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Force aérienne portugaise

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Força Aérea Portuguesa
Création
Pays Drapeau du Portugal Portugal
Type Force aérienne
Effectif 8 500
Fait partie de Forces armées portugaises
Ancienne dénomination Serviço de Aeronáutica Militar
Surnom FAP
Couleurs
Devise Ex Mero Motu
Marche Hino da Força Aérea Portuguesa
Anniversaire 1er juillet
Équipement 150 aéronefs
Guerres Première Guerre mondiale
Guerres coloniales portugaises
Décorations Honorary Member of the Military Order of the Tower and Sword (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Commandant Général João Cartaxo Alves (depuis le 25 février 2022, en poste en décembre 2025)[1]

La Force aérienne portugaise, Força Aérea Portuguesa en portugais (FAP), est la force aérienne du Portugal, et l'une des trois composantes des Forces armées portugaises. Ses origines remontent à 1912, lorsqu'ont commencé à être constituées les aviations de l'Exercito et de la Marine portugaise, ce qui en fait un des plus anciens corps d'aviation du monde, aux côtés de l'Armée de l'air française et de la Royal Air Force auxquelles elle est étroitement liée. Le premier juillet 1952, les aviation de l'Exército (Aeronáutica Militar) et de la Marine (Aviação Naval) sont fondues par l'Estado Novo dans une branche indépendante appelée Force Aerienne Portugaise (Força Aérea Portuguesa). Le Commandement Suprême de la Force Aerienne portugaise est le Président de la République portugaise. Depuis 2016, son chef d’état-major est le général Manuel Teixeira Rolo.

Au sein de l'armée portugaise, après quelques ascensions expérimentales en 1910 et 1911, une compagnie d'aérostiers (Companhia de Aerosteiros) fut créée au sein du services des transmissions le . L'année suivante, la formation d'un corps d'aviation fut officiellement envisagée. Les cinq premiers avions du gouvernement portugais furent offerts par des particuliers ou offerts par des souscriptions publiques : quatre appareils français, deux Voisin, un Maurice Farman MF.4, un monoplan Deperdussin type B (en), et un Avro 500 britannique. Les trois derniers furent incorporés à la compagnie d'aérostiers. Une Escola Militar de Aviação (EMA), ou école militaire d'aviation, fut créée le . Elle comprenait la compagnie d'aérostiers et ses avions, mais n'avait ni pilotes ni mécaniciens compétents, ni même d'installation pour abriter le matériel[2].

Première Guerre mondiale

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Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, le Portugal resta d'abord neutre, mais sous le prétexte de défendre ses colonies en Afrique, l'Angola et le Mozambique, d'une éventuelle attaque allemande, il déclara la guerre à l'Allemagne le , en dépit des avertissements britanniques, car l'armée portugaise était désuète et mal équipée. Pour constituer l'aviation militaire, des volontaires furent recrutés parmi les officiers. Sept candidats furent d'abord retenus, cinq de l'armée de terre et deux de la marine. Quatre furent envoyés à l'école d'aviation de l'US Signal Corps à San Diego (Californie), et les autres dans une école française à Chartres. D'autres candidats furent ensuite formés en France, à Chartres, Tours et Pau, et en Angleterre, à Hendon et Northolt[2].

Entre-temps, l'EMA fut inaugurée le à Vila Nova da Rainha (pt) (municipalité d'Azambuja, district de Lisbonne, région de l'Alentejo), et les officiers qui avaient été instruits à l'étranger devinrent les instructeurs. Le fait d'être allié à la Triple Entente permet au Portugal de bénéficier rapidement de l'expertise de la France et du Royaume-Uni, pays les plus avancés dans ce domaine. Le premier cours fut donné le sur les vieux modèles français Deperdussin et MF.4, bientôt rejoints par des appareils français plus modernes : un Farman MF.11, cinq Farman F.40, deux Caudron G.3 et le Morane-Saulnier Type H no 721[2].

