Invasion du Tibet par les Gurkhas (1788-1791)

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Prise de Camu par les troupes chinoises pendant la campagne de 1791

Les Gurkhas envahirent le Tibet en 1788 puis en 1791, sous le règne de Jamphel Gyatso (1758-1804) le 8e dalaï-lama.

Les Gurkhas occupèrent une partie du Tibet et pillèrent le monastère de Tashilhunpo à Shigatse. En 1792, le Tibet demanda l'aide de la Chine pour se défaire de ses envahisseurs.

Présentation des Gurkhas[modifier | modifier le code]

Les Gurkhas sont des membres du clan rajput Khasi de l'Inde du Nord qui ont émigré du Rajasthan vers le territoire actuel du Népal, au XVIe siècle. En 1559, quelques-uns des Gurkhas émigrent vers l'est et se découpent un petit royaume sur le territoire du Népal actuel, à 80 km au nord-ouest de Katmandou, territoire auquel ils donnent le nom de Gorkha.

En 1769 ils s'emparent de la majorité du territoire actuel du Népal, alors dirigé par les Malla, et s'installent à Katmandou où ils font de l'hindouisme la religion d'État.

L'invasion du Tibet en 1788[modifier | modifier le code]

En 1788, les forces Gurkha, envoyées par Rana Bahadur (1775-1806), le roi du Népal, envahirent le Tibet, occupant un nombre de frontière quartiers. Palden Tenpai Nyima, le jeune panchen-lama fuit à Lhassa et l'Empereur mandchou Qianlong envoya des troupes à Lhassa, les Népalais se retirèrent et consentirent à payer une somme annuellement.

L'invasion du Tibet en 1791[modifier | modifier le code]

Monastère de Tashilhunpo en 2002

En 1791, venant de Katmandou, les Gurkhas népalais envahissent le Tibet une deuxième fois. Selon Elisabeth Martens les Gurkhas passent par le mont Kailash et occupent les deux vallées principales du Tibet central[1]. Ils occupent Shigatse, détruisant, pillant, et défigurant le grand monastère de Tashilhunpo. Le jeune panchen-lama est contraint de fuir à Lhassa à nouveau. L'Empereur Qianlong envoie alors une armée de 17 000 hommes au Tibet. En 1793, avec l'assistance de troupes tibétaines, ils expulsèrent les troupes népalaises jusqu'à peu près 30 km de Katmandou avant que les Gurkhas n'admettent la défaite et restituent les trésors qu'ils avaient pillés[2].

Les conséquences[modifier | modifier le code]

Le Major Bista, à la mission diplomatique népalaise, gardée par des Gurkhas

Les Chinois profitèrent de cette guerre pour reprendre pied au Tibet. Ainsi en 1792, Qianlong en profita pour lui associer un résident Qing, une garnison et émit un décret en 29 points qui resserrait le contrôle chinois sur le Tibet établissant ainsi un protectorat.

Les Tibétains indiquent que ces réformes furent peu appliquées et que le protectorat ne fut jamais exercé par les autorités de Pékin. Pour preuve, ils rappellent que les armées du Tibet affrontèrent seules celles du Ladakh en 1841 et du Népal en 1854 ainsi qu'un corps expéditionnaire britannique en 1904. Seuls des représentants du gouvernement Tibétain signent les traités de paix mettant fin à ces guerres. L'absence des Chinois lors de ces guerres et signatures de traités conforte l'idée d'une indépendance du Tibet à ces périodes[3].

La mission diplomatique népalaise est établie à Lhassa en 1792 suite à l'Invasion du Tibet par les Gurkhas[4],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Elisabeth Martens
  2. Teltscher, Kate (2006). The High Road to China: George Bogle, the Panchen Lama, and the First British Expedition to Tibet, pp. 244-246. Farrar, Straus and Giroux, New York. ISBN 978-0-374-21700-6.
  3. Frédéric Lenoir, Tibet Le moment de vérité, Plon, mai 2008
  4. Wangpo Bashi, Relations historiques entre le Népal et le Tibet, 23 novembre 2010
  5. Roland Barraux, Histoire des Dalaï-Lamas, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, édition Albin Michel, 1993. Réédité en 2002 chez Albin Michel. (ISBN 2226133178), p. 345

Articles connexes[modifier | modifier le code]