Guanyin

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觀音 Guanyin

Description de cette image, également commentée ci-après

La Guanyin de Sanya


Guanyin est le bodhisattva associé avec le concept compassion dans le bouddhisme d'Asie de l'Est. Le nom de Guanyin est une forme abrégée de Guanshiyin, qui signifie l'Essence de sapience qui considère les bruits du monde. On parle également parfois de Guanyin Pusa (chinois simplifié : 观音菩萨 ; chinois traditionnel : 觀音菩薩 ; pinyin : Guānyīn Púsà ; littéralement : « Bodhisattva Guanyin »)[1]. A l'exception de l'Inde son incarnation est de sexe féminin, une rareté dans le bouddhisme.

La version généralement acceptée en Asie de l'Est est que Guanyin tient son origine du Avalokiteśvara (ou Âryâvalokiteśvarâ) sanskrit. Communément considérée en Occident comme déesse de la Miséricorde[2], Guanyin est aussi révérée par les taoistes en tant qu'Immortelle. Avalokiteśvara indien et Guanyin chinoise se distinguent cependant par la ferveur religieuse qu'elles suscitent: si le premier est considéré comme un des Bodhisattva les plus importants du Bouddhisme indien, l'autre est élevée au rang de divinité.

Attributs[modifier | modifier le code]

Donglin Temple-Guanyin 02

Guanyin est un pusa (bodhisattva en sanskrit), c'est-à-dire qu'elle a obtenu l'éveil, mais comme elle ne veut pas tout de suite accéder au rang de bouddha, elle s'arrête en cours de route afin de faire bénéficier de son enseignement les hommes. En Chine, on l'appelle la déesse de la miséricorde, parce qu'elle s'arrête un instant sur le chemin de la Voie, pour observer les hommes et tendre une oreille compatissante à leurs malheurs. On la représente le plus souvent drapée dans une longue robe blanche qui la couvre de la tête aux pieds ; elle tient en main le vase de jade et une branche de saule ; elle est coiffée d'un chignon et sa peau est aussi blanche que du lait, du moins est-ce là l'image la plus répandue que l'on ait d'elle en Chine et celle qu'on trouve dans le roman du Voyage en Occident[3]. Elle résiderait sur le mont Putuo entourée d'une foule de divinités à son service. Elle est souvent assise en méditation, les jambes croisées ou debout sur une feuille de lotus et une auréole dorée entoure sa tête.

Mais Guanyin,c'est aussi des milliers de formes différentes pour représenter ses multiples capacités[4] ; elle peut ainsi disposer de une à onze têtes et de deux à quatre, voir huit et jusqu'à mille bras[5] ; il existerait en Chine un groupe de huit ou de trente-deux représentations de la Déesse[6]. Trente-trois formes sont couramment représentées et seraient adaptées de la légende de Miao Shan:

Statue of Guanyin in Ten Thousand Buddhas Monastery (Hong Kong)
  • 1) [7](楊王觀音 Yangwang Guanyin) Guanyin au Peuplier, Guanyin Reine de la Médecine ou (楊柳觀音 Yangliu Guanyin) Guanyin au Saule : la Guanyin Reine de la Médecine, assise les jambes croisées sur une fleur de lotus, tenant dans la main droite une branche de saule et la main gauche à la hauteur de la poitrine ;
  • 2) (龍頭觀音 Longtou Guanyin) Guanyin à la Tête de Dragon : assise sur un Dragon ou une tortue marine, son voile rabattu sur son haut chignon, tenant un lotus épanoui ou réalisant une posture de méditation cachée sous la robe ; cette forme tient souvent un enfant et est confondue avec Guanyin Donneuse d'Enfants ;
  • 3) (持線觀音 Chijing Guanyin) Guanyin aux Écritures : assise en position de méditation, tenant dans ses mains un rouleau des écritures sacrées ;
  • 4) (圓光觀音 Yuanguang Guanyin) Guanyin à l'Orbe de Lumière : assise en méditation, les mains jointes et entourée de rayons lumineux ;
  • 5) (遊戲觀音 Yuanxi Guanyin) Guanyin Oisive et Théâtrale : assise sur une jambe, l'autre recroquevillée, la main droite reposant sur son nuage et l'autre sur le genou ;
  • 6) (白衣觀音 Baiyi Guanyin) (Pândaravâsinî) Guanyin à la Robe Blanche : assise sur une fleur de lotus, les mains en méditation ou tenant les écritures, souvent confondue avec Longtou Guanyin ou Baishen Guanyin (Shvetabhagavatî) ;
  • 7) (連觀臥音 Lianwo Guanyin) Guanyin Etendue : assise sur une fleur de lotus ou couchée et méditative ;
  • 8) (瀑見觀音 Pujian Guanyin) Guanyin à la Cascade : assise en méditation sur un rocher en face d'une chute d'eau ;
  • 9) (施樂觀音 Shile Guanyin) Guanyin s'Adonnant à la Joie : assise, la main droite appuyé sur le visage, contemplant une fleur de lotus ;
  • 10) (魚籃觀音 Yulan Guanyin) Guanyin au Panier à Poisson : debout sur un poisson ou tenant un panier avec un poisson (scène extraite du Xiyouji), sans doute une de ses apparences la plus connue et la plus représentée ;
  • 11) (德王觀音 Dewang Guanyin) Guanyin Reine de la Vertu : assise en méditation tenant une branche de saule à la main, souvent confondue avec Yangliu Guanyin ;
  • 12) (水月觀音 Shuiyue Guanyin) Guanyin à la Lune sur l'Eau : assise ou debout sur une fleur de lotus, parfois munie (rarement de 3 têtes et 6 bras)et observant le reflet de la Lune sur l'Eau ;
  • 13) (一葉觀音 Yiye Guanyin) Guanyin à la Feuille : assise en délassement royal sur une feuille ou debout sur elle sur l'Océan, parfois appelée ( 海 Guohai Guanyin) Guanyin Qui Passe sur la Mer ;
Seated Guanyin in white glaze, Dehua ware
  • 14) (青頸觀音 Qingjing Guanyin) Guanyin au Cou Bleu (Nîlakanthâvalokiteśvarâ) : assise sur un lotus ou un rocher, tenant un lotus dans la main gauche et de la droite esquissant la paix ou accoudée à un rocher, un vase à ses pieds, pourvue parfois de 3 têtes et 4 bras tenant chacun un bâton, un lotus, un anneau et une conque : c'est le Dieu hindou Shiva lorsqu'il but le sang des démons ;
  • 15) (威德觀音 Weide Guanyin) Guanyin à la Majesté Vertueuse : assise en délassement royal, tenant un lotus dans la main droite, sans doute la plus représentée de ses formes en Chine ;
  • 16) (延命觀音 Yanming Guanyin) Guanyin Prolongatrice de Vie : assise pensive derrière un rocher ;
  • 17) (眾寶觀音 Zhongbao Guanyin) Guanyin aux Nombreux Trésors : assise en délassement royal ;
  • 18) (岩戶觀音 Yanhu Guanyin) Guanyin à la Porte de Rochers : assise à l'entrée d'une grotte ;
  • 19) (能靜觀音 Nenjing Guanyin) Guanyin à l'Immobile Capacité : assise derrière un rocher ;
  • 20) (阿 觀音 A Guanyin) Guanyin Fin de Vie : assise sur un rocher au bord de la mer, protectrice contre les monstres aquatiques et des noyés ;
  • 21) (阿麼觀音 Ame Guanyin) Guanyin aux Questions : assise en délassement royal sur un tigre blanc ou sur un rocher, peut être pourvue d'une tête à 3 yeux et 4 bras ;
  • 22Yiru Guanyin) (衣觀音 Yingyi Guanyin) Guanyin Porte-Enveloppe : assise sur un rocher, ses mains dans ses manches, ou tenant dans la main droite un joyau entouré de flammes, l'équivalent indien de (Parnashavarî) ou (Palashambarî) ;
  • 23) (珠璃觀音 Zhujing Guanyin) Guanyin au Joyau de Beryl : debout sur une feuille posée sur l'eau, tenant en main un joyau ;
  • 24) (多羅觀音 Duoluo Guanyin) Târâ Guanyin : une des formes féminines du bodhisattva indien, (Bhrikutî?), debout sur un nuage les mains drapées dans sa robe ;
  • 25) (蜍利觀音 Geli Guanyin) Guanyin au Coquillage : assise en méditation sur un coquillage, les mains drapées dans sa robe ;
Guan yin 100.jpg
  • 26) (六時觀音 Liushi Guanyin) Guanyin des 6 heures de la Journée : debout, tenant un livre dans les mains ;
  • 27) (普悲觀音 Pubei Guanyin) Guanyin à la Tristesse Universel : debout les mains drapées dans sa robe ;
  • 28) (馬郎觀音 Malang Guanyin) Guanyin la Marchande Ma : vêtue comme une riche marchande ;
  • 29) (合掌觀音 Hezhang Guanyin) Guanyin aux Mains Jointes : debout les mains jointes en adoration ;
  • 30) (一如觀音 Yiru Guanyin) Guanyin de l'Unicité : assise en délassement royal sur un nuage ;
  • 31) (不二觀音 Buer Guanyin) Guanyin Sans Egal : debout sur une feuille de lotus, les mains jointes sur le ventre ;
  • 32) (持蓮觀音 Chilian Guanyin) Guanyin au Lotus : debout tenant une fleur de lotus des deux mains ou des mains jointes ;
  • 33) (酒水觀音 Sashui Guanyin) Guanyin de l'Aspersion : debout, une branche dans la main droite et un vase dans la gauche[8].