En août 1917, le corps expéditionnaire portugais (Corpo Expedicionário Português ou CEP), basé en France avec son quartier général à Paris, organisa un Serviço de Aviação avec une Esquadrilha Inicial (Première escadrille), mais les avions promis ne furent jamais livrés. Le , le CEP créa le 1er Groupe d'Escadrille d'Aviation ( Grupo de Esquadrilhas de Aviação). Sur le papier, ce groupe était doté d'un escadron de chasse et de deux escadrons de bombardement et d'observation, mais ses avions qui devaient être fournis par la Grande-Bretagne n'arrivèrent jamais. En conséquence, les pilotes portugais furent répartis dans les escadrilles F 2, SPA 79, SPA 124, N 158, BR 204 et SAL 262 de l'Aéronautique militaire française, ainsi que dans le Squadron 140 du Royal Flying Corps britannique. Le 2e Groupe (2.º Grupo) projeté ne vit jamais le jour. Pendant la guerre, les équipages portugais se distinguèrent. Le capitaine Oscar Monteiro Torres, du Squadron 10 volant sur Royal Aircraft Factory B.E.2C, fut abattu en novembre 1917 après un combat acharné contre sept Fokker. Les Allemands l'inhumèrent en lui rendant les honneurs militaires[2]. Les opérations menées pendant la guerre par ces hommes permirent au Portugal de disposer d'un corps de pilotes bien formés, disposant d'une solide expérience opérationnelle.

Le Serviço Aeronáutico Militar fut créé officiellement le . Il comprenait, en plus de l'EMA, une escadrille mixte de dépôt et d'entraînement (Esquadrilha Mista de Treino e Depósito) avec deux Caudron G.3, et le Parc de Matériel Aéronautique (Parque de Material Aeronáutico) tous deux à Vila Nova da Rainha[2].

Entre-deux-guerres

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Fort de son experience opérationnelle, pendant l'entre-deux-guerres, le Portugal poursuit la structuration de ses Forces Aériennes, et se dote de centres de formation et d'usines de constructions d'aéronefs. La Esquadrilha Mista fut la première école de transformation opérationnelle, dotée de Caudron supplémentaires après son déménagement à Granja do Marquês (pt) avec l'EMA. Elle fut dissoute le [2].

Le Parc de Matériel Aéronautique créé pour assurer la révision et l'entretien des machines fut déménagé le à Alverca do Ribatejo, près de Lisbonne. Il devint le l'OGMA, Oficinas Gerais de Material Aeronáutico. En 1922, cet établissement commença à construire des avions, avec une première commande de 50 Caudron G.3. Jusqu'en 1952, il assembla 218 avions : 27 Potez 25 A2, 16 Morane-Saulnier MS.233, 7 Vickers Valparaiso, 17 Avro 626, 91 de Havilland DH.82 Tiger Moth et 66 de Havilland Canada DHC-1 Chipmunk. Il assembla aussi des moteurs, dont le plus populaire fut le Gnome et Rhône 9Ady (Bristol Jupiter)[2].

La première unité opérationnelle basée au Portugal fut le GEAR, Grupo de Esquadrilhas de Aviação República, formé le à Amadora, et comprenant une Escadrille de Combat (Esquadrilha de Combate) équipée de 12 Breguet 14 A2, avec un Breguet 14 Tbis pour le transport de l'état-major et trois avions en réserve[2].

Le , l'Aeronáutica Militar devint la cinquième arme de l'armée portugaise, après l'infanterie, la cavalerie, l'artillerie et le génie. Il était alors prévu de former trois groupes opérationnels de six escadrilles chacun. Cette restructuration eut pour première conséquence la transformation de l'escadrille de bombardement du GEAR en GIAB : Grupo Independente de Aviação de Bombardeamento, et son transfert à Alverca do Ribatejo près de Lisbonne. Son signe distinctif était des bandes rouges et bleues sur le fuselage. En 1931, le GIAB fut rééquipé avec 27 Potez 25 A2 assemblés par l'OGMA. Après une série d'essais, les Potez avaient été préférés au Caudron C.59, dont un exemplaire avait été acheté spécialement. À cette époque, le GIAB prit en compte un unique Farman F.191 équipé d'appareils photographiques. Cet avion, dont le pare-brise était remplacé par un périscope, fut ensuite cédé au GIAI de reconnaissance[2].

L'escadrille de chasse devint le GIAC, doté de SPAD ainsi que de quatre Martinsyde F.4 Buzzard qui furent affectés sur un nouvel aérodrome inauguré à Tancos, et reçurent pour insigne un lévrier. Le signe distinctif des chasseurs était une bande rouge soulignée de noir sur le fuselage. Les avions de l'EMA portaient une bande bleue[2].

