Frédérick Tristan

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Frédérick Tristan
Nom de naissance Jean-Paul Frédéric Tristan Baron
Alias
Danielle Sarréra
Mary London
Naissance
Sedan, Drapeau de la France France
Activité principale
Ecrivain et graphiste
Distinctions
Officier des Arts et Lettres.
Auteur
Mouvement Nouvelle fiction
Genres

Œuvres principales

Frédérick Tristan, de son vrai nom Jean-Paul Frédéric Tristan Baron, né le à Sedan, est un écrivain et poète français. Il est également connu sous le pseudonyme de Danielle Sarréra et de Mary London.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Jean Baron, fabricant de machines textile, et de Rachel Perdeaux, Jean-Paul Baron est né en 1931 à Sedan. À 9 ans, en mai 1940, il fuit avec sa famille l'avancée allemande. Sur les routes de l'exode, à proximité de Poix-Terron, il subit une attaque de Stukas, tombe dans le fossé, en réchappe mais demeure amnésique. À 17 ans, en 1948, il publie Orphée assassiné, son premier recueil de poésie sous le pseudonyme de Frédéric Tristan. Il se lie d'amitié avec des écrivains tels que Malcolm de Chazal, François Augiéras ou encore Gaston Criel. Croyant devoir choisir entre son avenir dans l'industrie textile, dans une continuité familiale, et sa passion pour l'écriture, il se voit répondre par André Breton, à la fin des années 1950 : « Si vous devez faire une œuvre, vous la ferez quand même »[1].

En 1952, il participe à Recherches graphiques, dirigé par Joël Picton. Ses œuvres graphiques, entre abstraction et onirisme, sont notamment exposées dans le cadre de l'Unesco et de l'IMEC[note 1].

Devenu spécialiste de l'ingénierie textile, il est conduit par cette activité professionnelle à voyager beaucoup. Entre 1964 et 1986, il est envoyé en mission au Laos, au Viêt Nam, au Cambodge, en Chine, s'intéressant aux cultures, aux langues et aux systèmes de pensée des populations qu'il côtoie[1].

Dès ses publications des années 1950, il s'invente des doubles littéraires, d'autres vies et d'autres sensibilités. Il imagine notamment une femme de lettres et poétesse morte relativement jeune (née en 1932, morte en 1949), Danielle Sarréra, nom sous lequel il signe plusieurs recueils. Il créé également Adrien Salvat, préfaçant en 1978 l'ouvrage de Frédérick Tristan, La Geste serpentine[2].

En 1970, membre du PSU à côté de Michel Rocard, il participe au journal Politique Hebdo dans la rubrique culturelle où il publie des inédits d'écrivains, en particulier Samuel Beckett[réf. nécessaire].

En 1981, il reçoit le Grand Prix du roman de la Société des gens de lettres pour Les Tribulations héroïques de Balthasar Kober, le Grand Prix du fantastique d'Avoriaz en 1983 pour La Cendre et la Foudre, le prix Goncourt en 1983 pour Les Égarés et le grand prix de littérature de la Société des gens de lettres pour l'ensemble de son œuvre en 2000.

De 1983 à 2001, il est professeur d'iconologie paléochrétienne et renaissante à l'ICART de Paris (École des Métiers de la Culture et du Marché de l'Art). En 2000, avec Le Retournement du gant, il s’explique sur son œuvre dans une série d'entretiens avec le critique Jean-Luc Moreau.

En 2010, les éditions Fayard publient son autobiographie sous le titre Réfugié de nulle part[3]. Ces mémoires décrivent, en particulier, son enfance massacrée par la guerre, son adolescence révoltée et les rencontres littéraires qui lui ont permis de se reconstruire et d'écrire son œuvre, entre autres André Breton, Mircea Eliade, Henry Corbin, René Alleau, François Augiéras, Jean Paris, Antoine Faivre.

Franc-maçon[4],[3], il a été vénérable maître de la loge Villard de Honnecourt et grand orateur de la Grande Loge nationale française[5],[6],[7].

Sa compagne Marie-France Tristan (Paris Sorbonne) est la spécialiste française du poète Giambattista Marino[réf. nécessaire].

L'ensemble des archives de F. Tristan (manuscrits, livres parus et traduits, documentations sonore et visuelle, critiques, etc.) est consultable à l'I.M.E.C.[8].

À travers son œuvre, Frédérick Tristan peut être considéré comme un témoin contemporain de la pensée paradoxale[réf. nécessaire].

« Les livres de Frédérick Tristan sont d'une puissance inégalée en France, d'une grande générosité d'intrigues, de rebondissements et de thèmes. »

— Bernard Pivot, revue Lire

Pseudonymes[modifier | modifier le code]

Outre le pseudonyme Frédérick Tristan, Jean-Paul Baron a utilisé deux autres noms de plume :

  • Dans sa jeunesse, celui de Danielle Sarréra, qui fut longtemps considérée comme une jeune poétesse dont l'œuvre (L'Ostiaque, L'Anthrope) faisait partie des textes poétiques importants du XXe siècle (cf. Robert Sabatier)[9].
  • Plus tard, celui de Mary London.

