Esséniens

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Les esséniens (du grec : εσσήνοι, « essēnoi » ; εσσαίοι, « essaioi » ; ou οσσαίοι, « ossaioi »[Note 1]) sont un mouvement du judaïsme de la période du Second Temple qui a prospéré à partir du IIe siècle av. J.-C. et dont l'existence est attestée au Ier siècle en Palestine.

Au Ier siècle, les esséniens sont mentionnés dans Apologia pro Judæis (« Apologie en faveur des Juifs »)[1] et Quod omnis probus liber sit (« Tout homme vertueux est libre »)[2] de Philon d’Alexandrie (v.12 av. J.-C.-v.54), dans la Guerre des Juifs[3] et les Antiquités judaïques[4] de Flavius Josèphe (v.37-v.100), ainsi que dans une courte notice figurant dans l'Histoire naturelle[5] de Pline l’Ancien (23-79).

Le philosophe et chroniqueur judéo-alexandrin Philon et l'historien judéo-romain Josèphe rapportent qu'il existait des esséniens en grand nombre, et que plusieurs milliers vivaient dans la Judée romaine. Pour Flavius Josèphe, les esséniens sont la « troisième secte » de la société juive de Palestine, avec les pharisiens et les sadducéens. Il décrit les esséniens comme des communautés d'ascètes, volontairement pauvres, pratiquant l'immersion quotidienne et l'abstinence des plaisirs du monde.

Les esséniens ont acquis une renommée dans les temps modernes à la suite de la découverte, à partir de 1947, d'un vaste groupe de documents religieux connus sous le nom de « manuscrits de la mer Morte », dont une centaine – « sur 870 » – pourraient être esséniens, ou d'un mouvement proche se donnant, dans une trentaine de manuscrits, le nom de « Yahad » (« Unité », « Alliance ») . Toutefois, cette identification ne fait pas consensus.

Sommaire

Sources, dénomination et étymologie[modifier | modifier le code]

L’origine du terme « essénien », pour lequel une dizaine d'étymologies[Note 2] ont été proposées[6], n’est pas connue[7], ou reste obscure[6],[8].

Le terme « essénien » n’est mentionné dans aucun des manuscrits de la mer Morte, ni dans le Nouveau Testament, ni dans l'immense littérature talmudique[9],[6]. Au Ier siècle, les éléments connus sur ce groupe viennent de Flavius Josèphe (v.37-v.100) et de Philon d'Alexandrie (v.12 av. J.-C.-v.54), et il existe aussi une courte mention au sujet d'esséniens célibataires « retirés au-dessus d'Engaddi, au bord de la mer morte » chez Pline l’Ancien (23-79)[5],[Note 3].

Après que les manuscrits de la mer Morte découverts aux alentours de Khirbet Qumrân eurent été attribués « aux esséniens », cette dernière mention est devenue très célèbre. Flavius Josèphe, Philon d'Alexandrie et Pline l'ancien les mentionnent sous des noms différents : « εσσήνοι » (« essēnoï »), εσσαίοι (« essaioï), ou οσσαίοι (« ossaioï ») et que l'on rassemble sous le nom d'esséniens[Note 4]. Au IVe siècle, l'évêque chrétien Épiphane de Salamine, spécialiste des « hérésies », c'est-à-dire des autres groupes religieux proches du christianisme, utilise la forme « ossaioï » pour désigner le groupe à qui Elkasaï a prêché pour former les elkasaïtes, qu'il désigne par ailleurs sous l'appellation de communautés « osséennes » ou « sampséennes »[10].

Pour André Dupont-Sommer, le radical dont est formé le mot « essénien » (« essēnoï », « essaioï ») « est manifestement "ess-", qui transcrit sûrement un mot sémitique[8]. »

Philon et Flavius Josèphe[modifier | modifier le code]

« C'est Philon d'Alexandrie qui nous a laissé les deux notices les plus anciennes sur la secte essénienne. L'une se lit dans son traité intitulé Quod omnis probus liber sit (§§ 75-91) ; l'autre dans son Apologie des Juifs, livre aujourd'hui perdu, mais dont Eusèbe de Césarée, dans la Preparatio evangelica (livre VIII, chap. XI), a conservé le passage sur les Esséniens. La date exacte de ces deux notices n'est pas connue[11]. »

Les récits de Philon sont très proches de ceux de Josèphe (Gu. II, VIII, 2-13 ; Ant. XVIII, I, 5)[12]. Il est possible qu'ils utilisent tous les deux une source commune, au moins pour une part[12].

Les données relatives aux esséniens[modifier | modifier le code]

Suivant l'historien André Paul, Philon d'Alexandrie, Flavius Josèphe et Pline l'Ancien et, à leur suite, les Pères de l'Église attestent l'existence des esséniens et « évoquent à leur façon les mouvements baptistes de l'Antiquité pré-chrétienne[13]. »

L’œuvre de Josèphe s’adresse à un public romain auquel il souhaite faire connaître la nation juive dont il fait partie. À deux reprises, il situe les esséniens comme étant la « troisième secte » de la société juive de Palestine, aux côtés des pharisiens et les sadducéens[3]. Pour Flavius Josèphe, ces trois grands courants religieux juifs apparaissent au « milieu du IIe siècle av. J.-C., lorsque Jonathan Maccabée reçoit la charge du grand sacerdoce (-152)[14] ». Il classe à part ce qu'il appelle la « quatrième philosophie », le mouvement « galiléen », dont il est très difficile de comprendre s'il l'identifie au futur mouvement Sicaire ou zélote[15]. Selon lui, les esséniens vivaient dans des villes différentes, mais rassemblés dans la vie communale consacrée à l'ascèse, volontairement pauvres, pratiquant l'immersion quotidienne et l'abstinence des plaisirs du monde, y compris — pour certains groupes — le célibat. Ces groupes sont désignés collectivement par les différents spécialistes sous le nom d'« esséniens ». Flavius Josèphe rapporte qu'il existait des esséniens en grand nombre, et que des milliers vivaient dans la Judée romaine. Philon d'Alexandrie parle de « plus de quatre mille » essaioi vivant en « Syrie palestinienne », « dans de nombreuses villes de Judée et dans de nombreux villages et groupés en grandes sociétés comprenant de nombreux membres ».

Josèphe présente les esséniens comme vertueux — imitant Philon d'Alexandrie — en insistant sur les détails qui semblent « exotiques » pour ses lecteurs romains[16]. Son témoignage est intéressant, car Josèphe indique qu'il a personnellement fréquenté ce mouvement[Note 5]. Les esséniens étaient « plus ascétiques et plus ésotériques que les Pharisiens ou les Sadducéens, et cela les rendait plus intéressants pour l'ancien public hellénisé à qui s'adressaient Flavius Josèphe et Philon d'Alexandrie. Ainsi si cette communauté était plus réduite que les deux autres (selon ces deux auteurs elle comptait environ 4 000 membres), ils la décrivent plus en détail[17]. » Flavius Josèphe « nous apprend que les esséniens exerçaient leur don de divination et de prophétie de préférence sur les textes sacrés eux-mêmes. À l'aide d'exégèses subtiles, ils en recherchaient les sens cachés, qui leur révélaient l'avenir[18]. » Dans ses livres, il mentionne aussi « trois prophètes esséniens : Judas sous le règne d'Aristobule Ier (-104 à -103), Menahem sous Hérode le Grand (-40 à -4), et Simon sous Hérode Archélaos (-4 à +6)[14]. » Il « rapporte plusieurs prédictions qui auraient été faites par des Esséniens en diverses circonstances et qui se seraient réalisées (Antiquités judaïques, XIII, 11, 2 ; XV, 13, 5 ; XVII, 13, 3)[18]. »

« Pour Philon, les Esséniens sont des juifs. Ils composent une société idéale, habitant les campagnes et fuyant les villes considérées comme des lieux de perdition. Vivant sans argent, ce sont des modèles de piété et de sainteté : ils renoncent aux richesses et vanités de ce monde, partagent tout, ne fabriquent ni n'utilisent d'armes, ne parlent pas sans rien dire[6]. » Au IVe siècle, Eusèbe de Césarée suit de près Philon, mais s'en éloigne parfois aussi. Ainsi, pour lui, les esséniens ne sont pas nécessairement juifs[6].

La localisation des esséniens par les auteurs antiques[modifier | modifier le code]

Selon Flavius Josèphe, les esséniens étaient installés « non pas dans une seule ville », mais « en grand nombre dans toutes les villes »[3],[17]. Philon d'Alexandrie parle de « plus de quatre mille » essaioi vivant en « Syrie palestinienne[2],[Note 6] », et aussi, « dans de nombreuses villes de Judée et dans de nombreux villages et groupés en grandes sociétés comprenant de nombreux membres »[1]. Les esséniens formaient à l'intérieur des villes juives de Palestine des communautés soudées et fermées[17]. Ceux dont parle Pline l'Ancien se trouvent « sur la côte ouest de la Mer Morte, bien loin du rivage… [au-dessus] de la ville d'Engaddi »[5],[19].

Flavius Josèphe fait référence à une « porte des Esséniens » dans sa description du parcours « du plus ancien » des trois murs de Jérusalem[20] , qu'il situe sur le mont Sion qui, à l'époque, désigne la colline de l'Ophel situé au sud du mont du Temple[21]. Il y avait peut-être une communauté essénienne dans ce quartier de la ville.

Les ruines de Qumrân, le Yahad et les esséniens[modifier | modifier le code]

Localisation de Qumrân, d'Engaddi, de Massada, du Nahal Hever (grottes), de Murabba'at (grotte), de Jéricho, où des manuscrits de la même époque ont été trouvés, parfois dans des grottes.

Les manuscrits de la mer Morte[modifier | modifier le code]

En 1948, le professeur Eleazar Sukenik a été, avant même la découverte des premières grottes à manuscrits, le premier à suggérer que les auteurs des sept premiers rouleaux achetés à des bédouins pouvaient être ces esséniens, mentionnés dans la littérature ancienne[22]. André Dupont-Sommer est aussi parvenu aux mêmes conclusions à la même époque. Par la suite en 1952, après la découverte des cinq premières grottes (« sur 11 ») aux alentours de Khirbet Qumran et après une période d'hésitation, le père Roland de Vaux attribua ces écrits aux habitants du site, qu'il voyait comme une communauté retirée, avec un scriptorium où avaient été édités les manuscrits de la mer Morte[23]. « Roland de Vaux et d'autres avec lui s'efforcèrent de montrer que l'établissement de Qumrân abritait une "communauté" d'ascètes qui s'adonnaient à des bains rituels fréquents, à la prière et aux repas en commun, à l'étude des livres saints et à l'écriture. En bon religieux, il identifia même un scriptorium – ce qui relève de l'équipement monastique médiéval[24]. » Cette vision, relayée avec brio et érudition par André Dupont-Sommer est appelé « modèle standard », notamment par les chercheurs qui conteste sa validité[24],[25]. Elle a eu un immense succès et n'a commencé à être sérieusement contestée que dans les années 1990, lorsqu'à la suite de diverses actions des chercheurs spécialistes du sujet, ceux-ci sont enfin parvenus à accéder aux textes de l'ensemble des manuscrits. Depuis, on a constaté qu'aucun lien n'a pu être établi entre le site de Qumrân et les manuscrits. Aujourd'hui, la majeure partie des chercheurs s'interrogent sur la nature de ce lien, voire sur son existence, à part la proximité de certaines grottes[Note 7].

Avec la découverte des manuscrits de la mer Morte en 1947-1956 dans onze grottes situées aux alentours des ruines, 870 manuscrits ont été reconstitués à partir de plusieurs dizaines de milliers de fragments. La plupart ont été écrits sur parchemin et une centaine sur papyrus[26]. Un peu moins de 15 % sont écrits en araméen, la langue courante du pays depuis l'occupation perse[26]. L'immense majorité est en hébreu, la langue littéraire et doctrinale que l'on disait « sainte »[Note 8]. Certains des manuscrits sont en grec, l'idiome de la diaspora hellénique. Certains des textes hébraïques ont une écriture cryptée[26] qui a bien sûr été décodée[27],[Note 9]. À l'exception d'une douzaine, les 870 rouleaux – ou fragments de rouleaux – ont été copiés par des scribes différents[28].