Un troisième groupe fut créé, le Grupo Independente de Aviação de Informação (GIAI), groupe de reconnaissance avec 10 Vickers Valparaiso à moteur Napier Lion de 450 ch, et un seul Valparaiso à moteur Rolls-Royce Eagle de 360 ch[2]. L'OGMA reçut bientôt pour tâche de modifier sept des Valparaiso Mk I en Mk III avec des moteurs Bristol Jupiter[3]. En 1938, le GIAI fut rebaptisé Grupo de Esquadrilhas de Reconhecimento[2].

Seconde Guerre mondiale

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Junkers Ju 52 portugais
Supermarine Spitfire HF.IXc portugais

Dans la seconde moitié des années 30, avec des tensions de guerre qui s’intensifient en Europe et qui sont alliées au climat politique au Portugal, la force aérienne de l’armée a effectué plusieurs vols de soutien et de reconnaissance pour l’Espagne nationaliste et en soutien aux missions de la Luftwaffe contre l’Espagne républicaine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Portugal est venu armer ses armées avec de nouveaux hydravions et des avions modernes, parmi lesquels on peut mettre en évidence les allemands Junkers Ju 52 et Junkers Ju 86, les britanniques Bristol Blenheim, Hawker Hurricane et Supermarine Spitfire, et les américains P-38 Lightning et Consolidated B-24 Liberator, reflet de la dualité diplomatique au Portugal. Au cours de ce conflit, davantage de bases aériennes et d'aérodromes ont été créés, tels que la base aérienne de Lajes, sur l'île de Terceira, aux Açores, qui a servi à assurer la défense militaire de l'archipel et la base de soutien aux opérations aériennes américaines contre l'Allemagne nazie. Avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et la position conséquente du Portugal parmi les alliés vainqueurs, le Portugal faisait partie de l'ensemble des pays fondateurs de l'OTAN, émergeant ainsi de la nécessité d'une réforme dans les sphères militaires. En fait, le ministère de la Défense a ainsi été créé, le poste militaire de chef d'état-major général des forces armées et du ministère de la guerre est devenu le ministère de l'armée, ce qui a conduit à la création du sous-secrétariat d'État à l'aéronautique, hiérarchiquement dépendant du ministère de la Défense. Avec l'uniformité des structures militaires de tous les pays de l'OTAN, et malgré une certaine résistance de la part de l'armée portugaise, les armes aériennes de la marine et de l'armée ont été, par la loi, fusionnées le 27 juin 1952, sous le nom de Força Aérea Portuguesa, qui a vu son véritable début en tant que branche indépendante le 1er juillet 1952.

Les premières années de la Força Aérea Portuguesa

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La première organisation de l'armée de l'air a consisté en un commandement général des forces aériennes, un commandement opérationnel des forces aériennes, un commandement d'instruction et d'entraînement, six bases aériennes, quatre aérodromes de base, un groupe d'escadrons de chasseurs, des escadrons d'aviation de coopération avec les forces terrestres et navales, des unités de recherche et de sauvetage, des formations de transport aérien, les escarcols[4].

T-33 portugais

Dans le cadre de cette nouvelle organisation, il y avait place pour un élargissement et une modernisation des forces. Avec l'aide de l'OTAN, les premiers avions cédés au Portugal furent 50 chasseurs Republic P-47 Thunderbolt, formant deux escadrons à la base aérienne no 2 à Ota. En 1952, le premier avion à réaction est arrivé à Ota, deux De Havilland Vampire. En 1953, 50 avions de chasse à réaction Republic F-84 Thunderjet et 15 Lockheed T-33 Shooting Star ont également été achetés. Le Portugal était, déjà en 1952, parmi les rares pays avec une force aérienne considérable en avion à réaction. Entre 1953 et 1954, dans le BA6 nouvellement modernisé, l'effort aérien a été guidé pour le combat anti-sous-marin et le premier escadron de transport aérien a été créé, basé à l'aéroport de Portela, composé de 7 avions Douglas C-54 Skymaster (dont cinq ont été acquis avec l'aide de l'OTAN).

Republic F-84G-6-RE Thunderjet, Museo do Ar, Sintra

En 1955, le premier bataillon de parachutistes a été créé, basé à la base aérienne de Tancos, et la première station radar a été créée à Montejunto.

