Bâtiment de basse consommation

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Le thermogramme montre que les fenêtres causent des déperditions d'énergie et que le BBC à droite perd moins d'énergie que le bâtiment de gauche

Le terme bâtiment de basse consommation (BBC), sous-entendu « énergétique », désigne un bâtiment pour lequel la consommation énergétique nécessitée pour le chauffer et le climatiser est notoirement diminuée par rapport à des habitations standards.

Application[modifier | modifier le code]

Bâtiment BBC "la Barbotière" situé à Rennes (France). Technique d'isolation utilisée : Isolation par l'intérieur avec rupteurs de ponts thermiques Slabe

Un bâtiment basse consommation selon la Réglementation thermique française RT2012 est un bâtiment, dont la consommation conventionnelle en énergie primaire, pour le chauffage, le refroidissement, la ventilation, la production d'eau chaude sanitaire, l'éclairage et les auxiliaires techniques (pompes…), est inférieure de 80 % à la consommation normale règlementaire.

Les grands principes pour atteindre cet objectif sont :

1. Une conception bioclimatique de l'édifice ou de la maison (compacité, orientations, traitement des façades par orientation, apport de lumière naturelle) permet d'approcher, à moindre coût, cet objectif.

2. Une forte isolation thermique réduira considérablement les besoins en chauffage comme en climatisation. Cette isolation peut être extérieure en cas de façades maçonnées ou béton pour préserver l'inertie ou répartie en cas de construction de façades à ossature bois; elle permet d'éliminer la plupart des ponts thermiques. Ou elle peut être intérieure avec l'utilisation de rupteurs thermiques afin de traiter tous les ponts thermiques.

3. Une parfaite étanchéité à l'air de l'enveloppe extérieure et des réseaux. En plus de limiter les pertes de chaleur par des fuites d'air directes, cette mesure permet de garantir la meilleure pérennité du bâtiment à terme (isolants, structure, etc.).

4. Une bonne performance des équipements techniques (éclairage, chaudière, pompe…) et étudiés pour obtenir le meilleur rendement (pas de surdimensionnement).

5. C'est seulement ensuite que la question du mode de chauffage se pose. Gaz, bois, géothermie (électrique), pompe à chaleur (électrique), etc. La réglementation impose, au-delà d'une certaine surface, une étude comparative sur 20 ans des différents moyens de chauffage à disposition en considérant les augmentations prédites du coût des énergies. Elle impose également une possibilité de réversibilité du mode de chauffage.

6. Les énergies renouvelables, bien que très vertueuses, n'apportent que de faibles économies en comparaison des points sus-cités. Il faut préciser que la pose de capteurs photovoltaïques ne réduit pas les consommations d'un bâtiment et que les capteurs pour l'eau chaude sanitaire doivent être bien dimensionnés pour ne pas surchauffer et donc se dégrader en été. Cela n'est plus tout à fait exact du fait de l'arrivée sur le marché des tubes sous vide pour la production d'ECS et de chauffage basse température.

Normes et législations[modifier | modifier le code]

En Suisse et Allemagne[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Minergie et Passivhaus.

La Suisse fait partie des pays avant-gardistes en matière d'économie d'énergie. Elle a mis en place le label Minergie. De la même manière, la norme Passivhaus est appliquée en Allemagne.

En France[modifier | modifier le code]

Carte des coefficients de rigueur climatique. Les zones climatiques sont les mêmes que la RT 2005.

En parallèle de l'appellation générique « Bâtiment de basse consommation », un label officiel a été créé en France, avec la dénomination Bâtiment de basse consommation énergétique (BBC 2005), par l'arrêté du 3 mai 2007 relatif au contenu et aux conditions d'attribution du label « haute performance énergétique ». Elle s'inspire entre autres du label suisse Minergie.

Article détaillé : Haute performance énergétique.

La promotion de cette norme et les conseils sur son application sont faits par l'ADEME, du CSTB ou d'EDF. Un référentiel a été établi à l'initiative de l'association française Effinergie.

