Dreamcast

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Dreamcast
Dreamcast

Fabricant Sega
Type Console de salon
Génération Sixième

Date de sortie Drapeau du Japon 27 novembre 1998
Drapeau des États-Unis 9 septembre 1999
Drapeau européen 14 octobre 1999
Drapeau de l'Australie 30 novembre 1999
Fin de production Drapeau européen 23 juin 2003
Drapeau du Japon 24 février 2004
Processeur 200 MHz Hitachi SH4 RISC
Média GD-ROM (1,2 Go)
CD
Service en ligne SegaNet, GameSpy (AN), Dreamarena (EU)
Unités vendues Sortie internationale 8,20 millions
Drapeau des États-Unis 3,90 millions
Drapeau du Japon 2,25 millions
Drapeau européen 1,91 millions
[1]
Jeu le plus vendu Sonic Adventure (2,5 millions en juin 2006)[2]

Précédent Saturn Logo Dreamcast

Dreamcast

La Dreamcast (ドリームキャスト, Dorīmukyasuto?) est une console de jeux vidéo développée par Sega, et est le successeur de la Saturn. Commercialisée dès novembre 1998 au Japon, elle sera la première console de sixième génération présente sur le marché, avant ses concurrentes - la PlayStation 2 de Sony, la Xbox de Microsoft et la GameCube de Nintendo. Son nom est composé des mots dream (rêve) et cast (de broadcast : diffuser). Elle a été connue pendant son développement sous les noms Blackbelt, Dural, et Katana.

Elle est la première console livrée en standard avec un modem[3],[4] lui permettant un support de jeu en ligne, de se connecter à Internet et ainsi de consulter des pages web ou bien lire des courriels. Sega cesse la commercialisation de la Dreamcast en mars 2001 en Amérique du Nord et se retire complètement du milieu hardware des jeux vidéo de salon. Toutefois, le système est soutenu jusqu'à la fin de l'année 2002 en Europe, en Océanie, ainsi qu'au Japon. Malgré son arrêt prématuré, la console est toujours soutenue en 2014 par des producteurs indépendants.

Historique[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Logo de la Dreamcast hors Europe

Dès 1996, Sega déclare travailler sur un nouveau projet de console, connu alors sous le nom de Dural (emprunté à l'un des personnages de Virtua Fighter). Microsoft est choisi pour fournir le système d'exploitation et NEC pour le processeur graphique. Deux nouveaux projets dérivés de Dural voient le jour : Blackbelt et Katana. Le deuxième est un projet japonais. En juillet 1997, Sega annule Blackbelt, et Katana devient l'unique projet. Après une série d'essais et de prototypes, le processeur graphique retenu sera le Power VR II de Nec. Les kits de développement Dreamcast sont livrés aux développeurs dès fin 1996.

La Dreamcast est commercialisée le 27 novembre 1998 au Japon au prix de 29 800 yens, le 9 septembre 1999 aux États-Unis et au Canada, et le 14 octobre 1999 en Europe. Son prix de lancement en France est de 1 690 francs, soit environ 260 euros. Quatre jours après son lancement aux États-Unis, Sega explique que 372 000 exemplaires de la console ont été vendus pour un total de 312 millions de dollars[4]. Des jeux de lancement tels que Soul Calibur, Sonic Adventure, Power Stone, Hydro Thunder, Marvel vs. Capcom, The House of the Dead 2 et NFL 2K aident la console à se former une réputation durant les premières années[5]. Les jeux Sega Sports ont comblé le vide que laissent les jeux de sport Electronic Arts sur la console[6]. Les ventes de la Dreamcast augmentent de 156,5 % du 23 juillet jusqu'au 30 septembre 2000 et bat même les ventes de la Nintendo 64 durant cette même période[7]. Cependant, le lancement de la PlayStation 2 par Sony marquera le commencement de la fin pour la Dreamcast[8].

