Cimetière de Picpus
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| Cimetière de Picpus | |
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Entrée du cimetière (La Chapelle) |
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| Pays | |
| Région française | Île-de-France |
| Ville | Paris |
Le cimetière de Picpus est le seul cimetière privé de la ville de Paris (France). Il a été creusé en juin 1794 au fond du jardin d’un couvent dont les religieuses, chanoinesses de Saint-Augustin, ont été chassées 2 ans plus tôt, pendant la Révolution française. A l'entrée du cimetière se situe la chapelle Notre-Dame-de-la-Paix de Picpus.
Situé au 35 rue de Picpus dans le 12e arrondissement, il ne se visite que l'après-midi, de 14h à 18h (entrée : 3 €).
Ce site est desservi par les stations de métro : Picpus et Nation.
Sommaire |
[modifier] Histoire
Le cimetière est situé sur l'ancien domaine du couvent des chanoinesses de Saint-Augustin (dites aussi de Notre-Dame de la victoire de Lépantes), installé en 1640 par Louis XIII. Il reste un pavillon de cette époque ainsi que quelques vestiges de la chapelle.
Les révolutionnaires ferment ce couvent qui est déclaré bien national. Or, à quelques minutes de ce lieu se trouve la place de la Nation où la guillotine est érigée du 13 juin au 27 juillet 1794. La Terreur avait atteint son paroxysme. Cette place, anciennement appelée place du Trône avait été rebaptisée « place du Trône renversé ». 55 personnes par jour y furent exécutées. De toutes conditions sociales, ces personnes étaient condamnées par le tribunal révolutionnaires pour leur statut (noble ou religieux) ou pour délit d'opinion. "Si le peuple ne comprend pas, changeons le peuple" dit l'adage. C'est la chute de Robespierre qui mit fin à cette folie totalitaire.
La partie nord-est du jardin de l'ancien couvent (devenu entre temps une maison de santé, pour personnes riches désirant échapper à la guillotine, moyennant une pension exorbitante -sic)[1] est choisi pour servir de fosses communes aux suppliciés.
Une première fosse est creusée et les corps décapités y furent jetés, nobles, nonnes, marchands, soldats, artisants, ouvriers, aubergistes, etc mêlés. Une deuxième fosse fut creusée quand la première fut pleine. Une troisième fosse a également était découverte en 1929 mais elle n'a pas contenu de cadavre. La chapelle de l'ancien couvent était utilisée par les fossoyeurs comme bureau afin d'inventorier les vêtements dont ils dépouillaient les victimes[2].
Les noms des 1306 personnes qui y furent enterrées sont gravés sur deux plaques de marbre accrochées près du choeur de la chapelle. Parmi les 1 109 hommes figurent 108 nobles, 108 ecclésiastiques, 136 moines (gens de robe), 178 militaires et 579 roturiers. Parmi les 197 femmes, il y avait 51 nobles, 23 nonnes et 123 roturières. Le jardin et ses fosses furent alors entourés d'un mur.
Parmi les femmes, seize carmélites de Compiègne, âgées de 29 à 78 ans, furent conduites ensemble à l'échafaud chantant des hymnes. Elles furent béatifiées en 1906.
Le gouverneur des invalides de l'époque, de Sombreuil, âgé lui même de 76 ans, est tué pour la seule raison d'être noble. On compte aussi les poètes Roucher et Chénier. Sur la plaque commémorant le souvenir de ce dernier, on peut lire "servit les muses, aima la sagesse, mourut pour la vérité".
En 1797, le jardin fut acheté en secret par la princesse Amélie de Hohenzollern-Sigmaringen (épouse du Prince souverain de Hohenzollern-Sigmaringen), car le corps de son frère, le prince Frédéric II de Salm-Kirburg, guillotiné en 1794, y reposait
En 1803, une souscription est organisée pour acquérir l’ancien couvent des chanoinesses ainsi que les terrains avoisinant les fosses communes. Des familles dont les membres avaient été exécutés, fondèrent le Comité de la Société de Picpus pour l'acquisition du terrain, afin d'y établir un second cimetière près des fosses (il n'y a pas de date précise de la fondation de la Société, mais la liste de souscription enregistre son 1er versement en juillet 1802; elle a été close en 1819). Dans une réunion tenue en 1802, les souscripteurs désignèrent 11 d’entre eux pour former le Comité :
- Mme de Montagu, née L. D. de Noailles, présidente
- M. Maurice de Montmorency
- M. Aimard de Nicolaï
- Mme veuve Le Rebours, née Barville
- Mme veuve Freteau, née Moreau
- Mme la marquise de La Fayette, née Adrienne de Noailles
- Mme veuve Titon, née Benterot
- Mme veuve de Faudoas, née de Bernières
- Mme veuve Charton, née Chauchat
- M. Philippe de Noailles de Poix
- M. Théodule de Grammont
Beaucoup de ces familles nobles utilisent encore le cimetière comme lieu d'inhumation. On y trouve également des plaques commémoratives en mémoire des membres de ces familles qui furent déportés et moururent dans les camps durant la Seconde Guerre mondiale.
