Saint-Pétersbourg

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Saint-Pétersbourg
Санкт-Петербург
Armoiries de Saint-Pétersbourg Drapeau de Saint-Pétersbourg
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Administration
Pays Russie
Région économique Nord-Ouest
District fédéral Nord-Ouest
Sujet fédéral Saint-Pétersbourg
Code OKATO 40
Maire
Gouverneur Valentina Matvienko
Démographie
Population (2006) 4 580 620 hab.
Densité 3 183 hab./km²
Gentilé Saint-pétersbourgeois
Histoire
Fondation 1703
Statut de ville 1703
Ancien nom Petrograd (1914-1924)
Leningrad (1924-1991)
Géographie
Coordonnées 59°56′N 30°16′E / 59.933, 30.26759°56′N 30°16′E / 59.933, 30.267
Altitude 3 m
Superficie 1 439 km²
Cours d'eau Neva
Fuseau horaire UTC+3 (heure d'été : +4)
Indicatif téléphonique +7 812
Site officiel
www.gov.spb.ru

Saint-PétersbourgPrononciation écouter (en russe : Санкт-Петербург, IPA : /sankt pʲɪtʲɪˈrburk/) est une ville de Russie située du nord-ouest sur le delta de la Néva au fond du golfe de Finlande. Principal port russe sur la mer Baltique, Saint-Pétersbourg est, après Moscou, la deuxième ville du pays (plus de 4,5 millions d'habitants en 2007) et se situe au cinquième rang des villes d'Europe par la population. C'est un pôle majeur de l'industrie, de la recherche et de l'enseignement russe. C'est également un important centre culturel européen.

Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par le Tsar Pierre le Grand dans une région disputée depuis longtemps à l'empire suédois. Par son urbanisme résolument moderne et son esthétique d'origine étrangère la nouvelle ville devait, selon le souhait du tsar épris de modernité, permettre à la Russie d'« ouvrir une fenêtre sur l'Europe ». Saint-Pétersbourg a été la capitale de l'Empire russe de 1721 jusqu'au début du XXe siècle. Le centre-ville, construit selon un plan défini par les souverains russes, présente une architecture unique qui mélange des styles architecturaux des XVIIIe et XIXe siècles mis en œuvre par des architectes en provenance d'Europe occidentale. Sa beauté alliée à l'existence de nombreux canaux lui ont valu le surnom de Venise du Nord. La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1990.

Historiquement, Saint-Pétersbourg a été le principal centre intellectuel, scientifique et politique du pays jusqu'au début du XXe siècle. Au XIXe siècle, la ville est également devenu le principal port commercial et militaire de la Russie ainsi que le deuxième centre industriel du pays après Moscou. C'est à Saint-Pétersbourg que la Révolution russe de 1917 éclate et que les bolchéviques triomphent. La ville connaît par la suite un certain déclin. Au début des années 1920, à la suite du transfert de la capitale à Moscou ainsi que de la guerre civile, le chiffre de la population s'effondre et ne retrouve son niveau d'avant-guerre qu'à la veille de la seconde guerre mondiale. Durant cette dernière, elle subit un siège de près de trois ans qui décime à nouveau sa population. Tombée à moins d'un million d'habitants au sortir de la guerre, elle se repeuple grâce à l'arrivée de ressortissants d'autres régions. Depuis cette époque, Saint-Pétersbourg a régulièrement perdu du terrain par rapport à Moscou, phénomène qui s'est accentué depuis la libéralisation du système économique russe.

Saint-Pétersbourg a changé plusieurs fois d'appellation  : Petrograd (Петроград), de 1914 à 1924 puis Léningrad (Ленинград), de 1924 à 1991 avant de retrouver son nom d'origine à la suite d'un référendum en 1991. Saint-Pétersbourg est également appelée familièrement "Piter" (Питер) par ses habitants. Pour les russes c'est la capitale du Nord (северная столица, severnaïa stolitsa).

Sommaire

[modifier] Géographie

Saint-Pétersbourg, la Néva et le lac Ladoga
Saint-Pétersbourg, la Néva et le lac Ladoga

Saint-Pétersbourg est construite sur une ancienne zone de marécages située à l'embouchure de la Néva au fond du golfe de Finlande en mer Baltique. La ville a une superficie de 606 km² (1 431 km² en incluant les agglomérations annexées par la ville en 1999 comme Peterhof et Pouchkine), dont 10 % d'étendues d'eau. La ville compte 42 îles : à l'origine il y en avait un plus grand nombre mais de nombreux canaux ont été comblés. La ville est construite 2 à 4 mètres au-dessus du niveau de la mer. La nappe phréatique est très proche de la surface. Les rives du fleuve ont été consolidées à l'aide de pierres granitiques qui non seulement protègent la ville des eaux mais également contribuent à lui donner son cachet. Alexandre Pouchkine écrit en parlant de Saint-Pétersbourg : La ville s'est habillée de granit.

Du fait de sa faible élévation au-dessus du niveau de la mer, Saint-Pétersbourg est souvent victime d'inondations. En 2003, les statistiques officielles décomptaient 295 inondations depuis sa fondation, dont 44 depuis 1980. L'inondation la plus sévère a eu lieu en 1824 (elle aurait fait, selon les statistiques, de 200 à 500 victimes) et en 1924.

La Néva, qui arrose Saint-Pétersbourg, est un cours d'eau très court (74 km de long) mais son débit ( 2 510 m³/s) en fait un des fleuves les plus puissants d'Europe : en effet la Néva collecte, via plusieurs lacs, les eaux d'un bassin versant de 218 000 km² (2/5 de la superficie de la France). À Saint-Pétersbourg, la Néva est large de 600 mètres et la vitesse du courant est rapide. Sur les 74 km de son cours, 28 sont situés à l'intérieur des limites de la ville.

Jusqu'au XIXe siècle, les eaux peu profondes du golfe de Finlande arrivaient à recycler naturellement les effluents produits par la ville. D'ailleurs de nos jours, les eaux usées des 5 millions d'habitants et des nombreuses industries ne représentent toujours que 2 % des eaux déversées par la Néva. Mais, au milieu du XIXe siècle, une première épidémie de choléra et de typhus éclata à cause de la mauvaise qualité des eaux. En 1908, une épidémie de typhus fit 9 000 victimes. Le problème fut réglé en 1910 par une modification du lieu de captage des eaux de la ville. Dans les années 1950 et 1960, l'accroissement rapide de la population remit le sujet à l'ordre du jour. Circonstance aggravante les eaux de la Néva étaient à cette époque très polluées avant même de pénétrer dans la ville : issues du lac Ladoga elles étaient à la fois dégradées par les nombreuses usines installées sur le pourtour de ce lac et par la qualité des eaux des rivières alimentant dans le lac. Une usine de retraitement fut construite à l'époque mais, de nos jours, 25 à 30 % des eaux usées ne sont toujours pas retraitées. Le golfe de Finlande abrite essentiellement des espèces d'eau douce et quelques espèces d'eau saumâtre. L'écosystème qui les abrite est fortement menacé par les activités humaines.