Le Yahad et les esséniens[modifier | modifier le code]

Une trentaine de manuscrits de la mer Morte mentionnent le « Yahad » (« Unité », « Alliance »), un mouvement religieux derrière lequel bon nombre de chercheurs reconnaissent les Esséniens, ou l'une des quatre tendances d'Esséniens mentionnées par Hippolyte de Rome. Dans d'autres manuscrits qui ne mentionnent pas le Yahad, on repère un vrai système de mots ou de formules qui les font classer également parmi les écrits sectaires. Ils sont à eux tous une bonne centaine[26].

De nombreux points de convergence entre la description des esséniens chez les auteurs antiques et la doctrine décrite dans les manuscrits semblent effectivement permettre d'identifier avec eux les membres de la communauté du Yahad. Dans la Charte d'un groupement sectaire juif aussi appelée Règle de la communauté, il est indiqué que les nouveaux arrivants doivent remettre leurs biens à l'Inspecteur, ce qui peut être relié à la description des Esséniens par Flavius Josèphe qui écrit que « ceux qui entrent dans la secte transfèrent leurs biens à l'ordre (Guerre des Juifs II, 122) »[29]. « Les Esséniens insistent sur le rôle du destin, de la divine providence, en toutes choses, alors que les Pharisiens et les Sadducéens font une certaine place au libre arbitre (Antiquités judaïques, XIII, 171-173) ; la doctrine de la prédestination apparaît souvent dans les manuscrits[30]. » Les nouveaux adhérents doivent faire la preuve de leur adhésion au mode de vie essénien pendant un an, suivi par une période de test de deux ans pendant lesquels il n'a pas encore tous les droits des membres à part entière[30]. Deux périodes d'essai assez semblables se trouvent dans la « Règle » mais la seconde n'est que d'un an au lieu de deux[30].

Toutefois, d'autres éléments ont étonné les chercheurs. Sur certains points les membres du Yahad ont les mêmes pratiques que les Sadducéens, alors que jusque là, la critique historique estimait qu'il fallait rattacher les Esséniens aux Pharisiens. Ce qui a conduit à la révision de ce point de vue. Un autre élément est carrément contradictoire avec les sources au sujet des esséniens (Josèphe, Philon): les membres du yahad sont littéralement obsédés par les « féroces Kittim[31] », derrière lesquels on reconnaît aisément les Romains[32], et de nombreux écrits parlent de guerres apocalyptiques (en) qu'il faudra mener contre eux. La Charte utilise même « une terminologie militaire très marquée[33] », les volontaires y sont « organisés en groupes par milliers, centuries, cinquantaines et décuries[33]. » Ce « mode d'organisation est celui utilisé dans la guerre sainte menée par Moïse et Josué quand Israël attaqua pour la première fois les Cananéesns[33]. » Or, dans leurs descriptions idéalisées des esséniens, Philon d'Alexandrie et Flavius Josèphe insistent sur l'aspect que l'on pourrait qualifier de « non-violent » de leur doctrine, les conduisant même jusqu'à refuser de posséder des armes. Lorsqu'ils voyageaient, les esséniens n'emportaient que des armes défensives[19]. Les guerres apocalyptiques qu'il va falloir mener, selon plusieurs écrits du mouvement du Yahad, sont conduites par le Messie – ou par deux messies successifs[34] – et ont pour but d'instaurer le Royaume de Dieu.

Les différentes « sectes » existantes au Ier siècle[modifier | modifier le code]

Ruines de ce qui a probablement servi de pièces d'habitation sur le site de Qumrân.

La structure de la société juive à la fin de la période du Second Temple était plus complexe que la division en trois groupes proposée par Flavius Josèphe. Plusieurs mouvements plus ou moins sectaires cohabitaient, tout en se divisant sur l’interprétation de la Torah et sur la manière de réagir face à l’hellénisation. L'étude attentive des écrits de Josèphe montre que le nombre de groupes et de tendances étaient en fait très nombreux. Josèphe fait lui même état d'un groupe qu'il appelle Quatrième philosophie, ainsi que de Sicaires et de Zélotes, dont on ne sait s'il s'agit des noms internes et externes du même mouvement[35]. Le Talmud et d'autres sources juives font état par exemple d'une opposition entre disciples d'Hillel et de Shammaï, qu'il est bien difficile de reconnaître parmi les groupes décrits par Flavius Josèphe[36]. Même s'il faut prendre le témoignage des Pères de l'Église avec précaution, au IIe siècle des auteurs chrétiens comme Justin de Naplouse[Note 10], ou Hégésippe[37],[Note 11] énumèrent au moins quatre sectes juives existant à l'époque de Jésus, en plus des trois traditionnelles selon Josèphe. Parmi celles-ci, les Hémérobaptistes et les Masbothéens sont des Baptistes[13] que Josèphe évoque avec le personnage de Bannos ou celui de Jean le Baptiste[38], mais qui n’apparaissent en aucune façon dans les événements politiques après le renvoi de Ponce Pilate (fin 36) et en particulier lors de la Grande révolte juive de 66 - 74. Il en est de même pour le mouvement Nazôréen (notzrim en hébreu), créé par Jésus de Nazareth et dont la littérature chrétienne témoigne pourtant de la vigueur dès les années 50 dans la Palestine.

Une version de ce qui semble être la notice utilisée par Flavius Josèphe trouvée dans un texte attribué à Hippolyte de Rome (Réfutation de toutes les hérésies, IX, § 26) pourrait être une des clefs du problème[39]. Dans celle-ci, à l'endroit où le texte de la Guerre des Juifs sur les Esséniens rapporte leur division en « quatre lots » ou « quatre classes », on trouve la définition des « quatre catégories[40] » d'Esséniens[41]. Parmi celles-ci, tant les Sicaires que les Zélotes — qui sont présentés comme les deux noms du même groupe — et ce qui semble être la Quatrième philosophie, sont issus du mouvement essénien, qui se serait séparé en quatre tendances[39],[40].

Dans ce contexte, la « secte du Yahad » peut être l’un de ces groupes. Il est même possible que le Yahad soit les esséniens, ou l'une de ses quatre tendances. Mais ils ne s’identifient pas nécessairement avec la description simpliste et apologétique de Flavius Josèphe. De nombreux chercheurs estiment aussi que la vision de Roland de Vaux et le « modèle standard[25] », qui font d'un petit groupe de sectaires repliés à Qumrân les auteurs ou les scribes de la quasi-totalité de la littérature apocalyptique juive, ne peut plus être soutenue aujourd'hui, tant au regard du contenu des textes que des découvertes archéologiques effectuées depuis l'énoncé de sa thèse[42].

Le messianisme du Yahad[modifier | modifier le code]

Dans les plus anciens textes à contenu messianique, trois figures eschatologiques séparées sont attendues par la communauté: un prophète, un Messie-royal et un Messie-sacerdotal (4Q175 Le Testimonia) ; « ou encore un Prophète, un Messie d'Israël et un Messie d'Aaron (1QS IX, 11 ; Règle de la Communauté ou Manuel de discipline)[43]. » Mais le Prophète doit intervenir antérieurement aux deux autres dont il doit annoncer la venue[43]. Seuls les figures royales et sacerdotales sont de véritables Messies[43]. Le messianisme de la secte est donc bicéphale[43]. Émile Puech note que cette conception induit un partage des pouvoirs entre le Roi et le Prêtre[44]. Les conceptions messianiques de la secte évoluèrent toutefois, comme l'a montré Ernest-Marie Laperrousaz[45]. Après avoir semble-t-il désapprouvé le cumul des deux fonctions pratiqué par les Hasmonéens, « la communauté se mit à attendre un messie unique, à la fois sacerdotal et royal[45]. »

Les différentes thèses[modifier | modifier le code]

L'éclatement du « modèle standard » ou ce qu'André Paul appelle l'éclatement du dogme de Qumrân, rend très difficile de rendre compte de l'état de la recherche. Un nombre important de chercheurs remettent en question ce modèle et estiment notamment que les 870 manuscrits n'ont pas pu être écrits, ni même copiés, à Qumrân et qu'entre autres les plus de 800 écritures individuelles différentes, impliquant que plus de 800 scribes ont défilé sur le site pour ne copier qu'un seul manuscrit, rendent caduc cet élément du « modèle standard ». De plus, il y a un consensus chez les archéologues pour dire que Qumrân a eu une destination militaire du moment de sa construction au milieu du IIe siècle av. J.-C., au moins jusqu'à ce qu'une attaque ou un tremblement de terre intervenu dans la période hérodienne conduise à son abandon car la muraille avait été endommagée. Le site est réoccupé par la suite, semble-t-il après la mort d'Hérode le Grand. Il connait alors une extension et d'importants emménagements hydrauliques. Toutefois, ce modèle est toujours défendu par quelques chercheurs notamment chez les « qumranologues » historiques.

Un grand nombre de critiques font remarquer que malgré les efforts déployés pendant 60 ans, il n'y a toujours pas la moindre preuve d'un rapport entre les manuscrits et le site, si ce n'est sa proximité. Ils estiment donc qu'il faut étudier les manuscrits indépendamment de toutes déductions faites à partir du site de Qumrân.

Modèle standard versus diverses hypothèses[modifier | modifier le code]

Outre l'hypothèse essénienne, le « modèle standard » est composé de deux autres grands volets: « l'hypothèse anti-hasmonéenne qui a trait aux origines historiques du mouvement essénien et l'hypothèse du “berceau” qui concerne le lien existant entre les manuscrits et les ruines de Qumrân situées près des grottes[30]. » Les principales hypothèses en face de l'hypothèse anti-hasmonéenne sont les hypothèses pro-hasmonéenne et anti-pharisienne[46], ces deux dernières étant assez proches. Le fait que Qumrân ait été le berceau du mouvement essénien est très largement contesté notamment à partir des conclusions de l'archéologie[47]. Bien que la thèse du « berceau » ait toujours ses défenseurs, cela conduit à deux thèses principales, l'une qui fait démarrer l'occupation dite « sectaire » du site après la période où le site avait une claire destination militaire. L'autre qui constate que rien ne prouve que le site a été le centre communautaire d'une secte.

L'identité exacte des auteurs des manuscrits est aussi en débat. Sont-ce les Esséniens ou est-ce l'une des quatre tendances d'Esséniens décrites dans la notice d'Hippolyte de Rome, c'est-à-dire soit les Zélotes, soit la Quatrième philosophie ? En se basant sur les règles de pureté définies dans certains manuscrits, quelques chercheurs ont aussi émis l'hypothèse que ce pourrait être les Sadducéens[48], ou une branche de ceux-ci, les Boéthusiens[49].

Enfin, quelques chercheurs insistent sur le fait qu’indépendamment de l'identification de ceux qui ont écrits les manuscrits, ceux qui les lisaient au moment où ils ont été cachés dans des grottes au Ier siècle semblent être les Zélotes/Sicaires ou les membres de la Quatrième philosophie et en tout cas des participants à la Grande révolte juive (66-70).

Une origine sacerdotale[modifier | modifier le code]

Malgré l'éclatement du « modèle standard » sur plusieurs points de divergences importants et l'émission de plusieurs hypothèses sur chacun d'entre-eux, Simon Claude Mimouni fait remarquer que toutes les hypothèses « donnent au groupe une origine sacerdotale[48] ». Pour lui, ce serait des prêtres qui auraient fondé le groupe essénien[48] ou pour le moins le groupe « représenté par la littérature trouvée à Qumrân[50]. »

En raison de leurs nombreuses références au grand prêtre Sadoq et les titres de « Juste » (Sadoq) donnés aux personnages importants du groupe et notamment au(x) Maître(s) de Justice, certains critiques les appellent des « Sadoqites »[51],[52]. Bien avant sa redécouverte parmi les manuscrits de la mer Morte, lorsque le Document de Damas a été découvert en 1896-1897 dans la guenizah[53] jouxtant la synagogue Ben Ezra à Fustat dans le vieux Caire, il avait d'ailleurs été appelé « Fragments d'une œuvre Sadoqite »[53]. Toutefois, d'autres critiques écartent cette appellation pour éviter toute confusion avec les Sadducéens[53].

Le rapport avec le site de Qumrân[modifier | modifier le code]

Qumrân est le berceau des Esséniens[modifier | modifier le code]

Dans le « modèle standard », Qumrân est le lieu d'exil du maître de Justice, fondateur des esséniens et le centre où cette communauté s'est retirée à partir de la première moitié du IIe siècle av. J.-C. « L'établissement de Qumrân » aurait abrité une "communauté" d'ascètes qui s'adonnaient à des bains rituels fréquents, à la prière et aux repas en commun, à l'étude des livres saints et à l'écriture[24]. Ce sont eux qui auraient écrits les manuscrits dans un scriptorium[54], nom qui a été donné à une des salles — effondrée et qui aurait été située à l'étage supérieur — des ruines de Qumrân[24].

