Lancelot Théodore Turpin de Crissé

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Lancelot-Théodore comte Turpin de Crissé

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Portrait par Louis-André-Gabriel Bouchet.

Naissance 9 juillet 1782
Paris
Décès 15 mai 1859
Paris
Nationalité Française Drapeau de la France
Activités Peintre, lithographe, dessinateur, membre libre de l'Académie des Beaux-Arts et inspecteur général du département des Beaux-Arts.
Mouvement artistique Néoclassicisme
Mécènes Marie-Gabriel-Florent-Auguste Choiseul-Gouffier et Joséphine de Beauharnais.
Influencé par Girodet
Récompenses médaille d'or du salon de 1835.
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Lancelot-Théodore comte Turpin de Crissé est un peintre d'histoire, scènes de genre, de paysages, d'architectures et un écrivain français né à Paris le 9 juillet 1782 et mort dans cette même ville le 15 mai 1859.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'Ancien Régime, la Révolution et l'Empire (1782-1815)[modifier | modifier le code]

Né le 9 juillet 1782 à Paris, Lancelot-Théodore Turpin de Crissé, était le fils d' Henri Roland Lancelot Turpin de Crissé (19 mai 1754 à Paris - vers 1799 à Philadelphie) et d'Émilie-Sophie de Montullé (8 mai1756 - 12 mai 1816).

Issu d'une famille d'artistes et de collectionneurs (dont sa grand-mère Élisabeth Haudry) ruinés avant la Révolution, il fut protégé par son parrain Choiseul-Gouffier qui l'emmena en Suisse. Il lui commanda et acheta des tableaux pour le racheter de la conscription et l'envoya à Rome finir ses études. De retour en France en 1809, Caroline Bonaparte, reine consort de Naples, le prince Eugène et l'impératrice Joséphine lui accordèrent leur protection et il devint chambellan de cette dernière après son divorce de Napoléon jusqu'en 1815. Ils visitèrent ensemble la Savoie et l'Italie vers 1810 puis il fut nommé en novembre 1816 membre de l'Institut. Un nombre impressionnant de dessins rapportés de ses voyages traduisent son goût pour les arts, goût inculqué par son père, qui s'était rendu compte de ses dons précoces. Turpin de Crissé exposa au Salon de 1806 (année de sa médaille d'or) à 1835, le plus souvent des vues d'Italie, telle la vue de la façade de Santa Maria dei Miracoli à Venise, et des paysages historiques. En 1832, il présentera 4 paysages à la Royal Academy de Londres.

De retour en France, il exposa au salon de 1809. Il se lia avec Girodet qui eut une influence sur lui dans sa manière d'appréhender la technique du paysage. Il épousa le 16 novembre 1813 sa cousine issue de germaine, Adèle de Lesparda (1789 - 1861), fille de Jean, baron de Lesparda, président du canton de Montereau et conseiller général de Seine-et-Marne, et d'Adélaïde Haudry de Soucy, dont il n'eut pas d'enfant.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (10e division)[1].

armes Turpin de Crissé

La Restauration (1815-1830)[modifier | modifier le code]

Lors de la Restauration, il fut nommé en novembre 1816 membre libre de l'Académie des Beaux-Arts et membre de la commission de Beaux-Arts. Il devient membre du conseil des musées royaux en 1824 et inspecteur général du département des Beaux-Arts en 1825 la même année, il reçoit la croix de la Légion d'honneur et la charge de directeur de la gravure des cérémonies royales, chargé de l'album du Sacre qui ne sera jamais réalisé. Il est nommé gentilhomme honoraire de la chambre du roi en 1829.

Il fit durant cette période trois voyages en Italie: en 1818 pour préparer le salon de 1819, en 1824 pour compléter ses albums et en 1829 pour sa nomination à l'Académie des Beaux-Arts de Venise. Il signait du monogramme T T surmonté de la croix comtale. Ses études et dessins des sept séjours italiens de jeunesse rassemblés en carnets furent publiés en 1828 sous le titre de Souvenirs du golfe de Naples, avec 39 planches d'après ses dessins, et dédicacés à la duchesse de Berry et à son fils le duc de Bordeaux.

