Louis René Édouard de Rohan (1734-1803)

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Louis René Édouard
de Rohan-Guéméné
Image illustrative de l'article Louis René Édouard de Rohan (1734-1803)
Biographie
Naissance
Paris
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 68 ans)
Ettenheim (Allemagne)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal

par le pape Pie VI
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par Mgr Christophe de Beaumont du Repaire
Prince-évêque de Strasbourg
Évêque titulaire (« in partibus ») de Canope (it)
Évêque coadjuteur de Strasbourg

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(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Louis René Édouard, prince de Rohan, cardinal-évêque de Strasbourg (Paris, - Ettenheim, ), fils de Hercule Mériadec de Rohan-Guéméné.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nommé chanoine du Chapitre de Strasbourg à l'âge de neuf ans, ce petit-neveu et coadjuteur (1759) de son oncle, le cardinal Louis-Constantin de Rohan-Guéméné, a eu une carrière météorique au sein de l'Église de France. A onze ans, en 1745, Louis-René de Rohan-Guéméné est nommé prieur commendataire du grand monastère de Sauxillanges en Auvergne, à vingt deux il est ordonné prêtre après avoir fait son séminaire à Saint-Magloire à Paris, à vingt cinq il est nommé évêque coadjuteur de son oncle, le prince-évêque Louis-Constantin, à Strasbourg. À ce titre, il reçoit du roi Louis XV, en commende, les abbayes de La Chaise-Dieu en Auvergne et de Montmajour en Provence. Un an après, il est confirmé par le pape Benoît XIV comme évêque coadjuteur de Strasbourg avec le titre d'évêque titulaire (« in partibus ») de Canope (it), du nom de la cité antique de Basse-Égypte.

Louis René Édouard de Rohan.

À l'âge de 27 ans, ce prélat philosophe et poète, ami de Buffon et de d'Alembert, fréquentant le salon de Mme Geoffrin, est élu à l'Académie française le 27 avril 1761, au fauteuil de La Bruyère; il est reçu par le duc de Nivernais le 11 juin 1761.

En 1771, le roi et son ministre des Affaires étrangères, le duc d'Aiguillon, le nomment ambassadeur à Vienne. Il gagne son poste en 1772. Il scandalisera par son luxe et ses légèretés (apparentes) l'impératrice Marie-Thérèse, qui demanda son rappel en 1774, mais s'entend parfaitement avec son fils, le coempereur Joseph et le chancelier Kaunitz. C'est là qu'il découvre le complot mené par la Russie, la Prusse et l'Autriche qui consiste à dépecer la Pologne en trois morceaux. La lettre secrète, destinée au roi, et dévoilant la duplicité de l'impératrice, est détournée et remise par le duc d'Aiguillon, à la comtesse du Barry à qui il doit sa nomination. Celle-ci la lit en public à un diner, comme si elle lui était adressée personnellement, et Marie-Antoinette est tout de suite informée du commentaire porté par Louis de Rohan sur sa mère. Ce qu'elle lui reprochera ensuite toute sa vie. À son retour en France, le prince Louis est nommé en 1777 grand aumônier, malgré l'opposition farouche de Marie-Antoinette, abbé de la richissime abbaye de Saint-Waast dans le Nord et cardinal, grâce à l'intervention du roi de Pologne Stanislas-Auguste Poniatowski, puis évêque de Strasbourg, à la mort de son oncle en 1779. Il aura la charge de l'Hôpital des Quinze-Vingts et deviendra ensuite proviseur de la Sorbonne, un poste éminemment en vue.

Il est compromis dans l'Affaire du collier de la reine, par la comtesse de La Motte-Valois. Il s'était porté caution de la reine (pour se faire bien voir d'elle et se rapprocher du roi) pour l'achat de ce bijou de huit cents diamants valant 1,6 million de livres, auprès du bijoutier parisien, Charles-Auguste Boehmer. Ce dernier lui livre le collier en échange de quatre traites, collier remis à Mme de La Motte-Valois et à ses complices qui entreprennent de le dépecer et de le vendre dans toute l'Europe. Louis XVI découvre l'affaire et décide de la porter sur la place publique. Il fait arrêter le cardinal en habits liturgiques dans la Galerie des Glaces le 15 août au moment où il allait dire sa messe solennelle et le fait embastiller du 16 août 1785 au 1er juin 1786, ainsi que tous les complices de cette affaire qui sera confiée au Parlement de Paris. À l'issue du procès Louis de Rohan est acquitté, mais s'étant porté caution, rembourse le prix fabuleux du collier ainsi que les intérêts. Tous les comparses de Mme de La Motte-Valois sont condamnés. Le cardinal est déchu de son poste de grand aumônier de France et exilé à l'abbaye de La Chaise-Dieu, en Auvergne puis à l'Abbaye de Marmoutier-Lez-Tours où il passera trois ans. Il regagnera alors son diocèse en 1788, à l'aube de la Révolution.

Élu malgré lui député du clergé pour le district électoral d'Haguenau-Wissembourg aux États généraux, il fit partie de l'Assemblée constituante. Il refusa la constitution civile du clergé et ne reconnut donc pas son successeur l'évêque constitutionnel François Brendel et refusa l'abolition de la monarchie. Il faudra l'abolition de la noblesse en mars 1790 pour qu'il s'exile à Ettenheim, en Pays de Bade, dans la partie allemande de son diocèse d'où il va combattre pour tenter de regagner son diocèse. Il se met du côté de l'Émigration en levant des troupes pour l'armée de Condé, son cousin. Par deux fois, il sera contraint de fuir sa principauté allemande, une fois devant les troupes de la République, une autre fois devant celles de Napoléon Bonaparte. Il se démit de son diocèse après la signature du Concordat en 1801. Il meurt à Ettenheim le 17 février 1803.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial de la famille Rohan.
Blason Blasonnement :
De gueules à neuf macles d'or, posés 3, 3, 3[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Popoff 1996, p. 110.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Louis René Édouard de Rohan
Naissance : 25 septembre 1734 Décès : 17 février 1803
Louis Constantin de Rohan
Wappen Bistum Straßburg.png
Prince-évêque de Strasbourg
1779 – 1801
Jean-Baptiste Pierre Saurine
Titre honorifique
Charles Antoine de La Roche-Aymon
Icône Grand aumonier.svg
Grand aumônier de France
1777 – 1786
Louis-Joseph de Montmorency-Laval
Poste académique
Joseph Séguy
Fauteuil 36 de l'Académie française
1761 – 1803
Jean Devaines