Gestel (Morbihan)

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Gestel
Mairie de Gestel en septembre 2009.
Mairie de Gestel en septembre 2009.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Lorient
Canton Pont-Scorff
Intercommunalité Lorient Agglomération
Maire
Mandat
Michel Dagorne
2014-2020
Code postal 56830
Code commune 56063
Démographie
Gentilé Gestélois
Population
municipale
2 649 hab. (2011)
Densité 424 hab./km2
Population
aire urbaine
184 853 hab.
Géographie
Coordonnées 47° 48′ 14″ N 3° 26′ 35″ O / 47.8038888889, -3.4430555555647° 48′ 14″ Nord 3° 26′ 35″ Ouest / 47.8038888889, -3.44305555556  
Altitude 47 m (min. : 13 m) (max. : 66 m)
Superficie 6,25 km2
Localisation

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Gestel [ʒɛstɛl] est une commune française, membre de la communauté d'agglomération du Pays de Lorient (Lorient Agglomération), située dans le département du Morbihan en région Bretagne.

Historiquement village rural du Vannetais et du Kemenet-Héboé, Gestel devient commune en 1790. Après avoir subi de nombreuses destructions lors de la Seconde Guerre mondiale[1], la commune se reconstruit puis se développe du fait de la proximité de la ville de Lorient.

Gestel est jumelée avec Waterville en Irlande.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Les noms, français et breton, de la commune, Gestel et Yestael, n'ont pas une origine certaine, Gestel peut venir du breton guestel ou guerved (gîte des cerfs), et Yestael du breton iost-hael (juste et noble)[2]. Suivant les époques, on trouve aussi les formes anciennes : Istel en 1382, Jestel en 1387 et Yestell en 1416[3].

Panneau bilingue français-breton.

Sur la commune de Gestel, comme sur les autres communes de Lorient Agglomération et plus généralement du Morbihan et de la Bretagne, les nouveaux panneaux de signalisation routière, notamment de ville et de directions, comportent régulièrement des indications bilingues associant les toponymes français et breton.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Commune bretonne, située à moins de 10 kilomètres de la mer, sur la zone arrière du littoral atlantique de la côte sud de la Bretagne, Gestel est morbihannaise, mais son territoire est frontalier du Finistère. La mairie de Lorient, ville centre de Lorient Agglomération, est à 9 km et la plage la plus proche à 10 km sur la commune de Guidel.

Les centres bourg des communes limitrophes sont Quéven à 3 km, Guidel à 3,2 km, Pont-Scorff à 4,8 km, et Rédené à 6,4 km, seule de ces communes à être située dans le département du Finistère.

Rose des vents Rédéné Finistère Pont-Scorff Pont-Scorff Rose des vents
Guidel N Quéven
O    Gestel    E
S
Guidel Quéven Quéven

Climat[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune dispose d'un climat de type océanique tempéré, caractérisé par de faibles différences saisonnières, il est situé sur une zone charnière concernée alternativement par le flux perturbé d'ouest du littoral occidental ou une zone plus calme propre au littoral sud de la Bretagne. Les vents de secteur ouest sont prédominants, ceux du sud-est au nord sont rares. Située sur une « zone arrière-littorale sud » la commune a des conditions climatiques sensiblement différentes de la frange côtière, le vent y est moins fort, l'ensoleillement plus faible et proche de la moyenne nationale dû à une nébulosité plus élevée. Les précipitations représentent de 700 à 900 mm chaque année, avec une moyenne d'environ 180 journées pluvieuses annuelles diversement réparties en fonction des saisons et des années[4].

Villages[modifier | modifier le code]

Caractéristique du paysage rural breton, de nombreux villages parsèment le territoire : Kerlarmet, Kerlec, Kergornet, Kerharnio, Loquion, Moustoiric, Moustoirflamme...

Histoire[modifier | modifier le code]

Gestel appartient primitivement à la paroisse de Quéven. Les paroisses de Quéven (Quetguen en 1387) et de Bihoué (Bevoy en 1387) furent autrefois partie de la paroisse primitive de Ploemeur.

Au Moyen Âge, un monastère situé au lieu-dit Moustoiric est une dépendance de l'abbaye de Saint-Maurice de Carnoët. En 1387, Gestel s'unit à Bévoy (Bihoué) pour former une paroisse unique. La paroisse de Gestel aurait été unie à celle de Lesbin dans le courant du XVe siècle. Au XVIIe siècle, Gestel dépend toujours de l'ancienne paroisse de Lesbin à Pont-Scorff et ce jusqu'à la Révolution.

Gestel est érigé en commune en 1790. En 1818, le village de Gestel est représenté sur le plan cadastral, par quelques habitations entourant l'église et le long de la route de Lesbin à Quéven, la paroisse de Gestel est créée le 26 janvier 1820. En septembre 1863 le chemin de fer arrive à Gestel, avec l'ouverture du tronçon Lorient Quimper de la ligne de Savenay à Landerneau[5]. La voie traverse la commune d'est en ouest, la gare de Gestel est construite à proximité du village, cette arrivée d'un nouveau moyen de transport provoque la construction de quelques maisons et plusieurs hôtels[6].

