Pénates

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Au droit : têtes couronnées de lauriers de Pénates publics avec l'inscription DPP (= Dei Penates Publici). Au revers : deux généraux romains, vêtus du paludamentum, tenant des lances dans la main droite, comme s'ils arrivaient à la conclusion d'un accord, au-dessus d'une truie, avec inscription C. SV (LP) ICI.CF (= Gaii Sulpicii Gaii Filii), dédiée à un membre de la gens Sulpicia, vers -94

Les Pénates sont des divinités étrusques puis romaines. Ils sont chargés de la garde du foyer et plus particulièrement des biens, du feu servant à faire la cuisine et du garde-manger.

Le mot « Pénates[1] » est masculin (il est employé rarement au féminin, ainsi qu'au singulier mais aussi pour des objets). Pénate est dérivé de penus qui signifie le « garde-manger »[2].

Coutumes[modifier | modifier le code]

Les peuples, dans leurs migrations, n'oubliaient pas d'apporter avec eux, non seulement le culte de leur pays d'origine, mais surtout les statues antiques, vénérées par leurs ancêtres. Ces idoles devenaient une sorte de talisman dans les nouveaux États ou les nouvelles cités, et c'est ce qu'on appelait les dieux Pénates. Les petites bourgades, les simples hameaux, les humbles maisons avaient les leurs, comme les grandes villes et les vastes États. Troie eut son Palladion, statue d'Athéna (Minerve dans l'Empire romain), la protectrice et gardienne de ses destinées ; Rome eut ses Pénates.

Légendes attachées aux Pénates Publics de Rome[modifier | modifier le code]

Évocation de l'arrivée d'Énée en Italie. Les Pénates de Troie sont abrités dans un temple situé à gauche au-dessus des rochers - bas-relief de l(autel de la Paix Auguste à Rome

Selon la légende, les Pénates originels proviendraient de Troie. C'est Énée qui, en s'enfuyant avec son père Anchise sur le dos et son fils Iule à la main, les aurait emportés. À Troie, ils avaient, semble-t-il, le même rôle que celui qui leur fut dévolu à Rome.

Dans l’Énéide, Virgile en dit :

« À ces questions Énée soupire, et tirant sa voix du fond de sa poitrine :
" O déesse, dit-il, si je remontais jusqu'à l'origine première de mes maux, et que tu eusses le loisir d'en écouter l'histoire, Vesper, avant la fin de mon récit, aurait fermé les portes de l'Olympe et du jour. Partis de l'antique Troie (si le nom de Troie est venu jusqu'à vos oreilles) et errant de mer en mer, la tempête par hasard nous a poussés sur les côtes de Libye. Je suis le pieux Énée qui transporte avec moi sur ma flotte les Pénates dérobés à l'ennemi, Énée dont le renom est allé jusqu'au haut de l'éther. Je cherche l'Italie, terre de mes pères, qui descendent du grand Jupiter »

— Virgile, Énéide, I, 371 et suiv. (trad. M. Rat)

« Toi père, prends dans tes mains les objets sacrés, les Pénates de nos ancêtres; moi qui sors à peine d'une guerre si rude et de ses carnages je ne peux les toucher avant de m'être purifié dans une eau vive »

— Virgile, Énéide, II, 717 et suiv. (trad. J. Perret)

Des objets mystérieux réputés associés à la légende troyenne étaient conservés à Lavinium; à l'époque classique, alors que le mythe romulien était bien consolidé avec une filiation Lavinium/Albe/Rome, il fallut bien trouver une explication à cette étrangeté: Denys d'Halicarnasse rapporte une histoire selon laquelle ces objets, emportés par Ascagne lors de la fondation d'Albe, auraient à deux reprises manifesté de façon miraculeuse leur refus d'être déplacées. Ascagne se serait résigné à les laisser à Lavinium[3].

Culte des Pénates Publics de Rome , "Di Penates"[modifier | modifier le code]

Le culte de ces dieux est donné comme originaire de Phrygie et de Samothrace[4] . Tarquin l'Ancien, instruit dans la religion des Cabires, éleva un temple unique à trois divinités samothraciennes qui plus tard s'appelèrent les Pénates des Romains [5].

Culte des Pénates privés[modifier | modifier le code]

Les familles se choisissaient librement leurs Pénates, parmi les grands dieux ou les grands hommes déifiés (généralement au nombre de deux, l'un pour la nourriture, l'autre pour la boisson). Ces dieux, qu'il importe de ne pas confondre avec les dieux Lares, se transmettaient comme un héritage, de père en fils. Dans chaque habitation, on leur réservait une place, au moins un réduit, souvent un autel et parfois un sanctuaire (nommé laraire). Les Pénates sont toujours invoqués collectivement ; ils sont attachés à la famille et la suivent dans ses déplacements (au contraire des Lares qui sont attachés au lieu).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « pénates » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. Encyclopédie Universalis
  3. Denys d'Halicarnasse, "Antiquités romaines", livre I,67
  4. Denys d'Halicarnasse, "Antiquités romaines", livre I, 68; Denys s'appuie sur l'autorité de trois auteurs très mal identifiés, un Callistratus, un certain Satyrus, et un certain Arctinus
  5. cette affirmation semble une lecture complètement erronée d'un passage de Macrobe dont nous n'avons pas pu retrouver à l'instant la référence qui dit de manière complètement séparée que Tarquin était 1-instruit des cultes de Samothrace et 2- avait fondé le temple capitolin avec sa triade Jupiter/Junon/Minerve; ce passage est à corriger avec une référence claire

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annie Dubourdieu, Les origines et le développement du culte des Pénates à Rome (Collection de l'École française de Rome, 118), Rome, École française de Rome ; Paris, diff. de Boccard, 1989, X-566 p. (ISBN 2-7283-0162-X)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]