Pont de la Trinité sur la Néva
Pont de la Trinité sur la Néva

Pour protéger Saint-Pétersbourg des inondations, le gouvernement soviétique a lancé en 1978 la construction du barrage de Saint-Pétersbourg long de 25 km : celui-ci barre tout le fond du golfe à 20 km au large de Saint-Pétersbourg à la hauteur de l'ile de Kotline sur laquelle est édifiée Cronstadt. Ces inondations ne sont pas liées aux périodes de hautes eaux de la Néva, mais à la pression exercée par les vents d'ouest sur les eaux du golfe qui empêchent les eaux du fleuve de s'écouler dans le golfe et qui, dans les cas extrêmes, les refoulent vers l'amont. Pour des raisons écologiques, la construction du barrage fut arrêtée à la fin des années 1980 alors que la moitié nord était déjà achevée : on s'était rendu compte que le barrage perturbait fortement la circulation des eaux côtières et avait fortement fait baisser leur qualité en les rendant en partie stagnantes. On craignait à l'époque que tout le fond du golfe se transforme en marécage. La construction reprit en 1990 avec l'aide technique des Néerlandais, spécialistes reconnus dans ce domaine, et l'appui financier de la Banque européenne d'investissement. Dans la mesure où les menaces pour l'environnement existent toujours, le barrage reste un sujet très controversé chez les habitants de Saint-Pétersbourg.

Saint-Pétersbourg se trouve à la même latitude que les villes d'Oslo et Stockholm ainsi que du sud de l'Alaska ou de la pointe sud du Groënland. Elle bénéficie d'un climat continental humide caractérisé par de forts contrastes thermiques entre l'hiver et l'été. Les étés sont relativement chauds avec une température moyenne comprise entre 19 et 22°C, tandis qu'en hiver la température moyenne se situe entre -4 et -8°C. La neige est présente 123 jours par an. Les précipitations (625 mm par an) sont particulièrement importantes durant l'été. Du fait de sa latitude très septentrionale, les nuits qui encadrent le solstice d'été ne sont jamais complètement obscures (on parle de "nuits blanches").

  Relevé météorologique de Saint-Pétersbourg
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jul Aou Sep Oct Nov Déc Année
Température maximale (°C) -4.8 -4.6 0 7.4 14.7 19.4 22 20.1 14.5 7.7 1.6 -2.5 8.1
Température moyenne (°C) -7.8 -6.9 -2.2 4 10.9 15.6 17.7 16.2 11.1 5.7 0.1 -4.6 5
Température minimale (°C) -10.5 -10.6 -6.9 -0.2 5.7 10.8 13.9 12.5 7.9 2.8 -7.3 -48 1.4
Hauteur de pluie (mm) 37 30 34 33 37 57 77 80 69 66 55 50 625
Source: Pogoda.ru.net le 16/11/2008


[modifier] Histoire

[modifier] Origine du nom de Saint-Pétersbourg

Les débuts de la ville : plan de 1705
Les débuts de la ville : plan de 1705

Saint-Pétersbourg ne tire pas son nom de son fondateur, le tsar Pierre Ier, mais de l'apôtre Pierre. La forteresse, embryon de la ville, a porté brièvement le nom de Sankt-Pieterburch, dérivé du nom néerlandais Sint Petersburg, puis la ville fut renommée très rapidement Sankt-Peterburg (consonance allemande). Au cours du XXe siècle la ville a été rebaptisée trois fois pour des raisons politiques :

  • L'entrée en guerre de la Russie dans le conflit européen de 1914 s'accompagne d'une poussée de nationalisme slave. Saint-Pétersbourg, jugé trop allemand, est russifié en 1914 en Petrograd.
  • En 1924, à la mort de Lénine, la ville qui fut le théâtre de la révolution d'octobre reçoit le nom du fondateur de l'URSS, devenant ainsi Léningrad (Ленинград). D'un point de vue symbolique, des raisons plus profondes justifiaient ce changement : l'appellation Saint-Pétersbourg était rattachée au régime tsariste et à son statut de capitale impériale ; il convenait de faire table rase du passé. Elle était également la deuxième plus grande ville de la Russie, ce qui concourait à rehausser le prestige du fondateur et dirigeant du parti bolchevik.
  • En 1991, après la chute du Parti communiste de l'Union soviétique et la disparition de l'URSS, le changement de nom est soumis à un référendum populaire et le retour à son appellation d'origine, Saint-Pétersbourg est plébiscité.

Le territoire administratif régional a gardé après un référendum le nom Oblast de Léningrad.

[modifier] La fondation

La forteresse Pierre et Paul, le premier bâtiment construit
La forteresse Pierre et Paul, le premier bâtiment construit
Plan de la ville en 1776 sous le règne de Catherine II
Plan de la ville en 1776 sous le règne de Catherine II
La perspective Nevsky percée sous le règne d'Anne (photochrome de 1890)
La perspective Nevsky percée sous le règne d'Anne (photochrome de 1890)

Les circonstances de la fondation de Saint-Pétersbourg font l'objet d'un mythe qui donne à Pierre le Grand un rôle de premier plan. Selon cette légende, le tsar visionnaire aurait choisi au premier coup d'œil d'implanter sa future capitale et "fenêtre sur l'Occident" dans une région de marécages dépourvue d'habitants située à l'embouchure de la Néva. L'illustration la plus connue du mythe de la "capitale sortie du néant" par la volonté créatrice de Pierre le Grand se trouve dans le poème Le Cavalier de bronze d'Alexandre Pouchkine (1834).

En réalité la région qui borde le cours inférieur de la Néva, l'Ingrie, était déjà peuplée par des finno-ougriens qui vivait depuis le Xe siècle essentiellement du travail de la terre. Au début du XIVe siècle, la Suède et la république de Novgorod se disputèrent le contrôle de cette région. Il semblerait qu'une colonie suédoise, située sur l'emplacement de la ville, fut détruite en 1301. Finalement, les deux puissances se mirent d'accord pour faire de la région une zone tampon dans laquelle aucune fortification ne pourrait être construite. Au cours des siècles suivants, la région sert de lieu de débarquement pour les navires empruntant la Néva et peut-être également de place commerciale. Ce dernier rôle est attesté à compter de 1611, date à laquelle les Suédois, profitant de leur suprématie du moment sur la région, construisent la forteresse de Nyenschantz ainsi qu'un peu plus tard la colonie de Nyen à proximité. Toutes deux se trouvaient sur l'emplacement actuel de Saint-Pétersbourg sur la rive nord (c'est-à-dire droite) de la Néva. Il existe également des preuves que la Suède envisageait, au XVIIe siècle, la construction d'une ville d'une taille supérieure. Mais les Suédois subirent un revers cinglant lorsque la ville et la forteresse furent détruits par les troupes russes au cours de la première guerre russo-suédoise (1656).

