Baraque (construction)

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Une baraque est une construction légère, en planches à l'origine (mot d'origine catalane concernant un édifice agricole, XIIIe siècle).

L'appellation baraque peut localement se confondre avec cabane (mot d'origine provençale) dans le langage courant, mais dans la pratique la baraque fait partie des constructions qui peuvent constituer un domicile avec adresse.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Issu d'un bas latin barrum, boue, pisé, ou dérivé de barra, barre, le terme occitan barraca, baraque, a donné de nombreux lieux-dits et noms de hameaux en Languedoc : ainsi Baraque-de-Trémolet en Lozère et Baraque-Pachin dans l'Aveyron. Le sens est celui d'habitation rudimentaire à la disposition du berger transhumant, du muletier et du voyageur.

Dans son Dictionnaire du monde rural, Marcel Lachiver définit ainsi la baraque :

« Auberge où les rouliers pouvaient renforcer leurs attelages sur les routes à très forte déclivité, ces auberges encadrent généralement les portions déclives. On pouvait y faire aussi des réparations sommaires, les aubergistes étant souvent charrons ou maréchaux. Le mot a donné de nombreux lieux-dits les baraques ».

Le nom de famille Baraquier évoque l'usager habituel des baraques mais aussi l'aubergiste de campagne (baraquier en occitan) tenant une auberge au confort rudimentaire[1].

Baraquer, chez les ouvriers de la forêt (bûcherons, charbonniers) de jadis, c'était s'installer sur une coupe et vivre dans une baraque le temps de l'exploitation [2].

Baraque[modifier | modifier le code]

L'édifice ne comporte pas d'étage, les pièces lorsqu'elles existent sont de plain-pied.

Cette construction est en principe démontable ou transportable et peut servir d'abri mobile. La construction fixe peut être faite sur un soubassement.

Après l'usage des planches de bois, elle a utilisé fréquemment la toile goudronnée, la tôle ondulée[3]. les panneaux de bois[4], les plaques de fibres-ciment [5].

Baraque est un terme d'usage courant à connotation bien souvent négative concernant la qualité de vie ou l'organisation de ce dont il est question dans le lieu. Cette notion a fait disparaître le terme baraque des appellations courantes pour des édifices neufs, alors qu'on pouvait dans la période moderne sous réserve de suivre les normes y faire parvenir l'électricité, l'eau et l'égout[6]. En fonction de nouvelles techniques utilisées au XXe siècle, le terme de "bâtiment préfabriqué", devenu à l'usage "préfabriqué" (voire "préfab"), même s'il désignait un mode de construction plutôt qu'un type d'édifice[7] a été utilisé pour les édifices de structure plus légère que les structures maçonnées[8].
Le fonctionnement en croissance à cette époque de l'industrie, de l'école primaire, etc. était respecté. (Ce terme a désigné cette forme de construction dans la période qui a précédé l'usage courant de la préfabrication lourde en béton pour des structures durables.)

En milieu agricole[modifier | modifier le code]

La baraque à foin est un fenil.

La baraque à outils est une construction petite et légère d'entrepôt du matériel de culture, installée dans un champ ou jardin.

Baraque, ses variantes et ses dérivés ont désigné autrefois des cabanes en pierre sèche : ainsi baracou dans les causses de Blandas et de Campestre (Gard) et à Saint-Félix-de-l'Héras dans le Larzac héraultais ; baraquette au Mont-Saint-Clair près de Sète (Hérault) ; baraque dans le haut Vidourle (Gard) et dans le Châtillonnais (Côte-d’Or); barraca dans les Aspres (Pyrénées-Orientales), barraque (avec deux r) dans l'Aude.

En milieu rural manufacturier[modifier | modifier le code]

Cette baraque agricole en bois a abouti à la fabrique en son sens d'atelier d'artisanat. Ces ateliers sont constitués de travées constituées par les baraques mises bout à bout ou alors corps à corps avec une structure de poteaux-poutres comme corps de bâtiment à pignons alignés[9]. Le shed qui désigne la toiture courante de l'atelier est en anglais le terme qui désigne l'abri agricole (baraque, hangar ou cabanon) puis historiquement la baraque d'atelier.

Ces ateliers utilisant peu la maçonnerie ont pu parfois être démontés et reconstruits.

Pour l'armée[modifier | modifier le code]

La baraque de l'armée est une construction de cantonnement militaire. Elle remplace la tente. Elle a été constituée de structures en bois puis en métal en structures embouties autoporteuses à hublots, au départ gage de mobilité.

Les baraquements sont constitués d'un alignement de baraques non forcément jointives.

Ce terme a aussi donné en anglais Barraks désignant le cantonnement militaire puis a donné nom à certains lieux qui ont reçu ces constructions qui étaient maçonnées.

Pour le logement ouvrier[modifier | modifier le code]

En milieu rural et urbain la baraque ouvrière constituant des baraquements ouvriers est construite sur la parcelle dépendante de la manufacture-usine, de la mine, de l'exploitation agricole ayant besoin de forte main d'œuvre avant la mécanisation. Il s'agit d'un mode de production intégrant les ressources humaines en planification de production. Ce système copié dans l'esprit militaire est à l'origine ce qui a amené à la constitution des cités ouvrières, en réaction des hygiénistes du tournant XIXe siècle - XIXe siècle.