En-dehors de ces 33 formes communément admises, on l'a vu, (觀音 Guanyin) dispose d'un millier d'autres formes dont 7 ésotériques suivantes :

  • 1) [7](十一頭觀音 Shiyitou Guanyin) Guanyin à 11 Têtes (Sîtâtapatrâryâvalokiteśvara) : debout ou assise sur un trône de lotus, tenant le vase ou une fleur de lotus, à deux ou quatre bras, couronnée de 11 têtes représentant les vertus principales ;
  • 2) (千臂觀音 Qianbi Guanyin) Guanyin aux 1 000 Bras (Sahasrabhûjâryâvalokiteśvarâ) : debout ou assise sur un lotus, munie parfois de 11 à 27 têtes et surtout de 1 000 bras représentant l'omniscience de la divinité ;
  • 3) (如意輪觀音 Ruyilun Guanyin) Guanyin au Joyau du Savoir (Chintâmanichakrâryâvalokiteśvarâ) : debout, mais le plus souvent assise en délassement royal ou pensive, à 2 ou 4 bras, tenant une fleur de lotus ;
  • 4) (馬頭觀音 Matou Guanyin) Guanyin à Tête de Cheval (Hayagrîvâryâvalokiteśvarâ) : debout ou assise avec une tête de cheval sur un corps humain, ou de 1 à 3 têtes humaines couronnées d'une ou deux têtes de cheval, à l'aspect menaçant ;
  • 5) (純觀音 Chundi Guanyin) Guanyin la Pure (Chundiâryâvalokiteśvarâ) : debout ou assise sur un lotus, pourvue de 2, 4, 6, 8, 12, 18, 32 ou 64 bras, portant une tiare cylindrique ou cônique ;
Pingyao-shuanglin-si-w01b.jpg
  • 6) (不空絲繩觀音 Bukongjuansheng Guanyin) Guanyin au Nœud de Soie Vide (Amoghapâshâryâvalokiteśvarâ) : debout ou assis, tenant la corde, le bâton de pèlerin, le rosaire, avec parfois 3 têtes et de 2 à 32 bras ;
  • 7) (陀羅尼觀音 Tuoluoni Guanyin) Guanyin la Bonzesse (Bhrikutîâryâvalokiteśvarâ) : assise sur un lotus, munie d'une tête à 3 yeux, de 3 à 6 bras[9].La dernière des formes qu'on lui prête est celle de (送子觀音 Songzi Guanyin) Guanyin Donneuse d'Enfants, sans doute une tentative de bouddhéiser une divinité taoïste, telle que (天仙送子 Tianxian Songzi) et c'est cette dernière forme qui contribua à l'identifier aux yeux des Européens à la Vierge Marie Chrétienne.
WLA vanda The Bodhisattva Guanyin
Guanyin and child.jpg

Guanyin est souvent appelée aussi (南海 Nanhai Guanyin) Guanyin des Mers du Sud, par rapport au temple du (普陀山 Putuoshan) où elle réside, mais elle possède énormément d'autres épithètes.

  • Louis Frédéric Les Dieux du Bouddhisme, Guide Iconographique (éditions Flammarion, 1992) les 33 formes japonaises de la Déesse : Chap. V les Bodhisattva de Compassion : Avalokiteśvara
  • Jean-Claude Martin Memento des Kanji (éditions FransOrienT, 1998) pour la signification des kanji
  • Petit dictionnaire japonais-français (éditions You Feng, 1987) pour la recherche de signes
  • Dictionnaire concis de Français-Chinois (éditions la Presse Commerciale Larousse, 1994) pour la correspondance des signes japonais-chinois ;

La Légende de Miaochan[modifier | modifier le code]

[10] Sous (朝金天 Chao Jintian) la Dynastie du Ciel d'Or, un jeune roi monta sur le trône après 3 ans de guerre incessante, il s'appelait (莊 Miaozhuang); il désirait par-dessus tout un héritier, mais parce qu'il avait fait couler le sang pendant ces trois années, les dieux rechignaient à l'exaucer. Exceptionnellement et pour racheter une famille de voleurs, 3 filles naquirent de son épouse, (牙 Baiya) : (清 Miaoqing), (音 Miaoyin) et (善 Miaochan). Le roi était désespéré, mais ses ministres le rassurèrent en lui disant qu'une de ses filles épouserait sans doute le futur héritier du trône.