La construction du premier édifice par les russes démarre le 1er mai 1703 durant la Grande Guerre du Nord après la conquête définitive de Nyenschantz par les troupes russes placées sous les ordres de Schemertev. Nyen avait été préventivement évacuée et partiellement détruite par les Suédois. La date officielle de la fondation de la ville est le 16 mai 1703 (27 mai dans le calendrier grégorien) : ce jour-là, sur une île située en face de Nyenschantz dans le delta de la Neva, la première pierre de la forteresse Pierre-et-Paul, du nom des saints patrons du tsar, est posée. Dans des documents et cartes anciennes, la ville est désignée sous le nom allemand de Sankt Petersburg ou sous le nom hollandais de Sankt Piter Bourgh ou St.Petersburch.

Pierre le Grand ne semble pas avoir projeté, dès le début, de faire de la forteresse le noyau d'une ville de plus grande taille et a fortiori sa future capitale. La fonction de la forteresse Pierre-et-Paul était en premier lieu de reprendre le rôle de Nyenschantz, c'est-à-dire de protéger l'accès à l'embouchure de la rivière Néva mais, cette fois, au bénéfice des Russes. L'environnement était peu propice à la création d'une ville à cet endroit. Une grande partie des environs n'était pas cultivable et seuls quelques pêcheurs venaient là durant l'été. Le delta était fréquemment sujet à des inondations : celles-ci feront d'ailleurs à plusieurs reprises de nombreuses victimes parmi les habitants de la ville.

Si Pierre le Grand, en dépit de ce contexte défavorable, a finalement choisi d'y construire sa nouvelle capitale, cela peut être largement attribué au fait que l'emplacement de Saint-Pétersbourg en faisait un bon port maritime le plus souvent libre des glaces et bien relié au réseau fluvial de la Russie grâce à la Néva. Les armoiries de la ville, qui représentent un sceptre, une ancre de marine et un grapin de péniche illustrent bien ces motivations. Le deuxième atout de l'emplacement était la proximité de l'Europe occidentale, dont Pierre le Grand souhaitait s'inspirer pour moderniser la Russie.

Ce n'est qu'à partir de l'année 1706, que Pierre le Grand manifeste sa volonté de créer une ville nouvelle, avec l'enrôlement forcé de nombreux travailleurs pour des travaux de construction à l'embouchure de la Neva. Une fois que Pierre le Grand eut figé ses intentions, il y consacre une grande partie des ressources de la Russie durant de nombreuses années dans la tradition autocratique des tsars russes : tant que les travaux sur les fondations de la ville furent en cours, la construction de bâtiments en pierre dans toute la Russie fut interdite : toutes les pierres disponibles devaient être utilisées pour la construction de la nouvelle capitale. Les ouvriers qui fuyaient le chantier de construction de la ville, qui faisait de nombreuses victimes, étaient punis sévèrement de peines d'emprisonnement.

En 1706, Pierre le Grand fait recruter de force 30 000 serfs dans l'empire russe, et 40 000 en 1707. Sur ce nombre, pratiquement la moitié réussit à s'enfuir vers le nord-ouest. Durant la construction, on estime que des dizaines de milliers de travailleurs et de serfs trouvèrent la mort, victimes de la fièvre des marais, du scorbut, de la dysenterie ou tout simplement morts de faim ou d'épuisement. Une grande partie de la ville repose sur des pilotis mais les habitants ont coutume de dire que la ville est bâtie sur les squelettes de ses constructeurs. Circonstance aggravante, la Russie reste en guerre avec la Suède et plusieurs combats ont lieu à proximité immédiate du chantier. Ce n'est qu'à partir de 1709, date de la défaite des Suédois à la bataille de Poltava que la ville peut être considérée comme à l'abri des attaques suédoises (la paix sera signée en 1721).

Eau-forte : Saint Petersbourg en 1761
Eau-forte : Saint Petersbourg en 1761

Pour peupler sa capitale, Pierre le Grand donne l'ordre aux principales familles nobles de Moscou de s'installer dans la nouvelle ville. Celles-ci sont contraintes d'emménager avec toute leur maisonnée dans des constructions dont l'apparence et les dimensions sont imposées et qui sont construites à leurs frais. Tous les habitants sont contraints de planter des arbres. Dès 1714, 50 000 logements sont occupés ; Saint-Pétersbourg est la première ville de Russie à disposer d'une police municipale et d'un système de couvre-feu qui fonctionne. Le centre-ville est éclairé la nuit.

[modifier] L'épanouissement

Le complexe du Musée de l'Ermitage : De gauche à droite : Théâtre Ermitage – Vieil Ermitage – Petit Ermitage – Palais d'Hiver (Le Nouvel Ermitage n'est pas visible derrière le Vieil Ermitage)
Le complexe du Musée de l'Ermitage : De gauche à droite : Théâtre ErmitageVieil ErmitagePetit ErmitagePalais d'Hiver (Le Nouvel Ermitage n'est pas visible derrière le Vieil Ermitage)

Pierre le Grand, qui était un précurseur en matière d'espionnage industriel, fit venir dès la création de la ville des artisans et des ingénieurs de toute l'Europe, en particulier des Pays-Bas, pour faire de la ville un centre majeur des techniques et des sciences.

La statue équestre de Pierre le Grand
La statue équestre de Pierre le Grand

Après la mort de Pierre le Grand en 1725, l'enthousiasme des souverains russes pour la "fenêtre sur l'Occident" retombe. Moscou redevient la capitale. Ce n'est qu'avec l'arrivée au pouvoir d'Anne que Saint-Pétersbourg retrouve la priorité. Elle redevient la capitale de la Russie. Les travaux menés par Anne ont laissé une profonde empreinte dans le Saint-Pétersbourg d'aujourd'hui : elle fait construire le centre-ville du quartier de Pétrograd sur la rive de la Néva côté Amirauté et fait tracer les grandes avenues : les perspectives Nevsky et Vosnessenski, la Grochovaïa Ouliza. Pourtant elle préfère Moscou où elle réside le plus fréquemment.

Les tsarines Elisabeth (1741-1762) et surtout Catherine II renforcent la politique d'ouverture vers l'Europe occidentale et font venir à Saint-Pétersbourg des artistes et des architectes. Les bâtiments les plus prestigieux, qui ont forgé l'image de la ville, sont construits sous le règne d'Elisabeth : elle fait ainsi édifier le palais d'hiver et l'monastère Smolny. Elle fait reconstruire le palais de Catherine (sa mère) en ayant recours à l'architecte baroque d'origine italienne Bartolomeo Rastrelli qui réalise plusieurs des grands bâtiments de la ville.

