques le Juste[modifier | modifier le code]

Peinture représentant un homme frappant avec un bâton un homme agenouillé portant un habit religieux
Martyr de Jacques le Juste dans le Ménologe de Basile II, un manuscrit daté de la fin du Xe, ou du début du XIe siècle.

Jacques le Juste a été exécuté par lapidation en 61/62[29] sur ordre du grand prêtre Ananius ben Anân (le beau-frère de Joseph Caïphe) « pendant la période d'anarchie qui a régné à Jérusalem après la mort du procurateur romain Festus (60 – 62) et avant l'arrivée de son successeur Albinus (62 – 64)[28] ». Elle intervient, alors que depuis plusieurs années, « la Palestine s'enfonçait inexorablement dans le chaos et l'anarchie[30] ».

L'exécution de « Jacques, frère de Jésus, appelé Christ » est mentionnée « par Flavius Josèphe[S 6], mais aussi par de nombreuses sources chrétiennes transmises par Eusèbe de Césarée[S 7] ou indépendantes de lui[28] ». Pour Pierre-Antoine Bernheim, « Il est possible que Jacques, en tant qu'autorité suprême de l'Église, ait été tenu pour responsable des transgressions de la Loi dont Paul fut accusé[31] ».

« Ananius, qui appartient au courant sadducéen, a sans doute pensé rendre service à Rome en supprimant Jacques, car il a dû estimer qu'il est alors sous influence des Zélotes — son initiative a été mal appréciée, et lui a valu d'être destitué de sa charge de grand prêtre[32] » à la demande du nouveau procurateur romain sitôt entré en fonction[32]. Pierre-Antoine Bernheim se pose la question : « qui était donc Jacques », dans la société de Jérusalem ? En effet, si cette exécution provoque le renvoi du Grand-Prêtre aussi puissant qu'Anan, appartenant à une famille qui compta huit Grands prêtres en 60 ans et qui venait à peine d'être nommé, cela ne signifie-t-il pas que Jacques était un personnage important, bénéficiant d'alliés puissants à Jérusalem[33] ?

« L'exécution de Jacques montre l'influence du mouvement nazaréen à cette époque, et sa perception comme un danger par les autorités du Temple de Jérusalem qui sont saducéennes[32]. » Robert H. Eisenman note qu'Agrippa II a profité du vide provoqué par la mort du procurateur Porcius Festus avant l'arrivée de son remplaçant Albinus pour démettre Joseph Cabi et nommer Ananius ben Anân comme grand-prêtre. Celui-ci a immédiatement arrêté Jacques et quelques-uns de ses partisans. Il en conclut qu'Agrippa a probablement « saisi la première opportunité après l'affaire du mur du Temple pour se débarrasser de Jacques[34] ».

La migration à Pella d'une partie de la qehila de Jérusalem[modifier | modifier le code]

Selon une tradition rapportée par Eusèbe de Césarée et Épiphane de Salamine, à la veille de la Grande Révolte juive (66-73 ap. J.-C.) les membres de l’église de Jérusalem furent avertis par un oracle de la prochaine destruction de la Ville. Siméon de Clopas, doublement cousin de Jésus aurait alors abandonné Jérusalem avec une partie de la communauté nazaréenne de la ville pour se réfugier à Pella (vers 68), ce qui aurait permis son retour après sa chute et la destruction du Temple (août 70)[35]. Toutefois, l'historicité de cette migration à Pella est contestée[36]. D'autres historiens voient dans l'exécution de Jacques le Juste en 61/62, l'origine de cette fuite, qui est donc située par ceux qui admettent son existence entre 62 et 70[36]. Revenu à Jérusalem, vers 73-74, Siméon a été placé à la tête de la qehila ou d'une des communautés nazaréennes de Jérusalem[35]. Certains critiques estiment que la plupart des membres de l'église de Jérusalem ont péri pendant la prise de la ville et que seuls ceux réfugiés à Pella ont reconstitué la communauté dont Siméon était le dirigeant[14].

L'exécution de Paul à Rome[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, la mort de Paul de tarse est associée à la répression collective des chrétiens de Rome, accusés d'avoir incendié la ville en 64. Il n'existe cependant aucune source qui établisse un lien entre cette répression et la condamnation de Paul[37]. En outre, la lettre de Clément de Rome (5,7 et 6,1) « distingue clairement le martyre de l'apôtre et la persécution de 64[38]. » Les plus anciennes indications chronologiques au sujet de sa mort datent du IVe siècle et font référence aux années 67-68[37]. Pour M.-F. Baslez « les Actes du martyre de Paul, tel que le souvenir s'en conserva dans la province romaine d'Asie jusqu'au IIe siècle, situent l'événement dans le même contexte que la lettre aux Philippiens et que la Deuxième lettre à Timothée[39]. » Paul aurait donc continué ses activités missionnaires après avoir été relâché, avant d’être de nouveau arrêté et ramené à Rome pour y être jugé.