Ces baraques dans les banlieues de villes et les villages se sont transformées en pavillons en structure maçonnée parce que la construction de baraques alignées sans aucun confort vital pour les ouvriers avant eu lieu préalablement en présentant un danger social, premier des passages de la "baraque en bois" à la "baraque en dur", brique creuse ou bloc de béton.

Pour les chantiers du Bâtiment[modifier | modifier le code]

La baraque de chantier est dans toutes les époques -y compris moderne- ce qui fournit les bureau, vestiaire, lieu sanitaire et cantine, dortoir dans les chantiers du Bâtiment. (Tout d'abord le vestiaire, associé à la guérite des toilettes). Ces éléments sont mobiles de chantier en chantier et leur spécialisation de fonction correspond à l'importance du besoin selon l'équipe d'ouvriers.

Lorsque ce n'est pas une roulotte, la baraque a abandonné la structure bois simple pour sa fabrication, et utilise les panneaux sandwichs pour constituer les murs et le toit sous la forme d'un container. Ces éléments modulaires d'espaces différenciés emboitables servent aussi au relogement temporaire des utilisateurs des locaux en réhabilitation.

Cette sorte de baraque procède de la même inspiration de traitement des espaces intérieurs restreints que l'architecture intérieure de chalet de loisir qui n'a pas le même aspect et qui lui ne bouge plus de son emplacement.

Pour les automobiles[modifier | modifier le code]

Des séries de baraques jointives construites dans les grandes agglomérations remplacent les remises traditionnelles pour garer les automobiles en zone urbaine au moment du développement de l'acquisition populaire des véhicules dans le deuxième tiers du XXe siècle.

La construction du garage a fait partie de la "Livraison à Soi-Même" pour l'acte de bâtir (autant que pour la comptabilité) en ce qui concerne une grande part de ces édifices, et constitue un des passages de la "baraque en bois" à la "baraque en béton".

Certaines d'entre elles sont maçonnées en alignement avec un étage habitable à loyer à bon marché, au-dessus des "boxes" abritant les automobiles des propriétaires qui louent l'emplacement.

Les séries des garages installés à proximité hors habitat a pu servir de petits composants de réserve foncière d'urbanisation au fur et à mesure de l'urbanisation du milieu du siècle. Ces séries préfigurent les silos automobiles à emplacement loué dans la durée des grandes villes qui ont un habitat ancien prisé.

Pour le logement d'urgence ou précaire[modifier | modifier le code]

Des baraques ont été utilisées pour toutes les grandes migrations de population suite à des guerres. Les camps de rapatriement ou de contingentement composés de baraques ont servi partout dans le monde : En France de la guerre d'Espagne au rapatriement depuis l'Algérie, aux États-Unis pour la construction du chemin de fer, le contingentement des ressortissants des états ennemis pendant la 2e guerre mondiale, en Australie pour le contingentement des ressortissants australiens originaires des États ennemis pendant la 1e guerre mondiale, en Afrique du Sud pour les boers, etc.

Dans la reconstruction d'après la 2e guerre mondiale en France, il a été fait usage de baraques pour fabriquer les "cités d'urgence". Une "baraque témoin" a été installé à Soye à Plœmeur près de Lorient pour témoigner de la vie dans ces cités d'urgences.

Si ces baraquements ne constituent pas forcément un habitat dégradé et dégradant au départ suivant les contingences de l'époque, les baraquements utilisés à la suite la guerre israélo-arabe au Moyen-Orient ont cependant été volontairement installés pour former un habitat peu durable par les instances politiques constituées.

Mais aussi pour faire la fête…[modifier | modifier le code]

La baraque foraine est un stand de jeu ou une baraque à frites, et a aussi désigné anciennement l'habitat du forain qui a maintenant pris place dans une caravane. Les baraques fixes servant aux parties de campagne dominicales ont formé les guinguettes, qui sont devenues des espaces de loisir modernes dans des parcs où les édifices sont voulus éphémères. À Marseille, une baraque désigne par métonymie un Jeu d'arcade.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Astor, Dictionnaire des noms de familles et noms de lieux du Midi de la France, Éditions du Beffroi, 2002, ISBN 2-908123-59-2.
  2. Marcel Lachiver, Dictionnaire du monde rural. Les mots du passé, Fayard, 1997.
  3. Conçue au début XIXe siècle avec des laminoirs, la tôle est utilisée dès le milieu ce même siècle. Elle est remplacée par des bacs aciers de tôle forte pour les murs et toitures au XXe siècle.
  4. Le contreplaqué puis les plaques de ciment de bois, panneau de particules et fribraglo pour le mur au XXe siècle.
  5. Les plaques préfabriquées de ciment avec fibres d'amiante puis fibres naturelles (1970) pour les murs et toitures à partir du milieu du XXe siècle.
  6. Pour des baraques de chantier ou d'entreprise on pouvait avoir une priorité d'accès au réseau dans la période de pénurie du téléphone du milieu du XXe siècle
  7. Selon ses caractéristiques de volume, forme, distribution des pièces et confort intérieur (moyen de chauffage parfois absent, eau le plus souvent non disponible).
  8. Voir les actions du mouvement architectural XXe siècle répondant aux besoins d'édification en masse avec Marcel Lods, Jean Prouvé etc.
  9. Comme dans l'ancienne tradition d'urbanisation de la ville avec murs mitoyens de séparation et pignons sur rue.