Louis-Benoît Picard
Louis-Benoît Picard né le 29 juillet 1769 à Paris où il est mort le 31 décembre 1828, est un acteur et dramaturge français.
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Biographie [modifier]
Fils d’un avocat et neveu d’un médecin, Picard refusa de suivre la carrière du barreau ainsi que celle de la médecine, pour se livrer au théâtre vers lequel l’entraînait un gout que développa son ami François Andrieux. À l’âge de vingt ans, il fit représenter, en collaboration avec Joseph Fiévée, la comédie en un acte en prose le Badinage dangereux, au théâtre de Monsieur. La première de ses œuvres signalée par la critique est une comédie en cinq actes, en vers, intitulée Médiocre et rampant, ou le moyen de parvenir, qui fut représentée en 1797.
Cette même année, il se fit acteur et joua sur divers théâtres, sans s’élever au-dessus de la médiocrité. En 1801, il devint chef de troupe, obtint le privilège du théâtre Louvois, et produisit avec activité des œuvres dans lesquelles il jouait lui-même sur la scène dont il était directeur, ce qui le fit comparer à Molière.
L’Opéra-Buffa, dont les représentations avaient lieu trois fois par semaine dans la même salle, fut placé en 1804 sous sa direction. En 1807, il quitta l’état de comédien et entra à l’Académie française. À la fin de la même année, sa troupe ayant fusionné avec celle des Comédiens-Italiens, l’administration de l’Académie impériale de musique lui fut confiée jusqu’en 1816.
En 1816, il prit la direction de l’Odéon et, après ce théâtre eut été détruit par un incendie en mars 1818, il obtint de transporter sa troupe à la salle Favart. Le 6 janvier 1820, il ouvrit la nouvelle salle de l’Odéon et quitta la direction en 1821.
Le succès de Picard auprès de ses contemporains fut justifié par son naturel, sa franche gaieté, son talent de l’observation, l’art de faire saisir les ridicules et de développer une donnée scénique, alors que lui manquaient la profondeur, la force, et surtout le style. D’une grande faiblesse dans la versification et d’une vulgarité banale, d’une excessive diffusion dans la prose, la plupart de ses œuvres, où il s’est appliqué à peindre non les caractères, mais les mœurs, à la physionomie si variable suivant les époques, ne lui ont pas survécu.
Œuvres [modifier]
Dans Médiocre et rampant, Picard a cherché à représenter la société française telle que les bouleversements de la Révolution l’avaient rendue en 1797. Ce tableau, quelle qu’en puisse être la vérité, « étonne, dit Artaud, comme le spectacle des mœurs d’une peuplade inconnue ». L’Entrée dans le monde, comédie en cinq actes, en vers (1799), montre le mélange des parvenus insolents et des ci-devant ruinés, du luxe et de la grossièreté, avec l’avidité des jouissances caractérisant cette époque.
Duhautcours, ou le Contrat d’union, en cinq actes, en prose (1801), attaquait la fureur d’agiotage, les fortunes soudaines des fournisseurs et des faiseurs d’affaires qui avaient survécu au Directoire. Soit par crainte des sévérités du gouvernement, soit par obéissance à l’instinct de son talent, Picard cessa alors de mettre en scène les mœurs publiques pour se cantonner à la peinture des mœurs privées. La Petite ville, en quatre actes, en prose (1801), une de ses pièces les plus gaies montre qu’il gagna beaucoup à rester dans un genre plus conforme à la nature de son talent. Il réussit à représenter les petits ridicules, les petites prétentions, les étroites jalousies, les médisances et les commérages de la province; il trouva, sinon des caractères, du moins d’amusants personnages : le bel esprit Rifflard, la coquette madame Senneville, le processif Vernon, la sensible Nina.
Le succès de la Petite ville engagea l’auteur à tenter une étude sur les mœurs parisiennes : il créa les Provinciaux à Paris en quatre actes, en prose (1802), mais le tableau, trop vaste pour lui, fut bien loin de valoir le précédent. Monsieur Musard, un acte en prose (1803), qui eut un succès de vogue, représente ce personnage connu de tout le monde, qui n’est jamais pressé d’agir, qui muse sans cesse et s’amuse de tout.
