Maison de France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Maison de France

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Grandes armes du royaume de France à la fin de l'Ancien Régime

Pays Drapeau de la France France
Drapeau de l'Espagne Espagne
Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau du Luxembourg Luxembourg
Titres Roi de France
Roi de Navarre
Roi d'Espagne
Roi des Deux-Siciles
Duc de Parme
Grand-duc de Luxembourg
Etc. …
Chef actuel Disputé entre:
Louis de Bourbon (légitimiste)
Henri d'Orléans (orléaniste)
Fondation Pharamond (mythiquement)
Hugues Capet (concrètement)
Déposition 1848 (France)
1860 (Parme)
1861 (Deux-Siciles)

L'expression maison de France, ou plus exactement la maison capétienne, désigne les membres de la famille capétienne qui a donné des rois de France depuis l'avènement d'Hugues Capet. Sous la royauté, les princes mérovingiens et carolingiens étaient englobés dans la maison de France par les historiens et légistes français. La maison capétienne se compose d'un certain nombre de branches et de leurs rameaux. Certaines de ses branches ont accédé à la Couronne, d'autre ont régné sur d'autres pays comme les Deux-Siciles ou l'Espagne, d'autres sont restées cadettes.

La maison de France incarnait sous l'Ancien Régime la continuité des institutions politiques du royaume de France, dans ses relations avec les souverains des autres pays. Elle comportait à la fois une dimension familiale (la famille royale et les princes du sang) et patrimoniale (le domaine royal).

Cette continuité a été permise par la stabilité des successions des rois qui ont régné sur la France, depuis le traité de Verdun avec les Carolingiens, puis à partir de 987 avec les Capétiens et leurs différentes branches. La politique d'alliances familiales avec les autres maisons princières ou royales permit pendant des siècles d'asseoir la paix, de contrôler les frontières, et d'établir durablement le domaine royal en reprenant le contrôle des anciens apanages sans héritier.

L'avènement en 1316 de Philippe V le Long consacre définitivement le principe selon lequel sont successibles les seuls princes mâles descendants d'Hugues Capet, nés d'un mariage légitime. Les règles édictées par les juristes de l'Ancien Régime ont permis de borner très strictement la qualité de prince du sang, parfois contre la volonté du prince. On se reportera pour ce point à la question des bâtards légitimés, de la religion du prince et des autres lois fondamentales du royaume.

Apparition de la notion de maison de France[modifier | modifier le code]

Le terme de maison pour désigner une famille apparaît au XIIe siècle dans les traductions de la Vulgate[1]. Celle-ci parle de Domus Saul et Domus David[2]. « Maison » était donc propre à qualifier le lignage du « nouveau David », roi Très-Chrétien, oint sur la tête comme les rois d'Israël. C'est au XIIIe siècle que le roi des Francs se dit officiellement roi de France et que les grands officiers du roi se titrent peu à peu de France[1]. Par exemple, le maréchal du roi devient le maréchal de France. L'expression maison de France est consacrée par le pape Boniface VIII dans sa bulle de canonisation de Louis IX du 11 août 1297 : Gaudeat Dominus inclyta Franciae (« Réjouis-toi, illustre Maison de France »)[3].

Les qualificatifs « très-chrétienne », « sainte », « noble » ont été utilisés pour désigner cette maison mais on a préféré « auguste », notamment à partir de Louis XIV, du fait des résonances sacrées et impériales de ce dernier terme. Les témoignages des auteurs (par exemple, Mathieu Paris) et souverains étrangers qui affirment depuis le XIIIe siècle que c'est la première famille du monde, de même que le roi de France est le premier d'entre les rois sont nombreux[1].

