Jean Daniélou

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Jean Daniélou
Image illustrative de l'article Jean Daniélou
Biographie
Naissance
à Neuilly-sur-Seine (France)
Ordre religieux Compagnie de Jésus
Ordination sacerdotale
Décès (à 69 ans)
à Paris (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Paul VI
Titre cardinalice Cardinal-diacre
de S. Saba
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. François Marty
Archevêque titulaire de Tauromenium
11 avril 1969 – 28 avril 1969
Autres fonctions
Fonction laïque
Membre de l'Académie française (1972-1974)

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jean Guénolé Louis Marie Daniélou[1], né le à Neuilly-sur-Seine (France) et mort le à Paris, est un prêtre jésuite français, théologien de renom et académicien. Créé cardinal par Paul VI en 1969, il reçoit la consécration épiscopale le 19 avril 1969.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Jean Daniélou est le fils de Charles Daniélou, homme politique, plusieurs fois ministre, plutôt anticlérical, et de Madeleine Clamorgan, fondatrice de la communauté apostolique Saint-François-Xavier, des institutions Sainte-Marie et d'une Université libre de jeunes filles. Il a pour frère cadet l'indianiste Alain Daniélou (1907-1994). Une de ses sœurs épousa Georges Izard, membre de l'Académie française.

Jésuite et prêtre[modifier | modifier le code]

Élève à Sainte-Croix de Neuilly, il poursuit des études de lettres et de philosophie à la Sorbonne. Il est agrégé de grammaire en 1927. Parallèlement, il s'engage auprès de la Conférence Olivaint. Il entre ensuite chez les Jésuites en 1929 et se consacre à l'enseignement, d'abord dans un collège de garçons à Poitiers. Il suit des études de théologie à la Faculté catholique de Lyon, alors l'une des plus réputées au monde, et il est ordonné prêtre le même jour et avec l'Abbé Pierre en 1938[2].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé dans l'armée de l'Air jusqu'en 1940. Revenu à la vie civile, il achève son doctorat de théologie en 1942 et devient aumônier de l'École normale supérieure de jeunes filles, à Sèvres. Il fonde la collection « Sources chrétiennes » en collaboration avec Henri de Lubac, inaugurant ainsi le renouveau de la patristique catholique[3],[4].

En 1943, il soutient sa thèse « Platonisme et théologie mystique : essai sur la doctrine spirituelle de saint Grégoire de Nysse »[5].

Il devient rédacteur aux Études en 1944 (jusqu'en 1969), il fonde le Cercle Saint-Jean-Baptiste en 1944 et participe avec Marcel Moré à la revue Dieu vivant de 1945 à 1956.

Il se voit attribuer en 1944 une chaire d'histoire du christianisme ancien à l'Institut catholique de Paris, dont il deviendra le doyen en 1962. À la demande du pape Jean XXIII, il participe comme expert (peritus) au concile Vatican II.

Cardinal[modifier | modifier le code]

En 1969, il est nommé « évêque titulaire » de Taormina[6] puis créé cardinal par le pape Paul VI lors du consistoire du .

Il est élu à l'Académie française en novembre 1972, succédant au cardinal Tisserant[6].

En octobre 1972, il dénonce avec force la crise des ordres religieux, qu'il attribue à trois facteurs : d'une part, une tendance à vouloir se fondre dans la vie séculière ; d'autre part, la dépréciation des constitutions et des règles au profit de la spontanéité et l'improvisation, au nom d'une liberté mal comprise; et enfin la mise en cause de la permanence des fondements des ordres religieux. Son appel à revenir à ce qu'il considère comme les véritables orientations du concile Vatican II est perçu comme une attaque contre la politique du supérieur général des jésuites Pedro Arrupe, qui préside alors en outre l'Union des supérieurs généraux d’ordres religieux. Dès lors, Jean Daniélou est en froid avec ses confrères jésuites de Paris, et notamment Bruno Ribes, directeur de la revue Études[4].

