Ma Bufang

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Ma Bufang

Ma Bufang (chinois simplifié : 马步芳 ; chinois traditionnel : 馬步芳 ; pinyin : mǎ bùfāng 1903-1975) était un seigneur de la guerre chinois, actif à l'époque la « première République de Chine ». Il gouvernait une province du nord-ouest du Qinghai qui incluait la province tibétaine de l'Amdo[1]. Sa faction militaire était connue sous le nom de « Clique de Ma ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était le fils de Ma Qi (马麒 / 馬麒, mǎ qí), qui a formé l'Armée de Ninghai dans le Qinghai en 1915, et reçut les postes civil et militaire du Gouvernement de Beiyang à Pékin la même année, confirmant son autorité civile et militaire dans le Qinghai. Ma Qi prit le parti de la faction militaire Guominjun de Feng Yuxiang jusqu'à la Guerre des plaines centrales, où il s'est rallié au vainqueur, Tchang Kaï-chek. Ma Qi est mort en 1931 et son pouvoir a été transféré à son frère Ma Lin (seigneur de guerre) (马麟 / 馬麟, mǎ lín), qui a été nommé gouverneur du Qinghai).

Ma Bufang et d'autres membres de sa famille, aux côtés de Tchang Kaï-chek

En 1936, sous les ordres de Tchang Kaï-chek, avec l'aide des dernières forces de Ma Zhongying dans la province du Gansu, de Ma Hongkui et Ma Hongbin dans la province du Ningxia, Ma Bufang et son frère Ma Buqing ont joué un rôle important dans l'anéantissement des 21 800 hommes de Zhang Guotao qui avait traversé le fleuve Jaune dans une tentative de renforcer la base communiste. Plus tard, Ma Bufang s'est élevé grâce à l'implication du Kuomintang et a forcé son oncle Ma Lin à lui concéder sa position, en 1937. C'est ainsi que Ma Bufang est devenu le gouverneur du Qinghai, avec les pouvoirs civil et militaire, et en demeura le dirigeant jusqu'à la victoire des Communistes en 1949. Pendant la montée de Ma Bufang au pouvoir, avec son frère Ma Buqing et ses cousins Ma Hongkui et Ma Hongbin, ils aidèrent un autre de leurs cousins, Ma Zhongying, à prévaloir dans le Gansu, parce qu'ils ne souhaitaient pas que Ma Zhongying leur fasse concurrence sur leur propre terrain, et ont donc encouragé et soutenu Ma Zhongying a développer sa propre base de pouvoir dans les autres régions comme le Gansu et le Xinjiang.

Jeep fournie par les États-Unis au parti nationaliste chinois et utilisé dans le Qinghaï, ici dans la résidence de Ma Bufang à Xining

Ma Bufang imposa lourdement les populations tibétaines de l'Amdo, entre 1930 et 1950. Il demanda une forte rançon pour que le jeune Tenzin Gyatso, 14e Dalaï-lama, natif de la région, puisse se rendre à Lhassa[2].

Diki Tsering, la mère du dalaï-lama, écrit dans ses mémoires que Ma Bufang était l'ami de sa famille et que cela était peut-être ce qui avait amené le régent du Tibet Taktra et le Kashag à reconsidérer leur projet de l'éloigner de Lhassa et d'emprisonner ses fils pour pouvoir exercer seuls le pouvoir[3].

En août 1949, l'Armée populaire de libération du Parti communiste chinois, menée par le Général Peng Dehuai, battit l'armée de Ma Bufang et occupa Lanzhou, la capitale du Gansu. Ma Bufang s'enfuit à Chongqing, puis gagna Hong Kong. En octobre, Tchang Kaï-chek l'exhorta à retourner au Nord-ouest pour résister à l'Armée populaire de libération, mais il s'enfuit en Arabie saoudite avec plus de 200 parents et subalternes, invoquant le hajj.

En 1950, Ma Bufang partit en Égypte. En 1957, après l'établissement de relations diplomatiques entre l'Égypte et la République populaire de Chine, Ma Bufang fut transféré par Taipei pour servir d'ambassadeur de Taïwan en Arabie saoudite. Ma Bufang a assuré cette charge quatre ans, période pendant laquelle il n'est jamais retourné à Taïwan. En 1961, à cause d'un scandale (il aurait forcé sa nièce à devenir sa concubine), Ma Bufang s'est vu démis de son poste d'ambassadeur de Taïwan en Arabie saoudite. Pour éviter une sanction du gouvernement de Taïwan, il choisit de demander la citoyenneté saoudienne. Il resta en Arabie Séoudite jusqu'à sa mort en 1975. Bien que Ma Bufang ait eu de nombreuses concubines, il n'eut qu'un fils, Ma Jiyuan (马继援 / 馬繼援, mǎ jìyuán), qui devint commandant divisionnaire dans l'armée de Ma Bufang.

Carrière[modifier | modifier le code]

Chambre à coucher de Ma Bufang, dans sa résidence de Xining.
  • ? Officier général commandant la 9e division.
  • ? Officier général commandant la troupe II
  • 1938 - 1949 Gouverneur militaire de la province de Qinghai.
  • 1938 - 1941 Officier général commandant les troupes LXXXII.
  • 1943 - 1945 Commandant en chef du 40e groupe armé.

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michael Harris Goodman, Le dernier Dalaï-Lama ? Biographie et témoignages, Editeur Claire Lumière, 1993, (ISBN 2905998261)
  2. Carnet de route d'un voyage sur la route de la soie juin-juillet 2006
  3. (en) Diki Tsering, Dalai Lama, My Son. A Mother’s Story, Edited and introduced by Khedroob Thondup, Viking Arkana, Harmondsworth, pp. 132-136 : « The Kashag wanted to place all my male children and my son-in-law in prison, but they could not do anything because none of them was in Lhasa. I had also heard that the Kashag wanted to send my daughter and me back to Tsongkha. Thus, they would have been able to disperse the family and eliminate all opposition to their power. What may have forestalled Taktra and his Kashag in their plans was that Ma Pu-fang, the Chinese governor of Amdo, was our friend, and he would have used his power to assist us. Thus they had to think twice about their actions. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]