Ce même modèle fait des auteurs des manuscrits, des membres d'une communauté retirée du monde, à l'image d'une communauté monacale, référence des membres de l'École biblique de Jérusalem — quasiment tous des ecclésiastiques — qui ont élaboré et très largement popularisé ce modèle. Après avoir pu étudier les manuscrits à partir des années 1990, un grand nombre de chercheurs constatent que loin de ce schéma, leurs auteurs ont pris « parti dans les conflits politiques entre Juifs[55],[Note 12]. » Pour Christian-Georges Schwentzel, il paraît aujourd'hui clair que ce groupement « s'est impliqué dans les luttes politiques du moment ; ses membres n'étaient pas des marginaux, coupés du monde dans leur retraite monacale[56]. »

De plus selon l'archéologie, l'analyse des restes bâtis du bâtiment central de Khirbet Qumrân construit dans les dernières décennies du IIe siècle av. J.-C., révèle qu'il s'agissait bien de constructions fortifiées[57] avec une tour[58]. Il s'agit donc d'un bâtiment militaire hasmonéen, alors que selon le « modèle standard » les hasmonéens étaient les pires ennemis des esséniens ayant écrits les manuscrits[59]. Il est donc peu probable que le Maître de Justice fondateur des Esséniens ait pu s'y réfugier avec les membres de son groupe[59] pour y vivre « monacalement » pendant une longue période et y copier des centaines de manuscrits. Les archéologues Amir Drori (en) et Yitzak Magen « ont montré comme d'autres l'avaient fait avant eux, que Qumrân se trouvait juste au milieu d'un alignement de forteresses établies par la dynastie hasmonéenne qui allaient de Nablous au nord jusqu'à Massada au sud[60]. » Ce bâtiment militaire ayant été construit sur un site stratégique[61] dominant la côte, sur un promontoire dont la valeur militaire est évidente[62], « à la croisée des chemins militaires et commerciaux[57] », là où « les voies terrestres tâtonnantes se doublaient de voies maritimes[57]. » Sur ce même site avait été construit une forteresse datant de l'Âge de fer (VIIIe ‑ VIIe siècle av. J.-C.)[63],[57], dont les infra-structures ont été utilisées pour construire le fortin hasmonéen. Pour plusieurs critiques[64], cet élément s'ajoutant à de nombreux autres rendent très peu probable la thèse du « modèle standard ».

Qumrân a été un établissement de la secte après la période hasmonéenne[modifier | modifier le code]

Selon Simon Claude Mimouni — qui retient cette hypothèse « non sans nuances[48] » — les thèses qui mettent en rapport le site de Qumrân et les grottes à manuscrits, « considérant que le bâtiment découvert serait un “monastère” essénien[65] », bénéficient « de la faveur du plus grand nombre de spécialistes[65]. »

Au Ier siècle av. J.-C., après un événement qui a ébranlé son mur d'enceinte et laissé les traces d'un grand incendie, la destination du site pourrait avoir changé. Cet événement est soit l'attaque d'une armée ennemie, soit selon Roland de Vaux le tremblement de terre de -31 dont parle Flavius Josèphe. Une période où il est inoccupé suit ces destructions. Dans cette période qui débute peut-être après la mort d'Hérode le Grand (-4), le site connaît une extension à l'extérieur du quasi carré que formait l'enceinte centrale fortifiée[57]. Des bassins pour le stockage de l'eau, déjà nombreux, sont ajoutés et un système hydraulique complexe, comportant un aqueduc, est construit[66]. L'alimentation en eau dépendait aussi d'un tunnel creusé dans le roc[67]. Les archéologues Drori et Magen estiment que cet « investissement lourd [est] plus en accord avec un projet gouvernemental qu'avec une initiative sectaire[59]. » Il est toutefois possible que Qumrân ne soit plus « un relais stratégique avec fortifications, mais un espace économique aux activités diversifiées de production ou de transformation, pour l'usage local ou pour l'exportation[57]. » Les archéologues ont notamment mis au jour plusieurs équipements, comme « deux grands fours bien conservés[68] », un atelier de potier produisant un grand nombre d'objets[69]. Il y a aussi « trois bassins de grand gabarit collés l'un à l'autre[68] » pouvant avoir servi au « trempage des denrées en cours de préparation[68] », notamment récoltés à Aïn Feshka, situé à 3 km et relié par un mur au site de Qumrân[68].

Désormais, la plupart des spécialistes qui estiment néanmoins que Qumrân a été un établissement « sectaire », font démarrer l'occupation du site par le Yahad ou les Esséniens à partir de cette extension qu'ils situent dans le dernier quart du Ier siècle av. J.-C. alors qu'Hérode le Grand était au pouvoir[59], ou estiment qu'une première occupation par les esséniens a eu lieu vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., mais n'a pas laissé de traces[70]. Ces deux occupations interrompues par la période où Qumrân a été une sorte de fortin hasmonéen, semblent extrêmement douteuses à nombre d'historiens[71] et notamment aux partisans de la thèse pro-hasmonéenne ou anti-pharisienne[72]. Pour une partie des critiques défendant peu ou prou un « modèle standard » amendé, Qumrân n'est toutefois plus le « berceau » des Esséniens, où ils se seraient installés peu après leur création au milieu du IIe siècle av. J.-C.. Ainsi, pour l'archéologue Jean-Baptiste Humbert, ayant travaillé avec Roland de Vaux et partisan de ce « modèle standard » amendé, la construction hasmonéenne serait une dépendance de la forteresse Hyrcania[73] et les Esséniens auraient pris possession de l'établissement à un moment indéterminé situé après son extension[74]. De même dans cette optique, ce ne serait plus l'essentiel des manuscrits qui ont été copiés sur place, mais seulement une partie d'entre-eux. Pour leur part, d'autres archéologues, assez nombreux d'ailleurs, en partie israéliens, n'ont pas hésité à déclarer la rupture avec la thèse des membres de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem[61].

Étudier les manuscrits indépendamment du site de Qumrân[modifier | modifier le code]

Toutefois, malgré les efforts déployés dans ce but, aucun lien n'a pu être établi entre Khirbet Qumrân et les écrits retrouvés dans les grottes. Aucun des manuscrits ne fait référence à Qumrân, ni à d'autres endroits proches tels qu'Engaddi ou Massada[75]. Pas un seul fragment de manuscrits n'a été retrouvé dans les ruines, alors que dans celles de Massada, où pourtant personne n'a imaginé que des dizaines, voire des centaines, de scribes aient opéré, on en a retrouvé dix-sept[76],[77]. Qumrân et Massada sont pourtant des sites soumis aux mêmes conditions climatiques[77]. Les documents trouvés à Massada ont le même type de profil que ceux trouvés à Qumrân : « nombreuses écritures différentes, type similaire d’œuvres littéraires[76]. » Parmi eux, le Chant du sacrifice du Sabbat figure en neuf copies intégrales dans les manuscrits retrouvés à Qumrân[76]. Une caractéristique notable de cet écrit est son adhésion au calendrier solaire de 364 jours tellement typique du « modèle standard » qu'il est appelé « calendrier essénien » par nombre de critiques[76].

Presque tous les textes retrouvés à Qumrân sont des copies d’œuvres littéraires[78]. Aucun « autographe documentaire susceptible d'attester des activités de la secte » supposée avoir vécu sur place, n'a été retrouvé[78]. Par exemple, la Régle de la communauté « stipule que le groupe décrit par le texte doit consigner par écrit le rang spirituel et la place de chacun de ses membres[78] », mais aucun fragment pouvant être rattaché à ce type de document n'a été retrouvé[78]. En cela, ces écrits sont totalement différents des documents de la période de la révolte de Bar Kokhba (132-135) retrouvés dans des grottes du Nahal Hever et de Murabba'at situées elles aussi le long de la mer Morte[78], à peine à quelques kilomètres au sud des ruines de Qumrân. Ces écrits attestent « que des autographes hébraïques originaux à caractère documentaire, tels que des lettres administratives, des actes ou des contrats, pouvaient fort bien avoir été préservés depuis l'Antiquité dans le désert de Juda[78]. » Est-il vraisemblable, alors que l'on a retrouvé des restes de 870 manuscrits qui auraient été écrits par les scribes de la « secte » supposée avoir vécu sur place pendant des décennies, qu'aucun fragment de lettre reçue ou envoyée, ni le moindre fragment de comptabilité, recensement ou inventaire n'ait été retrouvé et que le groupe sur place n'ait pas cherché à préserver ses archives sur plusieurs siècles, alors qu'il a fait les efforts nécessaires pour cacher des centaines de manuscrits littéraires[78] ?

Qui a caché les manuscrits ?[modifier | modifier le code]

Il semble aussi que des manuscrits aient été cachés dans des grottes dans d'autres endroits que Qumrân. Des textes anciens témoignent que d'autres découvertes de manuscrits avaient déjà été faites. Origène utilisa des textes trouvés en 211-217 dans une ou plusieurs jarres près de Jéricho[79] pour une des versions de la Bible de son Hexapla. Selon Eusèbe de Césarée, il y avait trouvé une version des Psaumes inconnue jusqu'alors[80]. Au IXe siècle, le patriarche nestorien de Bagdad, Timothée Ier, relate avoir trouvé près de Jéricho[80], « une demeure dans la roche, pleine de livres[81]. » Surtout, l'inventaire d'objets de grandes valeurs — or, argent, encens, vêtements précieux — ayant été cachés dans différents lieux de la région, dont des grottes, avec des indications pour les retrouver, qui figure sur le rouleau de cuivre, semble montrer que les manuscrits et les valeurs inventoriés sur ce rouleau ont été caché au moment de la Grande révolte dans une aire géographique bien plus importante que Qumrân, incluant Jéricho[82],[83], Jérusalem, la vallée du Cédron[84], la vallée d'Achor[85] — un oued situé dans le même secteur[85] — et même la Samarie pour trois d'entre-elles. « Au moins huit passages mentionnent des écrits enfouis à côté des trésors[86] » et « au moins cinq passages du rouleau signalent que d'autres écrits ont été placés près des trésors enfouis[87]. » « De minuscules fragments de ce qui semblait être quatre ou cinq textes documentaires provenant des grottes[88] » ont été publié en 1982[88]. Aucun ne reflète l'activité d'une « secte », en revanche un acte de propriété est daté en utilisant comme référence le règne de Tibère César[88], ce qui converge avec les autres éléments plaidant pour une date de cache des manuscrits et des valeurs inventoriées sur le rouleau de cuivre au Ier siècle.

Qui étaient les lecteurs des manuscrits ?[modifier | modifier le code]

Les manuscrits ont, pour l'essentiel, été écrits au Ier siècle av. J.-C., mais quelques uns d'entre-eux datent du IIe siècle av. J.-C. et d'autres datent du Ier siècle[89] ap. J.-C. Si les manuscrits ont été cachés au Ier siècle comme l'archéologie pousse à le croire, il existait à ce moment bien plus que les trois « sectes » que Flavius Josèphe mentionne probablement dans un but simplificateur pour ses lecteurs romains, même si on y ajoute la Quatrième philosophie dont Josèphe fait aussi état. Justin de Naplouse et Hégésippe de Jérusalem mentionnent, huit noms de sectes juives existant à l'époque de Jésus en plus des trois mentionnées par Josèphe[Note 10],[Note 11]. Parmi celles-ci, les Hémérobaptistes, les Masbothéens et probablement les Esséniens sont des Baptistes[13] et sont peut-être regroupées sous ce nom chez Justin de Naplouse. Même s'il est possible que les Galiléens que l'on trouve chez les Pères de l'Église correspondent à ce que Josèphe présente comme la Quatrième philosophie, il reste beaucoup plus que trois « sectes ». Sans compter que l'on ne sait pas si les Sicaires et les Zélotes qui ne sont pas mentionnés chez ces auteurs chrétiens sont à identifier à certains de ces groupes. Il en est de même pour le mouvement Nazôréen (notzrim en hébreu), créé par Jésus de Nazareth et dont l'existence et la vigueur n'est pas contestable dans la région palestine dès la moitié du Ier siècle.