Le logo de la Dreamcast est une spirale de couleur orange sur le marché américain et asiatique, ou bleue sur le marché européen. L'objectif de Sega était de proposer le premier système 128 bits de nouvelle génération afin de succéder à la Saturn tout en arrivant en magasin avant la PlayStation 2 (commercialisée par la suite le 4 mars 2000 au Japon). La Dreamcast innovait avec les gâchettes analogiques, un lecteur de GD-ROM six fois plus rapide que le lecteur CD-ROM de la PlayStation, ainsi qu'une unité secondaire appelée VMU (Visual Memory Unit) logeable dans la manette et qui servait à la fois de carte mémoire et de mini console de jeux grâce à son écran LCD. Cette console puissante fait figure de « bombe » face à la PlayStation et à la Nintendo 64. Côté marketing, Sony multiplie les publicités télévisées tandis que Sega la considère comme secondaire[réf. nécessaire].

Fin[modifier | modifier le code]

Le 31 janvier 2001, Sega annonce l'arrêt de production de la Dreamcast à partir du 30 mars la même année[9]. Le dernier jeu sur système en Amérique du Nord est NHL 2K2, commercialisé en février 2002. Sega n'annonce aucune intention de développer le successeur de la Dreamcast, qui restera donc la toute dernière console développée par Sega. Dotée d'une ludothèque relativement peu fournie mais de qualité, elle n'a pas rencontré le succès escompté. L'absence de jeux « incontournables » d'éditeurs tiers renommés comme Electronic Arts (Fifa) ou Squaresoft (Final Fantasy), qui n'ont pas souhaité développer de jeu sur Dreamcast, a eu un impact négatif sur les ventes de consoles.

Sega Europe cependant, continue les ventes de jeux vidéo sur système Dreamcast jusqu'en 2002. Ces derniers jeux vidéo ont été distribués par Bigben Interactive, ce dernier proposant des titres tels que Evil Twin: Cyprien's Chronicles, Cannon Spike, Heavy Metal: Geomatrix, Razor Freestyle Scooter et Conflict Zone[10]. L'atout majeur de la Dreamcast, selon Sega, résidait dans le fait de pouvoir proposer des jeux jouables en ligne. Cet argument a été utilisé par Sega dans sa campagne marketing de lancement pour damer le pion à sa principale rivale, la PlayStation 2, qui devait sortir presque un an plus tard, le 6 mars 2000 au Japon. Cette stratégie n'a pas fonctionné car trop peu de jeux implémentaient le jeu en ligne. De plus, le public attendait la sortie de la PlayStation 2, réputée plus puissante. Le 24 juin 1999, la console passe de 29 800 yens à 19 900 yens au Japon.

Renaissance[modifier | modifier le code]

Alors que plus aucun jeu ne devait être édité, la Dreamcast compte sur une communauté de joueurs et de fans qui font perdurer cette machine et tentent de pousser certains éditeurs (notamment japonais) à sortir encore de nouveaux jeux. Ainsi, deux titres sortent en 2006 au Japon : Radirgy le 16 février puis Under Defeat le 23 mars. Ils ont connu un succès impressionnant[réf. nécessaire] pour une console qui n'est plus produite depuis 6 ans. La console a même été redistribuée pour l'occasion sous forme de packs contenant un modèle d'occasion remis à neuf et un des deux jeux. Un jeu de tir à scrolling vertical nommé Fast Striker développé par NG:Dev.Team est d'ailleurs prévu pour la fin d'année 2010[11], soit 9 ans après l'abandon de la console, un record dans le monde du jeu vidéo pour une console de salon (record actuellement battu avec la sortie de Pier Solar sur Mega Drive 20 ans après l'abandon de la console). Le studio allemand Redspotgames a annoncé en décembre 2010 la sortie de Sturmwind, shoot them up horizontal, courant de l'année 2012[12]. Par ailleurs, pour l'année 2013, le studio NG:Dev.Team a déjà prévu de sortir un nouveau jeu du nom de XYX sur Dreamcast.

Depuis les années 2000, la Dreamcast est une plate-forme de développement indépendant dynamique, et beaucoup de jeux ou programmes « homebrew » (faits maison) font leur apparition. Ainsi, des développeurs indépendants ont créé des émulateurs et lecteurs de médias (MPEG, DivX, MP3, JPEG).