La monarchie de Juillet (1830-1859)[modifier | modifier le code]

Fervent légitimiste, à l'avènement de la monarchie de Juillet, il démissionna de ses fonctions en 1830 pour rentrer dans sa vie privée. Il présenta encore des œuvres aux salons de 1833, 1835 et 1837 et au salon de la Royale Académie de Londres en 1832. Il fit paraître en 1835 Souvenirs du vieux Paris, exemples d'architecture de temps et de styles divers. Il continua à peindre et à militer en faveur des Bourbons jusqu'à sa mort, le 15 mai 1859 à Paris et fut inhumé au cimtière parisien du Père-Lachaise, division 10.

Il a été portraituré par:

Collection[modifier | modifier le code]

Lors de la Restauration, ayant hérité d'un cousin Lusignan, il se constitua un cabinet éclectique comprenant des œuvres de peintres contemporains : Jean-Joseph Bidauld, Merry-Joseph Blondel, Antoine-Félix Boisselier, Alexandre-François Caminade, Antoine-Laurent Castellan, Auguste Couder, André Giroux, François Marius Granet, Heim, Charles-Victor Moench-Munich, Jean-Charles Rémond, Louise-Joséphine Sarazin de Belmont, et surtout Jean Auguste Dominique Ingres (Paolo et Francesca). Il contenait aussi quelques Primitifs, en particulier un triptyque de l'école d'Avignon provenant de la collection de son ami, le peintre Charles Révoil, et un diptyque donné à l'école flamande de la fin du XVe siècle, La Vierge et l'Enfant ainci que Le Portrait équestre d'Henri IV de Jean-Baptiste Mauzaisse.

Il acquit également de nombreuses antiquités pour augmenter ses collections qu'il choisit de léguer au musée des Beaux-Arts d'Angers :

Il avait en effet été recueilli assez jeune au château d'Angrie, en Anjou par une parente éloignée qui s'était ému du dénuement de sa mère en Angleterre, d'où son père, était reparti seul émigrer en Amérique. La famille qui vivait jusque-là très chichement de la vente de gouaches sur ivoire trouva en Lancelot-Théodore une nouvelle source de revenus. Son premier tableau Le passage de la Loire par les Vendéens de 1793 date de ces années noires dont il devait se souvenir lors de son second "exil" d'août 1830, évoquant dans une lettre "un talent qui allait pour la deuxième fois lui devenir nécessaire" et s'y exclamant « quel roman que ma vie ! »

Ces collections sont conservées depuis 1861, dans le Logis Pincé de son ami le peintre Guillaume Bodinier.

Expositions[modifier | modifier le code]

Afin de faire mieux connaître ce peintre autodidacte et peu connu, une exposition destinée à réhabiliter Lancelot-Théodore Turpin de Crissé eut lieu au Musée des Beaux-Arts d'Angers du 16 décembre 2006 au 15 avril 2007; à cette occasion, le musée des beaux-arts de Boston avait prêté à la France le Temple of Antonius and Faustina et The bay of Naples; cette exposition a été ensuite présentée à Boulogne-Billancourt, à la bibliothèque Marmottan du 10 mai au 30 juin 2007.

Le musée du Louvre possède 2 peintures de lui : une Vue d'une partie du palais ducal et de la Piazzetta à Venise et un Paysage au torrent avec daims attaqués par des loups, ainsi que de nombreux dessins.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catalogue de l'exposition Angers-Boulogne-Billancourt, Lancelot-Théodore Turpin de Crissé 1782-1859, La Spezzia, 2006, édité par Somogy, (ISBN 2-7572-0044-5).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ 1908 (lire en ligne), p. 336