Origine de la maison de France[modifier | modifier le code]

Les dynasties royales antérieures aux Capétiens[modifier | modifier le code]

Appelés « rois de la première, deuxième et troisième race » par les anciens officiers ou jurisconsultes de la chancellerie de France, les historiens modernes nomment les dynasties royales françaises depuis le milieu du XIXe siècle du nom d'un ancêtre fondateur : les Mérovingiens du nom de Mérovée, les Carolingiens du nom de Charlemagne et les Capétiens du surnom du roi Hugues élu en 987. La maison impériale Bonaparte de Napoléon Ier n'est pas assimilée par les historiens à la « maison de France » mais est considérée comme une dynastie nouvelle parfois appelée la quatrième dynastie.

L'unité du royaume franc s'est faite à travers la succession des rois mérovingiens dès le baptême de Clovis Ier et de Clotilde, date la plus reculée à laquelle les historiens commencent à désigner la Gaule comme la Francie ou la France. Ces lignages se sont toutefois partagé leurs royaumes à chaque génération, y compris à l'époque carolingienne. Il faut attendre les derniers rois carolingiens pour voir la fin du système des partages. Le dernier partage du royaume des Francs eut lieu en 879 à la mort de Louis II. Les enfants mâles cadets des Capétiens directs recevront des terres, le plus souvent au titre d'un comté ; de cette pratique, naîtra le concept d'apanage.

Les origines de la dynastie royale capétienne[modifier | modifier le code]

Avant Hugues Capet, deux membres de la famille des Robertiens ont été rois des Francs, avec des règnes intercalés entre ceux des Carolingiens : Eudes et Robert Ier. Ces deux premiers rois sont les fils de Robert le Fort. L'origine de la famille des ancêtres d'Hugues Capet est longtemps restée méconnue et diverses conjectures ont pu être formulées. Au XXe siècle, des travaux de plusieurs historiens[4],[5] ont permis de dégager un certain nombre d'hypothèses et de quasi-certitudes sur l'histoire et la généalogie des Robertiens. Les ancêtres des Capétiens formeraient un groupe familial constitué de serviteurs des derniers Mérovingiens en Neustrie comme Robert, référendaire de Dagobert Ier puis de proches des premiers Carolingiens en Austrasie comme Robert Ier comte de Hesbaye et de Worms mort en 764[6].

En 836, un des membres de cette famille, Robert le Fort, prit parti pour Charles II le Chauve contre son frère Lothaire Ier, ce qui le conduisit à quitter ses possessions rhénanes pour la vallée de la Loire où le roi lui remit d'importants comtés[7]. La défaillance des Carolingiens (minorité de Charles III le Simple, morts prématurées de Louis IV, Lothaire et Louis V) conjuguée à l'énergie des Robertiens aussi bien face aux envahisseurs normands que face au pouvoir royal est à l'origine de la montée en puissance de la lignée d'Hugues Capet.

Selon l'historien Karl Ferdinand Werner, du fait de ses origines, la maison de France constitue la plus ancienne dynastie royale en succession masculine du monde[8].

Application du terme maison de France aux trois dynasties royales franques[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit impossible de réunir en une seule et même lignée agnatique les trois dynasties royales franques[9], les multiples intrications généalogiques avérées entre les trois familles, notamment entre Robertiens et Carolingiens, et leur continuité historique incitèrent à les désigner communément sous l'expression de maison de France[1]. C'est ce que firent des généalogistes de différentes époques comme le frère de Sainte-Marthe, le père Anselme ou Christian Settipani.

Composition de la maison de France[modifier | modifier le code]

La famille royale de France[modifier | modifier le code]

Membres de la famille royale de France[modifier | modifier le code]

La notion de famille royale se comprend au sens strict comme au sens large. Entre le XVIe siècle et 1830, au sens strict, la famille royale était la famille proche du roi : elle était composée dans l'ordre du cérémonial, du roi, de sa femme (la reine), de sa mère (la reine douairière), de ses enfants et petits-enfants, de ses frères et sœurs, de leurs enfants et des petits-enfants et des époux de chacun d'eux, ainsi que, le cas échéant, des reines épouses de rois de France de branches précédemment éteintes.