Après sa condamnation, Paul est conduit à la sortie de Rome, sur la Via Ostiense, pour y être décapité[39]. Outre Luc et Tite, il aurait été entouré par des convertis issus de la maison impériale[39]. La tradition orale des chrétiens de Rome indique qu'il se tourna vers l'orient pour prier longuement. « Il termina sa prière en hébreu pour être en communion avec les Patriarches. Puis il tendit son cou, sans plus prononcer un mot[40]. »

L'exécution de Pierre à Rome[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, tout comme celle de Paul, la mort de Pierre est associée à la répression collective des chrétiens de Rome, accusés d'avoir incendié la ville en 64. Des traditions tardives indiquent même qu'ils auraient été exécutés le même jour de la même année. Deux exécutions le même jour, l'un décapité, l'autre crucifié la tête en bas, dans deux endroits différents sont jugés hautement improbables, surtout que désormais il semble établi que la date d'exécution de Paul était anticipée de cinq ou six ans.

Des sources du IVe siècle indiquent que Pierre a été exécuté peu après Paul, ou un ou deux ans après. Toutefois, l'imprécision est telle, que certains historiens estiment qu'il n'est pas impossible que Pierre ait été exécuté avant Paul.

Siméon de Clopas, deuxième « évêque »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siméon de Clopas.

Selon les sources chrétiennes et notamment les listes ecclésiastiques, Siméon de Clopas a survécu à la grande révolte juive. Il est revenu avec d'autres membres du mouvement à Jérusalem. Vers 73, Simon a été placé à la tête communauté nazaréenne de Jérusalem[35]. La communauté judéo-chrétienne qui se reconstitue alors ne retrouve ni la prééminence, ni le prestige qui avaient été les siens avant la guerre[14].

Des quelque quarante années pendant lesquelles Siméon a dirigé la communauté de Jérusalem, nous ne savons quasiment rien, sinon que c'est vraisemblablement durant ce dernier quart du Ier siècle que s'élargit la rupture entre les Nazôréens (notsrim en hébreu, les juifs chrétiens[41]) et le mouvement des rabbins en formation[41] dans l'Académie de Yabneh[42], notamment avec une nouvelle rédaction de la Birkat haMinim contenant une malédiction à l'égard des hérétiques (minim) parmi lesquels les Nazôréens sont inclus[43],[44].

C'est aussi durant cette période qu'Eliezer ben Hyrcanos comparaît devant un « Légat romain » pour « hérésie », tout au moins selon le Talmud. Éliezer ben Hyrcanos est visiblement soupçonné d'être un sympathisant du mouvement créé par Jésus, appelé dans les sources juives Yeshu haNotzri (Jésus le Nazoréen)[45], ou le plus souvent Jésus ben Pantera, c'est-à-dire Jésus fils de Pantera, ou Pentera[46]. Il sauve toutefois sa tête car le Légat n'a pas compris le véritable sens des propos tenus en sa présence par Éliezer. Il reconnaît ensuite avoir été séduit par les propos d'un personnage nommé Jacob le Min (Jacques l'hérétique) dans le récit et derrière lequel certains historiens reconnaissent Jacques le « frère » de Jésus alors que la plupart des critiques estiment que l'on ne dispose pas de suffisamment d'éléments pour effectuer cette identification. Rabbi Eliézer ben Hyrcanos « est un personnage très connu dans la littérature rabbinique[47] » « Certains critiques considèrent que la comparution de rabbi Eliézer pourrait dater du règne de Trajan[48]. » D'autres critiques préfèrent situer cet épisode vers 95, lors de la répression qui a eu lieu sous le règne de Domitien[48]. Quelle que soit la datation de ces faits, ils témoignent d'une évolution certaine dans les rapports entre chrétiens et pharisiens/tannaïtes, clairement proscrits dans les années 90 ou 100[48].

Clément de Rome[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Clément de Rome.

Parenté entre l'Église de Jérusalem et les auteurs des manuscrits de la mer Morte[modifier | modifier le code]

Qu'on les appellent « adeptes de la Voie » comme dans les Actes des Apôtres, ou notzrim (Nazôréens) comme leurs adversaires notamment Pharisiens, ou qu'on les appellent d'un tout autre nom, au Ier siècle les partisans de Jésus sont des Juifs et ceci encore plus en Palestine. Une trentaine de manuscrits de la mer Morte mentionnent le « Yahad » (« Unité », « Alliance »), un mouvement religieux derrière lequel bon nombre de chercheurs reconnaissent les Esséniens, ou l'une des quatre tendances d'Esséniens mentionnées par Hippolyte de Rome. Dans d'autres manuscrits qui ne mentionnent pas le Yahad, on repère un vrai système de mots ou de formules qui les font classer également parmi les écrits sectaires. Ils sont à eux tous une bonne centaine[49]. Tout comme les membres du Yahad, les « adeptes de la Voie » ne se distinguent guère des autres Juifs, si ce n'est par quelques pratiques et conceptions qui leurs sont propres[19]. En particulier l'Église de Jérusalem, dirigé par Jacques le Juste et dont les apôtres Pierre et Jean de Zébédée étaient « des colonnes » importantes, observait les prescriptions de la Torah de façon fidèle[19]. Certaines des idées et des pratiques qui distinguaient le mouvement créé par Jésus des autres « sectes » juives semblent très proches de celles du Yahad ou des Esséniens[50],[51].