Sa mort subite suscite beaucoup de commentaires, puisqu'il meurt d'un infarctus chez une prostituée parisienne. Une version des faits affirme qu'il était venu apporter de l’argent pour payer un avocat capable de faire sortir de prison le mari de cette femme. Une enquête est faite par la compagnie de Jésus pour vérifier ce qui s’est vraiment passé. Sandro Magister indique qu'« ils contrôlèrent son innocence. Mais, de fait, ils entourèrent l’affaire d’un silence qui n’échappa pas aux soupçons »[4]. Le communiqué officiel porte que c'est « dans l'épectase de l'Apôtre qu'il [est] allé à la rencontre du Dieu Vivant », employant ainsi un terme théologique qui désigne l'effort de l'âme vers la sainteté et que Daniélou lui-même a abondamment commenté dans Platonisme et théologie mystique (1944)[7].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le signe du temple ou De la présence de Dieu, Paris, Gallimard, 1942
  • Platonisme et théologie mystique : essai sur la doctrine spirituelle de saint Grégoire de Nysse, Paris, Aubier, 1944 [version remaniée de la thèse de doctorat ès lettres soutenue par l'auteur devant l'université de Paris. A fait l'objet en 1953 d'une éd. revue et augmentée]
  • De l'enfant à l'homme : études et chroniques, Paris, Dumoulin, 1944 [réunit des textes de Jean Rimaud, André Piettre, J. Daniélou, Maurice Brillant et Louis Barjon]
  • Le mystère du salut des nations, Paris, Éd. du Seuil, 1946
  • Dialogues avec les marxistes, les existentialistes, les protestants, les juifs, l'hindouisme, Paris, Le Portulan, 1948
  • Le mystère de l'Avent, Paris, Éd. du Seuil, 1948
  • Origène, Paris, La Table ronde, 1948
  • Sacramentum futuri : études sur les origines de la typologie biblique, Paris, Beauchesne, 1950
  • Les anges et leur mission d'après les Pères de l'Église, Chevretogne, Éd. de Chevetogne, 1951 [réimprimé en 1953 avec un appendice : Le problème du nationalisme dans le christianisme des premiers siècles, par Erik Peterson, trad. par Claire Champollion]
  • Bible et liturgie : la théologie biblique des sacrements et des fêtes d'après les Pères de l'Église, Paris, Éd. du Cerf, 1951
  • Les symboles chrétiens primitifs, Paris, Éd. du Seuil, 1951
  • Essai sur le mystère de l'histoire, Paris, Éd. du Seuil, 1953
  • Sainteté et action temporelle, Paris, Desclée, 1955
  • Dieu et nous, Paris, Grasset, 1956
  • Les saints « païens » de l'Ancien Testament, Paris, Éd. du Seuil, 1956
  • Les manuscrits de la mer Morte et les origines du christianisme, Paris, Éd. de l'Orante, 1957 [2e éd. revue et augmentée : Paris, Éd. du Seuil, 1974]
  • God and the ways of knowing, translated from the French, New York, Meridians Books, 1957
  • Histoire des doctrines chrétiennes avant Nicée. 1, Théologie du judéo-christianisme, Paris, Desclée, 1958 [rééd. : texte établi sur l'édition italienne de 1974 par Marie-Odile Boulnois, revue et corrigée par Joseph Paramelle et Marie-Josèphe Rondeau, Paris, Desclée/Cerf]
  • Philon d'Alexandrie, Paris, Fayard, 1958
  • Le chrétien et le monde moderne, Paris, Desclée, 1959
  • The real meaning of NATO (en collab. avec John J. Connolly), Montréal, International Publishers, 1959
  • Approches du Christ, Paris, Grasset, 1960
  • Le dialogue catholique-protestant (en collab. avec Jean Bosc et Jean Guitton), Paris, La Palatine, 1960
  • Histoire des doctrines chrétiennes avant Nicée. 2, Message évangélique et culture hellénistique aux IIe et IIIe siècles, Paris, Desclée, 1961
  • Scandaleuse vérité, Paris, Fayard, 1961
  • Dialogue avec Israël, Paris, La Palatine, 1963
  • Au commencement : Genèse 1-11, Paris, Éd. du Seuil, 1963
  • Nouvelle histoire de l'Église. 1, Des origines à saint Grégoire le Grand (en collab. avec Henri-Irénée Marrou), Paris, Éd. du Seuil, 1963
  • Évangile et monde moderne : petit traité de morale à l'usage des laīcs, Tournai, Desclée, 1964
  • Jean-Baptiste, témoin de l'Agneau, Paris, Éd. du Seuil, 1964
  • L'oraison, problème politique, Paris, Fayard, 1965
  • L'Église face au monde (en collab. avec Jean Bosc), Paris, La Palatine, 1966
  • Études d'exégèse judéo-chrétienne : (les Testimonia), Paris, Beauchesne, 1966
  • Les Juifs : dialogue entre Jean Daniélou et André Chouraqui, Paris, Beauchesne, 1966
  • Mythes païens, mystère chrétien, Paris, Fayard, 1966
  • L'entrée dans l'histoire du salut : baptême et confirmation, Paris, Éd. du Cerf, 1967
  • Les Évangiles de l'enfance, Paris, Éd. du Seuil, 1967
  • L'avenir de la religion, Paris, Fayard, 1968
  • La catéchèse aux premiers siècles, cours rédigé par Régine du Charlat, Paris, Fayard, 1968
  • La Trinité et le mystère de l'existence, Paris, Desclée de Brouwer, 1968
  • Tests, Paris, Beauchesne, 1968 [recueil d'articles publiés en 1967-1968 dans La Croix et L'Osservatore romano. Titre de couverture : Protestation, attestation, contestation, détestation]
  • Autorité et contestation dans l'Église, Genève, Martingay, 1969
  • La crise actuelle de l'intelligence, Paris, Apostolat des éditions, 1969
  • La foi de toujours et l'homme d'aujourd'hui, Paris, Beauchesne, 1969
  • La résurrection, Paris, Éd. du Seuil, 1969
  • L'Église des apôtres, Paris, Éd. du Seuil, 1970
  • L'être et le temps chez Grégoire de Nysse, Leyde, Brill, 1970
  • Nouveaux tests, Paris, Beauchesne, 1970
  • La culture trahie par les siens, Paris, Épi, 1972
  • Pourquoi l'Église ?, Paris, Fayard, 1972
  • Le catholicisme : hier, demain (en collab. avec Jean Honoré et Paul Poupard), Paris, Buchet-Chastel, 1974
  • Et qui est mon prochain ? : mémoires, Paris, Stock, 1974 [propos recueillis par Françoise Verny]
  • Contemplation, croissance de l'Église, Paris, Fayard, 1977
  • Histoire des doctrines chrétiennes avant Nicée. 3, Les origines du christianisme latin, Paris, Éd. du Cerf, 1978
  • Carnets spirituels, texte édité par Marie-Josèphe Rondeau, préface par Ambroise-Marie Carré, avant-propos par Xavier Tilliette, Paris, Éd. du Cerf, 1993