Catherine II est sans doute la personne qui, après Pierre le Grand, a joué le rôle le plus décisif dans le destin de Saint-Pétersbourg. C'est une représentante du siècle des Lumières, au moins jusqu'à la Révolution française, et elle fait fortement progresser la culture et l'art. Catherine II crée 25 établissements académiques ainsi que l'institut Smolny la première école publique russe pour les filles. La statue équestre de Pierre le Grand, monument emblématique de la ville, date également de son règne.

À la fin du XVIIIe siècle et durant la première moitié du XIXe siècle, la ville connaît un épanouissement, d'abord culturel, puis scientifique et technique. La première école de ballet russe est créée en 1738. En 1757, c'est au tour de l'académie impériale des beaux-arts dans laquelle sont formés encore aujourd'hui peintres, sculpteurs et architectes. Des théâtres et musées, des universités et des bibliothèques sont créés : en 1783, ouvre le théâtre Mariinsky, dans lequel seront joués les premiers grands opéras russes de Glinka. En 1819, l'université d'État de Saint-Pétersbourg est ouverte .

La suppression du servage en Russie par Alexandre II en 1861 fait affluer dans la ville un grand nombre de paysans qui ne peuvent se nourrir sur les terres qui leur ont été attribuées. La population augmente très rapidement en quelques années.

Les écrivains et les intellectuels se réunissent dans des cercles littéraires et publient des dictionnaires et des revues. Parmi les principales revues, on peut citer l'Etoile Poliare de Ryleïev et Bestouchev et Sovremmennik de Pouchkine.

[modifier] Soulèvements, attentats et révolutions

Le dimanche rouge qui déclenche la révolution de février 1917
Le dimanche rouge qui déclenche la révolution de février 1917
Lénine et Trotski à Pétrograd en 1921 au milieu des soldats de l'Armée Rouge
Lénine et Trotski à Pétrograd en 1921 au milieu des soldats de l'Armée Rouge

Les principales révoltes et révolutions de la période moderne de l’histoire russe, depuis la révolte des décembristes en 1825 jusqu’aux évènements qui ont conduit à la création de l’Union Soviétique, ont lieu à Saint-Pétersbourg. À la fin du XIXe siècle, les troubles et les petits soulèvements sont un phénomène fréquent dans la ville. Celle-ci est le théâtre d’un grand nombre d’attentats contre des représentants de la cour du tsar et de l’administration russe, le plus connu étant l'assassinat d'Alexandre II. Port et ville industrielle importante, sa population ouvrière est nombreuse et sensible aux idées socialistes dès la fin du XIXe siècle.

Des partis et des associations révolutionnaires sont créés à Saint-Pétersbourg et réprimés de manière sanglante par la police. La révolution de 1905 se déclenche à Saint-Pétersbourg durant l’épisode du dimanche rouge. À la suite de cette révolution, la deuxième douma de l’histoire de Russie est convoquée dans la ville. La révolution de février 1917 a également lieu pour l’essentiel à Saint-Pétersbourg. Le signal de départ de la Révolution d’Octobre, la même année, est un coup de canon tiré par le croiseur Aurore ancré dans le port de Pétrograd. Lénine tranfère la capitale à Moscou peu après. La population de la ville diminue considérablement dans les années qui suivent à cause de la guerre civile (1917-1923) et de la famine provoquée par celle-ci mais également du fait de la perte du statut de capitale et du transfert vers Moscou des emplois liés à ce statut. En 1921, le port voisin de Cronstadt est le centre d’un soulèvement de marins contre la dictature des bolchéviques qui est réprimée dans le sang par Léon Trotski (1921).

[modifier] Léningrad

Après le mort de Lénine, l’ancienne ville des tsars est rebaptisée Léningrad. Le centre du pouvoir soviétique se déplace progressivement vers Moscou. Staline écarte les dirigeants du parti communiste de Léningrad qui exercent encore une influence sur la direction de l’état soviétique : en 1934, le responsable du parti de Léningrad, Sergueï Kirov, est assassiné dans son bureau (on a soupçonné Staline d'être l'instigateur du meurtre). Ce meurtre est le prétexte au déclenchement des Grandes Purges qui vont décimer l'élite historique du parti et permettre à Staline d'asseoir sa dictature : l’ancien président du soviet de Léningrad Grigori Zinoviev est avec Lev Kamenev l'une des principales victimes. Léon Trotski, autre ancien représentant du soviet de Léningrad est progressivement écarté du pouvoir avant d'être expulsé puis assassiné au Mexique en 1940.

L’opposition entre Moscou et Léningrad se manifeste également à cette époque à travers les aménagements réalisés dans les deux villes. Le plan d’urbanisme de Léningrad après la révolution prévoit de déplacer le centre de la ville vers le sud autour de la nouvelle Place de Moscou et de l’avenue de Moscou (Moscou Prospekt). Le centre de Léningrad devait se trouver au niveau du bâtiment des soviets situé sur le côté de cette place, de manière analogue à ce qui était prévu à Moscou pour le palais des soviets. La place de Moscou et ses abords reproduisaient la forme typique adoptée par les centre-villes construits durant l'ère soviétique à une douzaine d’exemplaires en Union Soviétique. Le déclenchement de la seconde guerre mondiale et des difficultés matérielles vont interrompre sa construction. La place reste aujourd’hui la plus vaste de la ville. Les observateurs ont fait remarquer que ce plan d’urbanisme était une agression contre l’ancien centre-ville. La forme et les noms choisis (place de Moscou, avenue de Moscou) étaient destinés à nier le rôle particulier de la ville et à la faire rentrer dans le rang des villes soviétiques.

[modifier] Le siège de Léningrad

Icône de détail Article détaillé : Siège de Leningrad.
Bombardement de la perspective Nevsky
Bombardement de la perspective Nevsky
Tania Savitcheva, 11 ans, morte de faim durant le siège, a noté les décès des membres de sa famille. Sa dernière note "tous morts, je suis toute seule"
Tania Savitcheva, 11 ans, morte de faim durant le siège, a noté les décès des membres de sa famille. Sa dernière note "tous morts, je suis toute seule"

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la prise de Léningrad fait partie des objectifs stratégiques assignés par Hitler aux armées allemandes. L'avance des troupes en territoire russe leur permet d'encercler presque complètement Léningrad à compter du 8 septembre 1941 avec l'aide des troupes finlandaises, qui sont revenues sur leur ancienne frontière en Carélie. Les Allemands renoncent à prendre d'assaut la ville, bien défendue par des lignes de tranchée et des obstacles anti-char préparés dès juin 1941 et par des troupes placées sous le commandement de Joukov. Les Allemands décident de mettre le siège en coupant toutes les lignes d'approvisionnement en vivres et munitions en espérant ainsi affamer les trois millions d'habitants et les défenseurs. Le siège va durer 900 jours mais la ville va résister jusqu'à son dégagement par les troupes russes en 1944. Les pertes sont colossales : (500 000 victimes militaires), mais surtout 1,2 millions de civils (surtout morts de faim).