Même en admettant que les auteurs des manuscrits dits sectaires appartenaient à un seul mouvement, celui-ci « a peut-être été totalement ou en partie l'ancêtre de plusieurs groupes présents au Ier siècle[90]. » Pour Wise, Abegg et Cook il est possible que ceux que Flavius Josèphe décrit sous l'appellation globale d'Esséniens soient des héritiers du groupe auteur des manuscrits qui avaient décidé « d'attendre patiemment l'intervention de Dieu[90] », plutôt que de « chercher à renverser par la force la puissance romaine[90]. » Cependant, « beaucoup d'autres choisirent la voie de la violence[90]. » Nous savons par exemple « que des bandes de Zélotes et de Sicaires contribuèrent au déclenchement de la Révolte juive de 66[90]. » Pour un pan de la recherche il est probable que ces groupes puisèrent « leur inspiration dans les textes essentiellement du Ier siècle av. J.-C., connus aujourd'hui sous le nom de manuscrits de la mer Morte, car on y parlait d'un groupe très semblable aux leurs, organisé pour la guerre sainte[91]. » Pour soutenir cette hypothèse, au fait que ces manuscrits sont très profondément anti-Romains — désignés sous le nom symbolique de Kittim[31] — et que plusieurs écrits décrivent les guerres apocalyptiques à mener contre eux à la fin des temps, viennent s'ajouter la résistance que les occupants de Qumrân ont opposés aux Romains en 68-70[92], comme en témoigne l'archéologie[Note 13] et la découverte de manuscrits du même type sur le site de Massada qui d'un bout à l'autre de la révolte a été sous le contrôle de ceux que Josèphe appellent des Sicaires[93],[76]. De plus, « selon Josèphe, ce sont les combattants de la liberté et les Zélotes qui s'emparèrent du Temple quand la guerre éclata en 66, et ils n'en cédèrent jamais le contrôle[76]. » Qui d'autre qu'eux aurait pu faire l'inventaire des objets précieux, or, argent, encens, riches vêtements, que l'on trouve sur le rouleau de cuivre[76] et qui d'autre aurait pu organiser le fait de les cacher dans différents lieux de Judée et de Samarie et parfois dans des grottes derrière ou sous des manuscrits, comme l'indiquent certaines lignes de l'inventaire ?

Des historiens comme Robert Eisenman, pensent eux aussi que ceux qui lisaient ces manuscrits au Ier siècle étaient les révoltés juifs. De plus, en s'appuyant sur la notice sur les Esséniens que l'on trouve dans un texte attribué à Hippolyte de Rome qui semble plus complète que celle fournie par le texte de Flavius Josèphe, ils estiment que les Zélotes sont une des quatre tendances issues des Esséniens, comme le dit le texte d'Hippolyte[39].

Identification du groupe[modifier | modifier le code]

Les manuscrits sont sadducéens[modifier | modifier le code]

Selon Strugnell, le Manifeste sectaire aussi appelée Lettre halakhique (4QMMT) « a pour toile de fond la perte de contrôle du Temple par les Sadducéens et l’avènement concomitant sur ce même terrain des Pharisiens[94]. » Toutefois, pour Wise, Abegg, Cook, « la “théorie saducéenne” ne s'accorde pas facilement avec certaines données importantes sur cette secte que nous tenons d'autres sources[94]. Selon Josèphe, par exemple, les Sadducéens de son temps ne croyaient pas à la doctrine de la prédestination[94]. En outre, le Nouveau Testament rapporte qu'ils ne croyaient pas à la vie après la mort ni aux anges (Actes, 23:8)[94]. En revanche, les manuscrits sectaires nous apprennent que leurs auteurs avaient à cet égard des convictions opposées très affirmées[94]. » Par ailleurs, il n'y a nulle trace d'opposition résolue aux Romains de la part des Sadducéens dans les sources antiques, bien au contraire.

Toutefois, avant la publication du Manifeste dans les années 1980, les Esséniens étaient vus comme très proches des Pharisiens par les partisans du « modèle standard » et sûrement pas comme des prêtres. Les interprétations de ce texte dès qu'il a enfin pu être connu des spécialistes ont permis d'amorcer une révision complète de ce point de vue. Désormais, il est largement admis que le groupe « représenté par la littérature trouvée à Qumrân[50] » a une origine sacerdotale[48] et que plus précisément c'étaient des « Sadoqites »[95],[96], préconisant des règles de pureté proches de celles des Sadducéens. De plus, l'identification des Chercheurs de flatteries avec les Pharisiens est désormais assez généralement admise de même qu'il est admis que loin d'être proches de ces derniers, ceux-ci étaient les pires ennemis du groupe.

Les manuscrits sont esséniens[modifier | modifier le code]

Voir la section : Le Yahad et les Esséniens.

Outre les points qui ont déjà été évoqués, on peut ajouter que dans les textes dits sectaires il est dit à maintes reprises que ses membres sont des volontaires, un trait qui est relevé par Philon d'Alexandrie à propos des Esséniens, qui souligne que leur engagement « a pour cause le zèle de la vertu et l'ardent amour des hommes »[97].

Les manuscrits sont ceux d'une des quatre tendances d'Esséniens[modifier | modifier le code]

En s'appuyant sur une version peu connue de ce qui semble être la notice utilisée par Flavius Josèphe, certains critiques ont émis l'hypothèse qu'aussi bien le mouvement de Judas le Galiléen, que les Sicaires et les Zélotes sont issus des Esséniens[39]. Un texte attribué à Hippolyte de Rome (Réfutation de toutes les hérésies, IX, § 26), retrouvé au XIXe siècle, paraît s'appuyer sur la même notice que Flavius Josèphe dans la Guerre des Juifs à leur propos[98]. Toutefois, à l'endroit où la notice de Josèphe sur les Esséniens rapporte leur division en « quatre lots » ou « quatre classes », dans celle-ci on trouve la définition des « quatre catégories[40] » d'Esséniens :

« [Les Esséniens] sont divisés selon l'ancienneté et ils n'observent pas les pratiques de la même manière, répartis qu'ils sont en quatre catégories. Certains d'entre-eux en effet, poussent les pratiques à l'extrême, jusqu'à ne pas tenir en main une pièce de monnaie, déclarant qu'il ne faut ni porter, ni regarder, ni fabriquer d'effigie ; aussi nul de ceux-ci n'ose même entrer dans une ville, de peur de franchir une porte que surmonte des statues, estimant qu'il est sacrilège de passer sous des images. Certains autres d'entre-eux, lorsqu'ils entendent un individu discourir sur Dieu et sur ses lois, s'assurent, s'il est incirconcis, que cet individu et seul dans un endroit, puis ils le menacent de l'assassiner, s'ils ne se laissent pas circoncire : s'il ne veut pas obtempérer, loin de l'épargner, on l'égorge : c'est de cela, étant donné ce qui se passe, qu'ils ont reçu leur nom, celui de Zélotes ou de la part de quelques-uns, celui de Sicaires. D'autres encore parmi eux refusent de donner à personne le nom de maître (Rabbi), sauf à Dieu[99]. »

Dans cette version quatre groupes d'Ésséniens sont identifiés et non quatre classes[98] et ils se seraient créés au fil du temps[100]. Les Zélotes seraient donc rattachés aux Esséniens, dont ils seraient une émanation tardive et avec laquelle ils refuseraient de frayer[20]. L'auteur de l'Elenchos « les présente comme des hétérodoxes qui se distinguent par leur fanatisme et leurs exagérations[101]. » Ceux qui « refusent de donner à personne le nom de maître, sauf à Dieu » seraient les membres de la Quatrième philosophie puisque c'est la définition que donne Josèphe pour ce groupe[102], disant qu'ils sont prêts à subir « les genres de mort les plus extraordinaires[103] » et que « les supplices de leurs parents et amis les laissent indifférents, pourvu qu'ils n'aient à appeler aucun homme du nom de maître[103]. »

Selon André Dupont-Sommer, la notice d'Hippolyte est étroitement parallèle à celle de Josèphe et semble en être un abrégé[104]. Robert Eisenman estime que soit les deux auteurs ont utilisé une source commune, soit l'auteur en est Josèphe lui-même pour sa version de la Guerre des Juifs en araméen[98] et que ce passage a été volontairement omis dans les versions en grec. Pour lui, ce que Josèphe semble avoir fait pour définir la Quatrième philosophie, c'est couper ce qui décrivait l'un des quatre groupes d'esséniens dans sa notice initiale pour l'écrire comme définition du mouvement de Judas de Gamala[102].

Pour Eisenman, cette notice d'Hippolyte permet de résoudre les contradictions que l'on a trouvé entre les descriptions idéalisées des Esséniens par Josèphe et Philon d'Alexandrie et les manuscrits de la mer Morte[100], où le groupe qui écrit — identifié à des Esséniens — est littéralement obsédés par les « féroces Kittim[105] », derrière lesquels on reconnaît aisément les Romains[32] et dont de nombreux écrits parlent de guerres apocalyptiques (en) qu'il faudra mener contre eux. Philon d'Alexandrie et Josèphe insistaient en effet sur l'aspect que l'on pourrait qualifier de « non-violent » de la doctrine des esséniens, les conduisant même jusqu'à refuser de posséder des armes[106]. Ils soulignent que lorsqu'ils voyageaient, les esséniens n'emportaient que des armes défensives[19] et Philon indiquait que pas un seul d'entre-eux ne fabriquait d'armes. Cela lèverait la principale objection d'un certains nombres d'historiens, comme Norman Golb[107], Michael Wise[108], ou André Paul[109] qui les avait conduit à douter que la secte de la mer Morte soient les Esséniens, dont certains faisaient remarquer qu'outre à Qumrân, le seul endroit où l'on a retrouvé des manuscrits appartenant au même mouvement était la forteresse de Massada, qui a toujours été contrôlée par les Sicaires et/ou les Zélotes, ce qui selon eux permettait de savoir qui étaient ceux qui lisaient ces rouleaux au moment de la Grande révolte juive[110],[111] (66-74). D'autre-part, si ceux qui occupaient Qumrân au moment de l'arrivée des Romains étaient en accord avec les manuscrits comme cela est très largement admis, l'archéologie montre qu'ils ont résisté[110],[Note 14]. Les manuscrits retrouvés à Qumrân étaient sur ce point tellement différents de ce que disaient Philon et Josèphe que certains commentateurs, comme G. R. Driver ou Cecil Roth ont même proposé d'identifier les auteurs de ces manuscrits à des Zélotes[112].

Le positionnement par rapport aux autres forces[modifier | modifier le code]

Personnages et pseudonymes symboliques[modifier | modifier le code]

La plupart des acteurs évoqués dans les manuscrits portent des noms symboliques[31]. Les textes retrouvés près de Qumrân qui décrivent la vie de la secte (notamment les pesharim et le Document de Damas) ne mentionnent que rarement des noms propres. Des pseudonymes symboliques désignent les principaux acteurs de la secte et de ses adversaires[113],[114]. Chez le « Maître de Justice » certains critiques reconnaissent le fondateur du groupe vers la moitié du IIe siècle av. J.-C.. D'autres critiques, constatant l'existence de Maître de Justice durant toute l'existence de la secte, au moins jusqu'après le passage de la Judée sous domination romaine (-63), estiment que cette désignation recouvre plusieurs « Maître de Justice » successifs. Le qualificatif de « justice » signifie aussi probablement que le « Maître » est issu de la lignée de Sadoq dont le nom צדוק (ṣadoq) est formé sur la même racine. Il appartiendrait à la dynastie sacerdotale qui servait dans le Premier Temple de Jérusalem et dont les grands-prêtres légitimes étaient issus jusqu'à la crise qui a débouchée sur la révolte des Maccabées[115].

« Deux figures, ou “deux instruments de la violence” (4Q175, Les témoignages ou Testimonia) s'opposent à lui et persécutent son groupe[113]. » Pour les critiques qui estiment qu'il existe plusieurs maître de Justice successifs, il en est de même pour ces deux figures symboliques. La première de ces deux figures est le « Méchant prêtre » ou « Prêtre Impie »[114] (en hébreu, Grand Prêtre se dit Kohen haRosh. Kohen haRasha, qui signifie "Prêtre Impie", est ici un jeu de mot) qui est « cupide, violent, corrompu ; il harcèle le « Maître » » et tente parfois de l'assassiner[113]. Le second ennemi du groupe est le « Cracheur de mensonges » aussi appelé « l'Homme du Mensonge »[113],[114]. « Par ses mensonges et avec sa clique sinistre, composée des « Chercheurs de flatteries », il dissuade les hommes de suivre le « Maître »[113]. » L'identification de ces personnages et de ces groupes sont l'objet de plusieurs suppositions parmi les historiens. Aucun consensus ne se dégage à ce sujet, ni à propos de la période où se déroule ces événements.