Mais alors que les deux premières filles trouvèrent un bon parti, la troisième, (善 Miaochan) s'obstinait à ne pas vouloir se marier, car elle désirait vivre dans la religion et devenir bonzesse. Devant son insistance, son père, le roi la dépouilla de ses vêtements, la vêtit de haillons et l'abandonna dans le jardin de la Reine, livrée aux éléments. Mais contre toute attente, cette vie érémitique convenait parfaitement à la jeune fille.

Après maintes tentatives pour la raisonner, celle-ci décida d'aller rejoindre la (白雀禪寺 Baique Chansi) Pagode de l'Oiseau Blanc où résidaient déjà 500 bonzesses, bien malgré lui, le roi la laissa quitter le palais pour vivre la vie monastique, mais ordonna par décret aux bonzesses de mener la vie dure à la princesse afin de la dégoûter de son choix. Mais rien n'y faisait, (善 Miaochan) supportait tout sans se plaindre ; la mère supérieure lui avoua la menace qui pesait sur elles si la princesse persistait dans son choix, mais invectivant les nonnes, (善 Miaochan) maintint ses positions. Elle finit par faire un marché avec les sœurs, elle s'occuperait seule des tâches ménagères et de la cuisine.

Emu par tant de piété, l'(玉帝 Empereur de jade) lui envoya des Esprits pour l'aider, et lorsque les sœurs virent tout cela, elles s'émerveillèrent. Le roi, lui, excédé dépêcha son armée pour brûler le temple. Effrayées, les nonnes allèrent prier (善 Miaochan) de les aider, alors celle-ci adressa une prière au Ciel et se piquant le palais avec son épingle à cheveux en bambou, cracha vers le Ciel : des nuages s'amoncelèrent qui bientôt éteignirent l'incendie, sauvant ainsi le temple. le roi, rendu furieux, fit mettre sa fille aux fers et se décida à l'exécuter publiquement ; sa mère, la reine eut toutefois une dernière idée, celle de bâtir une tour sur le chemin du supplice afin d'attirer à elle sa fille en donnant des fêtes et des festins qui la feraient réfléchir sur sa situation, sûre de l'emporter cette fois-ci. Le roi acquiesça car il ne voulait vraiment pas se couvrir de honte à l'idée de verser le sang de sa propre fille, mais non content de refuser l'offre de rejoindre sa mère et la fête, la princesse baissa la tête et les yeux devant ses parents et les ignora totalement.

Excédé, (莊 Miaozhuang) fit enfermer sa fille dans ses appartements pour qu'elle ait une dernière fois le choix de renoncer à sa foi, mais devant son inflexibilité, celui-ci lui promit de l'exécuter à l'aube. Une fois de plus, les Esprits vont s'en mêler : le (土地 Tudi), l'Esprit de la Localité qui avait tout entendu, vint faire son rapport au Ciel. L'(玉帝 Empereur de jade) ordonna à l'Esprit de veiller sur son corps, afin qu'aucun mal ne lui soit fait, en effet, celui-ci était promis à devenir ( Pusa) (Bodhisattva) et de l'emporter dans la forêt loin des persécutions à venir. L'exécution commença comme prévu, mais ni le sabre du bourreau qui se brisa en deux, ni les lances ne purent entamer le corps de (善 Miaochan). Alors le roi décida de la faire étrangler avec une bande de soie. La vie avait à peine quitté le corps de la princesse qu'un tigre bondit et s'en empara, c'était le (土地 Tudi) bien-sûr.

