Rhume

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Rhume
Classification et ressources externes
Rhinovirus.PNG
Les rhinovirus sont la principale cause du rhume banal.
CIM-10 J00.0
CIM-9 460
DiseasesDB 31088
MedlinePlus 000678
eMedicine aaem/118  med/2339
MeSH D003139
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La rhinopharyngite (ou nasopharyngite, communément nommée rhume banal) est une infection fréquente et généralement bénigne des voies aériennes supérieures (cavité nasale et pharynx) par un virus, principalement les picornaviridés (dont les rhinovirus), les adénovirus ou les coronavirus.

Les symptômes principaux du rhume banal se manifestent par une rhinite (éternuements, toux, congestion et écoulement nasal de mucus), une pharyngite, une conjonctivite, des myalgies, de la fatigue, des maux de tête, voire de la fièvre et une perte d’appétit.

Il s’agit de l’infection respiratoire la plus fréquente chez le jeune enfant.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « rhume » est emprunté au bas latin « rheuma » signifiant « flux marin » ou « catarrhe », terme lui-même emprunté au grec « rheuma » signifiant « eau qui coule » qui s'est spécialisé en médecine, initialement pour tout type d'écoulement corporel[1]. Le mot dérive du grec rhein, « couler » qu'on retrouve dans le suffixe -rrhée (cf. diarrhée par exemple). Hormis la rhinopharyngite, le terme peut aussi désigner une rhinite ayant pour cause le rhume des foins (rhinite allergique) l'allergie aux pollens, le rhume de cerveau (coryza), et aussi d’autres types d’infections, comme une synovite (rhume de hanche).

Mode de transmission[modifier | modifier le code]

L'infection par un rhinovirus est la cause la plus fréquente (40 %) des infections respiratoires bénignes, les autres étant dues à divers virus, notamment coronavirus, adénovirus, virus respiratoire syncytial, virus influenza (responsable de la grippe), virus para influenza. Les virus responsables du rhume banal se transmettent entre les individus de deux façons : par aérosol, généré lors de la toux ou de l’éternuement ; et par contact avec de la salive ou des sécrétions nasales contaminées.

Le virus inhalé contamine les cellules du nasopharynx (l’espace situé entre le nez et la gorge) et se multiplie rapidement. Les points d’entrée principaux sont le nez, mais aussi les yeux (dans ce cas, la contamination du nasopharynx s’effectue par drainage du liquide via le canal lacrymonasal).

La période d'incubation est en général de 2 à 5 jours, parfois moins.

Mode de propagation[modifier | modifier le code]

Le rhume est une maladie qui se manifeste souvent par temps froid. Cette périodicité s’explique par plusieurs phénomènes :

  • la promiscuité due aux comportements en hiver (dans les transports en communs, dans des restaurants…) favorisant la transmission virale ;
  • L’air est plus sec en hiver, la muqueuse du nez est aussi plus fragile et, par conséquent, plus vulnérable aux virus[2].

La croyance populaire attribue aux conditions hivernales – la pluie et le froid – l'origine des rhumes[3]. Bien que le rhume soit plus fréquent l'hiver, aucune expérience scientifique n'a établi que l'exposition à court terme au froid puisse augmenter la susceptibilité à l'infection, suggérant fortement que la variation saisonnière du nombre d'infections serait due par exemple à des changements comportementaux tels qu'une plus grande promiscuité et des séjours prolongés dans des lieux confinés[4],[5],[6],[7].

Traitement[modifier | modifier le code]

Le rhume est une maladie bénigne chez l’adulte, qui guérit généralement spontanément. Il n’existe aucun traitement médicamenteux antiviral reconnu qui agisse sur l’agent responsable du rhume banal. L'apport de zinc peut rendre plus difficile l'adhésion virale sur les cellules de la muqueuse rhino-pharyngée par diminution de l'expression de l'intercellular adhesion molecule-1 (ICAM-1)[8]. Dans ce cas, une approche préventive est recommandée chez les sujets à risque[9]. Cette supplémentation en zinc ne doit pas se faire seule mais être accompagnée d'autres vitamines et micronutriments[10]. Le zinc permet ainsi de diminuer la durée et la sévérité du rhume[11]. Les antibiotiques ne sont par ailleurs pas indiqués, n’ayant aucun effet sur les virus.

Le traitement médical permet en revanche de soulager les symptômes, notamment la congestion nasale, les maux de têtes et la fièvre. Le traitement préventif consiste à limiter la propagation virale en appliquant les mesures des comportements-barrière ou encore d’hygiène des mains afin d’empêcher toute diffusion manuportée.

Complications[modifier | modifier le code]

Bien que bénignes, ces infections présentent toutefois un risque chez les sujets à risque (asthmatique, insuffisant respiratoire) ou fragilisés (enfants, personnes âgées, fumeur). La complication principale est la surinfection (ou co-infection) bactérienne (principalement par les pneumocoques), la sinusite la décompensation en bronchite chronique ou encore en emphysème.

