Raymond de Sèze

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Raymond de Sèze

alt=Description de l'image Romain de Seze - president de la cour de cassation.jpg.
Nom de naissance Deseze
Naissance 26 septembre 1748
Bordeaux
Décès 2 mai 1828 (à 80 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Premier président de la Cour de Cassation
Autres activités
Avocat du roi Louis XVI en 1792
Famille

Raymond, comte de Sèze, ou plus communément Romain Desèze[1], est un magistrat et homme politique français né à Bordeaux le 26 septembre 1748 et mort à Paris le 2 mai 1828.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'une famille ancienne, il plaide d'abord dans sa ville natale, puis il est appelé à Paris par le ministre Vergennes, il défend à son début la cause des filles d'Helvétius. Il est choisi pour être le conseil de Marie-Antoinette dans l'Affaire du collier de la reine, et fait acquitter Pierre-Victor de Besenval, accusé de haute trahison (1789).

Il est désigné par le roi Louis XVI, au refus de Target, pour être adjoint à ses défenseurs Tronchet et Malesherbes. Il plaide avec courage la défense du roi devant la Convention, le 26 décembre 1792. Il est par suite arrêté comme suspect dans sa maison de campagne de Brévannes, près de Corbeil, et détenu à la prison de la Force jusqu'au 31 janvier 1794, puis transféré dans une maison d'où il sort après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794).

En 1815, il est nommé président de la Cour de cassation et le 17 août 1815 pair de France.

Il est élu à l'Académie française le 22 mai 1816 en remplacement de Jean-François Ducis (33e fauteuil), et fait comte le 31 août 1817 par le roi Louis XVIII. Son fils Étienne-Romain (1780-1862) lui succède à la Chambre des pairs[2].

Raymond de Sèze est franc-maçon, il appartient à la loge les Neuf-Sœurs[3], qui fut également celle de Voltaire.

Il est le frère de Paul-Victor de Seze[4] qui perpétue la branche dite « bourgeoise ». Celle-ci porte toujours les armoiries d'avant 1817 décrites ci-dessous.


Sa défense du roi Louis XVI devant la Convention en 1792[modifier | modifier le code]

Sur la demande de Tronchet et de Malesherbes, le roi accepte un nouveau conseil en la personne de Raymond de Sèze. Ce dernier est averti le 16 décembre 1792 et il se met au travail le 21. Dans la journée il lit les pièces du dossier et la nuit il rédige une plaidoirie. Le 25 décembre il présente son projet au roi et le 26 il plaide devant la Convention. Sa plaidoirie repose sur les points suivants :

  • incompétence de la Convention et illégalité de la procédure
  • justifications des grandes décisions du roi depuis la tenue des États généraux autour de l'idée que Louis XVI n'a jamais voulu le malheur de son peuple et qu'il n'a jamais voulu que le sang coule

Enfin il s'exclame : « Citoyens, je vous parlerai ici avec la franchise d'un homme libre : je cherche parmi vous des juges et je n'y vois que des accusateurs. Vous voulez prononcer sur le sort de Louis ; et vous avez déjà émis votre vœu ! Vous voulez prononcer sur le sort de Louis, et vos opinions parcourent l'Europe ! Louis sera donc le seul français pour lequel il n'existera aucune loi ni aucune forme ? Il n'aura ni les droits des citoyens, ni les prérogatives de roi. Il ne jouira ni de son ancienne condition, ni de la nouvelle. Quelle étrange et inconcevable destinée ! »[3]

Témoignage du roi Louis XVI[modifier | modifier le code]

« Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Seze[4] de recevoir ici tous mes remerciements et l'expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu'ils se sont donnés pour moi[3]. »

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Nommé par le roi Louis XVIII[3] :

Nommé par le roi Charles X[3] :

  • Président du collège électoral de la Seine
  • Ministre d'Etat

Publications[modifier | modifier le code]

  • Réflexions sur l’établissement de la Caisse de Poissy [à l’Assemblée nationale], Paris : chez Prault, 1790, in-4°, 19 p.
  • Convention Nationale. Défense de Louis, prononcée à la Barre de la Convention Nationale, le Mercredi 26 Décembre 1792, l'an premier de la République, par le Citoyen Deseze, l'un de ses défenseurs officieux ; Imprimé par ordre de la Convention Nationale, Paris : Imprimerie Nationale, 1792. [À Paris, de l'Imprimerie Nationale. 1792.] In-8°, [2 (titre, avertissement)], 49, [1 bl.] p.

Mariage et descendance de Raymond de Sèze[modifier | modifier le code]

En l'église Saint-Nicolas de Graves, Raymond Desèze épouse le 12 mai 1780 Marguerite Brethous veuve Dumas. Celle-ci a 30 ans, elle est la fille d'Étienne Brethous et de Marie Ducercelier, elle a deux filles, Marie et Jenny.

Les enfants du couple sont[3] :

  • Étienne-Romain de Sèze (1780-1862), premier président de Chambre et Pair de France, il épouse le 12 août 1822 Armande Bernard de Montebise âgée de 33 ans ;
  • Adolphe de Sèze, maître des requêtes au Conseil d'État ; il épouse Henriette Alexandrine Clara Morel de Foucaucourt, fille du baron Édouard Morel de Foucaucourt, colonel à l'État major ;
  • Honorine de Sèze, épouse de Hubert Rohault de Fleury, d'abord lieutenant-colonel du Génie puis par la suite directeur de l'École polytechnique, général et pair de France.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse précise : « Bien qu'il ait toujours porté ce prénom de Romain et qu'il l'ait lui-même transmis à son fils aîné, son acte de baptême ne lui donne que celui de Raymond. Son père, Jean Desèze, originaire de la petite ville de Saint-Émilion, ne prenait aucune qualification nobiliaire. Pourtant sa famille était ancienne et appartenait à la noblesse de robe. »
  2. Raoul de Warren, Les Pairs de France au XIXe siècle, les Cahiers nobles, 1959 : voir sous le numéro 426.
  3. a, b, c, d, e et f André Sevin, de Seze - Défenseur du Roi (1748-1828), page 55, page 94, page 215, page 320, page 329, page 376, pages 385 à 386, page 413.
  4. a et b Le Défenseur du roi : Raymond de Seze (1748-1728) par André Sevin - p.1, ndbp 1: « Nous écrivons ce nom sans accent parce que le défenseur de Louis XVI l'écrivait ainsi. Il attachait même une telle importance à cette graphie que nous le voyons, en 1827, demander au procureur général de « "s'occuper ... au corps municipal des moyens de réparer le vice de l'étiquette de son nom dans la rue de Sèze, et du retranchement à faire de l'accent qu'on a mis mal à propos sur le premier e qui en dénature absolument la prononciation » (R. de S.). M. le comte de Sèze, héritier direct du nom, maintient néammoins l'accent parce que celui-ci figure sur les lettres d'anoblissement données par Louis XVIII à son illustre aïeul »
  5. a et b http://www.euraldic.com/blas_se2.html : armorial de Rietstap

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]