Épître de Barnabé

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Ne doit pas être confondu avec Évangile de Barnabé ou Actes de Barnabé.
Le Codex Sinaiticus contient l'Épître de Barnabé sous le titre ΒΑΡΝΑΒΑ ΕΠΙΣΤΟΛΗ à partir du cahier 91, folio 2r, col. 2[1]

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L'Épître de Barnabé (grec ancien : Βαρνάβα Ἐπιστολή) est une œuvre chrétienne composée entre la fin du Ier siècle et le début du IIe siècle. Composée de 21 chapitres, elle est écrite en langue grecque. Dans le Codex Sinaiticus (IVe siècle), elle figure immédiatement après le Nouveau Testament et avant le Pasteur d'Hermas.

Auteur[modifier | modifier le code]

Icône de saint Barnabé avec le texte de l'évangile de saint Luc 10,16−19

Cette épître est attribuée par Clément d'Alexandrie (Stromates, II,31,2; II,35,5; etc.) au compagnon de Paul, Barnabé, qui est mentionné dans les Actes des Apôtres ; et Origène l'appelle l'épître catholique de Barnabé (Contre Celse I,63)[2]. Le Codex Alexandrinus aussi l'attribue à Barnabé, sans spécifier s'il s'agit de l'apôtre ou d'un autre Barnabé. Mais depuis le XVIIe siècle prédomine chez les savants l'opinion que, pour des raisons du contenu et de la chronologie, l'auteur n'est pas le Barnabé des Actes des Apôtres.[3].

Dans son Histoire ecclésiastique, Eusèbe de Césarée (vers 265 – 339) met ce qu'il appelle l'épître « attribuée à Barnabé » (pas « de Barnabé ») parmi les « apocryphes » (νόθοι), en l'excluant des « livres reçus de tous » et de « ceux qui sont contestés, quoiqu'un grand nombre les admettent »[4].

Dans le Codex Claromontanus (du VIe siècle) on trouve un catalogue, qui serait la reproduction d'une liste datant du IIIe siècle, des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Ce catalogue mentionne, mais avec une indication de canonicité douteuse ou contesté, l'Épître de Barnabé, le Pasteur d'Hermas, les Actes de Paul et l'Apocalypse de Pierre[5].

Un autre catologue, qui se trouve dans la Chronographie de Nicéphore Ier de Constantinople (758-829), met l'Épître de Barnabé entre les livres disputés (antilegomena) du Nouveau Testament, avec aussi l'Apocalypse, l'Apocalypse de Pierre et l'Évangile des Hébreux.[6],[7].

Datation[modifier | modifier le code]

Le verset 16,4 de l'épître, qui déclare : « par suite de la guerre, le Temple fut détruit par leurs ennemis, et maintenant les serviteurs de ces ennemis le rebâtiront », donne lieu à la conviction que l'œuvre fut écrite après la destruction du Temple de Jérusalem en 70, et avant la révolte de Bar Kochba en 132, dont l'épître ne fait pas état[8],[9].

Contenu[modifier | modifier le code]

On distingue deux parties dans l'épître. Selon la première partie (chapitres 1–17), les prophéties, que les Juifs n'ont jamais comprises, ont annoncé Jésus le Messie, son œuvre salvatrice et sa crucifixion. Le prescriptions relatives au jour de jeûne, au bouc émissaire et au sacrifice de la vache rousse pour la purification des péchés étaient des prophéties de la Passion du Sauveur. La circoncision demandée par le Seigneur est celle du cœur, pas celle de la chair. Les normes alimentaires n'ont qu'une signification morale. Il faut interpréter toute l'Écriture vétéro-testimentaire selon le sens spirituel, pas selon le sens littéral. Par l'adoration du veau d'or les Juifs ont tout de suite rompu l'Alliance, qui a passé aux chrétiens. La seconde partie (chapitres 18–21) donne l'enseignement sur les « deux voies » dont on trouve une exposition similaire dans la Didachè. Les opinions divergent quant à la question de savoir si l'un ou l'autre de ces deux documents a été utilisé par l'autre comme source ou s'ils dépendent tous deux d'un autre document, éventuellement juif[10].

Transmission[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Épître de Barnabé, édition et trad. Robert A. Kraft, Cerf, coll. "Sources chrétiennes", no 172, 1971.
  • Les Pères Apostoliques. Texte intégral, Dominique Bertrand, Cerf, 2001.
  • Épître de Barnabé (déb. IIe siècle), trad. du grec Marie-Odile Boulnois : Premiers écrits chrétiens, Gallimard, coll. "La Pléiade", 2016, p. 782-809.

Études[modifier | modifier le code]

  • Pierre Prigent, Les Testimonia dans le christianisme primitif. L'Épître de Barnabé I-XVI et ses sources, Gabalda, 1961.
  • (en) James Carleton Paget (en), The Epistle of Barnabas: Outlook and Background, Tübingen, Mohr Siebeck, , 319 p. (lire en ligne).