Synagogue de la rue Pavée

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Synagogue de la rue Pavée
Image illustrative de l'article Synagogue de la rue Pavée
Présentation
Culte Judaïsme
Type Synagogue
Début de la construction 1913
Fin des travaux 1914
Style dominant Art nouveau
Protection  Inscrit MH
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées 48° 51′ 21.5″ N 2° 21′ 37.75″ E / 48.855972, 2.3604861 ()48° 51′ 21.5″ Nord 2° 21′ 37.75″ Est / 48.855972, 2.3604861 ()  

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Synagogue de la rue Pavée

La synagogue de la rue Pavée est une synagogue de Paris, située au numéro 10 de la rue Pavée, au cœur du quartier juif du Marais, dans le 4e arrondissement.

Le bâtiment a été réalisé en 1913 par l'architecte Hector Guimard, le maître parisien de l'Art nouveau, pour Agudas Hakehilos (אֲגֻדָּת־הַקְּהִלּוֹת, Union des communautés), une association issue de neuf sociétés israélites orthodoxes d'origine essentiellement russe, présidée par Joseph Landau. Elle témoigne de l'arrivée massive d'immigrés d'Europe de l'Est au début du XXe siècle. La construction est en pierres agglomérées creuses sur armatures en béton armé. Elle a été officiellement inaugurée le 7 juin 1914, mais elle était déjà en service depuis octobre 1913.

Ne disposant que d'une bande de terrain biaise et très étroite (5 m × 23 m), Guimard a construit le bâtiment tout en hauteur. En façade, la verticalité (12 m) est accentuée par les étroites fenêtres et les pilastres continus. Le volume intérieur est aussi entièrement vertical. Il comporte deux étages de mezzanines de part et d'autre de la travée centrale. La nef est éclairée par des verrières au plafond et une vaste baie vitrée dans le mur du fond.

Le mobilier (luminaires, chandeliers, appliques et bancs) ainsi que le décor végétal stylisé en staff et les garde-corps en fonte sont également des créations d'Hector Guimard. On retrouve dans les dossiers des bancs le même mouvement ondulant que sur la façade et ils sont ornés de motifs triangulaires. À l'origine, il n'y avait pas d'étoile de David sur la façade mais également un triangle, comme on peut le voir sur les vieilles photos. L'étoile de David date peut-être de la rénovation d'après-guerre.

La synagogue fait partie des œuvres tardives d'Hector Guimard. Avec son propre hôtel dans le XVIe arrondissement de Paris (1910), la synagogue illustrent, par leur rythme vertical simple et calme, le retour à l'ordre de l'architecture française après 1910[1].

La synagogue, financée entièrement par des fonds privés, fut inaugurée le 7 juin 1914 sans représentant officiel du Consistoire central.

Seul édifice cultuel de cet architecte, il a fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par un arrêté du 4 juillet 1989[2], y compris tous les éléments liturgiques immeubles par nature.

Lors de la veillée de Yom Kippour en 1941, le bâtiment fut dynamité en même temps que six autres synagogues parisiennes[3] par des collaborateurs à l'occupant nazi, antisémite. Elle fut ensuite partiellement restaurée (notamment la porte d'entrée ne le fut que sommairement, et non remise à l'état original).

Selon Magalie Flores-Lonjou et Francis Messner, le plan de cette synagogue, dans lequel l'espace réservé au culte est rejeté à l'arrière de l'édifice, de sorte que des salles de cours et des bureaux puissent occuper la partie avant, montre une volonté d'associer le culte aux autres activités, volonté caractéristique du judaïsme orthodoxe, s'opposant en cela aux synagogues du consistoire[4].

Cette synagogue est toujours en activité. Elle fait partie des synagogues orthodoxes non-consistoriales. Il n'est pas possible de la visiter en temps ordinaire, mais seulement lors d'occasions particulières comme les Journées du patrimoine. La synagogue dont la communauté a été longtemps dirigée successivement par les rabbin Joël Leib HaLevi Herzog (1914-1934), et Samuel Jacob Rubinstein, puis par le rabbin Haïm Yaacov Rottenberg est aujourd'hui dirigée par son fils, Mordechaï Rottenberg.

Des hazzanim connus ont officié à cette synagogue, dont Elinke Hirschin (1870-1960)[5] avant la guerre, Simon Pessine (mort en déportation), Tajg et Fleischer[6].

(M) Ce site est desservi par la station de métro Saint-Paul.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Époque contemporaine XIXe-XXIe siècles, P.Dagen et F. Hamon, Flammarion, p.259
  2. (fr) « Notice no PA00086477 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. (en) Carol Herselle Krinsky, Synagogues of Europe : Architecture, History, Meaning, Mineola, Dover Publications,‎ 1996, 2e éd., poche, 480 p. (ISBN 978-0-486-29078-2, LCCN 95049027), p. 253.
  4. Magalie Flores-Lonjou et Francis Messner, Les lieux de culte en France et en Europe : Statuts, pratiques, fonctions, Louvain & Paris & Dudley, Peeters Publishers, coll. « Law and religious studies »,‎ 2007, 308 p. (ISBN 978-90-429-1857-3, LCCN 2006051729), p. 237.
  5. (en) « Lexicon of Jewish Musicians in Poland: A Partial List », traduit, extrait et compilé par Ada Holtzman d'après (he) Issachar Fater, Muzika Yehudit B'Polin Bein Shtei Milchamot Haolam, Tel Aviv, Hakkibutz Hameuchad,‎ 1992 (ISBN 978-965-02-0060-2).
  6. (fr) Paul Fenton, « La musique sacrée de tradition ashkénaze », sur Israelfr.com, 14 mai 2006.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]