Rue Pavée

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4e arrt
Rue Pavée
La rue Pavée, au croisement de la rue Malher (à droite sur le cliché). On distingue les moignons du mur de l'ancienne enceinte Philippe-Auguste.
La rue Pavée, au croisement de la rue Malher (à droite sur le cliché). On distingue les moignons du mur de l'ancienne enceinte Philippe-Auguste.
Situation
Arrondissement 4e arrondissement
Quartier Saint-Gervais
Début Rue de Rivoli
Fin Rue des Francs-Bourgeois
Morphologie
Longueur 223 m
Largeur 10 à 16 m
Historique
Création Avant 1235
Dénomination Pavée

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue Pavée
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48° 51′ 24″ N 2° 21′ 40″ E / 48.856548, 2.361025

La rue Pavée est une rue située en plein cœur du quartier du Marais, dans le 4e arrondissement de Paris.

Elle fut l'une des premières de ce quartier à être pavée, d'où son nom. C'est une rue sombre, étroite et légèrement sinueuse, qui a échappé au réalignement des rues du Baron Haussmann.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1235, la partie comprise entre la rue du Roi-de-Sicile et la rue des Francs-Bourgeois existait, et s'appelait la « rue du Petit-Marivaux ». Rebaptisée en 1406 « rue du Petit-Marais », puis « rue Marivaux », son nom fut remplacé vers 1450 par « rue Pavée-au-Marais », puis « rue Pavée ». Prolongée en 1838, jusqu'à la « vieille rue Saint-Antoine », elle a été raccourcie lors du percement en 1854 de la rue de Rivoli.

La rue s'arrêtait à l'enceinte Philippe-Auguste, dont on voit encore les vestiges à droite de l'hôtel d'Angoulême Lamoignon, faisant pignon avec l'ancien bâtiment de la Prison de la Petite-Force.

La rue étaient huppée, et bordée d'hôtels particuliers (hôtel de Brienne, hôtel de Savoisy) dont seul l'hôtel d'Angoulême subsiste.

La « moindre largeur » de la rue a été fixée à 8 m par une décision ministérielle du 23 brumaire an VIII, signée « Quinette », puis à 10 m en vertu d'une ordonnance royale du 14 octobre 1838.

D'autres « rues pavées » parisiennes ont été ainsi dénommées: rive gauche, par exemple, il a longtemps existé une « rue Pavée », dès 1300 qui est devenue « rue Pavée-Saint-André-des-Arts » et aujourd'hui rue Séguier, (où logea par exemple en 1281 Pierre Chauchat, renommé professeur en Sorbonne, ou en 1358 l'évêque de Laon, Robert Le Coq, proche d'Étienne Marcel), ainsi que des rues Pavée-Saint-Sauveur ou Pavée-Saint-Antoine.

Faits marquants[modifier | modifier le code]

Façade de la synagogue dessinée par Hector Guimard

Au no 10 s'élève une synagogue construite en 1913 par le maître parisien de l'Art nouveau, Hector Guimard (connu pour ses célèbres bouches de métro). En 1941, le bâtiment fut dynamité par des collaborateurs à l'occupant nazi, antisémite; elle fut ensuite restaurée.

Entrée de l'hôtel particulier du nº11
Entrée de l'hôtel particulier du nº13

Aux numéros 11 et 13 est bâti un bel hôtel particulier (porte de style Louis XIII au no 11, et porte de style Louis XV au no 13), construit par Mansart de Jouy (1737). Démoli en 1404, l'hôtel de Savoisy se tenait là. Rebâti en 1517 par Morlet de Museau, conseiller du Roi, il fut la résidence du duc de Norfolk, ambassadeur d'Angleterre en 1533, l'amiral Chabot, compagnon de captivité de François V (1543). L'hôtel, dit alors de Loiraine, échoit à Charles III, duc de Lorraine; il est restauré par son épouse, Nicole, qui y décède en 1657. L'hôtel est alors acquis par François Dauvet, président au Parlement, et démembré. L'hôtel abrite aujourd'hui une école religieuse de stricte observance, la yeshiva Yad-Mordechai, où se pratique l'étude de la Torah, dans le respect de la Halakha, imposant le port de la kippa,et des tsitsits).

Au no 12 se trouvait le petit hôtel de Brienne, anciennement nommé hôtel de Chavigny, qui fut englobé dans la Prison de la Petite-Force sous le ministère de Jacques Necker. Y résidait et y mourut François Denis Tronchet (1723-1806), président du Sénat, l'un des avocats de Louis XVI. L’Union compagnonnique, fondée en 1875 par Agricol Perdiguier y tint son siège, regroupant, initiés selon un rite unique, cuisiniers, bouchers, pâtissiers, doreurs, sculpteurs, etc.

Au no 13 se trouve la Yeshiva Yad Mordechai.

Les no 16 à 22 correspondent à l'ancien emplacement de la Prison de la Petite-Force. Sa destruction au début du XIXe siècle a permis le creusement de la rue Malher.

Entrée de l'hôtel d'Angoulême Lamoignon

Au no 24, l'hôtel d'Angoulême Lamoignon (ancien hôtel d'Angoulême) abrite la Bibliothèque historique de la ville de Paris. Bâti en 1584 pour Diane de France, fille du roi Henri II, on lui attribue pour architecte Androuet du Cerceau ou Thomas Méthezeau. La duchesse d'Angoulême habita son hôtel jusqu’à sa mort en 1619. En 1650, l'hôtel est vendu à Guillaume de Lamoignon, premier président du Parlement de Paris, qui le fait aménager par l'architecte Robert de Cotte.

Madame Denis, née Marie Louise Mignot, nièce de Voltaire, qui entretint des amours passionnés avec celui-ci, habita cette rue.

Un "couvent de filles", dit des Nouvelles catholiques, était logé dans la rue en 1647[1] avant de déménager rue Sainte-Anne et d'être démantelé en 1790.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Saint-Paul.

Sources et références[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des rues de Paris
  • Paris Guide 1807 - Librairie Internationale
  1. Histoire physique, civile et morale de Paris, Volume 5, p.414