Kelzang Gyatso

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Kelzang Gyatso
Image illustrative de l'article Kelzang Gyatso

Nom de naissance
Nom de réincarnation Kelzang Gyatso
Date de naissance
Lieu de naissance Litang, Kham, Tibet
Date de décès (à 48 ans)
Lieu de décès Lhassa
Successions
Précédent Tsangyang Gyatso Jamphel Gyatso Suivant

Kelzang Gyatso (tibétain : བསྐལ་བཟང་རྒྱ་མཚོ་, Wylie : Bskal-bzang Rgya-mtsho, pinyin tibétain : Gaisang Gyaco) ( à Litang, Kham - à Lhassa) est le 7e dalaï-lama, un érudit, méditant, auteur et mystique tibétain. Un poème attribué au 6e dalaï-lama mentionne sa réincarnation à Litang. Il vécut un moment de grandes turbulences en Asie centrale. L'influence de l'Empire mongol au Tibet se réduit, laissant davantage de place à la domination directe de la Chine impériale mandchoue de la dynastie Qing.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rétrospectivement, les Tibétains croient que le 6e dalaï-lama a prédit sa propre renaissance à Litang dans le Kham dans une chanson[1] : « Oiseau blanc (grue blanche) prête-moi tes ailes, Je n'irai pas loin. Ayant fait le tour de Litang Je reviendrai bientôt »[2].

Contexte de la rivalité entre les Mongols qoshots et dzoungars[modifier | modifier le code]

Lkhazan Khan, devenu khan qoshot dont le khanat (XVIe siècle1724) est autour de Kokonor (nom mongol du Qinghai) en 1703 tue en 1705 Sangyé Gyatso, le régent du Tibet, détrône Tsangyang Gyatso, le 6e dalaï lama, qui meurt en 1706, et prend le titre de roi du Tibet. Il fit nommé Yeshe Gyatso (en) comme[réf. nécessaire] nouveau dalaï-lama en 1707 avec l'accord de l'empereur mandchou Kangxi[3].

Le 7e dalaï-lama est né en 1708 de Sonam Dargya et Lobsang Chotso à Litang, deux ans après la disparition du 6e dalaï-lama[1]. Lkhazan Khan le fait choisir.[réf. nécessaire]

L'enfant étonne au monastère de Thupten Jampaling par ses prodiges. L'oracle du monastère de Litang prédit qu'il serait la réincarnation du précédent dalaï-lama.[réf. nécessaire]

Les Dzoungars (Mongols Oïrats) du Xinjiang gouvernés par Tsewang Rabtan envoient prennent à l'aide de 6000 hommes dirigés par Tsewang Dondub, son frère, qui traverse la cordillère du Kunlun, arrivent à Lhassa en décembre 1717, qu'ils pillent, et tuent Lkhazan Khan[4]

Le jeune garçon est menacé, et est emmené par son père au monastère de Kumbum, près de Xining, dans le Kokonor.[réf. nécessaire]

Les Khalkhas, alliés du des empereurs chinois mandchous de la dynastie Qing depuis 1691 (et jusqu'à la chute de l'empire en 1911)[5] se rallient alors à l'empereur mandchou, Qianlong pour chasser les Dzoungars à Lhassa, puis reconquérir les territoires de Mongolie et du Xinjiang.

Relations avec le pouvoir mandchou à Lhassa[modifier | modifier le code]

Le , les troupes de l'empereur de Chine, Qing Kangxi prennent Lhassa et en chassent les Dzoungars.

Le 16 octobre de la même année, Kelzang Gyatso est intronisé au palais du Potala, avec le soutien de la dynastie Qing[6],[7] et reçoit les vœux de moine novice du Lobsang Yeshe, 5e panchen-lama[1], qui lui donne le nom de Kelsang Gyatso, puis les vœux complets en 1726, lors de Saga Dawa (Anniversaire de Bouddha, 4e mois du calendrier tibétain). Il eut pour professeurs : Le 5e panchen-lama, l'abbé du monastère de Gyurmey, celui du monastère de Shalu, Ngawang Yonten, qui lui apprend les traités philosophiques bouddhistes principaux[1].