Durant le siège, 150 000 obus d'artillerie et 100 000 bombes aériennes tombent sur la ville. Les objectifs visés sont les grandes entreprises mais également les principaux monuments de la ville, les écoles, les dépôts de tramway ainsi que les quartiers résidentiels pour tenter de démoraliser la population. L'unique lien avec l'extérieur est assuré par la voie aérienne (mais les Allemands ont la maîtrise des airs) et par le sud du lac Ladoga dont les russes conservent la maitrise. Sur ce dernier, durant l'hiver 1941, une route est tracée (en russe Дорога жизни la route de la vie) et une voie de chemin de fer est posée mais une partie du parcours est sous le feu de l'artillerie allemande : sur 3 camions tentant de forcer le blocus, un seul parvient en moyenne à Léningrad. Plus d'un million de personnes sont évacuées par ce chemin pour la plupart des enfants.

La première année, la famine est terrible et fait près de 500 000 victimes. Les autorités de la ville sont mal préparées au siège et l'évacuation comme le ravitaillement sont désorganisés. Les attaques aériennes anéantissent une partie du stock de nourriture. Dès octobre 1941, les rations tombent à 400 grammes de pain par travailleur, 200 grammes pour les enfants et les femmes. Cette ration est à nouveau réduite en novembre respectivement à 200 grammes et 125 grammes. L'hiver est particulièrement froid avec des températures de -40°C et les habitants manquent de combustible pour se chauffer. En janvier 1942, la famine est à son comble. Les gens tombent et meurent dans la rue sans que personne n'intervienne. Les morts ne sont plus enterrés. Le nombre de victimes civiles culmine en janvier 1942 avec près de 100 000 décès.

Le blocus est total jusqu'à ce que l'opération Iskra desserre l'étau en janvier 1943 : les troupes russes de Léningrad et celles du front de Volchov réussissent après des combats acharnés à ouvrir un corridor au sud du lac de Ladoga par lequel peut passer le ravitaillement à partir du 18 janvier. En janvier 1944, une offensive soviétique sur le front sud permet de lever le blocus. Durant l'été 1944, les troupes finlandaises sont à leur tour repoussées.

[modifier] L'après-guerre

La situation dans laquelle se retrouve Léningrad après la seconde guerre mondiale est paradoxale. D'un côté la ville devient le symbole de la résistance soviétique aux envahisseurs et des souffrances endurées par le pays, d'un autre côté cette période est marquée jusqu'aux années 1950 et au-delà par les luttes de pouvoir entre les fonctionnaires de Moscou et de Léningrad. La reconstruction de la ville est une question de prestige pour l'Union Soviétique. Aussi en très peu de temps, un million d'ouvriers se mettent à reconstruire la ville avec la volonté de restaurer les édifices les plus prestigieux. En 1945, Léningrad se voit décerner le titre de "ville héroïque".

Après guerre, de nouveaux quartiers sont édifiés : le volume de logements construits culmine en 1963. Par contre le 250e anniversaire de la ville en 1953 est repoussé car à cette époque, la lutte de pouvoir avec Moscou est toujours en cours et une célébration de ce type aurait pu être mal interprétée. Par ailleurs, la mort récente de Staline s'accommodait mal d'une fête. La célébration a finalement lieu en 1957 sous Nikita Kroutchev sans mentionner qu'il s'agit en fait du 254e anniversaire.

Au cours des années suivantes, la ville conserve son rôle de grande ville industrielle et de centre scientifique majeur de l'Union Soviétique. Mais il est clair à cette époque que le centre politique et culturel se trouve désormais à Moscou. La population avait été marquée par les événements de la guerre et une grande partie de ses habitants s'y étaient installés après guerre aussi leur attachement à Léningrad était de plus en plus faible.

En 1988, un incendie à l'académie des Sciences détruisit près d'un million d'ouvrages stockés dans la bibliothèque. En 1989, le centre-ville est déclaré zone protégée.

[modifier] Le Saint-Pétersbourg contemporain

La perspective Nevski de nuit
La perspective Nevski de nuit

Le 12 juin 1991, les habitants de la ville se sont prononcés par référendum pour que la ville retrouve son nom originel ce qui sera effectif le 6 septembre 1991. Toutefois la région a gardé son nom soviétique (l'oblast de Léningrad).

Durant la tentative de putsch contre le président Boris Eltsine en octobre 1993, le maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak rassemble les partisans de la démocratie pour manifester devant le palais d'Hiver contre les putchistes.

En 1991, la superficie de la ville de Saint-Pétersbourg augmente considérablement par intégration des villes satellites de Kolpino, Pouchkine, Gatchina, Sosnovy Bor, Lomonossov, Kronstadt, Peterhof et Schlüsselburg. Ces villes sont désormais considérées comme des quartiers de Saint-Pétersbourg et ne font plus partie du territoire de l'oblast de Léningrad.

Le 27 mai 2003, les fêtes du 300e anniversaire de la fondation de la ville sont célébrées. A cette occasion, des quartiers de la vieille ville et plusieurs palais sont restaurés. L'Etat russe avançe 2 milliards d'euros pour ces travaux. La ville se retrouve pour la première fois depuis longtemps au centre de l'attention du Monde entier. Comme les rénovations avaient surtout concerné les façades et certains édifices prestigieux, des critiques soulignèrent qu'il s'agissait d'une restauration à la manière des villages de Potemkine. Toutefois, ces critiques cessèrent par la suite car les travaux se poursuivirent après le jubilé et continuent encore aujourd'hui en partie grâce à des investisseurs privés.

[modifier] Politique

Saint-Pétersbourg est le chef-lieu de l'oblast de Léningrad et du district fédéral du Nord-Ouest. Par ailleurs, la ville forme, tout comme Moscou, une région administrative (un sujet) à part entière. Le chef de l'exécutif est un gouverneur élu pour 4 ans au suffrage universel. Le corps législatif, la douma de la ville, est composée de 40 membres qui sont également élus pour 4 ans. Sur le plan protocolaire le chef de la douma est situé au même rang que le gouverneur.