En 1956, un autre saut a eu lieu dans le domaine de la défense aérienne, avec la création du groupe de détection et de contrôle d'interception, basé à Monsanto, Lisbonne; ce groupe était spécial dans sa forme de service, car il était lié aux unités de chasse et à l'artillerie anti-aérienne de l'armée en cas d'attaque. Après quatre années de travail et d'organisation, en 1956, l'état-major général a été structuré, le territoire national a été divisé en trois régions aériennes, qui pourraient être subdivisées en zones aériennes si nécessaire, et il y avait certaines spécialités et services: service de communication et de circulation aérienne, service de recrutement et d'instruction, service de santé, service de matériel, service d'infrastructure et service. Les trois régions aériennes se sont étendues presque dans le monde (la région no 1 a couvert le Portugal continental, les Açores, Madère et le Cap-Vert, la région no 2 de l'Angola, la Guinée et le Sao Tomé et Príncipe, et la région n° 3 du Mozambique, de l'Inde portugaise, de Macao et du Timor) et chacun avait un commandement qui leur était propre, respectivement à Lisbonne, Luanda et Lourenço Marques.

North American F-86F-35-NA Sabre de la Força Aérea Portuguesa
North-American T-6 Harvard d'entrainement aux couleurs portugaises

Les matériels aériens ont continué d'augmenter en nombre et en modernité jusqu'en 1961, avec quinze avions bimoteurs Lockheed PV-2 Harpoon en 1956 et trente autres en 1961; quinze avions T-6 Havard supplémentaires, cinquante North American F-86 Sabre et sept hélicoptères Sud Aviation Alouette II, en 1958; sept Beechcraft C45 Expeditor et cinq CT-133 Silver Star en 1959, et douze Noratlas et douze Lockheed P-2 Neptune.

La guerre d'outre-mer

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Chargement d'une bombe classique pour un F-84 portugais durant la guerre d'indépendance de l'Angola.

Elle participe aux guerres coloniales portugaises de 1961 à 1974.

Guerre en Ukraine et modernisation

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À partir du milieu des années 2010, l'État portugais engage un processus de modernisation des capacités de l'armée de l'air portugaise (PRT AF), dans le but de soutenir les opérations des forces armées et d'accroître leur état de préparation dans le cadre de missions d'intérêt public. Dans le cadre de ce processus, en août 2019, le gouvernement portugais et le constructeur aéronautique brésilien Embraer signent un contrat pour l'acquisition de cinq avions KC-390 Millenium[5].

Dès le début de la guerre en Ukraine en 2022, le Portugal se positionne en soutien de Kiev, et entame des livraisons régulière d'armes et de matériel mobilisant essentiellement les Forces aériennes portugaises[6]. En 2024, le montant total de l’aide officielle portugaise à l’Ukraine monte à 226 millions d’euros. Outre des SA-330 Puma livrés au 4e trimestre de l'année, cette somme comprend la cession de six hélicopères Kamov Ka-32A11BC, de véhicules blindés M113 et d’obusiers de 155 mm. Lisbonne a, en outre, participé financièrement aux achats de munitions, à hauteur de 100 millions d’euros via l’initiative lancée par la République tchèque pour fournir des obus d’artillerie à l’armée ukrainienne, et de drones à hauteur de 52 millions d'euros[6].

D'une façon générale, le matériel livré par le Portugal à l'Ukraine correspond à des véhicules aériens d'usage ancien, certains arrêtés et en réserve depuis une dizaine d'années, mais encore opérationnels[6]. Ainsi, les anciens SA-330 Puma de la Force aérienne portugaise (FAP) livrés au 4e trimestre 2024 avaient une longue carrière opérationnelle derrière eux. Treize exemplaires avaient été acquis au début des années 1970 pour être engagés au Mozambique et en Angola, lors de la Guerre coloniale menée par le Portugal à cette époque (dont deux perdus). Les onze restants furent ensuite modernisés, avec l’intégration d’une dispositif SAR [Search & Rescue], d’un radar Omera ORB-31 pouvant être associé à des missiles antinavires Exocet et de nouveaux moteurs Makila. La FAP mit à l'arrêt sa flotte de SA-330 Puma en 2012, au moment de la mise en service de ses douze Agusta-Westland EH-101 Merlin. Initialement, le gouvernement portugais avait l’intention de revendre huit SA-330 Puma ayant encore du potentiel. Un arrêté avait été publié au Journal Officiel pour autoriser l’ouverture d’un appel d’offres international en mars 2024, avant que le gouvernement décide de réorienter sa flotte vers son allié, pour compenser la réduction de l'aide américaine.

