Gurus du sikhisme

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Pour le sikhisme, guru vient étymologiquement de gu : obscurité et ru : vers la lumière. Le guru, comme dans l'hindouisme, est celui qui mène le disciple de l'obscurité vers la lumière[1].

Le Guru Granth Sahib le livre saint des sikhs rappelle à ce propos, page 463[2]:

ਜੇ ਸਉ ਚੰਦਾ ਉਗਵਹਿ ਸੂਰਜ ਚੜਹਿ ਹਜਾਰ ॥

ਏਤੇ ਚਾਨਣ ਹੋਦਿਆਂ ਗੁਰ ਬਿਨੁ ਘੋਰ ਅੰਧਾਰ ॥੨॥

soit:

Même si une centaine de lunes devaient apparaitre, et mille soleils,

Même avec une telle lumière, les ténèbres persiteraient sans la présence du guru.


Guru est un mot important qui revêt quatre significations. La première est par rapport à Dieu. Dieu est le guru, l'être en dehors du temps, mais qui rentre dans la dimension temporelle. Dieu, appelé aussi Waheguru, est l'instructeur divin. Pour le sikhisme, le guru se retrouve aussi dans l'hindouisme ou dans l'islam[3].

La deuxième explication du mot est naturellement le guru humain. Les Sikhs reconnaissent onze gurus, dix ayant vécu en chair et en os, et le dernier incarnant l'âme des dix précédents et prenant la forme d'un livre, le Siri Guru Granth Sahib :

  • Guru Nanak (1469-1539) fonde la religion sikh
  • Guru Angad (1504-1552) crée l'alphabet gurmukhî et compose 62 hymnes.
  • Guru Amar Das (1479-1574) installe la communauté des Sikhs à Goindwal, non loin de l'actuelle Amritsar. Il initie également la tradition du Langar, ou repas pris en commun par tous les fidèles au-delà de leurs statuts sociaux, de leurs origines raciales, de leur sexe. Il milite ardemment contre de nombreuses pratiques, telles l'infanticide des filles, l'immolation des veuves, la réclusion des femmes, la ségrégation des castes, etc...
  • Guru Ram Das (1534-1581) fonde la ville d'Amritsar et commence la construction du temple d'Or
  • Guru Arjan (1563-1606) termine la construction du temple d'Or et compile l'Âdi Granth. Il est martyrisé par le pouvoir moghol, sur ordre de Jahângîr, pour avoir refusé de faire entrer la tradition sikh sous le joug de l'islam.
  • Guru Hargobind (1595-1645) se proclame détenteur de l'autorité temporelle (Miri) autant que spirituelle (Piri) et lève une armée pour défendre les Sikhs et le peuple du Panjâb contre le fondamentalisme moghol.
  • Guru Har Rai (1630-1661) poursuit la tâche de son prédécesseur, prêche dans toute l'Inde du Nord et consolide les fondations de la communauté des Sikhs
  • Guru Har Krishan (1656-1664), l'Enfant Guru, devient guru à cinq ans et meurt de la variole trois ans plus tard. C'est donc le seul guru figuré sans barbe.
  • Guru Tegh Bahadur (1622-1676) est décapité sur ordre d'Aurangzeb pour avoir prêté refuge à des brahmanes du Cachemire et pour avoir refusé de se convertir à l'islam.
  • Guru Gobind Singh (1666-1708) le dernier guru incarné. Il complète l' Âdi Granth, militarise les Sikhs, forme le Khâlsâ Panth. Il instaure le baptême, l'adoption des cinq K et l'adoption des patronymes Singh (Lion) pour les hommes et Kaur (Princesse) pour les femmes. Après de nombreuses années passées à combattre les troupes mogholes et les persécutions d'Aurangzeb, il sacre le Siri Guru Granth Sahib comme son ultime successeur.
  • Le Siri Guru Granth Sahib, le Livre, l'ultime guru, la manifestation dans sa forme la plus élémentaire du Shabad Guru.


Le troisième sens du mot est donc celui utilisé non pas pour un guru de chair et d'os mais pour le Guru Granth Sahib, le gourou intemporel laissé par Guru Gobind Singh.

Une quatrième signification est liée au terme Guru Panth c'est-à-dire la communauté sikhe. Ses décisions bien que temporelles marquent les croyants.


Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir guru dans SikhiWiki l'encyclopédie sikhe en anglais.
  2. Voir le Guru Granth Sahib page 463
  3. A Popular dictionnary of Sikhism de W. Owen Cole et Piara Singh Sambhi, édition Curzon, pages 75, 76 et 77, ISBN 0700710485