Les raisons de cette reconversion particulière sont les suivantes :

  • Le développement d'applications pour Dreamcast est relativement aisé : la console est en partie compatible avec Windows CE. Ceci est un choix technique de Sega, suite à l'échec de la Saturn qui était parait-il une console complexe à programmer pour les éditeurs de jeux. Grâce à Windows CE, les émulateurs ont pu se développer rapidement : il est ainsi possible de jouer à la Mega Drive, à la Master System ou encore à la Super Nintendo sur la Dreamcast. De plus, KallistiOS, une plate-forme de développement, a été créée par Dan Potter.
  • La copie de jeux vidéo est aisée, malgré le format propriétaire du GD-ROM choisi par Sega. Des hackers ont réussi à créer des images des jeux (images ISO) et à les copier sur un CD traditionnel - la Dreamcast lisant également les CD audio et les MIL-CD[note 1].
  • La naissance d'une communauté d'amoureux et de passionnés qui ne voulaient pas voir la Dreamcast mourir comme la Saturn.

En 2009, l'entreprise américaine ThinkGeek recommercialise la console de façon limitée aux États-Unis[13]. Au vu de l'engouement de la communauté de joueurs face à ce support, le marché de l'occasion bat son plein. Seulement, la Dreamcast rencontre quelques lacunes en termes de longévité, notamment par sa lentille fragile et ses problèmes de surchauffe. À noter que la console est en version NTSC-US. En conséquence, un disque de boot est requis pour lire les jeux import. Commercialisée à 99 $, l'offre limitée est momentanément vidée de son stock. Étant donné que Sega ne fournit plus de support pour cette console, la garantie n'est que de 30 jours via le site du revendeur.

Le 10 juin 2010, Sega annonce la sortie de certains titres Dreamcast disponible sur le Xbox Live Arcade et le PlayStation Network. Les deux premiers titres à paraître sont Sonic Adventure et Crazy Taxi[14]. De plus, une compilation appelée Dreamcast Collection est commercialisée en février 2011, sur Xbox 360 et PC (Windows). Elle comporte Crazy Taxi, Sonic Adventure, Sega Bass Fishing et Space Channel Five 2.

D'ailleurs, Pier Solar, dernier jeu de la Megadrive, subira une adaptation sur Dreamcast en 2014.

Enfin des émulateurs de cette console ont été développés pour différents systèmes d'exploitation, permettant de continuer à utiliser les jeux et logiciel de la console sur d'autres architectures :

  • NullDC, open source, pour Microsoft Windows[15].
  • lxdream, open source, pour Linux[16].
  • Reicast, open source, fork de NullDC, pour Android (architectures ARM et MIPS, notamment pour la console en matériel libre GCW Zero) et Linux (sur architecture ARM), des ports pour architecture x86 sont en cours de préparation[17].

Matériel et accessoires[modifier | modifier le code]

La console est dérivée du système d'arcade Naomi de Sega. Le format utilisé pour les jeux est le GD-ROM fabriqué par Yamaha. En effet, pour empêcher la copie de jeux, Sega a fait développer un nouveau support pour les jeux Dreamcast. Il s'agit d'un hybride entre le CD et le DVD d'une capacité de 1,2 Go, qui ne peut pas être lu par un PC. Une de ses principales caractéristiques est la gravure des données dans une densité élevé et une deuxième TOC commençant après la section de type CD du GD-ROM. La Dreamcast lit les GD-ROM en 12X, d'où des temps de chargement relativement courts.

Spécifications techniques[modifier | modifier le code]

Processeur Hitachi SH-4
  • CPU : Hitachi SH-4 de type RISC, contenant une unité de calcul vectoriel 128 bits (fréquence des opérations : 200 MHz 360 MIPS/1.4 GFLOPS).
  • Moteur graphique : PowerVR2 DC 100Mhz (capable de tracer plus de 7 millions de polygones par seconde) conçu par NEC/VideoLogic.
  • Mémoire : Principale 16 Mo, Vidéo 8 Mo, Sonore 2 Mo.
  • Carte son : Processeur sonore 'Super Intelligent' de Yamaha, contenant un processeur ARM7 32 bits cadencée à 45 MHz (64 canaux stéréo PCM/ADPCM)[18].
  • GD-ROM Drive : Vitesse maximum 12x (lorsqu'il tourne a une vitesse angulaire constante mode-CAV). Le GD-ROM est un type de média d'une capacité de environ 1 Go (soit 112 minutes) spécialement développé par Yamaha.
  • Modem : Modem 56 kbit/s de série sur la console (la vitesse était de 33 kbit/s pour la version européenne) ; possibilité de remplacer le modem d'origine pour le Broadband Adapter (modem haut-débit). Ce modem est sorti, mais son prix reste élevé (environ 100 €).
  • Couleurs : Approximativement 16,77 millions de couleurs simultanément.