Fondation du Kashag[modifier | modifier le code]

En 1751, à 43 ans, il fonde le « Kashag » ou conseil des ministres pour administrer le gouvernement tibétain et supprime le poste de régent du Tibet (desi), car trop de pouvoir sont dans les mains d'un seul homme. À 45 ans, il fonde l'école de Tsé, située au sommet du palais du Potala et construit le Norling Kalsang Phodrang au Norbulingka[1].

L'école de Tsé formait les cadres du gouvernement du Tibet. Les diplômés de cette école qui voulaient travailler dans la fonction publique devaient subir un entraînement plus poussé dans une école religieuse. Les fonctionnaires laïcs étaient principalement formés à l'école de Tse[8].

Relations inter-religieuses[modifier | modifier le code]

Il autorisa la construction de l'Église catholique de Lhassa sur les hauteurs de la ville pour les 25 chrétiens de la capitale du Tibet[9].

Première marque de relations inter-religieuses qui réapparaîtront au XXe siècle, le pape Benoît XIV écrit une lettre pour le 7e dalaï-lama qu'il remet au père Francesco della Penna. Dans un premier temps, les missionnaires catholiques se virent accorder une pleine liberté de culte et de prédication, mais, après la conversion d'une vingtaine de tibétains qui refusèrent après cela de participer aux prières lamaïques obligatoires, après un long procès, cinq d'entre eux furent publiquement flagellés le et les missionnaires catholiques durent partir pour le Népal[10].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Le 7e dalaï-lama était un grand lettré. Il a écrit de nombreux livres, portant principalement sur les tantras. Il était aussi un grand poète abordant des thèmes spirituels. Il est mort en 1757[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) The Seventh Dalai Lama, Kelsang Gyatso, site du Dalaï-Lama
  2. Alexandra David-Néel, Textes tibétains inédits, Éditions Pygmalion, 1977, p. 96, (poésie attribuée à Tsangyang Gyatso)
  3. René Grousset, « L’Empire des steppes — Attila, Gengis-khan, Tamerlan », Classiques de l'Université du Québec à Chicoutimi, page 656 : « Depuis la mort du dalaï-lama Nag-dbang bLo-bzang, entre 1680 et 1682, l’Église lamaïque était administrée par le de-srid laïque Sangs-rgyas rgya-mcho qui gouvernait à sa guise, d’abord au nom du feu pontife, prétendu toujours vivant, puis (1697) au nom d’un jeune garçon promu par lui dalaï-lama. Or Sangs-rgyas était acquis, contre la Chine, au parti djoungar. L’empereur K’ang-hi, suscita contre lui le khan khochot du Koukou-nor, Latsang-khan, qui, en 1705-1706, entra à Lhassa, mit Sangs-rgyas à mort et déposa le jeune dalaï-lama choisi par ce dernier. Après des intrigues assez compliquées, Latsang-khan et K’ang-hi firent nommer un nouveau dalaï-lama, muni de l’investiture chinoise (1708-1710). »
  4. René Grousset, « L’Empire des steppes — Attila, Gengis-khan, Tamerlan », Classiques de l'Université du Québec à Chicoutimi, page 656-657 : « Tséwang Rabdan vit ces changements d’un mauvais œil....Vers juin 1717 il envoya au Tibet une armée commandée par son frère Tséreng Dondoub qui, de Khotan, par une marche d’une audace inouïe à travers le Kouen-lun et les hauts plateaux désertiques, marcha droit sur le district de Nagtchou-dzong[...]Latsang réussit jusqu’en octobre à arrêter l’ennemi à un défilé entre Nagtchoudzong et le Tongri-nor, sans doute au pas de Chang-chong-la ; à la fin il dut battre en retraite sur Lhassa, suivi à la piste par l’armée de Tséreng Dondoub. Le 2 décembre 1717 une trahison ouvrit à ce dernier les portes de Lhassa. Pendant trois jours les troupes djoungares massacrèrent tous les tenants, réels ou supposés, du parti chinois. Latsang khan qui avait cherché à défendre le Potala, fut tué dans sa fuite. »
  5. René Grousset, « L’Empire des steppes — Attila, Gengis-khan, Tamerlan », Classiques de l'Université du Québec à Chicoutimi, p.652 « K’ang-hi réunit au Dolon-nor en mai 1691 une diète où les principaux chefs khalkha et, en tête, le Touchétou-khan et le Setchen-khan, se reconnurent vassaux de l’Empire sino-mandchou, lui payant désormais tribut, recevant en revanche une pension sur la cassette impériale et unis à lui par un lien de fidélité personnelle qu’allaient cimenter de temps en temps des alliances de famille.[...]Le fait est que le jour où, en 1912, la dynastie mandchoue s’écroulera, remplacée par la République chinoise, les princes mongols, s’estimant déliés du serment de fidélité, se déclareront indépendants. »
  6. Glenn H, The Fourteen Dalai Lamas: A Sacred Legacy of Reincarnations, (2001) Clear Light Publishers. (ISBN 1-57416-092-3)
  7. Ram Rahul, Central Asia : an outline, Concept Publishing Company,‎ (ISBN 9788170226796, présentation en ligne)
  8. Jetsun Pema, Tibet, mon histoire, Éd : Ramsay
  9. Gilles van Grasdorff, À la découverte de l’Asie avec les Missions étrangères, Omnibus, juin 2008 (ISBN 978-2-258-07693-8), p. 666
  10. Alexandra David-Néel, Voyage d'une Parisienne à Lhassa, édition Omnibus de 1994, pp. 280-282. Voyez aussi (it) : The visit of the Dalai Lama - Pennabilli (PS-Italy).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres du 7° dalaï-lama[modifier | modifier le code]