Personnages explicitement cités[modifier | modifier le code]

Quelques textes retrouvés dans la grotte no 4 désignent explicitement des personnages historiques[116]. Ce sont tous des personnages florissants au Ier siècle av. J.-C.. À certaines dates du Calendrier des annales (4Q448b) du mouvement sont associés des personnages et des événements historiques parfaitement identifiables[117]. Une pratique que l'on trouve aujourd'hui aussi sur nos calendriers[118]. Il est toutefois très parcellaire, mais on peut ainsi lire « Hyrcan s'est révolté contre Aristobule » (Hyrcan II et Aristobule II) « Shelomziyon est venue... », allusion à leur mère Salomé Alexandra, et « Amelius a tué », allusion à Amelius Scaurus qui conduisit les armées de Pompée durant les années 60 av. J.-C.[117]. On y reconnaît aussi Alexandre Jannée dans « le roi Jonathan » (Ywtn hmlk), le mari de Salomé Alexandra et le père d'Hyrcan II et d'Aristobule II. L'identification de ce « roi Jonathan » avec Jonathan Maccabée ne paraît pas concevable, car comme l'indique André Lemaire, le frère de Judas Maccabée ne portait pas le titre royal[116],[119]. Par ailleurs, l'expression Ywtn hmlk est comparable à celle qui apparaît sur les monnaies d'Alexandre Jannée, ou encore sur une bulle de ce roi[116]. Alexandre Jannée est aussi cité dans le Commentaire de Nahum ou Pesher de Nahum (4Q169).

Les « Chercheurs de flatteries »[modifier | modifier le code]

Le « Cracheur de mensonges » aussi appelé « l'Homme du Mensonge »[113],[114] est le chef d'une « clique sinistre » appelée « Chercheurs de flatteries » ou « Chercheurs des choses flatteuses » derrière laquelle un grand nombre de chercheurs reconnaissent les Pharisiens[43]. Il est par exemple fait référence à eux dans un passage du « Pesher de Nahum » (4Q169)[43], ou Commentaire de Nahum, dans lequel, comme dans de multiples autres textes dits « sectaires », l'auteur scrute les anciemmes prophéties de la Bible hébraïque pour y chercher les présages de l'histoire qui lui est contemporaine[120]:

« 2 [Cela renvoie à Démé]trios, roi de Grèce, qui chercha à entrer dans Jérusalem à l'incitation des Chercheurs de flatterie.
[...]
6 Cela renvoie au lion de la colère 7 [...] vengeance contre les Chercheurs de flatterie, car il avait coutume de pendre les hommes vivants, 8 (comme on faisait) jadis en Israël[121]. »

Ce passage fait référence à Démétrios III Philopator (roi séleucide de 95 à 88 av. J.-C.) et à son intervention en Judée contre Alexandre Jannée[43], favorable aux Sadducéens[32]. Démétrios avait répondu à l'appel des Pharisiens, qui ici sont appelés les « Chercheurs de flatteries » comme dans plusieurs autres manuscrits[43]. Le « lion de la colère » est Alexandre Jannée qui après sa victoire contre Démétrios avait fait crucifier un grand nombre de Pharisiens, « pendus vivants » pour se venger de leur trahison[43].

Divergences sur la période concernée[modifier | modifier le code]

Les partisans du « modèle standard » et de la théorie anti-hasmonéenne pensent pouvoir reconstituer la naissance du mouvement essénien, vers le milieu du IIe siècle av. J.-C.[122], avec un Maître de Justice qui aurait pris la direction de la « secte » vers -175[123] (410 ans après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor). Ce qui a fait dire à certains critiques que l'on cherchait ainsi une date la plus éloignée possible de la naissance du mouvement créé par Jésus[124] pour éloigner tous risques que Jésus ou son mouvement aient été liés aux eaux troubles d'une révolte sociale à caractère violent.

Les partisans de la théorie pro-hasmonéenne concentrent leurs travaux sur la période où vivaient les seuls personnages dont le nom est explicitement cités dans certains manuscrits qui tous étaient florissant au Ier siècle av. J.-C.[125],[126]. De même, ils estiment que certains manuscrits parmi les plus significatifs du Yahad — par exemple l'Hymne au roi Jonathan, le Pesher de Nahum, le Manifeste (4QMMT)[55], le Document de Damas[127],[128] ou le Pesher d'Habacuc[129] — renvoient à des événements qui se sont produits lors de ce même siècle[55]. Le Pesher de Nahum dit explicitement que le règne du « Lion de la colère » est terminé[130] et l'identification du « Lion de la colère » avec Alexandre Jannée, mort en -76 est désormais généralement admise[43],[130],[131]. Ce Pesher évoque très probablement le sort d'Aristobule II et de « ses femmes, ses nouveau-nés, ses enfants[132] » lors de la défaite que lui a infligé Pompée en -63[132] (Pompée y est désigné sous le pseudonyme symbolique de Chef des rois de Yâwân (Chef des rois grecs))[133]. Le Pesher d'Habacuc décrit l'action des armées romaines — désignés sous le nom de kittim — qui se sont emparées de la Judée en -63[129].

Les partisans de la théorie anti-pharisienne s'intéressent particulièrement aux écrits qui datent du Ier siècle — dont d'après eux la Lettre/Manifeste 4QMMT —. Ils s'intéressent aussi à la façon dont les lecteurs de ce même siècle interprétaient les manuscrits des siècles antérieurs en étudiant les pesharim, un genre littéraire qui n'est connu que par les manuscrits retrouvés près de Qumrân. La plupart de ces critiques estiment que c'est le mouvement nazôréen créé par Jésus qui a caché ces manuscrits dans le contexte de la Grande révolte juive (66-70). Ils auraient été particulièrement impliqués dans cette révolte et c'est d'eux dont parlerait Flavius Josèphe sous le nom de Zélotes. Ce qui expliquerait pourquoi on n'est jusqu'à présent pas parvenu à identifier le moindre Juif chrétien parmi les centaines de personnages qu'évoque Flavius Josèphe pendant la révolte.

Un ou plusieurs « Maître de Justice »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maître de Justice.

Tous ces écrits font référence à un « Maître de Justice » ou à un « Méchant prêtre » qui seraient florissant pendant plus de 100 ans si l'on adopte le point de vue du modèle standard qui fait du « Maître de Justice » le créateur de la secte 410 ans après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor. Cela a conduit certains critiques à émettre l'hypothèse que derrière ces deux pseudonymes symboliques, se cachaient plusieurs « Maître de Justice » successifs[134],[135],[136] et plusieurs Grands prêtres successifs appelés « Méchant prêtre »[137],[Note 15]. Les différentes morts relatées pour le Méchant prêtre et les époques qui leur sont associées sont souvent citées comme preuve de l'impossibilité d'un seul « Méchant prêtre »[138]. Le procédé qui consiste à appliquer des noms symboliques à plusieurs personnages historiques remplissant la même fonction existe dans les écrits bibliques de l'époque[139]. Il est notamment utilisé dans le Livre de Daniel 11, où les expressions « Roi du Nord » et « Roi du Sud » s'appliquent respectivement à plusieurs rois Séleucides et Ptolémaïques successifs[139]. Un défenseur du « modèle standard » comme Jean Starcky, estime lui aussi qu'il est peu probable que le Maître de Justice fondateur de la Communauté de l'Alliance — selon lui vers -175[123] — soit encore vivant lors de la création de la « Nouvelle Alliance au pays de Damas »[140] et soit le même que le « Maître de la Communauté » ou « Enseignant de la Communauté » mentionné dans l'Écrit de Damas[132], écrit selon lui, peu après la prise de Jérusalem en -63[141], alors qu'un historien comme André Dupont-Sommer donne une fourchette plus large (entre -63 et -48)[127].

La théorie anti-hasmonéenne[modifier | modifier le code]

Jonathan et Simon, « Prêtre impie » et « Cracheur de mensonges »[modifier | modifier le code]

« Pour Geza Vermes, Frank Moore Cross, Joseph Milik, Roland de Vaux notamment, il ne fait aucun doute que le « Prêtre impie » et le « Cracheur de mensonges » sont des expressions qui désignent Jonathan (161 à 143 av. J.-C.) et Simon Maccabée (mort en -143)[113]. »

Le maître de Justice fondateur, grand-prêtre en 159-152 av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Parmi les défenseurs de la théorie anti-Hasmonéenne, certains critiques émettent l'hypothèse que le « Maître de Justice » créateur du mouvement aurait été le Grand prêtre en exercice de 159 à 152 av. J.-C.[65]. Flavius Josèphe indique que pendant cette période, il n'y aurait eu aucun grand prêtre. Ces critiques supposent donc que cette vacance du siège de grand prêtre serait en fait le résultat d'une sorte de damnatio memoriae qui aurait effacé le nom de ce grand prêtre des listes officielles[65]. Il aurait été destitué à la suite de la nomination de Jonathan Macchabée par les autorités Séleucides, pour avoir refusé la nomination du candidat imposé par Alexandre Balas[65]. « Selon cette hypothèse, le grand prêtre se serait exilé, et un groupe de ses partisans l'aurait suivi dans sa fuite[65]. »

Contre Alexandre Jannée[modifier | modifier le code]

Les positions en présence dépendent notamment de la traduction d'un des manuscrits qui a été appelé « Hymne en l'honneur d'Alexandre Jannée » par ses traducteurs, E. et H. Eschel et A. Yardeni. Toutefois, les partisans du « modèle standard » et ceux qui plus généralement soutiennent la théorie anti-hasmonéenne, estiment qu'il ne s'agit pas d'un hymne en faveur d'Alexandre Jannée, mais qu'au contraire l'intervention de Dieu est demandée contre ce roi[142]. Le manuscrit étant extrêmement parcellaire sa compréhension n'est pas évidente[142]. Pour André Lemaire qui soutient le modèle standard, « à moins de considérer le document comme un texte de propagande ennemi importé à Qumrân [...], il est invraisemblable que la secte ait pu faire l'éloge du roi hasmonéen[142]. »

La théorie pro-hasmonéenne[modifier | modifier le code]

Les partisans de la théorie pro-hasmonéenne se concentrent sur la période qui concerne les personnages dont le nom est explicitement cités dans les manuscrits: Alexandre Jannée, Hyrcan II et Aristobule II, leur mère Salomé Alexandra et le romain Amelius Scaurus au milieu du Ier siècle av. J.-C., alors que les partisans de la théorie pro-hasmonéenne s'intéressent beaucoup plus à l'époque supposée de la création de la secte au milieu du siècle précédent. Pour les partisans de la théorie pro-hasmonéenne, il ne fait pas de doute que les ennemis du Yahad appelés les Chercheurs de flatteries sont les Pharisiens[143]. Ils estiment que les partisans du groupe ne manifestaient pas a priori une hostilité de principe envers quelque dirigeant hasmonéen que ce soit[143] et que l'Hymne en l'honneur d'Alexandre Jannée ainsi que le « Pesher de Nahum » montrent qu'ils ont même approuvé les crucifixions de certains d'entre-eux après leur trahison[144]. Pour eux, il apparaît donc fort improbable que le mouvement soit « né d'un conflit relatif à la succession aux fonctions de grand-prêtre au milieu du IIe siècle av. J.-C.[143]. » L'étude conjointe de l'Hymne au roi Jonathan, le Pesher de Nahum et le Manifeste (4QMMT) semblent indiquer que cette « secte » — quelle que soit son origine — s'impliqua totalement dans les conflits du Ier siècle av. J.-C.[55] « puisqu'ils soutinrent Alexandre Jannée contre les Pharisiens[143]. » Ce roi fut favorable aux Sadducéens, or le Manifeste (4QMMT) montre que le groupe défendait des règles de pureté très proches des Sadducéens et opposés à celles des Pharisiens[143]. Ce Manifeste « donne à entendre qu'il y eu une époque où les partisans d'Alexandre Jannée — y compris les auteurs des manuscrits — perdirent du terrain au profit de leurs vieux ennemis, les Pharisiens. Josèphe n'évoque qu'une seule période possible pour le renforcement du pouvoir des Pharisiens durant la période hasmonéenne : le règne de Salomé Alexandra, la veuve d'Alexandre Jannée[55] » qui règne de -76 à -67[145].