Idées communes[modifier | modifier le code]

En supposant que les auteurs des manuscrits de la mer Morte soient « des Esséniens », un nombre importants de critiques estiment que « l'existence d'un essénisme chrétien », ou essénisme nazaréen, « relève de l'éventualité envisageable[52] ». « D'abord parce qu'il existe une parenté indéniable entre les mouvements baptistes, dont celui de Jean le cousin de Jésus et le nazaréisme primitif. Ensuite parce qu'on retrouve tout un ensemble d'idées communes aux milieux esséniens ou péri-esséniens et à la "communauté johannique", enfin parce que l'on a identifié une parenté d'idées entre ces mêmes milieux des écrits de la mer Morte et l'Épître aux Hébreux[52]. » De même, la Didachè et l'Épître de Barnabé, un temps incluses dans le canon du Nouveau Testament, « reprennent à leur manière la thématique des deux voies, celle du bien et celle du mal, qui figure déjà dans le Manuel de discipline[53] » retrouvé à Qumran. Certains critiques émettent l'hypothèse que l'Épître aux Hébreux incluse dans le Nouveau Testament « pourrait avoir été adressée à des esséniens s'étant agrégé au courant nazaréen, de même que d'autres les retrouvent à Kokaba “au pays de Damas où ils auraient rejoint les disciples du Nazaréen[53]. »

On trouve aussi dans les deux mouvements une exaltation du « désert » et des expressions comme celle des « pauvres en esprit » est présente à la fois dans le passage de l'évangile selon Matthieu appelé « les Béatitudes » et dans certains fragments retrouvés à Qumrân où elle désigne les fidèles observateurs de la loi[54]. De plus, le terme de nosri apparaît à plusieurs reprises dans les textes du mouvement du Yahad, notamment dans les Hymnes, pour symboliser la communauté de la Nouvelle Alliance[55]. Le sens du mot était gardien et associé à Yahad (unité, alliance) pouvait se traduire par « gardien de [la nouvelle] Alliance »[56]. C'est la formulation qu'utilise le christianisme qui énonce qu'avec la venue de Jésus, une « Nouvelle Alliance » a été formée avec Dieu. Les Nazôréens-Ébionites se désignent aussi par plusieurs des noms qu'utilise le Yahad, par exemple: « Nouvelle Alliance », « La Voie[19] », « Les Pauvres ». On trouve d'ailleurs ces mêmes noms dans le Nouveau Testament.

Attente messianique très proche[modifier | modifier le code]

Le Maître dont les membres du Yahad attendent le retour — peut-être le « Maître unique » du Document de la Nouvelle Alliance au pays de Damas (4Q175) — semble être doté des mêmes caractéristiques que celles attribuées à Jésus dans les évangiles et dans d'autres textes chrétiens antiques. Initialement le Yahad attendait la venue de trois figures eschatologiques séparées : un prophète, un Messie-royal et un Messie-sacerdotal dans un messianisme qui était bicéphale car le Prophète devait intervenir antérieurement aux deux autres dont il devait annoncer la venue[57]. Seules les figures royales et sacerdotales sont de véritables Messies[57]. Toutefois, ses conceptions évoluèrent[58], au Ier siècle, l'Alliance attendait le retour d'un messie unique, à la fois sacerdotal et royal[58]. La collection de citations bibliques relatives à une figure messianique qu'a sélectionnées l'auteur de 4QTestimonia évoque non seulement ces trois figures appliquées à Jésus dans le Nouveau Testament, mais de plus, elle utilise les mêmes citations des mêmes œuvres bibliques[Note 5]. Ce testimonia est considéré comme prouvant la théorie selon laquelle il circulait en milieu palestinien[59] « encore plus parmi les premiers Chrétiens[60] », des « recueils de citations scripturaires collationnées, combinées, élaborées et au besoin partiellement reformulées autour de thèmes précis et en particulier le thème messianique[59] ». En milieu chrétien ou proto-chrétien, ces recueils comportaient surtout des citations ayant une portée messianique[60].