Au début de la Restauration, le duc d'Orléans protesta contre le fait que la Charte de 1814 et le roi Louis XVIII distinguent les princes du sang de la famille royale, cette dernière n'étant composée que du roi de France, des enfants et petits-enfants de France ; selon lui, cette distinction de la Maison de France en plusieurs familles était une innovation qui n'existait pas sous l'Ancien Régime[10].

Titres, formules et prédicats dans la famille royale de France[modifier | modifier le code]

  • Le fils aîné du roi était appelé Dauphin de France[11],[12] et son épouse la Dauphine de France. Louis de France (1661-1711), dauphin de France tout au long de sa vie, est communément appelé le « Grand Dauphin ».
  • Les enfants du roi de France étaient appelés enfants de France (fils ou filles de France).
  • Les enfants des fils de France autres que ceux du Dauphin étaient appelés petits-enfants de France (petits-fils ou petite-fille de France). Ce titre fut créé à l'instigation de Gaston de France afin de donner une préséance de sa fille par rapport aux princesses du sang[13].
  • Les enfants du Dauphin et ceux du fils aîné du Dauphin étaient enfants de France[14],[15] et non petits-enfants de France ou princes du sang.
  • Le petit-fils aîné du roi portait un titre d'attente. Louis de France (1682-1712), fils du Grand Dauphin, fut par exemple duc de Bourgogne jusqu'en 1711, puis dauphin pendant quelques mois. Il était le père de Louis XV. Il en était de même pour l'arrière-petit-fils aîné du roi. Celui de Louis XIV portait le titre de duc de Bretagne.
  • Le dauphin était appelé Monseigneur, son frère puîné Monsieur, et l'aînée des filles de ce dernier Mademoiselle. La reine, la dauphine et l'épouse de Monsieur étaient appelée Madame.
  • Les petits-enfants de France avaient droit au prédicat d'Altesse royale[13]. Les enfants de France et le Dauphin prirent l'altesse royale sous la Restauration[16]. Gaston de France se l'attribua cependant de sa propre initiative[15].

Patronymes dans la famille royale de France[modifier | modifier le code]

  • Le Roi et la Reine ne portaient pas de patronyme et signaient de leur prénom.
  • Les enfants de France portent le patronyme de France comme ceux du Dauphin de France ou du fils aîné du Dauphin de France[17].
  • Les enfants des fils de France autres que le Dauphin ont pour patronyme le nom de l'apanage qui a été conféré à leur père. Ainsi, le Régent s'appelait Philippe d'Orléans et non Philippe de France.

Les princes du Sang de France[modifier | modifier le code]

  • Les maisons cousines issues légitimement, par les mâles, d'un petit-fils de France étaient composées des princes et princesses du Sang de France[18],[19].
  • Les princes et princesses du Sang portaient généralement comme patronyme le nom du fief principal de leur apanage comme le petit-fils de France dont ils étaient issus[17]. Ainsi, les enfants de Charles de France, duc de Berry, portèrent-ils pour patronyme de Berry et non de France[17].
  • Les princes du Sang de France étaient altesses sérénissimes. Charles X, au lendemain de la mort de Louis XVIII et afin de faire plaisir à son cousin Louis-Philippe d'Orléans, attribua aux membres de la famille de ce dernier le prédicat d'Altesse royale[20],[19].
  • Les princes du Sang étaient aptes à occuper le trône en cas d'extinction de la famille royale. C'est ce qui se produisit en 1589 après la disparition des Valois. En revanche, Philippe VI qui succéda à Charles IV et fut le premier Valois n'était pas un prince du sang mais un petit-fils de France au moment de son accession au trône (encore que ces distinctions et l'expression de prince du sang soient postérieures à cet événement).
  • Premier prince du Sang fut un titre officiel de l'ancienne monarchie française à partir de 1595[21]. Il était attribué au prince du Sang situé juste après les fils de France et les petits-fils de France, selon l'ordre dynastique prévu par les lois fondamentales du royaume de France. Ainsi, Louis d'Orléans, fils du Régent Philippe d'Orléans qui était petit-fils de France, fut nommé premier prince du sang à la mort du Grand Condé.
  • Ces diverses branches légitimes ont été étudiées par les légistes du roi dès le XVIe siècle et leurs généalogies imprimées dans la notable Histoire généalogique de la maison royale de la France et des grands officiers de la couronne du Père Anselme à partir de 1674. Les familles de princes du Sang furent nombreuses mais la plupart sont aujourd'hui éteintes en ligne légitime.