Le 5 mars 2025, le ministère portugais de la Défense fait le point publiquement sur l’aide militaire qu’il a fournie à Kiev depuis février 2022. En septembre de la même année, l'État portugais signe avec l'industriel brésilien Embraer un avenant au contrat établi en 2019 pour l'acquisition du sixième avion KC-390 Millennium et l'inclusion de dix nouvelles options d'achat pour des acquisitions potentielles par de futurs pays partenaires[5]. Cet accord s'inscrit dans le cadre du processus de modernisation des capacités de l'armée de l'air portugaise (PRT AF), dans le but de soutenir les opérations des Forces armées et d'accroître leur état de préparation dans le cadre de missions d'intérêt public[5].

Drones aériens, renseignement et défense spatiale

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Les programmes de drones développés par la Force Aérienne portugaise

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Comprenant très tôt les enjeux stratégiques autour de l'apparition des drones permettant aux États de taille moyenne et aux moyens réduits de compenser leur faible masse et de disposer d'une nouvelle technologie décisive, la Force Aérienne portugaise lance en 2002 son programme de développement de l'ANTEX-M (Aeronave Não Tripulada Experimental – Militar, Military Experimental Unmanned Aircraft), ayant pour objectif de mener des recherches et de développer conjointement un drone de combat expérimental avec le Centre de recherche de l'Académie de l'armée de l'air portugaise (Centro de Investigação Academia da Força Aérea) et plusieurs instituts, universités et partenaires industriels nationaux et internationaux (EDISOFT).

Après avoir été suspendu un temps, le temps de dépasser les difficultés économiques rencontrées par le pays à cette époque, le programme est relancé en 2006, en partenariat avec l'Institut Technique (IST) de l'Université de Lisbonne pour le développement d'un véhicule télécommandé destiné aux essais en vol de nouveaux matériaux composites et aéronautiques. Dans le cadre de ce programme, les modèles ANTEX-M X00, X01 et X02 ont été développés et ont participé aux projets européens « Active Aeroelastic Aircraft Structures » (3AS) et « Aircraft Reliability Through Intelligent Materials Application » (ARTIMA). De 2006 à 2008, l'Académie de l'Armée de l'Air et la Faculté d'Ingénierie de l'Université de Porto (FEUP) ont collaboré au développement d'un système de contrôle de vol autonome pour aéronefs sans pilote.

En 2007, l'Armée de l'Air portugaise crée le PITVANT, « Projet de Recherche et de Technologie sur les Véhicules Aériens Sans Pilote », et le présente au ministère de la Défense nationale pour un financement de 2 millions d'euros à répartir sur sept années d'activité. Le projet se concentre sur la conception, la construction et les tests de plateformes de drones de petite et moyenne taille, l'interopérabilité des systèmes sans pilote, la fusion de données et les systèmes de navigation. Il inclut également les tests des systèmes dans des scénarios militaires, tels que la patrouille maritime, la recherche et le sauvetage, la surveillance côtière, la lutte contre la pollution marine et la reconnaissance.

Le développement de l'ANTEX-M dans le cadre de PITVANT implique la FEUP (projet AsasF), l'IST, l'Institut de géodésie et de navigation de l'Université des forces armées fédérales de Munich et l'Université de Victoria. L'ANTEX-M aboutit à la création d'une famille de drones expérimentaux de petite et moyenne taille. Le programme est financé par le ministère portugais de la Défense nationale jusqu'en 2015. L'objectif de l'ANTEX-M n'est pas de développer un système de drone pleinement opérationnel afin d'exécuter des missions PoAF, mais d'avoir la pleine maîtrise d'une technologie aéronautique à haute valeur stratégique et de soutenir les projets de recherche et développement de l'Académie de l'Armée de l'Air Portugaise et d'autres partenaires universitaires et industriels. En 2025, l'Armée de l'air portugaise dispose d'une flottille de douze drones UAVision OGASSA OGS42, ainsi que d'une flottille de quatre drones ANTEX-M, conçus et construits par son Académie, qu'elle utilise dans le cadre de ses interventions et exercices.

Les groupes industriels privés

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Le Portugal dispose avec les entreprises Tekever et UAVision Aeronautics de deux groupes industriels privés pionniers en matière de conception et fabrication de drones aériens de combat, de transport, d'assistance et de renseignement.