La Charte pour Israël durant les derniers jours (1QSa) « concerne un futur idéal appelé les “Derniers jours”[61]. » Il contient la description d'un festin associé à la venue du « Messie d'Israël » auquel tout le peuple du Yahad prendra part durant cette phase prometteuse d'un nouveau millenium[61]. Ce festin peut être comparé aux agapes des débuts du christianisme dont parlent certains auteurs chrétiens antiques comme Hippolyte de Rome[61]. « Le lien entre ce repas et l'arrivée du Messie rappelle en outre dans l'imagerie chrétienne “Les Noces de l'Agneau”, ce grand banquet où selon l'Apocalypse de jean, les croyants se joindront à Jésus une fois tout le mal vaincu (Ap. 19, 6-9)[62]. » « Le deuxième trait notable de cet écrit est sa possible référence dans 2:11 à Dieu comme “père” du Messie d'Israël, c'est-à-dire du chef guerrier qui devait surgir de la lignée de David[63]. » Si la lecture initiale effectuée par plusieurs critiques est correcte, alors que ce passage a subi de graves dommages depuis, ce texte « décrit un personnage messianique qui est d'une façon particulière le fils de Dieu[63]. » Une notion que l'on retrouve chez les premiers chrétiens appliquée à Jésus de Nazareth[63] et qui jusque là avait semblé étrangère au judaïsme qui utilisait le terme de « Fils de Dieu » uniquement comme un titre métaphorique.

Organisations semblables[modifier | modifier le code]

« Même avant la découverte des manuscrits de la mer Morte, les spécialistes avaient noté combien certaines idées et pratiques esséniennes ressemblaient à celles de la communauté primitive de Jérusalem telle qu'elle est décrite dans les Actes des Apôtres[18]. » La plus marquante de ces similarités concerne la communauté des biens pratiquée selon les Actes (2, 44-45 ; 4, 32-35 et 36-37 ; 5, 1-11) par l'Église primitive de Jérusalem et celle qui caractérisait le mouvement essénien[18]. Il semble « que l'Église primitive possédait un système de communauté ou de partage des biens similaire à celui des esséniens et inspiré par lui[19] », même s'il ne « concernait sans doute pas tous les biens des nouveaux adhérents[19]. » Les morts successives d'Ananie et Saphire (en) après leur condamnation par l'apôtre Pierre montrent que la dissimulation des biens était sévèrement punie dans l'Église primitive, comme chez les Esséniens[19].

Il existe beaucoup d'autres parallèles entre les Esséniens[19] — ou l'une de leurs quatre tendances mentionnées par un texte attribué à Hippolyte de Rome — et la communauté primitive de Jérusalem[19]. Certains sont pertinents à souligner dans la mesure où ils ne concernent pas des croyances ou des pratiques largement répandues à l'époque[19]. Ainsi, les esséniens, tout comme les nazôréens méprisaient-ils les richesses et valorisaient la pauvreté. L'appellation les pauvres ('ebyônîm) qui désignaient parfois les auteurs des manuscrits dits « sectaires », était peut-être utilisée dans la communauté de Jérusalem[19].

Il est désormais généralement admis que l'évêque vient du mebaqer qui chez le Yahad dirige chaque communauté, le mot grec et le mot hébreu ayant la même signification[64] et la fonction remplie par l'évêque à la naissance de l'église primitive correspond à celle du mebaqer[Note 6], ce qui a conduit à nuancer le soupçon d'anachronisme qui pesait sur le titre d'évêque donné à plusieurs personnes dans le Nouveau Testament et dans diverses sources chrétiennes pour la période apostolique[64] (Ier siècle). « Les modalités de l'élection de Matthias dans le collège des Douze (Act. 1, 15-26) présentent aussi des analogies avec les pratiques[19] » décrites dans les manuscrits[19].

Dans la Règle « le conseil de cette communauté comprend douze hommes et trois prêtres[65]. » On a donc comparé la mission du Maître de Justice « à celle de Jésus, fondateur du collège des Douze et instaurateur de la “Nouvelle Alliance” (1 Co 11, 24 et Lc 22, 20) et cette dernière expression empruntée à Jérémie (31, 31), se lit aussi dans l'Écrit de Damas[66]. » Les trois prêtres faisant penser aux trois « colonnes » dirigeant l'Église primitive qui selon une des lettres de Paul de Tarse étaient Jacques le Juste, Pierre et Jean de Zébédée.

Les similarités entre le repas communautaire des manuscrits et le repas eucharistique chrétien sont aussi notables[19].

Mêmes références bibliques[modifier | modifier le code]

En comparant le nombre de citations de chacun des livres de « l'Ancien Testament qui font l'objet de citations formelles de la part des auteurs du Nouveau Testament[67] » « avec les chiffres les plus caractéristiques livrés par Qumrân, c'est-à-dire ceux des exemplaires retrouvés, on peut conclure que les goûts bibliques[68] » des auteurs des évangiles et ceux du Yahad « devaient être assez semblables[68]. » Outres les Psaumes, il s'agit notamment d'Isaïe cité 48 fois dans le Nouveau Testament[69].