Lors de la Seconde Guerre mondiale, l'histoire de Gestel est intimement liée à celle de Lorient, la commune fait notamment partie de la poche de Lorient et n'est libérée que le 10 mai 1945, non sans avoir subi de multiples destructions, notamment la quasi-totalité de son patrimoine architectural religieux[1]. Dans les années 1950 il y a une cité de baraquements rue du Pré Joli[7]. Les années 1960 marquent le début d'une urbanisation par lotissements, pour satisfaire les besoins en logements de la ville de Lorient toute proche. Ces constructions sont principalement situées au sud de la voie ferrée et au nord-est du bourg[6]. Gestel est membre la Communauté d'agglomération du Pays de Lorient depuis les années 1990.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  1996 Francis Durand - Pharmacien
1996 2014 Gérard Cabrol DVG Retraité France Télécom
2014 en cours Michel Dagorne DVG  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 649 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
431 360 397 415 430 422 378 400 431
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
451 469 449 458 451 447 468 466 468
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
481 489 496 536 538 504 495 413 513
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
552 525 758 1 566 1 921 2 227 2 472 2 500 2 594
2011 - - - - - - - -
2 649 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[8] puis Insee à partir de 2004[9].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine protohistorique[modifier | modifier le code]

  • Dolmen Pen Tri Mein (Les trois pierres) de Ty Korriganed (La maison des lutins)

Patrimoine antique[modifier | modifier le code]

  • Voie romaine, la route de Pont-Scorff à Moëlan passait près du lieu-dit Kergornet[10]

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

  • Croix monumentales, dont des croix de chemins ou de carrefours, du Haut Moyen Âge et du XVIIe et XVIIIe siècles[11].
Église paroissiale en 2009.
  • Église paroissiale Notre-Dame-des-Fleurs

L'édifice actuel, au plan en croix latine, est une reconstruction de 1959, sur le site de l'église détruite lors de la Seconde Guerre mondiale en 1945, avec des éléments réutilisés, notamment la base et les colonnes du chœur, les colonnes des bas-côtés et les sacristies. Le plan cadastral daté de 1818 figure, au même endroit, une ancienne église reconstruite en 1896[12]. Situé sur un point haut du bourg, l'église actuelle comporte un enclos avec dans ses abords, le monument aux morts de la commune et une croix monumentale avec un socle portant l'inscription 1660[13]. L'église abrite une statue en bois polychrome de Notre-Dame des Fleurs (XVIIe siècle) et une bannière en soie brodée, datée du XIXe siècle.

  • Presbytère

Le bâtiment qui figure sur le cadastre de 1818 n'existe plus, il est remplacé par le presbytère actuel construit en 1828, et agrandi en 1892 ; des plans non réalisés sont visibles aux archives de Lorient[14].

  • Chapelle Sainte-Flamine et fontaine de dévotion

L'ancienne chapelle de style néo-roman, datée des années 1870, est détruite pendant la Seconde Guerre mondiale, et reconstruite sur le site en 1952. Elle abrite une statue de Sainte-Flamine du XIXe siècle et une bannière, en soie brodée, représentant Sainte-Flamine, du XIXe siècle. Le site comporte une fontaine édifiée en 1875 à 200 m au nord-ouest de l'ancienne chapelle, et comporte une croix contemporaine[15].

  • Chapelle Notre-Dame-de-Kergornet et fontaine de dévotion

Appelée aussi chapelle Sainte-Anne, l'édifice actuel date de 1952, il est reconstruit avec les éléments réutilisables de l'ancienne chapelle, classée Monument historique, détruite en 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale. Édifiée au village de Kergornet par les seigneurs du Vergier et de Bizien, une sablière du chœur porte l'inscription « En l'an mil CCCC XLIII, fut fait ce bois ». En forme de croix latine, elle possède deux bas-reliefs représentant des animaux. La nef, qui a un porche au Nord, est agrandie en 1649, et le clocher carré à l'Ouest, de style Renaissance, est construit en 1786. Le porche Nord, carré, voûté d'ogives, s'ouvre sur la nef par une porte, dont les voussures en tiers-point s'encadrent sous une accolade décorée, accostée de pinacles et surmontée de culs-de-lampe, curieusement sculptés, supportant de vieilles statues de bois. Les fenêtres en tiers-point à réseau flamboyant du chevet plat et du croisillon Nord gardent encore quelques fragments de vitraux armoriés du XVIe siècle. La fenêtre du transept Nord conserve les armes des seigneurs du Vergier et de Bizien. Actuellement, elle abrite plusieurs statues en bois polychrome, dont celle de la Vierge à l'Enfant (XVIIe siècle) et celle de Sainte-Anne (XVIIe siècle). Une fontaine avec deux bassins se trouve à l'écart dans l'est de la chapelle[16].