Le Pesher de Nahum confirme cette période et ce renversement de situation. « Selon son auteur le règne du Lion de la colère (Alexandre Jannée) est terminé et, au moment où il écrit, la “domination des Chercheurs de flatteries” (les Pharisiens) est devenu une tragique réalité[55]. » Flavius Josèphe explique de façon détaillée qu'à la mort d'Alexandre Jannée (-76), son épouse Salomé Alexandra effectua un revirement total en s'appuyant sur les Pharisiens pour gouverner, alors que jusqu'alors son mari s'était appuyé sur les Sadducéens et avait même réprimé violemment les Pharisiens qui l'avaient trahi[125]. Selon Josèphe, les « Pharisiens réussirent à gagner [les] faveurs [d'Alexandra] et devinrent les véritables maîtres des affaires publiques. C'est ainsi qu'ils bannirent ou abaissèrent qui bon leur semblait, firent enfermer et libérer des hommes au gré de leur caprice, et, en un mot, jouirent des prérogatives royales[146]. » Ce Pesher évoque aussi très probablement le sort d'Aristobule II et de « ses femmes, ses nouveau-nés, ses enfants[132] » lors de la défaite que lui a infligé Pompée en -63[132]. Pompée y est désigné sous le pseudonyme symbolique de Chef des rois de Yâwân (Chef des rois grecs)[147]. Le Pesher d'Habacuc décrit l'action des armées romaines — désignés sous le nom de kittim — qui se sont emparées de la Judée en -63[129].

« Méchant prêtre » : Hyrcan II ou Aristobule II[modifier | modifier le code]

L'auteur du Pesher d'Habacuc ou Commentaire d'Habacuc assimile les Chaldéens mentionnés par le prophète biblique aux Kittim qui représentent les Romains[129]. La majeure partie des spécialistes s'accordent pour estimer que c'est la venue des armées romaines en Syrie et Palestine « dans les années 60 du Ier siècle av. J.-C. qui suscita le récit haut en couleur du commentaire[129]. » Pour Wise, Abbeg, Cook, « Il ne semble pas y avoir de bonne raison d'isoler radicalement les personnages de [ce récit] de l'invasion romaine, ainsi que l'exige le Modèle standard[129]. » « Cette invasion est présentée comme un châtiment sanctionnant les péchés du Prêtre impie et de l'Homme du mensonge[129]. » Il est donc logique de considérer « que le prêtre impie dû être en fonction durant le Ier siècle av. J.-C., tout comme d'ailleurs, le Maître de Justice[129]. » Dans ce cas, il n'y a que deux candidats possible pour ce poste : Hyrcan II et Aristobule II[129]. Pour Wise, Abbeg, Cook, comme Hyrcan était soutenu par les Pharisiens et qu'Aristobule l'était pas les Sadducéens, « si l'on se fonde sur l'anti-pharisianisme des manuscrits, Hyrcan II constitue le meilleur choix pour le prêtre impie[129]. »

Dans ce schéma, « l'Homme de mensonge », le chef des « Chercheurs de flatteries », est un dirigeant pharisien de l'époque Siméon ben Chetah, « un homme connu à la fois pour sa violence et pour le talent avec lequel il imposait ses vues[129]. » Il n'est connu que grâce à la littérature rabbinique ultérieure, mais ces écrits légendés concordent « avec ce que nous savons par Josèphe du pouvoir pharisien[129]. »

« Maître de justice » : Honi le traceur de cercles (tué vers 65 av. J.-C.)[modifier | modifier le code]

Certains critiques partisans de ce modèle proposent de voir Honi le traceur de cercles comme le « Maître de justice » de cette époque.

La théorie anti-pharisienne[modifier | modifier le code]

Pour les tenants de cette théorie, les auteurs des manuscrits se définissent avant tout par leur anti-pharisaïsme[148]. « Elle s'opposa à Simon, proche des Pharisiens et à Jean Hyrcan Ier, au début de son règne, alors qu'il gouvernait avec les Pharisiens, mais ensuite la communauté soutint la dynastie hasmonéenne[148], » en particulier lors du règne d'Alexandre Jannée[148]. Pour les tenants de cette thèse, l'Hymne est bien en faveur de ce roi et « l'expression Lion de la Colère du Pesher de Nahum ne serait pas péjorative[148]. » Les auteurs « saluent l'action du roi et se réjouissent de la crucifixion des “Chercheurs de flatteries”[148] », c'est-à-dire des Pharisiens, « qui n'avaient pas hésité à mettre en péril l'indépendance de la Judée, en faisant appel à un roi étranger (« Démétrios, roi de Grèce »)[149]. »

Croyances[modifier | modifier le code]

Selon François Blanchetière, qui estime que le Yahad et les esséniens sont le même groupe, « les esséniens sont d'abord et avant tout des Juifs de stricte observance partageant toutes les idées que l'on retrouve dans les Écritures, observant les mizvot, même s'ils ont rompu avec le culte sacrificiel du Temple[34] ». Selon lui, « ils ont développé un ensemble de conceptions et de croyances longtemps demeurées secrètes, du fait que chacun des membres s'engageait par serment à ne pas les divulguer en dehors de la "secte", et qui n'ont été révélées qu'à partir du moment où l'on a pu décrypter les manuscrits cachés sur la rive occidentale de la mer Morte[34] ». Ils ont conscience de constituer la communauté de la Nouvelle Alliance renouvelée annuellement (4Q 226, 16-18) et dirigée par un collège sacerdotal au cœur d'un monde déchiré par les deux esprits de la Lumière et des Ténèbres[34].

Parmi leurs principales convictions, Blanchetière retient : « l'attente des derniers jours et la venue d'un ou deux messies, la croyance dans le libre arbitre, la résurrection des morts, la rétribution finale, le déterminisme et la prédestination, le rejet de l'utilisation de l'huile parce qu'impure, la rupture avec le culte sacrificiel du Temple (Manuel de discipline, 9, 4-5), ils prient tournés vers l'est[150] ». Toutefois d'autres critiques estiment que les auteurs des manuscrits ne semblent pas faire référence à la résurrection[151].

Selon André Paul, « Les écrits dits de Qumrân attestent eux-mêmes une authentique filière gnostique. L'existence d'un gnosticisme judaïque pré-chrétien était déjà bien admise. On la repérait surtout dans la littérature judéo-grecque ou dans les œuvres d'apocalypse. Désormais, le fait est à même d'être confirmé, précisé et éclairé grâce à certains des textes venus des grottes, annonceurs de la communauté idéale ou témoins de la veine littéraire dite sapientiale[152]. »

Après le Ier siècle[modifier | modifier le code]

Pour certains chercheurs, le mouvement aurait disparu vers 70. Toutefois, comme le fait remarquer Norman Golb, le texte de Pline l'ancien qui parle succinctement d'une communauté d'esséniens célibataires installés au-dessus d'Engaddi pourrait décrire une situation après la destruction du Temple (70), puisqu'en 77[153], dans son Histoire naturelle, Pline écrit : « Engaddi, comme Jérusalem, n'est plus qu'un monceau de cendres[5]. » D'autres passages de la description que fait Pline de la Palestine reflètent la situation après l'an 70[Note 16],[154].

D'autre part, les esséniens sont mentionnés à plusieurs reprises par les Pères de l'Église. Selon Émile Puech, les esséniens sont aussi connus par les écrits de Dion Chrysostome (IIe siècle) et Hippolyte de Rome (IIIe siècle)[14]. Ce dernier leur attribue expressément « la croyance en la résurrection des corps, au jugement final et à la conflagration de l'univers à la fin des temps[18] », alors que Flavius Josèphe indique qu'ils pensaient que seules les âmes étaient immortelles, dans une description qui pour André Dupont-Sommer « est tout inspirée d'Homère (Odyssée, IV, 562-568)[155]. » Il rattache aussi aux Esséniens, la secte des Zélotes — dont il précise que certains les appellent Sicaires — qui en serait une émanation tardive et avec laquelle ils refuseraient de frayer[156]. Au IVe siècle, Épiphane de Salamine utilise à plusieurs reprises le nom « Ossaioï » pour désigner les elkasaïtes ou une partie d'entre eux[157],[158]. Ainsi, vers l'an 100, le mouvement elkasaïte a probablement été fondé par Elkasaï, qui était un judéo-chrétien ébionite[159] ou nazaréen[Note 17] « à partir d'un groupe juif déjà existant. [Celui-ci] se caractérisant essentiellement par des pratiques baptistes, pourrait être celui des Osséens et aurait été établi vers la fin du Ier siècle en Syrie sous domination parthe[159]. »

À son époque, « Épiphane de Salamine mentionne la présence de communautés elkasaïtes, sous l'appellation d'osséennes et de sampséennes, en Nabathée, en Iturée, en Moabite, en Auriélitide (sud-ouest de Damas) et en Pérée[160],[10]. » Il indique aussi que le Livre d'Elkasaï a été adopté par les « osséens », les « nasaréens », les nazôréens et les ébionites[161],[158].

Jean le Baptiste et l'essénisme[modifier | modifier le code]

Ainsi que l'explique Pierre Geoltrain, « bien des hypothèses avançant une influence directe de l'essénisme sur Jean-Baptiste […], Jésus ou Paul de Tarse sont moins que probables et indémontrables[162] ». Jean le Baptiste n'apparaît d'aucune façon dans les manuscrits de la mer Morte[Note 18]. Néanmoins, certains chercheurs ont émis l'hypothèse de son appartenance au courant essénien ou à un courant proche, dit Yahad[Note 19], « pour le moins jusqu'à sa vocation (Lc 3,2), lui qui était de famille sacerdotale. Cet apparentement ne peut toutefois être ni récusé, ni confirmé. »[163] Pour André Paul, spécialiste des fouilles et des manuscrits de Qumrân, « il n'est pas adéquat de présenter les groupes d'ascètes des environs occidentaux de la mer Morte comme réellement baptistes. Il y avait cependant de vrais groupes baptistes à l'époque. »[13]

François Blanchetière note que « l'existence d'un essénisme chrétien a été postulé » par certains chercheurs et « relève de l'éventualité envisageable[163] », même si elle demeure hypothétique. Selon lui, « d'abord parce qu'il existe une parenté indéniable entre les mouvements baptistes, dont celui de Jean le cousin de Jésus et le nazaréisme primitif. Ensuite parce qu'on retrouve tout un ensemble d'idées communes aux milieux esséniens ou péri-esséniens et à la "communauté johannique", enfin parce que l'on a identifié une parenté d'idées entre ces mêmes milieux des écrits de la mer Morte et l'Épître aux Hébreux[163]. » De même, la Didachè et l'Épître de Barnabé, un temps incluses dans le canon du Nouveau Testament, « reprennent à leur manière la thématique des deux voies, celle du bien et celle du mal, qui figure déjà dans le Manuel de discipline[164] » retrouvé à Qumran.

Se fondant sur les écrits de certains Pères de l'Église, sur l'« Écrit de Damas » du mouvement du Yahad et sur les découvertes archéologiques de Claudine Dauphin, François Blanchetière estime que « Kokaba, non loin de Damas a pu constituer l'un des points de contact entre les Esséniens et les proto-nazaréens »[163]. « Reste qu'un essénisme proto-nazaréen demeure, faute de preuves suffisantes, une simple hypothèse[163] » précise-t-il.

Depuis 2008, André Paul met en doute la présence même des esséniens sur le site de Qumrân et considère que les manuscrits révèlent les prémices d'une gnose pré-chrétienne que l'on retrouve dans les manuscrits de Nag Hammadi, voire les germes de la tradition rabbinique[165].