Les deux mouvements ont aussi un goût prononcé pour la littérature apocalyptique. Il semble possible de faire remonter les traditions apocalyptiques aux prêtres sadoqites à l'origine du mouvement ayant produit les manuscrits de la mer Morte[70]. Ces prêtres auraient « développé toute une série de cogitations centrées autour de l'idée du temple (heikalot) et du chariot divin (Merkabat) décrit en Esdras 1[70]. » Pour certains critiques, ils auraient produit l'essentiel de la littérature apocalyptique antérieure à la Grande révolte juive (66-70) que nous connaissons. Le mouvement proto-chrétien et chrétien a lui même produit des œuvres apocalyptiques au Ier siècle au moment de la révolte et après sa défaite, dont les plus célèbres sont l'Apocalypse de Jean et les « petites apocalypses » que l'on trouve dans les évangiles synoptiques[71]. C'est probablement aussi un nazôréen palestinien qui a écrit au Ier siècle le Livre d'Hénoch II qui a été conservé en langue slave[72]. Dans le même genre apocalyptique, des fragments de Hénoch I en hébreu et en araméen ont été retrouvés parmi les manuscrits de la mer Morte[72]. Avant cette découverte Hénoch I n'était connu que par sa version éthiopienne composé dans des milieux chrétiens de cette région, à partir d'une version grecque[72]. L'existence d'une version grecque considérée comme un texte de référence dans les milieux proto-chrétiens au Ier siècle est attestée « puisqu'on en trouve une citation dans l'Épître de Jude (14b-15)[72] » qui figure dans le Nouveau Testament et censée avoir été écrite par le frère de Jésus de même nom. Pour François Blanchetière, « identifier purement et simplement le judéo-christianisme avec l'apocalyptique juive comme l'a fait le Cardinal Jean Daniélou est sans doute reconnaître l'importance de ce courant et le fait que la majorité des œuvres issus de ces milieux a été conservé uniquement parmi les chrétiens[73]. » Si après la défaite de la Grande révolte juive (70) il n'avait existé que le seul mouvement rabbinique cette littérature aurait en effet disparu. Toutefois, Blanchetière estime qu'une « telle représentation est manifestement réductrice[73]. » L'assimilation du judéo-christianisme avec l'apocalyptique juive « avancée par Daniélou ne peut donc être maintenue purement et simplement[73]. »

Les pesher un genre littéraire que semble avoir inventé le Yahad, utilise massivement les livres prophétiques ou des portions de la Torah qui citent un prophète, ou les Psaumes car ils sont réputés avoir été écrit par David, un prophète[74]. Cette tendance littéraire « tout prophétique » se retrouve chez les auteurs du Nouveau Testament[74] et le procédé utilisé dans les peshers : citation d'un prophète, suivie de l'interprétation introduite par une phrase comme « ce qui veut dire (tout' estin) » se rencontre dans certaines lettres de l'apôtre Paul de Tarse, notamment dans l'Épître aux Romains en 9, 6-13[75] et en 10, 4-17[76]. « Il faut souligner que trois écrits non retenus dans la Biblia Hebraica mais conservés dans la Bible chrétienne par le canal de la Septante[77] » figurent dans les écrits bibliques retrouvés à Qumrân[77]. La découverte de Qumrân montre que leur langue originale était bien l'hébreu et que ce n'est donc pas parce qu'ils ont été composés en grec comme on le croyait jusqu'alors, qu'ils ont été exclus du canon biblique établi par le judaïsme rabbinique[77] dominé par les héritiers des pharisiens, qui semblent être les pires ennemis des auteurs des manuscrits sous le nom symbolique de « Chercheurs de flatteries ».

Une Église primitive ?[modifier | modifier le code]

Il convient tout d'abord de définir le terme « Église », qui désigne initialement une communauté de chrétiens[78]. La question qui se pose est de savoir s'il existait une forme de structure ou d'autorité qui avait le pouvoir de légiférer (ou d'émettre un avis) sur les problématiques qui devaient inévitablement surgir dans les différentes communautés de chrétiens.

Au début du christianisme, les fidèles suivent un maître, un peu selon le modèle des écoles pharisiennes[79] ; le souvenir s'en transmet par l'invocation d'un apôtre à l'origine de telle ou telle Église régionale. Des indices de ce qu'a pu être l'organisation des pratiques des premiers disciples de Jésus apparaissent au travers des Actes des Apôtres.

Historique du concept d’Église primitive[modifier | modifier le code]

La question de l'existence historique d'une « Église primitive » est discutée. L'Église primitive, si tant est qu'elle existât avant l'institutionnalisation à laquelle procède Constantin, avait une forme différente de l'Église au sens contemporain du terme[80]. Le christianisme est d'abord constitué de communautés locales considérées comme plus ou moins hérétiques par le judaïsme à partir de la phase de Yavné. Ces communautés pratiquent régulièrement la fraction du pain, avant que ne s'institutionnalise le sacrement de l'eucharistie tel que nous le connaissons aujourd'hui. Quand elles s'organisent, il n'y a pas l’Église mais l'assemblée locale autour de ses anciens presbytres et de son épiscope. Ce sont des écoles de pensée imitant les écoles de philosophie grecques dont le nom propre est « aeresis » (voir l'étymologie dans hérésie)[81].