Monuments civils[modifier | modifier le code]

  • Château et parc du Lain

Le site est la propriété de la seigneurie du Lain (Lein ou Lin) à la fin du XVIe siècle, propriété successive des familles Le Lain, Lantivy, Guyardet (vers 1600), Monistrol (au XVIIIe siècle). Associée au château, une chapelle privée est bénie le 25 septembre 1773. En 1871, il est acheté par Théophile Viollet, inspecteur des Ponts et Chaussées travaillant à la construction de la ligne de chemin de fer. En 1875, ce nouveau propriétaire aménage le parc paysager et doit être le promoteur du nouveau château qui remplace l'ancien manoir à la fin du XIXe siècle. L'ajout d'une ferme, construite pour la famille Guyomar, a lieu en 1920. Le château est sinistré par un incendie en 1992, ses ruines et son parc sont l'objet d'un concours pour la création d'un parc péri-urbain en 1999[17], et en 2004, la commune de Gestel finance la consolidation de la façade. Aujourd'hui, outre les ruines du bâtiment principal, sont toujours existants les communs, la maison du gardien et un vivier associé au lavoir. La dernière propriétaire du Lain fut Anne Guyomar.

  • Château du Verger (ou Vergier).

Siège d'une seigneurie et propriété successive de Henry du Verger (en 1281), de Pierre du Verger (en 1396), de Silvestre du Verger (en 1448), de Louis du Leslay (en 1536), puis de la famille Le Prestre de Lezonnet (jusqu'à la Révolution).

  • Fontaine de la chapelle Notre-Dame de Kergornet, 1649.

Lieu de culte lactigène, le 1er mai[18].

  • Château de Kerguestenen, détruit en 1944.
  • Maisons, fermes et hôtels du XVIIIe au XXe siècles.
Ancienne halle à marchandises de la Gare ferroviaire (1863, allongée après-guerre).

Les bâtiments principaux n'existent plus, mais reste visible, partiellement, la halle à marchandises qui sera détruite en 2012 pour être remplacée par des logements sociaux. L'ensemble a été dessiné par l'architecte Vestier pour la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, et est conforme au style développé pour seize des gares de la ligne, c'est-à-dire avec une alternance de lignes rouges et blanches réalisées en alternant briques et tuffeau.

  • Fontaine de la chapelle Sainte-Flamine, XIXe siècle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b 1944-1945 entre Scorff et Laïta, 2005 (voir bibliographie).
  2. Site officiel de Cap l'Orient, Gestel (consulté le 16/09/2009).
  3. Service Patrimoine Linguistique de l'Office de la Langue Bretonne, basse KerOfis, formes anciennes Gestel lire (consulté le 16/09/2009).
  4. SCOT Pays de Lorient, État initial de l'environnement, 2006, p. 13 à 16 lire (consulté le 14/09/2009).
  5. Site rail-bretagne.com lire (consulté le 10/09/2009).
  6. a et b Judith Tanguy-Schroër et Catherine Toscer, « Village à Gestel (56), enquête 1998 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. Archives Lorient, notice 7Fi9457 lire (consulté le 15/09/2009).
  8. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  9. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  10. Voir le tracé des voies romaines dans Patrick Galliou, L'Armorique romaine, Brest, 2005 [1re éd. 1983] (ISBN 2-910878-28-7) ; et, du même, et al., Le Morbihan, Paris, 2009 (Carte archéologique de la Gaule : Pré-inventaire archéologique, 56) (ISBN 978-2-87754-238-8).
  11. Les croix de Gestel, sur la base Mérimée, ministère de la Culture.
  12. Voir les photographies de Georges Estève, en 1921, dans « Notice no Gestel », base Mémoire, ministère français de la Culture.
  13. « Église paroissiale Notre-Dame-des-Fleurs », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  14. Site Archives de la Ville de Lorient, notice 2Fi808 lire
  15. « Chapelle Sainte-Flamine », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  16. « Chapelle de pèlerinage Notre-Dame-de-Kergornet », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  17. Site ArchiRès Emmanuelle Millet lire (consulté le 15/09/2009).
  18. Richard Louis. Recherches récentes sur le culte d'Isis en Bretagne. In: Revue de l'histoire des religions, tome 176 no 2, 1969. p. 131.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1944-1945 entre Scorff et Laïta : Gestel, Guidel, Quéven dans la poche de Lorient, sous la dir. du Comité historique de Quéven et de l'Association Histoire et patrimoine de Guidel, Le Faouët, Liv'éd., 2005, 155 p. (Collection Mémoire du pays de Lorient) (ISBN 2-8449-7073-7).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Monuments historiques, bâtiments et objets artistiques