Quand (善 Miaochan) rouvrit les yeux, elle n'était plus sur terre, mais dans l'autre monde ; elle fut accueillie par un émissaire du lieu, venu pour lui faire visiter les (十八地獄 Shiertiyu) 18 enfers. Les (十殿閻王 Shidian Yenwang) 10 juges eux-mêmes vinrent à sa rencontre et lui demandèrent de prier en ces lieux. La princesse accepta à la condition que les suppliciés des (小地獄十殿宮 Xiaotiyu Shidiangong) 10 Palais soient délivrés le temps de l'écouter. Il en fut comme elle désirait, mais à peine avait-elle commencé à réciter, qu'il n'y avait plus de supplices et que les damnés furent gagnés par la joie : l'Enfer se fit bientôt Paradis. Les 10 Rois, effrayés, renvoyèrent l'âme de (善 Miaochan) sur terre afin qu'elle retrouve son corps laissé dans la forêt et conservé de la dégradation par le (土地 Tudi).

(善 Miaochan) se réveilla à nouveau dans la forêt de sapin, et comme l'endroit semblait désert, elle se désespéra de ne pouvoir prier pour personne et se mit à pleurer abondamment. Vint à ce moment-là un inconnu, qui se dit ému par son histoire et lui promit le mariage, ce qui offensa la princesse qui le rejeta violemment. Alors, l'inconnu lui révéla être en fait le (如來 Rulai) Bouddha, qui avait testé sa foi et décidé de l'emmener dans un lieu où elle aurait tout loisir de prier pour le salut des êtres : la Pagode du (香山 Xiangshan) Mont des Parfums, sur l'Île de (普陀島 Putuodao). Il lui remit une pêche d'immortalité et comme l'île se trouvait à plus de 3 000 lis, ce fut une fois de plus le (土地 Tudi) changé en tigre, qui fut chargé de la transporter jusque là-bas.

Elle passa 9 ans sur le (普陀山 Putuoshan) à se perfectionner, et devint ainsi pour tous, la Reine des (三千普薩 Sanqian Pusa) 3 000 Pusa et de tous les êtres de chair. (地藏王 Dizangwang), le Bodhisattva des Enfers fut si émerveillé par tant de vertu, qu'il décida de l'ériger en Souveraine du Ciel, de la Terre et du Bouddhisme. Une grande cérémonie fut donnée en son nom où furent invités les plus grandes divinités du Ciel, de la Terre et des Enfers, et devant témoins, (善 Miaochan) devint (觀音 Guanyin) et monta sur son trône de lotus.

On pria (觀音 Guanyin) de trouver un jeune garçon et une jeune fille pour l'assister dans sa tâche, et ce fut le (土地 Tudi) qui fut chargé de lui trouver ses nouveaux assistants. Le premier s'appelait (善才 Chancai), ce n'était encore qu'un jeune bonze novice, ce qui ne convainc pas tout de suite la Grande Bodhisattva, aussi décida-t-elle de le mettre à l'épreuve : des Immortels déguisés en pirates font semblant d'attaquer le temple, et effrayée, (觀音 Guanyin) court jusqu'au bord de la falaise et se jette dans le vide. Sans réfléchir, le jeune bonze se jette lui aussi dans le vide pour la rattraper. Devant tant de piété, (觀音 Guanyin) accepta d'en faire son assistant.

Son deuxième assistant sera une assistante : parce qu'elle avait jadis sauvé le (龍王三子 Longwang Sanzi) Troisième Fils du (龍王 Longwang) Roi-Dragon changé en carpe, capturé par un pêcheur, celui-ci lui fit porter une perle lumineuse afin de la remercier. Sa petite-fille tenait à lui remettre en personne et supplia son grand-père de se mettre à son service pour suivre ses enseignements. Après maintes épreuves, (龍女 Longnu) devint à son tour la suivante de (觀音 Guanyin) avec (善才 Chancai).

Dans le [11]Xiyouji, l'on donne une autre version de la conversion de (善才 Chancai) auprès de (觀音 Guanyin) : c'était un monstre nommé (黑風 Heifeng) Vent Noir qui fut vaincu par (孫悟空 Sun Wukong) et sauvé de la mort par (觀音 Guanyin), qui en fit le gardien des arrières du (普陀山 Putuoshan)[12].Toujours dans ce roman, (觀音 Guanyin) est déjà accompagné d'un assistant, qui n'est pas (善才 Chancai), mais ( Hui'An), dont l'auteur nous apprend qu'il n'est autre que (木吒 Muzha ou Mutuo) (Moksa) le frère puîné de (哪吒 Nezha).

  • Père Henri Doré Recherches sur les Superstitions en Chine, le Panthéon Chinois (éditions You Feng, 1996) sur la légende de Miaochan : Vol. 6, Art. VIII, p. 94 à 138.
  • Wu Cheng En Xiyouji (éditions la Pléiade, 1991) sur la légende de Heifeng et Chancai : Vol. 1, Livre VI, Chap. XVII à XVIII.