Le concept d'Église primitive apparaît au Moyen Âge, dans la période qui précède le mouvement cathare, dans toute une série de mouvements militant pour la pauvreté de l'Église (catholique romaine, à l'époque) qui prêchent la pauvreté, par l'exemple en la référant à « l'Église Primitive ». En même temps apparaît l'idée que Jésus serait né dans un milieu pauvre ;

Le concept se poursuit à la Renaissance avec Luther qui prétend que sa Réforme est un retour à l'Église primitive.

L'idée de l'unité de l'Église des origines, avec des hérésies qui viennent après, reste une idée propre au christianisme catholique et orthodoxe. Selon Walter Bauer, historiquement les hérésies sont à la source même du christianisme[82] ,[83]. Certains théologiens du courant évangéliste, sont opposés à la thèse de Walter Bauer[84], [85].

Depuis le XIXe siècle, l'étude fouillée des origines chrétiennes a permis de retrouver dans l'Église primitive l'image d'une communauté chrétienne imprégnée de vie sacramentelle, une Église tout entière mysterion, tout entière sacramentum[86]. Ce modèle d'une Église mystère-sacrement imprègne l'ecclésiologie depuis le concile Vatican II.

Une Église sans administration structurée[modifier | modifier le code]

Émile Besson mentionne l'absence d'une administration structurée dans l'Église primitive[87]. Il ne faut pas s'en étonner si l'on songe à l'éloignement des différents apôtres les uns des autres lors des premières prédications, à la difficulté des transports à l'époque, et à l'absence des moyens de communications modernes que nous connaissons aujourd'hui. Toujours selon Émile Besson, la lettre de Barnabé, à peu près contemporaine de la Didaché (début du IIe siècle, nous renseigne également sur l'Église primitive.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Selon François Blanchetière, « Païen est un terme qui n'apparaît dans le sens qui lui est resté aujourd'hui qu'au IVe siècle, il est donc anachronique pour parler des origines du mouvement chrétien ; c'est de plus un terme typiquement chrétien. Il conduit en conséquence et subrepticement à adopter un point de vue christiano-centrique, à la différence du terme plus objectif et neutre polythéiste. », cf. Blanchetière 2001, p. 150.
  2. Certains critiques préfèrent distinguer les Esséniens des membres de la « communauté du Yahad » auteurs d'une centaine des Manuscrits de la mer Morte, en arguant que l'on n'est pas absolument sûr que ces manuscrits ont été écrits par des Esséniens.
  3. Selon Simon Claude Mimouni, on admet en général que ce décret a été émis après la réunion de Jérusalem en l'absence de Paul qui paraît l'ignorer (1Co 8. 10) et n'en apprendre son existence que par Jacques lors de son dernier voyage à Jérusalem en 58 (Ac 21. 25). Cfr. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 135.
  4. « Nous vous avons donc envoyé Judas Barsabbas et Silas, qui vous transmettront de vive voix le même message (Nouveau Testament, Actes des Apôtres) ».
  5. La première section se compose de deux textes du Deutéronome et fait référence au prophète semblable à Moïse (Deutéronome 5:28-29; 18:18-19). André Dupont-Sommer note que ce deuxième passage du Deutéronome « se trouve appliqué à Jésus lui-même dans les Actes des Apôtres (III, 22); cf. Dupont-Sommer 1983, p. 331 ». La deuxième section est un extrait d'une prophétie de Balaam sur un personnage messianique qui est semblable à David (Nombres 24:15-17). Cette prophétie prédit : "Une étoile est sortie de Jacob et un sceptre s'élèvera d'Israël, il doit écraser les temples de Moab et détruire tous les enfants de Sheth". C'est à cette citation que fait référence le récit de la naissance de Jésus ajouté au début de l'évangile attribué à Luc ainsi que le verset de l'Apocalypse de Jean à forte coloration messianique : “Je suis le rejeton (nètzer) de la race de David, l'étoile (kokhav) radieuse du matin” (Ap 22. 16) ; (cf. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 123). Cette même prophétie est utilisée par Justin de Naplouse dans son Apologie (1 A 32, 12-13) pour prouver que Jésus est le Christ annoncé par les prophètes. Le fait que Justin rapproche et agrège trois fractions de versets différents (Nb 24, 17 ; Is 11, 1 ; Is 11, 10) dans une commune attribution à Isaïe est un des éléments qui fait penser aux spécialistes que Justin utilisait un testimonia ; cf. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 317.
  6. Il n'y a pas lieu de donner au terme episkopos (surveillant), utilisé dans les listes ecclésiastiques, un sens trop précis pour l'époque considérée. Sa compréhension avec le sens d'évêque est anachronique. Il faut le comprendre avec le sens qu'il a dans certaines lettres de Paul de Tarse (1 Tm 3, 2 ; Tt 1,7) ; « c'est donc l'intendant d'une communauté agissant seul ou en collège. » La critique estime généralement que la charge d'episkopos dans les communautés chrétiennes a dû correspondre à celle du mebaqer (inspecteur) pour le mouvement décrit dans certains Manuscrits de la mer Morte. Celui-ci « veille aussi par des inspections périodiques à la réalisation de l'idéal communautaire. » cf. Mimouni 2006, p. 454-455.