Chez l'enfant[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’une maladie très courante provoquée par l’adaptation du système immunitaire à l’environnement rempli de germes et virus. Transmise par voie aérienne, on ne la trouve pas dans les premiers mois car les anticorps maternels défendent encore l’enfant après sa naissance. Écoulements nasaux, fièvre, inflammation des tympans marquent la crise typique de cette pathologie qui guérit spontanément en moins d’une semaine. Une laryngite striduleuse apparaît parfois. Des formes chroniques ou une surinfection peuvent compliquer cette pathologie. Les cellules de l'intérieur du nez produisent un liquide visqueux, le mucus, plein d'anticorps qui emprisonnent les microbes. Alors il vaut mieux se moucher que renifler car les microbes emprisonnés montent alors jusqu'aux oreilles et se reproduisent ce qui peut parfois causer des otites.[réf. nécessaire]

Traitement[modifier | modifier le code]

Il existe de nombreux traitements en médecine traditionnelle ou populaire[12]. Le traitement médical courant est symptomatique. Il consiste en une bonne hydratation de l’enfant, et une désobstruction du rhinopharynx régulière (mouchage et éventuel lavage nasal).

Une fièvre élevée peut nécessiter l’administration d’antipyrétique. En cas de surinfection bactérienne, on utilisera des antibiotiques. La prévention des récidives de la forme chronique peut se faire avec des immunostimulants, une oligothérapie ou des cures thermales. Une supplémentation en zinc immédiatement avant et durant la période hivernale peut avoir un effet bénéfique[13]. Dans ce cas, l'association avec d'autres vitamines et oligoéléments (cuivre, fer) est recommandée afin de ne pas induire une déplétion de ces éléments traces[14]. Dans la forme chronique, l’ablation des végétations peut être indiquée.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une affection très fréquente : chaque adulte a en moyenne, chaque année, environ quatre épisodes infectieux des voies aériennes[15]. Ils sont encore plus fréquents chez l'enfant. Le coût résultant est très important : plus de 20 milliards de dollars par an aux États-Unis[16].

Histoire[modifier | modifier le code]

Bien que les causes du rhume aient été découvertes durant les années 1950, la maladie suit en réalité l'humanité depuis l'Antiquité[17], en mutant fortement. Ces symptômes et traitements ont été décrits dans le Papyrus Ebers, le plus ancien texte médical, rédigé au XVIe siècle av. J.-C.[18]. Le terme de « rhume banal » est utilisé depuis le XVIe siècle, suite à ses symptômes et à son exposition dans de faibles températures[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française. Edition Le Robert 2006. ISBN 2-84902-236-5
  2. « Mythes et réalités des bobos d’hiver », Canoe (consulté le 1er décembre 2008).
  3. (en) Zuger, Abigail 'You'll Catch Your Death!' An Old Wives' Tale? Well . . . The New York Times (4 mars 2003). Consulté le 12 octobre 2008.
  4. (en) Dowling HF, Jackson GG, Spiesman IG, Inouye T, « Transmission of the common cold to volunteers under controlled conditions. III. The effect of chilling of the subjects upon susceptibility », American journal of hygiene, vol. 68, no 1,‎ 1958, p. 59–65 (PMID 13559211)
  5. (en) Eccles R, « Acute cooling of the body surface and the common cold », Rhinology, vol. 40, no 3,‎ 2002, p. 109–14 (PMID 12357708)
  6. (en) Douglas, R.G.Jr, K.M. Lindgren, and R.B. Couch, « Exposure to cold environment and rhinovirus common cold. Failure to demonstrate effect », New Engl. J. Med, vol. 279,‎ 1968
  7. (en) Douglas RC, Couch RB, Lindgren KM, « Cold doesn't affect the "common cold" in study of rhinovirus infections », JAMA, vol. 199, no 7,‎ 1967, p. 29–30 (PMID 4289651, DOI 10.1001/jama.199.7.29)
  8. (en) Prasad AS et al. « Duration and severity of symptomes and levels of plasma interleukin-1 receptor antagonist, soluble tumor necrosis factor receptor, and adhesion molecules in patients with common cold tretade with zinc acetate. » J. Infect. Dis. 2008; 197:795-802
  9. (en) Kurugöl Z. et al. « The prophylactic and therapeutic effectiveness of zinc sulphate on common cold in children » Acta Pædiatrica, 2006; 95:1175-1181
  10. (en) Sandstead HH, Penland JG, Alcock NW, et al. « Effects of repletion with zinc and other micronutrients on neuropsychologic performance and growth of Chinese children. » Am J Clin Nutr 1998;68(suppl):470S–5S
  11. (en) Singh M, Das RR, Zinc for the common cold, Cochrane Database of Systematic Reviews 2011, Issue 2. Art. no : CD001364. DOI:10.1002/14651858.CD001364.pub3.
  12. SAILLANT Francine, Le rhume et la grippe. Recettes québécoises de médecine populaire, Ethnologie française, XXI, 2, 1991a, pp. 126-134
  13. (en) Hulisz D. « Efficacy of Zinc Against Common Cold Viruses: An Overview » J Am Pharm Assoc. 2004;44:594–603
  14. (en) Allen LH et al. « Provision of Multiple Rather Than Two or Fewer Micronutrients More Effectively Improves Growth and Other Outcomes in Micronutrient-Deficient Children and Adults. » J. Nutr. 139: 1022–1030, 2009
  15. (en) Garibaldi RA, Epidemiology of community-acquired respiratory tract infections in adults. Incidence, etiology, and impact, American Journal of Medicine, 1985;78:32-7
  16. (en) Fendrick AM, Monto AS, Nightengale B, Sarnes M, The economic burden of non-influenza-related viral respiratory tract infection in the United States, Archives of Internal Medicine, 2003;163:487-94
  17. (en) Eccles Pg. 3
  18. Eccles Pg.6
  19. (en) « Cold », sur Online Etymology Dictionary (consulté le 12 janvier 2008)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]