Dans le Xiyouji[modifier | modifier le code]

Shitao-Guanyin Bodhisattva

Dans le roman de Wu Cheng En, Xiyouji, souvent traduit par le Voyage en Occident, (觀音 Guanyin) tient une place très importante, puisque c'est elle qui veille sur le moine (三藏 Sanzang) et ses disciples et les protègent pendant leur voyage. Elle peut être comparée à Athéna qui veilla sur l'Odyssée d'Ulysse. C'est elle qui sera choisie par le Bouddha pour trouver un moine émérite qui ira chercher les écritures sacrées dans son Paradis de l'Ouest ; c'est elle aussi qui trouvera les disciples du moine et qui les convertira au bouddhisme. Elle intervient souvent dans l'histoire pour sauver les pèlerins des monstres qui les attaquent, mais finit toujours par éviter toute violence en récupérant ces êtres maléfiques et en les accueillant sur la Voie de la Salvation, leur évitant ainsi une mort sans espoir de se racheter. Elle conserve ainsi son statut de Grande Compatissante qui se penche sur le monde pour pleurer sur les êtres et les délivrer de leur existence prisonnière du Cycle infernal des réincarnations.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Henry Doré S.J. et M. Kennelly, S.J. (Translator), Researches into Chinese Superstitions, Tusewei Press, Shanghai,‎ 1914 Vol I p. 2
  2. Fathom.lse.ac.uk
  3. Wu Cheng'en, Xiyouji, la Pérégrination vers l'Ouest (éditions de la Pléiade, 1991) Vol. 1, Chap. VI, p. 113, note 1
  4. Louis Frédéric, les Dieux du Bouddhisme (éditions Flammarion, 1992) p. 153
  5. Louis Frédéric, les Dieux du Bouddhisme (éditions Flammarion, 1992), p.158
  6. Louis Frédéric, les Dieux du Bouddhisme (éditions Flammarion, 1992) p. 159 à 165
  7. a et b Jean-Claude Martin, Memento des Kanji (éditions FransOrienT, 1998) et le petit dictionnaire Japonais-Français (éditions You Feng, 1987) pour les signes japonais et le Dictionnaire Concis de Français-Chinois, Chinois-Français (éditions la Presse Commerciale et Larousse, 1994)pour la correspondance
  8. Louis Frédéric, les Dieux du Bouddhisme (éditions Flammarion, 1992) p. 165 à 170 et 174 à 179
  9. Louis Frédéric, les Dieux du Bouddhisme (éditions Flammarion, 1992) p. 179 et 180
  10. Père Henri Doré, Recherches et Superstitions en Chine, le Panthéon Chinois (éditions You Feng, 1996) Vol. 6, Art. VIII, p. 94 à 138
  11. Wu Cheng'en, Xiyouji la Pérégrination Vers l'Ouest (éditions de la Pléiade, 1991) Vol.1, Livre VI, Chap. XVII à XVIII
  12. Wu Cheng'en, Xiyouji la Pérégrination Vers l'Ouest (éditions de la Pléiade, 1991) Vol.1, Livre II, Chap. VI, p. 113, note 3 et p. 116, note 1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Frédéric, Les Dieux du Bouddhisme : Guide Iconographique, Flammarion,‎ 1992, 248 p.. Les 33 formes japonaises de la Déesse : Chap. V les Bodhisattva de Compassion : Avalokiteśvara. Première édition,
  • Zheng-Sheng DU (dir.), Le Bouddha de compassion : Images de Guanyin, Éditions Les Grégoriennes,‎ 2007, 248 p. (ISBN 978-2-914338-13-4) Première édition, Musée national du Palais, Taipei, 2000, (ISBN 957-562-388-6)
  • Wu Cheng'en, La Pérégrination vers l'Ouest : (Xiyou ji), Gallimard,‎ 1991 (ISBN 2-07-011203-9) 2 vol. : 1312 et 1200 p.
    • traduction ancienne : Si Yeou Ki ou Le Voyage en Occident, Louis Avenol (traduction), éditions du Seuil, 1957, 2 volumes
    • Le Singe Pèlerin, Wou Tch'eng-En, George Deniker (traduction d'après la version anglaise d'Arthur Waley), éditions Payot (1951 et 1990).
  • L’Épopée du Roi Singe, mis en images par Pascal Fauliot, éditions Casterman, Épopée, 2000 et 2008