En 1996, Vladimir Yavklov a remplacé Anatoli Sobtchak. Il s'est présenté comme un pragmatique sans attache idéologique. Sobtchak était au contraire un strict réformateur de la période post communiste, qui avait accumulé beaucoup de rancœurs contre lui du fait de ses positions libérales radicales. Il a refusé à plusieurs reprises de licencier Vladimir Poutine accusé de corruption, quand celui-ci faisait partie de l'équipe municipale. Poutine organisa sans succès la campagne électorale de Sobtchak en 1996.

Iakovlev ne se représenta pas aux élections d'octobre 2003. Le gouverneur actuel est Valentina Matvienko. Celle-ci était la favorite de Poutine et du gouvernement russe. Durant la campagne électorale, le gouvernement est intervenu en sa faveur de manière directe et indirecte en utilisant toute la puissance de l'appareil d'état. D'une part, Matvienko était la seule à avoir régulièrement accès aux médias, en particulier à la télévision, d'autre part les autres candidats et leurs partisans étaient régulièrement gênés et harcelés par la police.

Le comité des mères des soldats de Saint-Pétersbourg s'est fait connaître pour son combat contre la guerre en Tchétchénie et contre la violence au sein des armées. En juillet 2006, le sommet annuel du G8 a eu lieu dans la ville, alors que la Russie détenait la présidence tournante.

[modifier] La ville et ses monuments

[modifier] Les canaux et les ponts

canal dans le centre-ville
canal dans le centre-ville

Saint-Petersbourg s'étendait à l'origine sur plus d'une centaine d'îles créées par les les bras de la Néva, ses affluents et les canaux artificiels. Les principales sont l'île Petrograd sur la rive droite, occupée par des quartiers ouvriers et à laquelle s'adosse la forteresse Pierre et Paul et l'île Vassilievsk l'île la plus grande qui fait face au golfe et où se trouve les principaux locaux de l'université. Au nord de ces deux îles, l'île de la Croix héberge le stade Dynamo tandis que l'île Elaguine est un grand parc de loisirs. Les canaux qui formaient un damier dans l'île Vassilievsk à l'imitation d'Amsterdam ont été comblés. Les canaux les plus connus sont situés sur la rive gauche. Il s'agit de 3 canaux concentriques : la Fontanka le plus large situé à l'extérieur, les canaux Moïka et Griboïedov plus sinueux.

Pour passer d'une île à l'autre il existe aujourd'hui 342 ponts de dimension et de style archtectural très variés. Chaque nuit, lorsque la Néva est navigable (d'avril à novembre), les tabliers de 22 ponts situés sur la Néva et les principaux canaux sont levés pour laisser passer les navires qui entrent et sortent de la mer Baltique.

[modifier] Principaux bâtiments

  • La forteresse Pierre et Paul occupe une position dominante sur la rive droite de la Néva en face du Palais d'Hiver au centre de la ville. Sur l'autre rive de la Néva, la pointe (strelka) de l'île Vassilievsky est occupée par le bâtiment de l'ancienne bourse (1805-1810) de style "renouveau grec" qui héberge aujourd'hui le musée de la marine russe. Un parc occupe l'extrémité de l'île dans lequel se trouvent deux grandes colonnes colorées décorées avec des proues de navires de guerre et des statues. Ce lieu est souvent utilisé pour des événements culturels dont le festival des Nuits Blanches.

Le Cavalier de bronze, statue équestre monumentale de Pierre Ier comandée par Catherine II de Russie au sculpteur français Falconet constitue un des symboles de la ville qui a inspiré un poème célèbre de Pouchkine.

[modifier] Résidences impériales près de Saint-Pétersbourg

[modifier] Edifices religieux

Le couvent Smolny
Le couvent Smolny

La ville compte de nombreux édifices religieux qui dans le centre historique sont de style baroque ou néoclassique (hormis la cathédrale Saint-Sauveur) et sont dépourvus de bulbes si caractéristiques des édifices traditionnels russes.

  • La Cathédrale Pierre-et-Paul (1712-1732) située dans la forteresse éponyme noyau initial de la ville, est la première cathédrale en pierre de Saint-Pétersbourg. Sa flèche, qui culmine à 132 mètres et au bout de laquelle se tient un ange tenant une croix, est un des symboles de la ville. La plupart des tsars russes qui ont succédé à Pierre le Grand y sont enterrés.
  • La cathédrale Saint-Isaac (1748-1764), oeuvre des architectes Auguste de Montferrand et Vasssili Stassov domine la ville. C'est par sa dimension, la troisième église baroque d'Europe après la basilique Saint-Pierre de Rome ou plus exactement du Vatican et la cathédrale Saint-Paul de Londres. Haute de 101,5 mètres, elle est visible à des dizaines de kilomètres dans le delta plat du fleuve Neva.
  • La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan (1801-1811) de André Voronikhine, inspirée de la basilique Saint-Pierre, est située sur la perspective Nevski et est dédiée à la victoire sur les armées de Napoléon.
  • La cathédrale Saint-Sauveur (1883 — 1907) est le seul édifice construit selon le style architectural traditionnel russe. Elle a été édifiée sur le lieu de l'assassinat d'Alexandre II.
  • L'église Saint-Nicolas-des-Marins est un bel exemple de l'art baroque importé d'Europe par le Tsar Pierre Ier. Elle renferme dix icônes d'or offertes par Catherine II pour commémorer les 10 plus belles victoires navales russes.
  • Le couvent Smolny coloré de bleu et de blanc est un chef d'oeuvre baroque de l'architecte italien Bartolomeo Rastrelli qui resta inachevé. Saint-Pétersbourg compte d'autres édifices baroques remarquables comme la cathédrales Saint-Nicolas (1753-1762), l'église Saint Siméon et Anna (1731-1740), l'église Saint Sampson (1728-1740) et la cathédrale Saint-André (1764-1780).
  • On trouve de nombreuses églises néoclassiques, qui souvent dominent de vastes places telles que la cathédrale Saint Vladimir's Cathedral (1769 — 1789), l'église Notre-Dame de Vladimir (1761 — 1783), la cathédrale de la Transfiguration (1827 — 29) and la cathédrale de la Trinité (1828 — 1835, endommagée par le feu) ces deux dernières de l'architecte Vladimir Stassov. * Le monastère Alexandre-Nevski a été construit pour abriter les restes du héros russe Alexandre Nevski. Il abrite 2 cathédrales et 5 églises de plus petite taille de styles variés. C'est aujourd'hui un des 3 principaux centre de formation religieux de Russie et c'est là que réside le patriarche de Saint-Pétersbourg. On trouve non loin le cimetière Tikhvine qui abrite les tombes des artites les plus célèbres de la ville (César Cui, Dostoïevski, Mikhaïl Glinka, Moussorgski, Rimski-Korsakov, Tchaïkovski)

[modifier] Les parcs et les palais

[modifier] Saint-Pétersbourg, capitale culturelle

Saint-Pétersbourg est un centre culturel de premier plan. Destination touristique visitée chaque année par quelques trois millions de touristes étrangers, Saint-Pétersbourg propose notamment plus de 70 musées, tels que le musée de l'Ermitage ou le Musée russe.