La norme fixe (pour les logements neufs) une exigence énergétique de 50 kWhep/(m² de SHON.an) (kWhep : kWh d'énergie primaire, telle que définie par la RT 2012). Pour les bâtiments tertiaires, la consommation de référence doit être calculée au cas par cas. Cette exigence est corrigée par un coefficient de « rigueur climatique », fonction de la zone climatique de la RT 2005. Ce coefficient est augmenté de 0,1 si l'altitude du bâtiment est comprise entre 400 et 800 mètres, et de 0,2 si l'altitude du bâtiment est supérieure à 800 mètres. Les valeurs de l'exigence peuvent ainsi varier, selon la zone et l'altitude, de 40 à 75 kWhep/(m²SHON.an).

Les consommations prises en compte dans le calcul concernent le chauffage, l'eau chaude sanitaire (ECS), la climatisation, l'éclairage, la ventilation et les auxiliaires de chauffage. La surface prise en compte est la surface hors œuvre nette (SHON).

Par rapport à la construction neuve, la rénovation représente le plus grand potentiel d'économies d'énergie, l'objectif de consommation dans ce cadre est de 80 kWhep/(m²SHON.an) (kWhep : kWh d'énergie primaire), qui a aussi son label, BBC-Rénovation 2009[1]. Cette exigence énergétique est corrigée par le même coefficient de rigueur climatique, que BBC 2005.

Le label Basse consommation - Rénovation (BBC Rénovation ou BBC 2009) atteste la conformité des travaux de rénovation à un cahier des charges qui intègre " les exigences de la réglementation thermique des bâtiments existants prévue dans le code de la Construction et de l'Habitation, le respect d'un niveau minimal de performance énergétique globale et de confort d'été et les modalités de contrôle ", précise le décret du 29 septembre 2009. Pour obtenir ce label, les logements rénovés devront afficher une consommation d'énergie entre 64 et 120 kWh/m²/an.

En 2011[modifier | modifier le code]

  • Dans le collectif, le BBC a nettement progressé[2] notamment grâce aux aides et incitations (régionales, nationales) : les 3/4 des nouveaux logements collectifs de l'année respectent le niveau BBC-Effinergie selon l'INSEE.
    Au 31 décembre 2011, le certificat BBC avait été donné à environ 20 000 logements collectifs, 36 opérations tertiaires de 2007[3].
  • Le secteur des maisons individuelles progresse bien moins (12000 logements individuels seulement) ; et la solution la plus retenue en 2011 par les constructeurs (solution qui n'est pas nécessairement énergétiquement la plus efficiente) a été un chauffage par pompe à chaleur (air extérieur/eau) associé à une production d'eau chaude sanitaire « thermodynamique » et à une VMC Hygro B[4]. Selon l'enquête[4],[5] Promotelec sur le marché du logement BBC en 2011, la progression du label BBC varie beaucoup selon les régions (18 % en Bretagne et Pays de la Loire contre 3 à 4 % en Champagne-Ardennes et Picardie)[4].
    10 % du parc a été construit en BBC-Effinergie (contre 4,3 % en 2010). Ce taux reste modeste au vu de la généralisation obligatoire au 1er janvier 2013 pour tous les logements (cf RT 2012)[4].
    Matériaux : La brique isolante domine (38 %) légèrement devant le parpaing-béton (35 %), ce qui montre peu d'innovation depuis la RT 2005 (qui s'était traduite respectivement par 37 % et 40 % pour ces 2 matériaux)[4]. L'ossature bois (12 %) puis la brique classique (8 %) sont ensuite les plus choisies par les architectes, loin devant le béton cellulaire doublé, l'ossature acier, ou le monomur de terre cuite, le béton cellulaire enduit ou la terre-paille. La maison est de plain-pied avec combles aménagés dans 1/4 des cas, avec combles perdus (R+1) pour un autre quart[4]. Un vide sanitaire existe dans 56 % des cas, le terre-plein dans 28 % des cas et un sous-sol dans seulement 16 % des constructions neuves BBC[4]. L'isolation par l'extérieur reste rare (11 % des cas) ; elle est extérieure dans 81 % des cas ou mixte dans (8 % des cas). Les écomatériaux progressent lentement, mais le PVC domine encore le marché des menuiseries de la BBC (67 %), devant les structures métalliques (24 %) et le bois (21 %), a priori car moins cher. Le triple vitrage a concerné près de 10 % des cas (sinon, il s'agit de double-vitrage)[4].
    La ventilation mécanique contrôlée hygro-réglable type B est utilisée dans 85 % des cas, devant la VMC double flux (11,2 % des cas ; presque toujours en maison individuelle). Le chauffage gaz progresse (37,3 % en 2011 contre 22,4 % en 2010) alors que la pompe à chaleur régresse (41,6 % contre 60 % en 2010). Le chauffage électrique à effet Joule (nécessitant une isolation) est encore utilisé dans 9,2 % des cas (surtout dans les régions chaudes). Quand le chauffage est radiant, le plancher chauffant à eau domine (47,7 %), devant le radiateur à eau (27,1 %), et les panneaux rayonnants (4,6 %) ou le plancher chauffant électrique (2,2 %) moins compatibles avec le label BBC[4].
    L'eau chaude sanitaire est de moins en moins produite par chauffe-eau électrique à accumulation au profit de matériels thermodynamiques (47,8 %), de chaudières à gaz (25 %) et du solaire thermique (25,3 % avec un appoint électrique ou gaz)[4].
    Moins soutenu, l'installation de modules photovoltaïques avec revente à EDF a diminué en 2011 (3,5 % des maisons individuelles en 2011 contre 5,9 % en 2010, situées surtout en Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes)[4].