Le domaine royal[modifier | modifier le code]

Il comprend un grand domaine, qui correspond au domaine public, le petit domaine, qui est le domaine privé de la famille royale, et le domaine concédé inaliénable, comme les apanages ou les grandes charges qui ne sont pas héréditaires.

C'est à tort que l'on montre dans les livres d'histoire du XIXe siècle des cartes historiques de la France dans lesquelles on considère comme une date d'acquisition de chaque province, celle de sa dernière réunion au domaine royal. En effet, toutes ces provinces qui mouvaient de la couronne sont d'anciennes possessions royales qui avaient été précédemment concédées, le plus souvent à un prince de sang.

Article détaillé : Domaine royal.
Article détaillé : Provinces de France.

La maison de France sous la monarchie[modifier | modifier le code]

Cette maison est issue de la dynastie robertienne. La maison capétienne a régné en France de 987 à 1792, et de 1814-1815 à 1848. Elle a donné naissance à d'autres dynasties qui ont régné en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique si l'on tient compte des possessions d'Outremer de royaumes européens.

Article détaillé : Généalogie des Capétiens.

Les Capétiens directs[modifier | modifier le code]

En 987, Hugues Capet inaugure la troisième race des rois de France, celle qui va régner de la manière la plus longue sur la France. La couronne étant donnée à l'héritier de son père, du vivant de celui-ci, la dynastie assoit sa légitimité et au principe d'élection, qui lui a donné le trône, est substitué le principe d'hérédité déjà présent dans les précédentes dynasties. La ligne directe s'éteint en 1316 avec la mort de l'enfant-roi Jean Ier. Son oncle et régent Philippe V conserve le trône, puis c'est son jeune frère qui lui succède brièvement. Ces deux derniers règnes laissent le temps aux légistes de la cour royale de conforter le principe de la loi salique en attribuant le trône au comte de Valois, mâle le plus proche en ligne masculine, contre Édouard III d'Angleterre ou Jeanne de Navarre, héritiers en ligne féminine.

La maison de France, dans sa ligne des Capétiens directs, a produit nombre de maisons cadettes dont :

Chaque branche s'entend avec chacune de ses ramifications légitimes (et les branches bâtardes, qui ne font pas partie de la maison de France, mais dont certaines subsistent encore comme la maison de Bragance (issue de la première maison de Bourgogne) et quelques branches illégitimes issues de la maison de Bourbon et de la seconde maison de Bourgogne. Se reporter pour les détails à la généalogie générale des Capétiens.

Les Valois[modifier | modifier le code]

La maison de Valois, issue d'un frère cadet de Philippe IV le Bel, accède au trône en 1328, à la faveur de la succession de Charles IV le Bel. Devenue maison royale, elle donna naissance à plusieurs branches, désormais toutes éteintes en ligne masculine. La ligne directe s'étant éteinte avec Charles VIII de France, lui succéda un prince de la seconde maison d'Orléans (cadet des Valois), dite improprement « de Valois-Orléans », sous le noms de Louis XII de France (1498-1515). Lui-même étant mort sans hoir mâle, c'est le rameau ou maison d'Orléans-Angoulême qui lui succède jusqu'en 1589. Les branches de cette dernière maison royale n'ont pas excédé plus d'une génération.