Dans les Marionnettes, cinq actes, en prose (1806), l’auteur a mis en scène les variations que produisent dans les hommes de toute condition les changements de la fortune : Dervilé et sa sœur, impertinents quand ils sont riches, bien humbles et bien flatteurs quand ils sont pauvres ; le valet se courbant devant son nouveau maître et méprisant l’ancien ; le notaire joyeux d’avoir un acte à rédiger ; le jardinier se faisant grand seigneur quand il se croit légataire ; le directeur des marionnettes pensant à faire épouser sa petite-fille à son ami devenu riche.
Les Ricochets, en un acte en prose (1807), ont aussi des personnages qui changent de volonté suivant les évènements. Le succès des Deux Philibert, en trois actes en prose (1816), tient surtout au personnage de Philibert cadet, mauvaise tête et bon cœur, que l’on gronde et qu’on aime, dont les fredaines finissent par faire rire et par être pardonnées.
Picard a écrit de nombreuses pièces, près de cent d’après certaines sources. Outre son théâtre et ses romans, il a également écrit, avec Droz, les Mémoires de Jacques Fauvel, Paris, A.-A. Renouard, 1823, 4 vol. in-12.
Publications [modifier]
Théâtre [modifier]
- Les Visitandines, opéra comique en deux actes créé au théâtre Feydeau le 7 août 1792, musique de François Devienne ;
- Le Conteur ou les Deux postes, en trois actes, 1793 ;
- Le Cousin de tout le monde, en un acte, 1793 ;
- Les Conjectures, en trois actes, en vers, 1795 ;
- Les Amis de collège ou l’Homme oisif et l’artisan, en trois actes, en vers, 1795 ;
- Médiocre et rampant, ou le moyen de parvenir, comédie en cinq actes, en vers, 1797 ;
- Le Collatéral ou la Diligence de Joigny, en cinq actes, 1799 ;
- Les Provinciaux à Paris, comédie en quatre actes et en prose, 1801 ;
- Duhautcours, ou le Contrat d’union, en cinq actes, en prose, 1801 ;
- La Petite Ville, comédie en quatre actes et en prose, 1801 ;
- Le Mari ambitieux ou l’Homme qui veut faire son chemin, en cinq actes, en vers, 1802 ;
- L’Acte de naissance, en un acte, 1804 ;
- Bertrand et Raton, en cinq actes, 1805 ;
- La Noce sans mariage, en cinq actes, 1805 ;
- Les Capitulations de conscience, en cinq actes, en vers, 1809 ;
- L’Alcade de Molorido, en cinq actes, 1810 ;
- La Vieille Tante, ou les Collatéraux, en cinq actes, 1811 ;
- Les Prometteurs ou l’Eau bénite de cour, en trois actes, 1812 ;
- Vauglas ou les anciens amis, en cinq actes, 1817 ;
- La Maison en loterie, en un acte, 1817 ;
- L’Intrigant maladroit, en trois actes, 1820 ;
- Les Trois quartiers, en trois actes, avec Mazères, 1827 ;
- Théâtre de Picard, publié par lui-même, Paris, Mame, 1812, 6 vol. in-8° ; 1821, 8 vol. in-8° ;
Ce recueil qui comprend, outre les pièces ci-dessous, quelques autres que Picard jugea dignes d’être imprimées. En tête de chacune se trouve une préface, en général piquante, ne renferme pas les pièces en collaboration avec Barré, Radet, Desfontaines, Fulgence, etc.
Romans [modifier]
- Les Aventures d’Eugène de Senneville et de Guillaume Delorme, Paris, Mame, 1813, 4 vol. in-12 ;
- L’Exalté, ou Histoire de Gabriel Désodry sous l’ancien régime, pendant la Révolution et sous l’Empire, Paris, Baudouin, 1823, 4 vol. in-12 ;
- Le Gil Blas de la Révolution ou, Les confessions de Laurent Giffard, Paris, Baudouin, 1824, 5 vol. in-12 ;
- L’Honnête homme ou le Niais, Paris, Baudouin, 1285, 3 vol. in-12 ;
- Les Gens comme il faut et les petites gens, Paris, Baudouin, 1826, 2 vol. in-12 ;
- Les Sept Mariages d’Éloi Galand, Paris, Baudouin, 1827, 3 vol. in-12.
Sources [modifier]
- Jean Gourret, Ces hommes qui ont fait l'Opéra, 1984, p. 106-107.
- Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1884, p. 1593-94.
Liens externes [modifier]
- Ses pièces de théâtre et leurs représentations sur le site CÉSAR
- Œuvres disponibles sur le site Gallica
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