Sources antiques[modifier | modifier le code]

  1. Ac 15. 13-21 Ac 15. 13-21
  2. Ac 15. 22-29.
  3. Ac 15. 27-29
  4. Ac 21. 17-26
  5. Ac 21. 27-36
  6. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques XX, § 197-203.
  7. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 1, 4-5 ; [témoignage originaire de Clément d'Alexandrie ; II, 23, 4-18 [témoignage originaire d'Hégésippe]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Claude Mimouni, « Les groupes chrétiens d'origine judéenne du IIe au VIe siècle », in S. C. Mimouni et P. Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, Paris,  éd. P.U.F./Nouvelle Clio, p. 279-285.
  2. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, Éditions du Cerf, Paris, 2001, p. 103.
  3. a, b et c Mimouni 2004, p. 134.
  4. Jérôme de Stridon écrit dans son Commentaire de l’Épître aux Galates que « l’apôtre Judas, qui n’est pas le traître » a pris le nom de Zélote « en vertu de son zèle insigne. » (cf. Jérôme de Stridon, Epist. ad. Gal. 2, 4). Dans son texte contre Helvidius, il parle à nouveau de « Jude Zélote qui est dit Thaddée dans un autre évangile; (cf. Jérôme de Stridon, Adv. Helvidium 13).
  5. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 227.
  6. a, b, c et d François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 226.
  7. Drijvers, 1992, p. 126-127, cité par François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 226.
  8. Drijvers, 1985, p. 88-102, cité par François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 227.
  9. a et b Mimouni 2004, p. 133-134.
  10. Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, Actes des deux apôtres, livre I, Paris, 1990, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie éditeurs, p. 12.
  11. Justin Taylor, Actes des deux apôtres, livre V, Paris, 2000, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie éditeurs, p. 201-205.
  12. a, b et c Mimouni 2004, p. 134-135.
  13. a, b, c, d et e Bernheim 2003, p. 339.
  14. a, b et c Bernheim 2003, p. 341.
  15. Bernheim 2003, p. 340.
  16. a et b Étienne Nodet, (en) James was never a christian, in Le judéo-christianisme dans tous ses états - Actes du colloque de Jérusalem - 6-10 juillet 1998, Dir. Simon Claude Mimouni, Paris, éd. Cerf, 2001, p. 80.
  17. a et b Blanchetière 2001, p. 187.
  18. a, b, c et d Bernheim 2003, p. 275.
  19. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Bernheim 2003, p. 276.
  20. Eisenman 2012 vol. I, p. 2.
  21. a et b Nouveau Testament, Épître aux Galates (Ga ).
  22. a, b, c et d Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 135
  23. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 135-136.
  24. a et b Mimouni 2004, p. 136.
  25. P. Perrier, Kong Wang Shan. L'apôtre Thomas et le prince Ying : l'évangélisation de la Chine de 64 à 87, éditions du Jubilé, 2012, annexe 2, p. 91
  26. P. Perrier, Kong Wang Shan. L'apôtre Thomas et le prince Ying : l'évangélisation de la Chine de 64 à 87, éditions du Jubilé, 2012, p. 89-90
  27. Bernheim 2003, p. 336.
  28. a, b, c, d, e et f Mimouni 2004, p. 137.
  29. Mimouni 2006, p. 455.
  30. Bernheim 2003, p. 324.
  31. Bernheim 2003, p. 337.
  32. a, b et c Mimouni 2004, p. 138.
  33. Bernheim 2003, p. 13.
  34. (en) Robert Eisenman, James the Just in the Habakkuk Pesher, p. 14, note no 32.
  35. a, b et c François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 204.
  36. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 138.
  37. a et b Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, 2012, éd. Pluriel, p. 291.
  38. Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, 2012, éd. Pluriel, p. 448, note no 79.
  39. a, b et c Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Paris, 2012, éd. Pluriel, p. 293.
  40. Acta Pauli, traduction d'après l'édition du papyrus de Hambourg par C. Schmidt et W. Schubart, Hambourg, 1936, p. 68-69, cité par Marie-Françoise Baslez, op. cit., p. 293.
  41. a et b Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 482.
  42. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 489.
  43. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 205.
  44. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, 2004, p. 71s.
  45. cf. Simon Claude Mimouni, op. cit., p. 113.
  46. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, p. 108.