  • (en) Selected Works of the Dalai Lama VII: Songs of Spiritual Change, trad. par Glenn H. Mullin, Snow Lion, coll. "Teachings of the Dalai Lamas", 2° éd. révisée 1985, 225 p.
  • (en) Gems of Wisdom from the Seventh Dalai Lama, trad. Glenn H. Mullin, Snow Lion, 1999.
  • Gilles Van Grasdorff, Paroles des Dalaï-Lamas. Un message spirituel pour les hommes d'aujourd'hui et de demain (1996), trad. Vincent Dupont, Marabout, 1997, 275 p.

Études sur le 7° dalaï-lama[modifier | modifier le code]

  • Bernard Baudouin, Le grand livre des Dalaï-Lamas. Transmission du pouvoir spirituel dans le bouddhisme tibétain, éd. de Vecchi, 2004, 134 p. (ISBN 2-7328-8185-6)
  • Roland Barraux, Histoire des Dalaï-Lamas. Quatorze reflets sur le Lac des Visions, Albin Michel, coll. "Espaces libres", 2002, 393 p. ISBN 2-226-13317-8
  • Martin Brauen, Les Dalaï-Lamas. Les 14 réincarnations du bodhisattva Avalokiteshvara, Favre, 2005, 303 p.
  • Glenn H. Mullin, Les quatorze Dalaï-Lamas (2001), préface du 14° Dalaï-Lama, trad. Philippe Beaudoin, Éditions du Rocher, 2004, 616 p.
  • (en) Xiangyun Wang, “The Qing Court's Tibet Connections: Lcang skya Rol pa'i rdo rje and the Qianlong Emperor”, Harvard Journal of Asiatic Studies, vol. 60, no 1, 2000, p. 125-163.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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