Les Bourbons[modifier | modifier le code]

Le 29 juin 1768, avec la mort d'Hélène de Courtenay (1689-1768), s'éteignit la branche de Courtenay de la dynastie capétienne. Les descendants d'Henri IV (eux-mêmes issus des ducs de Bourbon et, par ceux-ci, du dernier fils de Saint Louis), devinrent alors la seule branche dynaste du pays[22].

C'est pourquoi, officiellement depuis 1768 (en pratique, depuis plus longtemps encore, les derniers Courtenay étant peu connus), la maison de France put être couramment appelée « maison de Bourbon »[23].

La maison de Bourbon donna naissance à plusieurs branches nommées d'après l'apanage des fils de France qui en sont à l'origine.

  • La troisième maison d'Orléans : elle est issue de Philippe France, frère de Louis XIV et est toujours représentée.
  • La maison de Provence : elle se résume à Louis XVIII avant son accession à la couronne,
  • La seconde maison d'Artois : elle devint maison royale de France en 1824 avec Charles X.

Les princes issus de ces différentes branches prenaient le nom de leur branche. Ainsi, les princes d'Orléans ne portent pas le nom de Bourbon ; de même, comme son père avant lui le comte de Chambord avait pour patronyme d'Artois et non de Bourbon.

La Maison de France après la monarchie[modifier | modifier le code]

Le chef de la maison de France, fut jusqu'en 1830, le roi de France puis après cette date le comte de Chambord, mort en 1883. Depuis le décès de celui-ci, les royalistes français se divisent sur la question de la succession entre partisans des Bourbons d'Espagne et partisans des Orléans.

Les premiers identifient maison de Bourbon et maison de France, alors que pour les seconds, la maison de France s’identifie avec la seule maison d'Orléans et n'est qu'une composante de la maison de Bourbon.

La règle de la primogéniture mâle pour la transmission de l'ancienne couronne de France est donc soumise, depuis le décès du comte de Chambord, à la reconnaissance ou non par les partisans des uns ou des autres des renonciations prononcées lors des traités d'Utrecht de 1713 et fondant l'impossibilité de réunir les royaumes d'Espagne et de France. Cette volonté de Charles II d'Espagne en 1700 fut aussi celle des puissances européennes que Louis XIV, malgré ses victoires lors la guerre de Succession d'Espagne, ne parvint pas à infléchir.

Maison de Bourbon issue de Louis XIV[modifier | modifier le code]

Cette branche, issue de Louis XIV et de son fils le « Grand Dauphin », est née avec le roi Philippe V d'Espagne, fils de France et duc d'Anjou avant son accession au trône.

Les descendants de Philippe V ont pour patronyme de Bourbon. Selon l'ancienne tradition royale française, ils auraient dû porter le nom de l'apanage conféré au fils de France dont ils sont issus. Mais Philippe V ayant accédé à la couronne d'Espagne avant de recevoir un apanage, les princes qui en sont issus ont repris le nom de Bourbon. Le titre de duc d'Anjou fut donné au petit-fils de Louis XIV ; il ne reçut jamais le duché d'Anjou en apanage.

Selon les partisans de la branche aînée des Bourbons, le chef de la maison de France doit être l'aîné de tous les descendants légitimes d'Hugues Capet, et cela quelle que soit sa nationalité ou les renonciations de ses ancêtres comme celles faites aux traités d'Utrecht, renonciations non valides du fait de la théorie de l’indisponibilité de la couronne. Le chef de la maison de France serait donc, actuellement, Louis de Bourbon (1974), « duc d'Anjou ». Connu dans les cercles légitimistes (et dans la presse française et espagnole) sous le nom de « Louis XX », le « duc d'Anjou » est l'ainé des descendant de Louis XIV et un descendant du roi d'Espagne Philippe V.