Certains chercheurs ont proposé d’identifier les fragments 7Q5 et 7Q4 comme étant des extraits de l'évangile selon Marc et de la première épître à Timothée. Toutefois, ceux-ci ne comportent que moins de cinq morceaux de mots non significatifs et non consécutifs. Cette thèse est donc largement rejetée[166],[167]. Il a été démontré que l'on pouvait retrouver cet agencement de mots dans de multiples écrits antiques, dont par exemple l'Iliade.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes
  • André Dupont-Sommer et Marc Philonenko (dir.), Écrits intertestamentaires (Écrits qoumrâniens, Pseudépigraphes de l'Ancien Testament), Paris, Gallimard, coll. « La Pléiade », 2064 pages.
  • Michael Wise, Martin Abegg et Edward Cook, Les Manuscrits de la mer Morte, Paris, Perrin, (ISBN 2-262-02082-5)
  • Philon d'Alexandrie, Quod omnis probus liber (trad. Roger Arnaldez), traité 28, paragraphe 75, Paris, Cerf, 1974.
Études
  • H.E. Del Medico, Le Mythe des Esséniens, Plon, .
  • André Dupont-Sommer, Les Écrits esséniens découverts près de la mer Morte, Paris, Payot, (1re éd. 1959) (ISBN 2-228-12740-X).
  • Ernest-Marie Laperrousaz, Les Esséniens selon leur témoignage direct, Desclée, .
  • Hershel Shanks (dir.), L'aventure des manuscrits de la mer Morte [« Understanding the Dead Sea Scrolls »], Paris, Seuil, coll. « Points », (1re éd. 1992) (ISBN 2-02-054952-2).
  • Robert Eisenman, The Dead Sea Scrolls and the First Christians, .
  • (en) Robert Eisenman, James the Brother of Jesus And The Dead Sea Scrolls, The Historical James, Paul as the Enemy, and Jesus' Brothers as Apostles, Vol. I, GDP, , 411 p. (ISBN 9780985599133).
  • (en) Robert Eisenman, James the Brother of Jesus And The Dead Sea Scrolls, The Damascus Code, the Tent of David, the New Convenant, and the Blood of Christ, Vol. II, GDP, , 443 p. (ISBN 9780985599164).
  • Norman Golb, Qui a écrit les manuscrits de la Mer morte ? : Enquête sur les rouleaux du désert de Juda et sur leur interprétation contemporaine, Paris, Plon, (ISBN 9782259183888).
  • Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, PUF, (ISBN 978-2-13-056396-9).
  • Bruno Bioul, Qumrân et les manuscrits de la mer Morte, Paris, Francois-Xavier de Guibert, (ISBN 286839938x).
  • André Paul, La Bible avant la Bible : La grande révélation des manuscrits de la mer Morte, Paris, Cerf, (ISBN 2-204-07354-7).
  • André Paul, Qumrân et les esséniens : L'éclatement d'un dogme, Paris, Cerf, (ISBN 978-2-204-08691-2).
  • Qumrân le secret des manuscrits de la mer Morte, Paris, Bibliothèque Nationale de France, (ISBN 978-2-7177-2452-3).
  • (en) Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, , 722 p. (ISBN 0-8006-2621-4).
  • Timothy H. Lim, The Qumran scrolls: Two hypotheses, Studies in Religion, no 21, p. 455-466.
Essais
  • Éliette Abécassis, dans son roman Qumran, parle des esséniens. Ary, jeune juif religieux israélien, se trouve plongé dans une enquête historique qui le fait remonter jusqu'aux origines de la religion chrétienne.
  • Israël Knohl, L'Autre Messie, Paris, Albin Michel, 2001 (ISBN 2-226-12671-6).
Sources primaires