[modifier] Le musée de l'Ermitage

Icône de détail Article détaillé : Musée de l'Ermitage.
Le palais d'Hiver qui abrite une partie du musée
Le palais d'Hiver qui abrite une partie du musée

Le musée de l’Ermitage qui expose 60 000 pièces dans près de 1 000 salles est un des plus grands musées du monde. Il occupe un ensemble monumental de six bâtiments construits le long de la Néva aux XVIIIe et XIXe siècle. En 1764 Catherine II de Russie commence à se constituer une collection privée de peintures en rachetant des milliers de tableaux dans toute l'Europe. Pour stocker ces tableaux elle fait construire le petite Ermitage puis le vieil Ermitage. Les tsars suivants ont poursuivi la politique d'agrandissement de la collection en la diversifiant à compter du début du 19e siècle. En 1852 une partie de la collection devient accessible au public.

Le musée présente, à côté de nombreuses pièces de l’Antiquité, une collection d’œuvres d’art européen de la période classique qui compte parmi les plus belles au monde avec celles du musée du Louvre et du musée du Prado. Parmi les œuvres exposées figurent des peintures de maîtres hollandais et français comme Rembrandt, Rubens, Matisse et Paul Gauguin. On y trouve également deux œuvres de Léonard de Vinci ainsi que 31 peintures de Pablo Picasso. Les bâtiments abritant le musée de l’Ermitage constituent un des principaux ensembles du centre de Saint-Pétersbourg, qui est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

[modifier] La littérature

Tombe de Dostoïevski à Saint-Péterbourg. Les premiers mots des frères Karamazov y sont gravés
Tombe de Dostoïevski à Saint-Péterbourg. Les premiers mots des frères Karamazov y sont gravés

Saint-Pétersbourg siège du pouvoir et centre intellectuel de la Russie durant 2 siècles a attiré les plus grands écrivains russes et a été une source d'inspiration majeure.

Le Cavalier d'airain de Pouchkine (1833) est la première oeuvre mondialement connue qui prend pour thème SAint-Péterbourg :

« Oui, je t’aime, cité, création de Pierre,
J’aime le morne aspect de ta vaste rivière,
J’aime tes dômes d’or où l’oiseau fait son nid,
Et tes grilles d’airain et tes quais de granit,
Mais ce qu’avant tout j’aime, ô cité d’espérance,
C’est de tes blanches nuits la douce transparence »

Le poème raconte l'histoire d'un employé, qui ayant perdu la raison à la suite d'une indondation de la Néva dont a été victime sa fiancée, maudit le tsar qui a créé la ville dans ce lieu inapproprié. La statue de Pierre se réveille et poursuit l'imprécateur. L'atmosphère fantastique de Saint-Pétersbourg, son irréalité, la folie de ses habitants sont des thèmes repris régulièrement dans plusieurs oeuvres : les derniers poèmes de Pouchkine, les Nouvelles de Pétersbourg de Gogol, les romans de Dostoïevski, les poèmes d'Alexandre Blok et de Ossip Mandelstam et dans le roman symboliste d'Andreï Biély. Gogol écrit en 1835 dans La Perspective Nevski : « Ici tout est mensonge, tout est rêve, tout est différent de ce qu'il paraît. »

Dostoïevski, qui a vécu une grande partie de sa vie d'adulte dans la ville, l'utilise comme toile de fond de plusieurs de ses oeuvres : Les Nuits Blanches, Les Pauvres Gens, Le Double, L'Idiot et Crime et Châtiment. Contrairement à Pouchkine, le récit se déroule dans les quartiers populaires où vivent ouvriers et employés.

Les principaux écrivains du 20ème siècle sont Vladimir Nabokov, Andreï Biély (auteur du roman symboliste Pétersbourg) et Ievgueni Zamiatine ainsi que la fraternité Sérapion. Anna Akhmatova est un a joué un rôle majeur dans la poésie russe : son poème Réquiem est le récit des tragédies humaines durant la terreur stalinienne. Joseph Brodsky est un autre auteur pétersbourgeois important du 20 ème siècle, prix Nobel de littérature (19887) : bien que vivant aux Etats Unis, ses écrits anglais traitent de la société de Saint-Pétersbourg d'un point de vue très particulier créé par sa double position de natif et d'étranger.

De même que du temps des tsars Pouchkine et Dostoïevski avaient été poursuivis et condamnés par le pouvoir, après la Révolution d'Octobre de nombreux auteurs originaires ou vivant à Saint-Pétersbourg furent assassinés, contraints à changer de métier ou à émigrer.

[modifier] Théatres et salles de musique

le théatre Mariinsky
le théatre Mariinsky

La ville possède plus de 40 théâtres et salles de musique. Le théâtre Mariinsky est une des salles d'opéra les plus connnues au monde. Il héberge la ballet Kirov.

Le théâtre Alexandra (ou Alexandriski) a été créé par la tsarine Elisabeth I en 1756. La troupe de ce qui était le premier théâtre de Russie, était constituée à l'origine d'élèves de l'école des Cadets. Ce n'est qu'en 1832, que le théâtre s'installa dans le bâtiment prestigieux construit par l'architecte Carlo Rossi.

De nombreux compositeurs ont vécu et travaillé dans la ville : Mikhaïl Glinka, Modeste Moussorgski, Nikolaï Rimski-Korsakov, Piotr Ilitch Tchaïkovski, Igor Stravinski et Dmitri Chostakovitch. La Symphonie n° 7 de Chostakovitch a une importance particulière pour la ville : achevée à Léningrad durant le siège de 1941, elle devient à l'époque le symbole de la résistance et de la culture russe. La première représentation eu lieu à Moscou, mais la symphonie fut également jouée dans la ville le 8 aout 1942, alors que le siège se poursuivait, malgré les risques pris par les spectateurs et les musiciens. La représentation fut retransmise en direct par la radio dans tout le pays.

[modifier] Le ballet

Saint-Pétersbourg est un des lieux les plus importants pour le développement du ballet en grande partie grâce aux danseurs et chorégraphes qui y ont vécu et exercé leur talent : Serge de Diaghilev, Marius Petipa, Vaslav Nijinski, Mathilde Kschessinska, Anna Pavlova. La ville possède sans doute la plus célèbre école de ballet du monde l'école de ballet Vagavona, dont la fondation remonte à 1738.