Comme son père Alphonse de Bourbon (1936-1989), Louis de Bourbon s'intitule chef de la maison de Bourbon. Il possède la nationalité française, héritée de sa grand-mère paternelle, Emmanuelle de Dampierre, « duchesse d'Anjou et de Ségovie » [24]. Son grand-père Jacques Henri de Bourbon, de nationalité espagnole, s'était déclaré « chef de la maison de France » à la mort de son père, l'ancien roi Alphonse XIII d'Espagne. Louis de Bourbon porte les pleines armes de France ; son père s'en était vu confirmer le droit par la justice française.

Leurs partisans sont généralement appelés « légitimistes », leurs adversaires préférant les termes de « Blancs d'Espagne ».

Maison d'Orléans issue de Louis XIII[modifier | modifier le code]

Cette branche commence avec le deuxième fils de Louis XIII : Philippe de France, fils de France et duc d'Orléans. Son fils, le Régent, épouse Françoise Marie de Bourbon, une fille bâtarde légitimée de Louis XIV.

Selon les partisans de la branche cadette des Bourbons, ou maison d'Orléans, le chef de la maison de France doit être l'aîné des Bourbons restés continûment français, à savoir le chef de la maison d'Orléans, descendant de Philippe de France (1640-1701), duc d'Orléans, et de Louis-Philippe Ier, premier prince du sang puis roi des Français : l'actuel « comte de Paris et duc de France », « Henri VII » pour ses partisans. Ceux-ci reconnaissent la validité des renonciations des traités d'Utrecht (1713).

Les partisans des Orléans sont appelés « orléanistes », selon certains d'entre eux à tort car les Orléans seraient devenus les héritiers légitimes du « comte de Chambord » à sa mort. Historiquement, ce terme s'appliquait aux partisans du régime de Louis-Philippe Ier, contre les partisans du « comte de Chambord » (les légitimistes) ou de la famille Bonaparte (les bonapartistes).

De plus, le terme « orléanisme » renvoie au XIXe siècle à une tradition politique, celle d'une royauté constitutionnelle, parlementaire et sécularisée qui n'est pas forcément celle de tous les partisans de la maison d'Orléans. Néanmoins, indépendamment des débats idéologiques, dans l'usage courant, « orléaniste » désigne un partisan de la maison d'Orléans quelle que soit sa conception de la monarchie.

Autres descendances issues de la maison de France[modifier | modifier le code]

La maison de France a donné non seulement trente-sept rois de France[25] mais aussi treize rois à Naples et la Sicile[26], dix rois à l'Espagne[27], quatre rois à la Hongrie[28], trois rois à la Pologne[28], trois empereurs à Constantinople[29] et par voie illégitime trente-deux rois au Portugal[30] et deux empereurs au Brésil[30].

Au-delà des familles souveraines, une recherche, commencée avec les Cahiers de Saint-Louis, a été entreprise pour identifier toutes les personnes et familles vivantes actuellement, et pouvant prouver qu'elles descendent d'Hugues Capet y compris par filiation féminine ou naturelle.