Œuvre romanesque[modifier | modifier le code]

Les romans de Tristan peuvent se diviser en quatre grandes catégories[réf. nécessaire] :

  • Contes initiatiques chinois
  • Histoires fantastiques et merveilleuses
  • Les impostures de l'Histoire
  • Les dédales de la psyché

Romans[modifier | modifier le code]

Contes initiatiques chinois[modifier | modifier le code]

Histoires fantastiques et merveilleuses[modifier | modifier le code]

Les impostures de l'histoire[modifier | modifier le code]

Les dédales de la psyché[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Poète, il a écrit des textes sous le pseudonyme de Danielle Sarréra : L'Ostiaque, L'Anthrope, 1951-1953 (Nouveau Commerce), et sous son nom Passage de l'ombre (Recherches graphiques). Pour La Finestra editrice il a publié Encres et Écritures (2010). Les éditions du Cherche-Midi ont republié en 1992 quelques-uns de ses poèmes de jeunesse dont L'Arbre à pain (1954).

Essais[modifier | modifier le code]

Il est également l'auteur de différents essais tels que

Il est, en compagnie de Jean-Luc Moreau, le promoteur de la « Nouvelle fiction ».

Enfin, il publie ses mémoires, Réfugié de nulle part, Fayard, Paris, 2010.

Collaborations
  • L'Encyclopédie du compagnonnage, éd. du Rocher, 2000.
  • La franc-maçonnerie, documents fondateurs, L'Herne, 1997.
  • Thomas Mann (dir.), Cahier de l'Herne, 1970.
  • Les Cahiers de l'hermétisme, coll. Antoine Faivre, Henry Corbin, Mircea Eliade, Henri-Charles Puech, etc., éd. Albin Michel, 1968-1990.
  • Livret des Tentations de saint Antoine, opéra, musique Marian Kouzan (création Tours, 1992)
  • Adaptation du Manteau de Nicolas Gogol, livret d'opéra, musique Michael Lévinas (création Strasbourg, 2000)
  • Adaptation théâtrale du roman Le Singe égal du ciel, mise en scène Gil Galiot, 1999, Nanterre avec participation de l'Opéra de Pékin.

Curiosa[modifier | modifier le code]

  • Tragics, collages, San Lazzaro, 1961.
  • Les Sept Femmes de Barbe-Bleue, La Boîte noire, 1966.
  • Le fabuleux bestiaire de madame Berthe, Zulma, 2005.
  • Kaléidoscope, aphorismes, Moulin de l'étoile, 2007.
  • Emblèmes, Moulin de l'étoile, 2008.

Traductions[modifier | modifier le code]

Son œuvre romanesque est traduite en 22 langues dont l'anglais, l'espagnol, l'italien, le suédois, le norvégien, le flamand, l'allemand, le russe, le tchèque, l'ukrainien, l'hébreu...

Citations[modifier | modifier le code]

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Les citations suivantes sont toutes extraites de l'autobiographie de Frédérick Tristan Réfugié de nulle part publiée en 2010 .

  • Lorsque le Je s'exprime, le moi se tait.
  • À tous les degrés, le désir est la porte du mystère.
  • La doublure du réel - qui est sans doute le tissu vrai - oui, je l'ai moi-même fréquenté.
  • Tricher la fiction, c'est détourner la loi du ne-pas.
  • Sachez que les rêves se souviennent de vous !
  • Je crois que toute œuvre de quelque prix est une mise en scène ou en perspective du regard.
  • Au fond, cet océan d'écriture ne fut qu'une péripétie de ratures sur ratures guidée par un récit à mon insu (ou non) métaphorique : l'existence en voyage aveugle vers un être indéfini qui m'incitait, chaque matin, à me remettre à l'heureux et austère ouvrage.
  • Les religions m'étaient une table d'échecs ou de ping-pong où, finalement, je me confrontais avec moi-même.
  • Il se peut qu'une grande partie de mon travail relève de ce que l'on appelle aujourd'hui la pensée paradoxale, et que j'appellerais plus volontiers l'éveil paradoxal en référence au sommeil paradoxal où, paraît-il, s'élaborent les rêves.
  • S'il fallait me comparer à un personnage de fiction, je préférerais aller heurter l'huis du Révérend Dodgson et me vêtir en Chapelier fou.
  • Par une échelle très souple, descendre dans les soutes, puis par une autre échelle remonter sur le pont d'où l'on voit la mer, le ciel, les mouettes insoupçonnées

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une rétrospective de son œuvre graphique en noir et blanc a été organisée à la Médiathèque de Rueil-Malmaison en octobre 2010 sous le nom Cabale graphique

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Quelques articles de journaux[modifier | modifier le code]

Les nombreux articles de presse concernant F. Tristan ont été classés à l'IMEC à la disposition des chercheurs.

Critiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]