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En hébreu moderne, « esséniens » s'écrit אִסִּיִים, « isiyim ». Cette graphie ne correspondrait pas à l'hébreu ancien.
  2. Selon Émile Puech, « Essénien vient de l'araméen hasaya ("les pieux")/ hasîn ("des pieux"), transcrit directement dans les sources par les termes grecs essaioi/ essènoi (esseni en latin). Philon d'Alexandrie les nomme hosioi "saints", traduisant l'hébreu hasidîm, transcrit en grec par hasidaioi, "les pieux", connus des livres des Macchabées. » Cfr. Émile Puech, « Esséniens et interprétations », dans Qumrân le secret des manuscrits de la mer Morte, Paris, BNF, 2010, p. 136. — Philon d'Alexandrie propose une étymologie : « Essaioi, ce nom, à mon avis, bien qu'il ne soit pas à strictement parler un mot grec, peut être rapproché du mot "sainteté" ». Pour André Dupont-Sommer, « Philon semble jouer sur la ressemblance entre les termes grecs Essaioi "Esséens" et osioi "saints, purs". » Dupont-Sommer souligne toutefois que « le radical dont il est formé est manifestement ess-, qui transcrit sûrement un mot sémitique. » Il propose « d'y reconnaître le mot hébreu 'ésah "conseil, parti" : les esséniens dans les textes de Qumrân, sont "les hommes du Conseil (ou du Parti) de Dieu". » Cfr. André Dupont-Sommer, op. cit., p. 31.
  3. « À l'Ouest, mais bien loin du rivage à exhalations pestilentielles, les Esséniens, miracle unique dans l'Univers, vivent seuls, sans femmes, sans voluptés, sans argent, et n'ont de société que celle des palmiers. Sans cesse leur troupe augmente de recrues étrangères très nombreuses : agités par les flots de la fortune, et las enfin, mille affligés viennent à eux : et ainsi, chose étonnante, un peuple où personne ne naît subsiste pendant des milliers de siècles. Tant le dégout de la vie est pour eux une source féconde de population. Au-dessous d'eux fut la ville d'Engadda, ne le cédant qu'à Jérusalem pour la fertilité et ses bois de palmiers; maintenant c'est un monceau de cendres comme Jérusalem. De là on arrive à Masada, château sur un rocher, qui n'est pas loin, non plus, du lac Asphaltite. » cf. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Livre 5, XV, cité par Golb 1998, p. 15.
  4. Le texte de Flavius Josèphe utilise même deux formes de ce nom : « εσσήνοι » (« essēnoï ») et « essaios ».
  5. Selon André Paul, « Flavius Josèphe rapporte une expérience singulière. Dans sa jeunesse et cherchant sa voie, il séjourna chez les Esséniens, puis auprès de Bannos, sorte de moine du désert dont les traits et les mœurs rappellent d'assez près ceux de Jean Baptiste. Voici ce qu'il écrit : "Ayant entendu parler d'un certain Bannos qui vivait au désert, se contentait pour vêtement de ce que lui fournissaient les arbres, et pour nourriture, de ce que la terre produit spontanément, et usait de fréquentes ablutions d'eau froide de jour et de nuit, par souci de pureté, je me fis son émule." (Autobiographie, 11) ». Cfr. André Paul, Les Mouvements baptistes.
  6. Philon d'Alexandrie, cité par Laurent Héricher, écrit : « La Syrie palestinienne non plus n'est pas stérile en hautes vertus, c'est là que se trouve disséminée une partie nullement faible de la nation juive, extrêmement nombreuse en hommes. Certains de ceux-ci sont appelés du nom d'esséens. Ils forment une foule de plus de 4 000 personnes. » cf. Laurent Héricher, « Les esséniens entre mythe et réalité », dans Qumrân le secret des manuscrits de la mer Morte, Paris, BNF, 2010, p. 130, traduit par E. del Medico, Le Mythe des esséniens des origines à la fin du Moyen Âge, Paris, Plon, 1958.
  7. « Le lien entre le site de Qumrân et l'origine des rouleaux devient désormais problématique. La connaissance large et approfondie de l'ensemble des écrits invite à contester le bien-fondé de la thèse essénienne, « sectaire » ou « communautaire », de l'origine des manuscrits. De leur côté et récemment, les archéologues « de la nouvelle vague » sont intervenus pour eux-mêmes désenclaver, décommunautariser et désacraliser le fameux site. On ne sait trop en définitive d'où viennent les manuscrits, qui les a écrits ou pour le moins collectés. » (Paul 2008, p. 165-166
  8. C'est ce qui est exprimé dans le Livre des Jubilés dès le IIe siècle av. J.-C. et que l'on trouve aussi dans un des manuscrits de la mer Morte, quasi contemporain et retrouvé dans la grotte no 4 (4QExposition sur les Patriarches ou 4Q464). Cfr. André Paul, op. cit., p. 26.
  9. « Trois formes différentes d'écritures cryptiques ou secrètes ont été retrouvées ». Il s'agissait en fait « d'un simple code de substitution, chaque symbole de l'alphabet secret correspondant à un symbole de l'alphabet hébraïque courant. » « La principale d'entre elles a été baptisée cryptographie A. Environ quinze manuscrits l'utilisent soit entièrement, soit pour des notes marginales. » Cfr. Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook, op. cit., p. 21-22.
  10. a et b Selon Justin de Naplouse, il y avait sept hérésies juives: les Sadducéens, les Génistes, les Méristes, les Galiléens, les Hélléniens, les Pharisiens et les Baptistes. cf. Emmanuel Luhumbu Shodu, La mémoire des origines chrétiennes selon Justin Martyr, p. 267.
  11. a et b Selon Hégésippe : « II y avait, dit-il, chez les circoncis, parmi les fils d'Israël, différentes croyances contre la tribu de Juda et contre le Christ, Ce sont celles des Esséniens, Galiléens, Hémérobaptistes, Masbothéens, Samaritains, Sadducéens, Pharisiens. », cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, IV, 22, 7.
  12. Pour Wise, Abegg et Cook, l'étude conjointe de l'Hymne au roi Jonathan, le Pesher de Nahum et le Manifeste (4QMMT) semblent indiquer que cette secte — quelle que soit son origine — s'impliqua dans les conflits du Ier siècle av. J.-C. s'opposant fortement aux Pharisiens et prenant parti ou s'opposant à Alexandre Jannée et défendant des lois proches de celles des Sadducéens, là encore contre les Pharisiens (Wise, Abegg et Cook 2003, p. 41).
  13. Dans le compte-rendu des recherches archéologiques de l'équipe qui travailla de 1953 à 1956 sur le site, on lit: Les bâtiments « ont été ruinés par une action militaire » dont « témoignent l'effondrement des plafonds », des flèches en fer et l'incendie des toitures. « On a trouvé des preuves que les toits avaient été brûlés, que les plafonds et les superstructures s'étaient effondrés. » Dans son rapport archéologique, Roland de Vaux indique que la tour « chaussée de son talus de pierres, résista mieux. » Pour Norman Golb, « la présence de flèches en fer, de type romain, indique qu'une troupe de soldats romains avaient attaqué puis pris la place. » (Golb 1998, p. 7). À ces éléments Franck M. Cross qui avait participé aux fouilles ajouta lors de la publication de son livre un point que Norman Golb estime crucial et dont il s'étonne que De Vaux ne l'ait pas mentionné. Cross indique que « les murs furent sapés [et] les ruines des bâtiments [...] furent enfouies dans des couches de cendres provenant d'un grand incendie. (Franck M. Cross, cité par Golb 1998, p. 7) » Norman Golb remarque que « saper les murs en creusant des galeries souterraines » était une technique classique de la poliorcétique que les stratèges romains utilisaient pour prendre des fortifications ennemies qui ne pouvaient pas être prises autrement. Ces galeries étaient soutenues par des poutres en bois qui étaient mises à feu quand les troupes avaient fini de creuser (Golb 1998, p. 7). Selon Roland de Vaux, la prise du site par les Romains aurait eu lieu en 68. Compte tenu de l'incertitude sur le déploiement des forces romaines, les historiens préfèrent retenir la fourchette de 68-70, au plus tard quelques mois après la chute de Jérusalem (août 70). (Golb 1998, p. 8)
  14. Dans le compte-rendu des recherches archéologiques de l'équipe qui travailla de 1953 à 1956 sur le site de Qumrân, on lit: Les bâtiments « ont été ruinés par une action militaire » dont « témoignent l'effondrement des plafonds », des flèches en fer et l'incendie des toitures. « On a trouvé des preuves que les toits avaient été brûlés, que les plafonds et les superstructures s'étaient effondrés. » Dans son rapport archéologique, Roland de Vaux indique que la tour « chaussée de son talus de pierres, résista mieux. » Pour Norman Golb, « la présence de flèches en fer, de type romain, indique qu'une troupe de soldats romains avaient attaqué puis pris la place. » (Golb 1998, p. 7). À ces éléments Franck M. Cross qui avait participé aux fouilles ajouta lors de la publication de son livre un point que Norman Golb estime crucial et dont il s'étonne que De Vaux ne l'ait pas mentionné. Cross indique que « les murs furent sapés [et] les ruines des bâtiments [...] furent enfouies dans des couches de cendres provenant d'un grand incendie. (Franck M. Cross, cité par Golb 1998, p. 7) » Norman Golb remarque que « saper les murs en creusant des galeries souterraines » était une technique classique de la poliorcétique que les stratèges romains utilisaient pour prendre des fortifications ennemies qui ne pouvaient pas être prises autrement. Ces galeries étaient soutenues par des poutres en bois qui étaient mises à feu quand les troupes avaient fini de creuser (Golb 1998, p. 7). Selon Roland de Vaux, la prise du site par les Romains aurait eu lieu en 68. Compte tenu de l'incertitude sur le déploiement des forces romaines, les historiens préfèrent retenir la fourchette de 68-70, au plus tard quelques mois après la chute de Jérusalem (août 70). (Golb 1998, p. 8)
  15. Le père Florentino García Martínez (en) interprète les colonnes 8 à 12 du Pesher d'Habacuc (1QpHab) comme décrivant six "Méchants prêtres" par ordre chronologique (cf. le chapitre II du livre de Florentino García Martínez (en) Qumranica Minora I: Qumran Origins and Apocalypticism (Brill, Leiden - Boston, 2007)). Cette thèse est appelée « hypothèse Groningen » (cf. James C. VanderKam, Those who look for Smooths things, Pharisees and oral law, in Emanuel: Studies in the Hebrew Bible, the Septuagint, and the Dead Sea Scolls, publié par Shalom M. Paul, Robert A. Kraft, Eva Ben-David, Lawrence H. Schiffman, Weston W. Fields, 2003, Brill, Leiden - Boston, p. 465, (ISBN 90 04 12679 1)). Elle est toutefois contestée. Lim soutient qu'elle nécessite d'effectuer « un certain nombre de changements discutables au texte (cf. Lim, 1992, p. 465) ».
  16. Par exemple, il indique, quelques paragraphes seulement avant de mentionner des esséniens, que Macheronte, la grande forteresse des Juifs, à l'est de la mer Morte, fut également prise par les Romains et que Vespasien établit la colonie de Prima Flavia à Césarée. Cfr. Norman Golb, op. cit., p. 20.
  17. Pour autant que ces deux mouvements soient distincts, sujet sur lequel il n'y a pas de consensus.
  18. Flavius Josèphe pourrait avoir temporairement appartenu, lui aussi, aux esséniens, ainsi qu'il le revendique dans son autobiographie (Vita, 2, 10-11). Cfr. François Blanchetière, op. cit., p. 213.
  19. Dans les manuscrits de la mer Morte, une centaine d'écrits sont attribués à un groupe qui se désigne sous le nom de Yahad. Il est souvent assimilé aux esséniens, dont parlent essentiellement Flavius Josèphe et Philon d'Alexandrie, ou du moins à un groupe très proche.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Philon d'Alexandrie, Apologie pro Judæis. Ouvrage perdu, mais dont certains passages nous sont connus par des citations qu'en fait l'écrivain chrétien Eusèbe de Césarée (v.265-339) dans Preparatio evangelica (« Préparation évangélique »), Livre 8, chap. XI.
  2. a et b Philon d'Alexandrie, Quod omnis probus liber sit, XII, 75. Cité par Eusèbe de Césarée dans Preparatio evangelica, Livre 8, chap. XII.
  3. a, b et c Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, Livre 2, chap. VIII, 2-13.
  4. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques
  5. a, b, c et d Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Livre 5, XV.
  6. a, b, c, d et e Laurent Héricher, « Les esséniens entre mythe et réalité » dans Qumrân le secret des manuscrits de la mer Morte, p. 130
  7. « Le débat - les Esséniens », dans Qumran et les manuscrits de la mer Morte (Bioul 2004)
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  9. Paul 2005, p. 11.
  10. a et b Simon Claude Mimouni, Les Chrétiens d'origine juive dans l'Antiquité, Paris, Albin Michel, p. 218
  11. André Dupont-Sommer, Les Écrits esséniens, découverts près de la mer Morte, Paris, Payot, 1983, p. 31.
  12. a et b Grabbe 1992, p. 492.
  13. a, b, c et d André Paul, Les Mouvements baptistes, 2005, sur http://www.clio.fr
  14. a, b et c Émile Puech, « Esséniens et interprétations » dans Qumrân le secret des manuscrits de la mer Morte, p. 135
  15. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 442, 444, 446 et 450.
  16. Jodi Magness, Que sait-on de Qumrân, Paris, Bayard, (ISBN 9782227472068), « Les manuscrits de la mer Morte et la communauté de Qumrân »
  17. a, b et c Golb 1998, p. 3
  18. a, b et c Dupont-Sommer 1983, p. 45.
  19. a, b et c Golb 1998, p. 15.
  20. a et b Flavius Josèphe (v. 75). Guerre des Juifs, 5, 145.
  21. Simon Claude Mimouni, Dormition et Assomption de Marie : histoire des traditions anciennes, p. 534.
  22. Paul 2008, p. 13-15
  23. Golb 1998, p. 5.
  24. a, b, c et d Paul 2008, p. 20
  25. a et b Wise, Abegg et Cook 2003, p. 27-28.
  26. a, b, c et d Paul 2008, p. 26
  27. Wise, Abegg et Cook 2003, p. 21-22
  28. Wise, Abegg et Cook 2003, p. 34-35
  29. Wise, Abegg et Cook 2003, p. 26-27
  30. a, b, c et d Wise, Abegg et Cook 2003, p. 27.
  31. a, b et c Wise, Abegg et Cook 2003, p. 28.
  32. a, b et c Wise, Abegg et Cook 2003, p. 30
  33. a, b et c Wise, Abegg et Cook 2003, p. 145.
  34. a, b, c et d François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, Paris, Cerf, p. 45.
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  37. Xavier Levieils, Contra Christianos: la critique sociale et religieuse du christianisme des origines au concile de Nicée (45-325), éd. Walter de Gruyter, Berlin, 2007, p. 138.
  38. Blanchetière 2001, p. 50
  39. a, b, c et d Eisenman 2012 vol. II, p. 366-371.
  40. a, b et c Dupont-Sommer 1983, p. 43, note no 4.
  41. Dupont-Sommer 1983, p. 43.
  42. Paul 2008, p. 165-166.
  43. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Christian-Georges Schwentzel, Juifs et nabatéens: Les monarchies ethniques du Proche-Orient hellénistique et romain, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, p. 97.
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  46. Schwentzel 2013, p. 95-100
  47. Voir à ce sujet Golb 1998, p. 40-47 ; Paul 2008, p. 61-63 ; Wise, Abegg et Cook 2003, p. 32-36.
  48. a, b, c, d et e Mimouni 2012, p. 241.
  49. Lawrence H. Schiffman, Understanding Second Temple and Rabbinic Judaism (ISBN 978-0881258134), p. 162.
  50. a et b Eisenman 2012 vol. II, p. 240.
  51. Derek R. G. Beattie, Martin J. McNamara, The Aramaic Bible: Targums in their Historical Context, 1994, JSOT Press, Sheffield, p. 200-202.
  52. Albert I. Baumgarten, The Flourishing of Jewish Sects in the Maccabean Era: An Interpretation, 1997, Brill, p. 31.
  53. a, b et c Dupont-Sommer 1983, p. 52.
  54. Golb 1998, p. 5.
  55. a, b, c, d, e et f Wise, Abegg et Cook 2003, p. 41.
  56. Schwentzel 2013, p. 100
  57. a, b, c, d, e et f Paul 2008, p. 66.
  58. Voir à ce sujet Golb 1998, p. 40-47 ; Paul 2008, p. 61-63 ; Wise, Abegg et Cook 2003, p. 32-36 ; Jean-Baptiste Humbert, Khirbet Qumrân un site énigmatique, in Aux origines du christianisme, Pierre Geoltrain (Dir.), Paris, Gallimard et Le Monde de la Bible, 2000, p. 131-133.
  59. a, b, c et d Wise, Abegg et Cook 2003, p. 36.
  60. Wise, Abegg et Cook 2003, p. 35-36.
  61. a et b Paul 2008, p. 63.
  62. Golb 1998, p. 75.
  63. Jean-Baptiste Humbert, Khirbet Qumrân un site énigmatique, in Aux origines du christianisme, Pierre Geoltrain (Dir.), Paris, Gallimard et Le Monde de la Bible, 2000, p. 131.
  64. Notamment Norman Golb, André Paul, Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook.
  65. a, b, c, d, e et f Mimouni 2012, p. 240.
  66. Paul 2008, p. 66-67.
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  71. Golb 1998, p. 9-47.
  72. Notamment Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook, Robert Eisenman.
  73. Jean-Baptiste Humbert, Khirbet Qumrân un site énigmatique, in Aux origines du christianisme, Pierre Geoltrain (Dir.), Paris, Gallimard et Le Monde de la Bible, 2000, p. 132.
  74. Jean-Baptiste Humbert, Khirbet Qumrân un site énigmatique, in Aux origines du christianisme, Pierre Geoltrain (Dir.), Paris, Gallimard et Le Monde de la Bible, 2000, p. 133.
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  77. a et b Golb 1998, p. 168.
  78. a, b, c, d, e, f et g Golb 1998, p. 64.
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  108. Wise, Abegg et Cook 2003, p. 36-46
  109. André Paul, Qumrân et les esséniens : L'éclatement d'un dogme, Paris, Cerf, 2008.
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  117. a et b Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook, Les Manuscrits de la mer Morte, Paris, éd. Perrin, 2003, p. 42.
  118. Par exemple lorsque le est associé à la prise de la Bastille.
  119. André Lemaire, Le roi Jonathan à Qoumrân (4 Q 448, B-C), dans Ernest-Marie Laperrousaz (dir.), Qoumrân et les manuscrits de la mer Morte, un cinquantenaire, Paris, 2000, p. 55-68 et 64-66.
  120. Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook, Les Manuscrits de la mer Morte, Paris, Perrin, 2003, p. 39.
  121. Traduction d'Edouard Cook dans Wise, etc. p. 257-262, cité par Schwentzel 2013, p. 97.
  122. Wise, Abegg et Cook 2003, p. 30-31.
  123. a et b Jean Starcky, Le Maître de Justice et Jésus, in Aux origines du christianisme, Pierre Geoltrain (Dir.), Paris, Gallimard et Le Monde de la Bible, 2000, p. 142-143.
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  129. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Wise, Abegg et Cook 2003, p. 43.
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  132. a, b, c, d et e Jean Starcky, Le Maître de Justice et Jésus, in Aux origines du christianisme, Pierre Geoltrain (Dir.), Paris, Gallimard et Le Monde de la Bible, 2000, p. 148.
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  134. (en) Étienne Nodet, James never was a christian, dans Simon Claude Mimouni (dir.), Le Judéo-christianisme dans tous ses états – Actes du colloque de Jérusalem – 6-10 juillet 1998, Paris, Cerf, 2001, p. 75-85, (ISBN 2-204-064459).
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  141. Jean Starcky, Le Maître de Justice et Jésus, in Aux origines du christianisme, Pierre Geoltrain (Dir.), Paris, Gallimard et Le Monde de la Bible, 2000, p. 149.
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  147. André Dupont-Sommer, Les Écrits esséniens, découverts près de la mer Morte, Paris, Payot, 1983, p. 135.
  148. a, b, c, d et e Schwentzel 2013, p. 98.
  149. Schwentzel 2013, p. 98-99.
  150. Blanchetière 2001, p. 45-46
  151. Mimouni 2012, p. 243.
  152. Paul 2008, p. 127
  153. Paul 2008, p. 15
  154. Golb 1998, p. 19-20).
  155. Dupont-Sommer 1983, p. 44.
  156. Dupont-Sommer 1983, p. 43-44.
  157. Épiphane de Salamine, Panarion, 19, 1, 2 et 2, 2.
  158. a et b Mimouni 2004, p. 215
  159. a et b Mimouni 2004, p. 212
  160. Épiphane de Salamine, Panarion, 19, 1, 1 et 53, 1, 1.
  161. Épiphane de Salamine, Panarion, 19, 5, 5 et 53, 1, 3.
  162. Pierre Geoltrain, « Les origines du christianisme : Comment écrire l'histoire », dans Aux origines du christianisme, Paris, Gallimard, 2000, p. VI
  163. a, b, c, d et e Blanchetière 2001, p. 213
  164. Blanchetière 2001, p. 212
  165. Paul 2008
  166. James C. VanderKam, « Les manuscrits de la mer Morte et le christianisme », dans L'aventure des manuscrits de la mer Morte, p. 254 (Shanks 1996)
  167. Bioul 2004, p. 130