Étienne Le Camus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Étienne Le Camus
Biographie
Naissance 24 septembre 1632
Paris (France)
Décès 12 septembre 1707
Grenoble (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
2 septembre 1686 par le
pape Innocent XI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Maria degli Angeli
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 24 août 1671 par
Mgr Pierre du Cambout de Coislin
Évêque de Grenoble
Précédent Pierre Scarron Ennemond Allemand de Montmartin Suivant

Blason
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Étienne Le Camus, né à Paris le 24 septembre 1632 et décédé à Grenoble le 12 septembre 1707, est un cardinal français, évêque de Grenoble de 1671 à sa mort.

Repères biographiques[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Grâce à l'influence de son père, Nicolas Le Camus, conseiller d'État, Étienne Le Camus est très tôt attaché à la cour comme aumônier du roi, et jouit de l'amitié de l'évêque Bossuet. La Sorbonne fait de lui un docteur en théologie à l'âge de dix-huit ans.

Le fait de côtoyer des hommes comme Benserade, Vivonne et Bussy attire sur lui la colère de Mazarin, et il est pour un temps exilé à Meaux. Rappelé grâce à l'influence de Colbert, il se retire en 1665 à l'Abbaye de La Trappe avec Armand Jean le Bouthillier de Rancé, et passe de sa légèreté première à une ascèse qui le conduit à l’abbaye de Port-Royal des Champs.

Évêque[modifier | modifier le code]

Ordonné, contre son gré, évêque de Grenoble le 24 août 1671 en succédant à Pierre Scarron, il fait preuve de beaucoup de zèle dans la réforme des abus dans son diocèse[1]. Après avoir visité de nombreuses paroisses de son diocèse pendant dix huit mois sans discontinuer y compris les plus reculées dans le massif de l'Oisans, Étienne Le Camus est obligé de chasser plus de soixante curés. Il fonde dans le diocèse de Grenoble, deux séminaires et plusieurs institutions de bienfaisance. Comprenant alors qu'il faut se préoccuper de la formation des clercs, il crée également le grand séminaire de Grenoble en 1675, et rétablit la discipline dans les monastères qui en ont besoin, notamment celui de Montfleury, près de Grenoble, où les dominicains mènent une vie fort mondaine[2].

Dans l'affaire de la régale en 1682, il agit comme intermédiaire entre Rome et Versailles, et fait preuve de courage devant la toute-puissance de Louis XIV.

Cardinal[modifier | modifier le code]

Tant de vigueur au service de la papauté attire l'attention du pape Innocent XI, qui le crée cardinal lors du consistoire du 2 septembre 1686, au lieu de François Harlay de Champvallon présenté par le roi. Jusqu'en 1689, il n'est pas autorisé à se rendre à Rome pour y recevoir les insignes de sa dignité. Son épiscopat est marqué par la révocation de l'Édit de Nantes, il manifeste ouvertement sa désapprobation, mais gère son application sans violences ni contraintes s'opposant notamment à la pratique des dragonnades[3].

Outre un « Recueil d'ordonnances synodales », il a laissé une « défense de la Virginité perpétuelle de la Mère de Dieu » (Paris, 1680), et de nombreuses lettres publiées par le père Ingold. La publication de ses lettres personnelles par le père Ingold montre que pour le cardinal Le Camus le Jansénisme est plus une question de sympathie personnelle et de discipline spirituelle que de principes doctrinaux.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean de Viguerie, Le catholicisme des Français dans l'ancienne France,‎ 1988 (ISBN 9782723303750, lire en ligne) p. 59
  2. Paul Dreyfus, Histoire du Dauphiné, page 172.
  3. John A. Lynn, Les guerres de Louis XIV - 1667-1714, Perrin 2010, p.186

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mgr Bellet, Histoire du cardinal Le Camus, évêque et prince de Grenoble, Picard, Paris, 1886.
  • Bernard Bligny (dir.), Le diocèse de Grenoble, Beauchesne, Paris, 1979.
  • Paul Dreyfus, Histoire du Dauphiné, Éditions Hachette, 1976, ISBN 2-01-001329-8.
  • Claude Faure, Lettres inédites du cardinal Le Camus, Allier, Grenoble, 1932.
  • Abbé Jean Godel (dir.), Le cardinal des montagnes : Etienne Le Camus, Presses Universitaires de Grenoble, 1971.
  • R.P. Ingold, Lettres du cardinal Le Camus, Picard, Paris, 1892.