En 2012[modifier | modifier le code]

30.000 labels « Promotelec Performance » ont été délivrés à des maisons individuelles, mais surtout à des lotissements (label dans 39,2 % des cas) ou à l'habitat collectif ou à des logements haut-de gamme (le nombre de permis de construire avec demande de label BBC a augmenté de +2,3 % de 2011 à 2012, concernant dans 50 % des cas des surfaces habitables de plus de 135 m² (une maison individuelle moyenne couvre de 100 m²). Comme en 2011, la brique (48,4 %) et le parpaing (26,3 %) continuent à dominer le mode constructif et le gaz a gagné des parts comme source énergétique (45 %, +7,7 % par rapport à 2011) au détriment des pompes à chaleur électriques (35,4 %, -6,2 % en un an)[6]. L'eau chaude sanitaire est chauffée par de l'électrique dans 48,4 % des cas, et au gaz dans 43,2 % des cas. Moins de chauffe-eau solaires ont été installés (-8 %). Le gaz équipe 81 % des logements collectifs, et des réseaux de chaleur desservent souvent l'habitat social. Les nouveaux réflexes permettant d'utiliser adéquatement les équipements visant l'exigence réglementaire de 50 kWhep/m² ne sont pas toujours acquis[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté du 29 septembre 2009 relatif au contenu et aux conditions d'attribution du label « haute performance énergétique rénovation » dans JORF n°0227 du 1er octobre 2009
  2. Promotelec, Logements collectifs : l’association Promotelec analyse les tendances de la construction neuve, 2012-<07-12, consulté 2012-10-29
  3. Données provenant des certificateurs Promotelec, Cequami, Cerqual et Certivéa, réunies par Effinergie et relayées par Batiactu (09/02/2012), avec carte de répartition (départementale) des projets
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Promotelec, individuelles : l’association Promotelec analyse les tendances de la construction neuve (11 juillet 2012), consulté 2012-10-29
  5. résultats présentés lors de la convention « Efficience énergétique du Bâtiment » qui s’est tenue les 23 et 24 octobre 2012
  6. a et b Bati-Actu (2013), A quoi ressemble la construction BBC en 2012 ?, brève datée 2013-06-28, consultée 2013-06-28

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]