  47. Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, p. 114-115.
  48. a, b et c Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Ed. Albin Michel, Paris, 2004, p. 115.
  49. Paul 2008, p. 26
  50. Bernheim 2003, p. 275-277.
  51. Blanchetière 2001, p. 212-213
  52. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd Cerf, Paris, 2001, p. 213.
  53. a et b Blanchetière 2001, p. 212
  54. cf. par exemple 4Q171 dans lequel « les membres du yahad se présentent comme les « pauvres », dont il est dit qu'ils « posséderont la terre ». » Pour André Paul, « on croirait entendre Jésus de Nazareth (selon Mt. 5, 3-4) », Paul 2005, p. 155-156.
  55. André Paul, Encyclopædia Universalis, Article « Nazaréens, religion ».
  56. André Paul, Qumran et les Esséniens. L’éclatement d’un dogme, Cerf, 2008.
  57. a et b Christian-Georges Schwentzel, Juifs et nabatéens: Les monarchies ethniques du Proche-Orient hellénistique et romain, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, p. 97.
  58. a et b Schwentzel 2013, p. 99.
  59. a et b François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, éd Cerf, Paris, 2001, p. 316.
  60. a et b Wise, Abegg et Cook 2003, p. 274, § 24 - Recueil de textes messianiques - 4Q175.
  61. a, b et c Wise, Abegg et Cook 2003, p. 167, § 6 - Charte pour Israël durant les derniers jours - 1QSa, 1Q28a.
  62. Wise, Abegg et Cook 2003, p. 167-168, § 6 - Charte pour Israël durant les derniers jours - 1QSa, 1Q28a.
  63. a, b et c Wise, Abegg et Cook 2003, p. 168, § 6 - Charte pour Israël durant les derniers jours - 1QSa, 1Q28a.
  64. a et b Mimouni 2015, p. 95-96.
  65. Jean Starcky, Le Maître de Justice et Jésus, in Aux origines du christianisme, Pierre Geoltrain (Dir.), Paris, Gallimard et Le Monde de la Bible, 2000, p. 143.
  66. Jean Starcky, Le Maître de Justice et Jésus, in Aux origines du christianisme, Pierre Geoltrain (Dir.), Paris, Gallimard et Le Monde de la Bible, 2000, p. 145.
  67. D. Barthélemy, 1984, 15-16 ; cité par Blanchetière 2001, p. 310.
  68. a et b D. Barthélemy, 1984, 15-16 ; Trublet, 1990, 77-187 ; Dupuy, 1991, 131-159 ; cité par Blanchetière 2001, p. 310.
  69. Blanchetière 2001, p. 310.
  70. a et b Mimouni 2012, p. 52.
  71. Blanchetière 2001, p. 51.
  72. a, b, c et d Mimouni 2012, p. 54.
  73. a, b et c Blanchetière 2001, p. 52.
  74. a et b Paul 2005, p. 220.
  75. Paul 2005, p. 166.
  76. Paul 2005, p. 167.
  77. a, b et c Paul 2005, p. 221.
  78. du grec ancien ekklesia, assemblée du peuple
  79. Marie-Emile Boismard, A l'aube du christianisme, avant la naissance des dogmes, CERF, 1998
  80. Quoique l'ouvrage soit sommaire et néglige les christianismes orientaux, on peut voir, par exemple Histoire du christianisme sous la direction de Alain Corbin ; l'ouvrage Quand notre monde est devenu chrétien de Paul Veyne est préférable sur ce sujet
  81. Frédéric Amsler, Comment construit-on un hérétique ? Nestorius pris au piège de Cyrille d'Alexandrie, dans Christologie VanDieren
  82. Orthodoxy and Heresy in Earliest Christianity de Walter Bauer, 1re édition 1932, nouvelle édition sous la direction de Robert A. Kraft et Gerhard Krodel 1996 ISBN 0-9623642-7-4
  83. Source : L'invention du Christ, naissance d'une religion, Maurice Sachot, Odile Jacob, coll. Le Champ Médiologique.
  84. Turner, H. E. W. The Pattern of Christian Truth. London: A. R. Mowbrey, 1954.
  85. Robinson, Thomas A. The Bauer Thesis Examined, Lewiston, Edwin Mellon, 1988. [1]
  86. Jean-Marie Pasquier, L'Église comme sacrement, le développement de l'idée sacramentelle de l'Église de Moehler à Vatican II, p. 69
  87. Émile Besson, la Didaché et l'Église primitive, Amitiés spirituelles, 1987

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français 
En anglais
  • (en) Robert Eisenman, James the Brother of Jesus And The Dead Sea Scrolls, The Historical James, Paul as the Enemy, and Jesus' Brothers as Apostles, Vol. I, GDP, , 411 p. (ISBN 9780985599133).
  • (en) Robert Eisenman, James the Brother of Jesus And The Dead Sea Scrolls, The Damascus Code, the Tent of David, the New Convenant, and the Blood of Christ, Vol. II, GDP, , 443 p. (ISBN 9780985599164).
  • (en) Robert Eisenman, James the Brother of Jesus: The Key to Unlocking the Secrets of Early Christianity and the Dead Sea Scrolls, GDP, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]