Systèmes d'exploitation[modifier | modifier le code]

La Dreamcast possède deux systèmes d'exploitation : SegaOS et Windows CE. Le premier, présent dans la console, est plus difficile à utiliser pour les programmeurs mais permet d'utiliser les capacités maximales du matériel. Le deuxième est, quant à lui, chargé directement depuis le GD-ROM par les jeux qui en ont besoin. Le fait que la console reconnaisse Windows CE permet d'adapter assez rapidement des jeux pour PC sur la Dreamcast.

Accessoires[modifier | modifier le code]

Le VMU de la Dreamcast

Divers accessoires sont disponibles : carte mémoire, volant, maracas, tapis de danse, pistolet, kit vibration, stick arcade, canne à pêche, etc

Internet et la communauté Dreamarena[modifier | modifier le code]

Modem noir 56k

La Dreamcast est la première console de jeu permettant l'accès à Internet, via un modem enfiché sur son côté droit (modem 56k pour la console américaine et 33.6k ailleurs). De plus elle possédait jusqu'en 2003 son propre portail d'accès à Internet : la Dreamarena. La plupart des jeux Dreamcast possédaient une page web dédiée directement accessible depuis le jeu sur ce portail. Sega a mis fin au service en mars 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Le MIL-CD est un format de disque compact créé par Sega en 1999. L'objectif principal de la norme MIL-CD a été d'ajouter des fonctions multimédias aux CD audio, pour une utilisation avec la Dreamcast.
Références
  1. [1]
  2. (en) A Detailed Cross-Examination of Yesterday and Today's Best-Selling Platform Games
  3. (en) « Dreamcast Connects Console Gamers », sur GameSpy,‎ Juillet 2003 (consulté le 19 juillet 2011)
  4. a et b Épisode Sega Dreamcast, 302e épisode de la série Game Makers. Diffusé pour la première fois le 20 août 2008 sur le réseau G4 à Los Angeles. Visionner l'épisode en ligne
  5. (en) « Dreamcast Museum », sur Chronicgames.net (consulté le 8 août 2008)
  6. (en) « Sega Sports NFL 2K1 Outsells the Competition on Its Debut; First Ever Online Console Game NFL 2K1 Becomes Number One Football Game This Fall », sur Business Wire,‎ 28 novembre 2000 (consulté le 19 août 2008)
  7. (en) « Price Cut Leads to Surge in Dreamcast Sales », sur Manjiro Works (consulté le 19 août 2008)
  8. (en) « PlayStation 2 », sur GameSpy (consulté le 19 août 2008), p. 3
  9. (en) « Sega Scraps the Dreamcast », sur BBC,‎ 31 janvier 2001 (consulté le 22 août 2008)
  10. (en) « BigBen Interactive S.A. - Company Profile, Information, Business Description, History, Background Information on BigBen Interactive S.A », sur Referenceforbusiness.com (consulté le 9 août 2011)
  11. (en) « Site officiel du jeu Fast Striker » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-25
  12. (en) « Sturmwind for Sega Dreamcast », sur redspotgames.com (consulté le 14 février 2011)
  13. (en) « Des Dreamcast neuves à 99$ chez ThinkGeek »,‎ 22 avril 2009 (consulté le 22 septembre 2010)
  14. (en) Sega bringing Dreamcast library to PS3, Xbox 360
  15. http://code.google.com/p/nulldc/
  16. http://www.lxdream.org/
  17. http://reicast.com/
  18. (en) « Sega Dreamcast Review Part 1 », sur FiringSquad.com,‎ 7 septembre 1999 (consulté le 19 octobre 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]