Article détaillé : Descendance capétienne.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Encyclopædia Universalis, volume 19, page 1186, édition 1975, ISBN 2-85229-281-5.
  2. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve ‑ XVIIIe siècle, P.S.R. éditions, 2004, p. 184.
  3. Jean Silve de Ventavon, La légitimité des lys et le duc d'Anjou, Fernand Lanore,‎ 1989, p. 78
  4. Karl Glöckner, Lorsch und Lothringen, Robertiner und Capetinger, Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins, Carlrhue, 1936, t.50, p. 301-354.
  5. Karl Ferdinand Werner, Les premiers Robertiens et les premiers Anjou (IXe siècle - Xe siècle), in : Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1997
  6. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve - XVIIIe siècle, P.S.R. éditions, 2004, p. 43.
  7. Christian Settipani, La préhistoire des Capétiens, éd. Patrick Van Kerrebrouck, p. 399, 1993.
  8. Karl Ferdinand Werner, Avant les Capétiens - L'élection du chef de l'Etat en France de Hugues Capet à nos jours, Paris, 1988, p.13.
  9. Des histroriens et généalogistes comme Christian Settipani ont soutenu néanmoins que les Carolingiens pourraient être issus des rois francs de Cologne et donc pourraient avoir une origine commune avec les Mérovingiens en la personne de Clodion si ce dernier est bien le grand-père de Sigisbert, roi des Francs rhénans.
  10. Hervé Robert, Les princes d'Orléans, Une famille en politique, éd. Economica, 2007, p. 56-58.
  11. Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, Ve - XVIIIe siècle, P.S.R. éditions, 2004, p. 185.
  12. Les héritiers du trône de France portaient le titre de dauphin, depuis que, en 1349, Humbert II du Viennois avait vendu sa seigneurie d'Albon et du Viennois (appelé par la suite Dauphiné) au roi de France Philippe VI de Valois, à la condition que l'héritier portât le titre de dauphin. Jusqu'à Henri II, on parlait de « dauphin de Viennois », puis à partir de son fils le futur François II on parla de « dauphin de France ».
  13. a et b Philippe de Montjouvent, Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848, éd. du Chaney, 1999, p. 31.
  14. Ceci en vertu de l'article II d'un édit du 12 mars 1710 de Louis XIV.
  15. a et b Philippe de Montjouvent, Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848, éd. du Chaney, 1999, p. 19.
  16. Philippe de Montjouvent, Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848, éd. du Chaney, 1999, p. 23.
  17. a, b et c Philippe de Montjouvent, Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848, éd. du Chaney, 1999, p. 11.
  18. L'expression Prince du Sang de France ne fut officielle qu'avec un édit donné à Blois par Henri III en décembre 1576 qui leur accordait à tous la qualité de pairs de France dès leur naissance et le droit de précéder les autres pairs tant laïcs qu'ecclésiastiques en toutes cérémonies. Par le même édit, le roi abolissait toute préséance entre les princes du sang et ordonnait qu'ils tiennent rang selon leur degré de consanguinité.
  19. a et b Philippe de Montjouvent, Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848, éd. du Chaney, 1999, p. 38.
  20. Par décision du 21 septembre 1824, publiée dans le Moniteur Universel du 22 septembre 1824.
  21. Philippe de Montjouvent, Éphéméride de la Maison de France de 1589 à 1848, éd. du Chaney, 1999, p. 48.
  22. La maison de Bourbon Busset forme, en effet, la branche aînée, mais non dynaste, de la maison capétienne de Bourbon. Ce sont les seuls Bourbons survivants qui ne descendent pas d'Henri IV.
  23. La maison de Bragance, dont sont issus les rois de Portugal et les empereurs du Brésil, est bien capétienne (issue de la première maison de Bourgogne), mais est issue d'un fils naturel et ne peut donc être dynaste en France.
  24. [1],décédée le 2 mai 2012.
  25. Encyclopædia Universalis, volume 20, page 2154, édition 1975, ISBN 2-85229-281-5.
  26. Encyclopædia Universalis, volume 20, page 2161, édition 1975, ISBN 2-85229-281-5.
  27. Encyclopædia Universalis, volume 20, page 2160, édition 1975, ISBN 2-85229-281-5.
  28. a et b Encyclopædia Universalis, volume 20, page 2156, édition 1975, ISBN 2-85229-281-5.
  29. Alice Saunier-Seité, Les Courtenay, France-Empire, 1998.
  30. a et b Encyclopædia Universalis, volume 20, page 2159, édition 1975, ISBN 2-85229-281-5.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Pinoteau, État présent de la Maison de Bourbon, 3e édition, 1985.
  • Hervé Pinoteau, Fabien Gandrille, Christian Papet-Vauban, Etat présent de la maison de Bourbon : pour servir de suite à l'almanach royal de 1830 et à d'autres publications officielles de la Maison, éditions du Léopard d'or, 1986.
  • Philippe de Montjouvent de Montjouvent, Ephéméride de la Maison de France de 1589 à 1848, éditions du Chaney, 1999.

Articles connexes[modifier | modifier le code]