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean Guénolé Louis Marie Cardinal Daniélou, S.J. † », sur le site catholic-hierarchy.org,‎ (consulté le 10 juin 2011).
  2. « Jean Daniélou », sur le site bibliomonde.net (consulté le 10 juin 2011).
  3. « Jean Daniélou », sur le site de l'Encyclopædia Universalis (consulté le 10 juin 2011).
  4. a, b et c Sandro Magister, « Fin de la quarantaine pour le cardinal mis à l'écart », sur Chiesa, L'Espresso (consulté le 13 mai 2012).
  5. « Jean Daniélou », sur le site de la communauté apostolique Saint-François-Xavier (consulté le 10 juin 2011).
  6. a et b « Jean Daniélou », sur le site de l'Académie française (consulté le 10 juin 2011).
  7. C'est d'ailleurs pourquoi il figure dans le titre des mélanges in honorem offerts au théologien en 1972 : Epektasis : mélanges patristiques offerts au cardinal Jean Daniélou, publiés par J. Fontaine et Ch. Kannengiesser.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Paul Lebeau, Jean Daniélou, Paris, Éd. Fleurus, 1967
  • Jacques Chancel, Radioscopie, 1, Paris, Robert Laffont, 1970, p. 177-194
  • Jean Daniélou : 1905-1974, ouvrage collectif publié par la Société des amis du cardinal Daniélou, Paris, Éd. du Cerf, 1975 [1]
  • Françoise Jacquin, Histoire du Cercle Saint-Jean-Baptiste : l'enseignement du Père Daniélou, préface de Marie-Josèphe Rondeau, Paris, Beauchesne, 1987
  • Emmanuelle de Boysson, Le cardinal et l'hindouiste : le mystère des frères Daniélou, Paris, Albin Michel, 1999
  • Actualité de Jean Daniélou, sous la direction de Jacques Fontaine, Paris, Éd. du Cerf, 2006 [actes d'un colloque tenu à l'Institut de France le 19 mai 2005. Les p. 219-227 contiennent une bio-bibliographie de l'intéressé : Les étapes d'une vie et d'une œuvre]
  • Gianluigi Pasquale, Jean Daniélou, Brescia, Morcelliana, 2011 [en italien]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]