Une communauté religieuse dirigée par la Mère Henriette Aymer de la Chevalerie et l’Abbé Pierre Coudrin s’installa à Picpus en 1805. Ce sont les Sœurs de la Congrégation des Sacrés Cœurs de Marie et de Jésus de l’Adoration Perpétuelle (pères et religieuses des Sacrés-Cœurs de Picpus) qui assurèrent dès lors un service à la mémoire des victimes et de leurs bourreaux.
Pendant la commune de Paris, cette communauté sera de nouveau touchée par la barbarie puisque 84 religieuses et 4 pères seront assassinées par les communards.
Sur le prospectus remis aux visiteurs de ce lieu de mémoire, il est précisé : "Comme l'ont voulu les fondateurs, l'on prie ici (...) non seulement pour les victimes mais aussi pour leurs bourreaux, victimes eux aussi d'une des premières manifestations du totalitarisme opposé à toute dignité humaine. Picpus est également un lieu de méditation et de pardon pour l'excès des hommes égarés par les idéologies matérialistes, et, avec la participation de la Congrégation des Soeurs, un lien d'amour des hommes et de confiance dans l'avenir".
Le major général de l'armée américaine, lieutenant de l'armée française, député de la Seine-et-Marne, Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, y est inhumé à côté de sa femme, née Adrienne de Noailles, dont l'une des quatre sœurs, Louise, la mère née Henriette d'Aguesseau et la grand-mère paternelle Catherine de Cossé-Brissac, figurent parmi ceux qui furent décapités et jetés dans les fosses communes.
Son cercueil sera recouvert avec la terre qu'il a ramené de Brandywine. Un drapeau américain flotte en permanence au-dessus de sa tombe. Il est renouvelé tous les 4 juillet, date de l'indépendance. L'ambassade des États-Unis vient lui rendre hommage ainsi que des représentants de la ville de Paris, du sénat et autres communautés d'amitié du "héros des deux mondes".
L'entrée du cimetière est située 35 rue de Picpus, dans le 12e arrondissement. La chapelle, où se trouve la liste des victimes est très simple et tenue par les sœurs des Sacrés-Cœurs. Elle porte de nom de la statue de Notre-Dame de la Paix, tenant l'Enfant Jésus sur son bras gauche, exposée à gauche du choeur. Scultée vers 1530, offerte par Henri de Joyeuse aux capucins du monastère de la rue Saint-Honoré, elle a la réputation d'être à l'origine de nombreuses guérions. C'est pourquoi une chapelle plus vaste a été construite dont le roi Louis XIV aurait participé à son inauguration, le 7 juillet 1658. 1 an plus tard, il est, dit-on, miraculeusement guéri[3] d'une des nombreuses maladies dont souffrait le roi soleil.
Le 16 août 1658, Louis XIV lui a même témoigné sa reconnaissance pour cette guérison.[4] Pleine de finesse, elle est faite de bois sombre et recouverte d'une courronne dorée.
Lire plus de précision sur l'histoire de cette statue sur le site de la congrégation des Sacrés-Coeurs
[modifier] Tombes célèbres
- La Fayette
- André Chénier, guillotiné le 7 thermidor an II dans les fosses à Picpus
- Aimé Picquet du Boisguy, général chouan.
- 1 306 victimes de la Terreur entre le 14 juin et le 27 juillet 1794
- Les Carmélites de Compiègne, guillotinées et enterrées dans une des deux fosses communes
- Jean-Antoine Roucher (1745-1794), poète, receveur des gabelles, guillotiné le 7 thermidor an II (voir la gravure La dernière charrette)
- Alexandre de Beauharnais, guillotiné le 5 thermidor an II (23 juillet 1794)
- Frédéric II de Salm-Kirburg, prince allemand, colonel des troupes allemandes, commandant du bataillon de la Fontaine-Grenelle, beau-frère du prince Aloys Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen et frère d'Amélie Zéphyrine de Salm-Kirburg, guillotiné le 6 messidor an II (23 juillet 1794).
- G. Lenotre, de l'Académie Française, historien de la révolution. Il a justement écrit l'histoire de ce lieu (voir la bibliographie ci-dessous).
[modifier] Liens internes
- Chapelle Notre-Dame-de-la-Paix de Picpus
- la Conspiration des prisons
- Liste des cimetières de Paris sous la Révolution
- Maison Blanchard à Picpus
- Coignard
- Pères et religieuses des Sacrés-Cœurs de Picpus
[modifier] Liens externes
- Histoire du cimetière
- Page du site de l'ambassade des États-Unis à propos de la tombe du général de la Fayette (voir sous « 12eme Arrondissement »)
[modifier] Références
- ↑ Vie et histoire du 12e arrondissement - Hervas - 1999
- ↑ Le Jardin de Picpus, G. Lenotre, Librairie académique Perrin, Paris, 1928
- ↑ fête de Notre Dame de la Paix, sur le site de la congrégation des sacrés coeurs
- ↑ Vie et histoire du 12e arrondissement - Hervas - 1999
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Picpus Cemetery ».
[modifier] Bibliographie
- Le Jardin de Picpus, G. Lenotre, Librairie académique Perrin, Paris, vers 1930