[modifier] Cinéma

L’apparition de l’industrie du film coïncide avec la fin de la période de l'épanouissement culturel de la ville. Durant l’ère soviétique, pratiquement aucun film russe d’envergure internationale et aucune production étrangère ne furent tournés dans la ville. Depuis 1990, parmi les films produits à Saint-Pétersbourg, on trouve essentiellement des adaptations de classiques de la littérature russe : une douzaine de films sont transposés d'Anna Karenine (les premières versions du temps du muet sont une version russe et une version française qui datent de 1911, la première production occidentale tournée sur les lieux le fut en 1997) ainsi que quelques adaptations de L'Idiot le roman de Dostoïevski (la première mise en scène russe remonte à 1910).

Quelques films retracent l’histoire de la ville. En dehors d’un grand nombre d'oeuvre de propagande soviétique, il n’existe jusqu’à présent que peu d’œuvres : parmi celles-ci figurent le film Nous, les vivants (italien 1942) qui est une adaptation du livre de Ayn Rand : ce récit de la révolution d’Octobre se veut une critique du fascisme italien. L’histoire de la fille du dernier tsar, Anastasia, a été portée à l’écran à de nombreuses reprises. Les versions les plus connues sont celle de 1956 avec Ingrid Bergman et la comédie musicale de Don Bluth (1977 américain), ancien chef dessinateur de Walt Disney. Cette comédie musicale qui porte autant sur l’histoire de la ville que sur son opulence esthétique, déforme tellement son sujet que l’on a du mal à reconnaître Saint-Pétersbourg. Les seuls films sur Saint-Pétersbourg ayant eu une audience internationale sont L'Arche russe qui retrace l’histoire de la ville et qui a été tourné en un seul plan séquence à l’Ermitage ainsi que le film La chute (qui retrace l'histoire des derniers jours d'Hitler) dont une partie fut tournée à Saint-Pétersbourg car certaines parties du centre-ville historique présentent de grandes ressemblances avec Berlin.

La ville n’est que rarement le cadre de fictions qui ne soient pas des adaptations d’œuvres littéraires. Les fictions utilisent Saint-Pétersbourg pour l’arrière-plan impressionnant qu’elle fournit. Le film de James Bond Goldeneye (1995) montre une ville quasiment post-apocalyptique. Un autre film d’action Minuit à St Petersbourg (Britannique, 1996) tente de compenser son absence de contenu par de magnifiques scènes tournées au milieu des principaux monuments de Saint-Péterbourg. Le film Onéguine (1999 avec entre autres Liv Tyler) dont le scénario s’inspire du poème de Pouchkine, délaisse le déroulement de l'histoire au profit de vues sur les monuments de Saint-Pétersbourg. La Maison Russie, un thriller d’espionnage avec Sean Connery, Michelle Pfeiffer et Klaus Maria Brandauer donne de la ville une image romantique grâce à des prises de vue esthétisantes et une bande-son symphonique.

[modifier] Musique

Dans les années 1980, à la suite de la disparition de la censure durant la Pérestroïka, un courant rock très vivant s’est développé à Léningrad. De nombreux groupes de rock se sont formés sous l’égide du club de rock de Léningrad. Les courants artistiques ont pu s’épanouir librement dans la ville contrairement à Moscou où les libertés étaient plus surveillées. Ces groupes et leurs interprètes continuent aujourd’hui à exercer une influence sur la scène musicale russe. Ce sont notamment le groupe Piterski Rock (Rock de Pétersbourg), Aquarium de Boris Grebenchtchikov, Kino de Victor Zoi, Alissa de Constantin Kourïochine, Zoopark avec Michail « Mike » Naoumenko ou DDT de Iouri Schevtchouk (d’Oufa).

Cette musique s’inspire de la musique occidentale mais possède des tonalités typiques que peuvent percevoir une oreille russe. Les textes des morceaux sont proches des textes des compositeurs de l’Âge d’Argent, une période d’épanouissement culturelle du début des années 1920 à Moscou et Saint-Pétersbourg .

[modifier] Le festival des nuits blanches

Au mois de juin (pendant deux-trois semaines) le soleil ne se couche quasiment pas : un festival international est organisé durant ces «nuits blanches » qui coïncident avec la fin de l'année scolaire. Des représentations musicales et théatrales exceptionnelles sont organisées mais également des spectacles plus populaires auquels assistent un grand nombre d'habitants : concert de musique de variétés, feu d'artifice, joute navale,...

[modifier] Démographie

Centre ville près du pont de Pevchesky
Centre ville près du pont de Pevchesky
Avenue Ispitateleï
Avenue Ispitateleï

Selon les résultats du recensement du 2 octobre 2002, Saint-Pétersbourg compte 4 159 635 habitants, ce qui représente environ 3 % de la population totale de la Russie. Le revenu moyen se montait au premier semestre 2007, selon les données officielles, à 15 100 roubles (soit 420 euros).

Depuis sa fondation, la ville connaît de grands contrastes sociaux. Depuis la Pérestroïka et la dissolution de l'Union Soviétique, ceux-ci se sont encore renforcés. Les gens qui mendient ou vendent leurs dernières possessions, ne sont certes plus visibles dans le centre-ville depuis le jubilé de 2003, mais font partie du paysage quotidien des quartiers périphériques. Environ 15 % de la population continue à vivre dans les Kommunalkas, ces appartements communautaires, dans lesquels plusieurs familles doivent partager un appartement comportant une seule cuisine et une seule salle de bains et ne disposent que d'une seule pièce en propre. Lorsque des nouveaux quartiers furent construits à la périphérie de Saint-Pétersbourg dans les années 1950-1980, près d’un demi-million de familles purent emménager dans des appartements neufs et environ 100 000 appartements en ville furent achetés par des familles appartenant à la classe moyenne. Bien que l’activité économique et sociale soit concentrée dans le centre historique, la partie la plus riche de la ville, la majorité de la population vit dans les quartiers périphériques.

L'emménagement à Saint-Pétersbourg n'est autorisé que si on dispose d'un logement et d'un travail ou si on épouse un habitant. Les organisations internationales du travail estiment qu'il y avait 16 000 enfants des rues en 2000. La ville qui était autrefois connue pour son caractère multi-culturel est aujourd'hui dominée, selon les statistiques officielles, par les russes "ethniques" qui représenteraient 89,1 % de la population. On compte par ailleurs 2,1 % de Juifs, 1,9 % d'Ukrainiens, 1,9 % de Biélorusses et de petits groupes de Tatars, Caucasiens, Ouzbeks, Caréliens et Finnois.

En dépit de l'athéisme prôné par le régime soviétique, on estimait en 2004 que seule 10 % de la population était athée. La majorité est de confession orthodoxe russe, en se répartissant entre les courants réformateur et conservateur. Les bâtiments religieux appartiennent en grande majorité à l'état russe. Pierre le Grand avait interdit à Saint