Vivier

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Vivier au Kenya
Vivier de l'Escurial

Un vivier (du latin vivarium, de vivere : vivre) est un réservoir où sont placés les poissons et crustacés capturés pour les conserver vivants jusqu'au moment de leur consommation ou distribution.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vivier représenté sur une fresque murale du XIVe siècle décorant la Chambre du Cerf, dans le Palais des papes d'Avignon

Au Moyen Âge, les viviers des châteaux (comme le celui de Vendeuvre), des abbayes (comme Saint-Jean de Sorde) ou des fermes et manoirs étaient parfois des lacs (lac des Truites), mais le plus souvent de simples étangs ou bassins creusés dans le sol, ou créés en barrant un cours d'eau. Ils conservaient des salmonidés (truites et saumons) ainsi que d'autres poissons et écrevisses dans ces pièces d'eau (retenues par les vannages des moulins pour les vendredis où la coutume voulait qu'on mange du poisson et pour les jours de jeûne ou de disette).

Comme toute réserve de nourriture, les viviers étaient l'objet de pillages et de destructions lors des guerres.

Ainsi dans son Histoire de la forêt de Mormal, l'ingénieur Henri Becourt cite un texte daté du 1er octobre 1477 de Jehan du Terne, conseiller du duc de Bourgogne, qui dit rapporte que « aucun proffit n'a esté fait du vivier d'escaillon et du vivier corbeau, car les franchois les ont pesquiet et colpez les disquez (digues) en y faisant du bien grant dommaige ». Des témoignages anciens relatent aussi les prélèvements faits par les loutres et des oiseaux piscivores (qu'on pouvait capturer (plus ou moins illégalement comme en témoignent des documents d'archives, procès-verbaux et amendes pour prélèvements sur les viviers de martin-pêcheur (autrefois appelés alors aspriau) par ex en 1366[1], hérons ou cormorans) en 1423[2]. On pouvait les capturer ou les braconner[2] et les manger, ou peut-être parfois plus ou moins les tenir à l'écart par les chiens.

Les archives départementales du Nord ont aussi conservé des documents nous rappelant qu'en 1478, le vivier du petit Payot de Mormal avait été « rompu et le poisson tout prins (pris) par les franchois » [3]. Fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, les anciens viviers sont recyclés en prés. Ainsi en 1494 (« le vivier du grand Payot de présent ruyné et fort remply au moyen des guerres (...) » [4]. Et en 1536 comme le vivier du grand Payot est « mis a usance de prêt » [5]). Ces deux viviers ont conservé une fonction de réservoir d'eau jusqu'au XIXe siècle pour le vivier Corbeau et jusqu'au XXe siècle pour l'autre, puis ont été vidés.

Viviers de poissons de mer[modifier | modifier le code]

Les viviers des littoraux sont surtout utilisés pour la conservation des crustacés. On trouve ainsi des viviers à bord de certains bateaux tels que les langoustiers bretons. Ils occupent le tiers de la longueur du navire et l'eau qu'ils contiennent en permanence sert de lest. On les trouvait aussi jadis à bord des dogres pour la pêche au hareng ou maquereau.

Sur la côte, ils sont soit fixes, soit flottants. Dans ce dernier cas, ils sont constitués de grandes caisses à claire-voie immergées et amarrées. Les viviers fixes, dont les parois sont en béton armé, sont établis sur des fonds rocheux et munis de systèmes de pompage pour le renouvellement de l'eau.

Viviers de poissons d'eau douce[modifier | modifier le code]

En raison de leur consommation régulière de poisson, les mariniers de la Loire aménagèrent des viviers sur leurs bateaux[6].

Quelques vivers remarquables[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales du Nord- B 9009
  2. a et b LX sols d'amende pour le braconnier (source : Archives départementales du Nord, B 10664)
  3. Archives départementales du Nord, Ref B 9134
  4. Archives départementales du Nord, Ref B 9151
  5. Archives départementales du Nord, Ref B 9189
  6. Patrick Villiers, Une histoire de la marine de Loire, 1996, p. 159.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Gruss de Marine, Éditions Maritimes & d'Outre-Mer
  • Dictionnaire encyclopédique Larousse

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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