Fondé en 2001, le groupe industriel Tekever est actuellement considéré comme l'un des plus importants constructeurs européens de drones aériens civils et militaires. Le groupe conçoit ses appareils dans le Centre d’ingénierie de Tekever, situé à Caldas da Rainha[7]. Il fournit des drones au ministère britannique de la défense et à l'armée ukrainienne[4]. En 2025, le groupe emploie un millier de personnes avec des sites au Portugal, au Royaume-Uni, en France mais aussi en Ukraine où ses drones de longue élongation ont rapidement conquis les forces armées ukrainiennes[4]. L'implantation d'un nouveau site a été arrêtée en 2025 en France, à Cahors, où Tekever disposera de 4 500 m2, sur un bail emphytéotique de 19 ans, pour intégrer, assembler et customiser en série ses drones, principalement à destination des pays de l'OTAN[4]. L'usine sera aussi utilisée pour mener des tests radiofréquences à la fois pour les activités drones et spatiales[8].

De son côté, le groupe UAVision Aeronautics s'est développé comme sous-traitant portugais du secteur de la Défense, et fournisseur des Forces Aériennes. Son siège social est situé à Ventosa, province d'Alenquer. Il conçoit et fabrique des drones et leurs sous-systèmes. Initialement, il se concentrait sur le développement et la fabrication de pilotes automatiques et de systèmes de communication. UAvision a fourni des plateformes de drones sur quatre continents, opérant dans des environnements très divers. Outre une importante collaboration avec l'Union européenne et les forces armées portugaises , l'entreprise est présente sur les marchés internationaux, notamment au Brésil, au Nigéria, en Angola, en Corée du Sud , en Inde , aux Émirats arabes unis et en Allemagne. UAvision participe également à l'exercice REP(MUS) depuis 2019.

Tout en multipliant ses sites et en augmentant ses capacités de production, le groupe portugais Tekever s’apprête en 2025 à fabriquer « l’un des plus gros drones du monde », l’AXR, entièrement fabriqué au Portugal, sur différents sites de production situés entre Ponte de Sor, Porto et Caldas da Rainha[4]. Ce modèle, conçu comme l'un des plus performants systèmes aériens sans pilote au monde, doit être prêt en 2025[4]. Il volera à plus de 200 km/h, aura une série de systèmes de haute technologie à bord : électronique, navigation, communications et capteurs. L'objectif affiché par le groupe est qu’il soit l’un des principaux produits mondiaux dans ce domaine[4]. Bénéficiant du soutien de l'État portugais, ce projet sera financé par le PRR, le plan de relance et de résilience de l'Union européenne, « un projet intégré des agendas mobilisateurs Aero.Next et Aerospace »[4].

Le contrat de Tekever avec le ministère britannique de la Défense porte sur la AR5, un drone avec une envergure de près de huit mètres et 20 heures d’autonomie de vol[4]. Il est utilisé dans les patrouilles maritimes « pour contrôler la pollution, la pêche illégale et le trafic d’êtres humains »[4]. Si la marine portugaise ne s'est pas encore positionnée auprès de l'industriel portugais pour ce dernier modèle, Ricardo Mendes, fondateur et PDG de Tekever espère que Lisbonne achètera et utilisera l’AXR et deviendra « un client de référence », et que le Portugal, comme tous les autres pays, aidera à le mettre sur le marché, en devenant un client de référence »[4].

Parmi les projets à venir du groupe, figure le LUS 222, un Avion léger non pressurisé de 19 places équipé pour transporter jusqu’à 2 000 kg de fret, et avec une autonomie de 2 000 km, conçu comme projet commun entre CEiiAle centre d’ingénierie et de développement, Avions de l’EEE et la commune de Ponte de Sor[4]. Le premier modèle devrait être prêt pour la certification en 2025/2026[4].

Industrie de la défense spatiale

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En parallèle de la conception et de la construction de drones, le groupe industriel portugais Tekever développe également une industrie de la défense spatiale. Dans le domaine des satellites, Tekever a choisi d'opter pour une stratégie d’observation de la Terre, non par de gros satellites, mais par des réseaux de petits satellites, reliés dans un vaste système de réseau satellitaire[4]. Cette technologie commercialisable innovante fait l'objet de plusieurs partenariats et projets avec l’Agence spatiale européenne[4].

À cette « première ligne » de défense satellitaire, s'ajoute une seconde ligne de défense, basée sur un Capteur d’observation de la Terre, alimenté par radars à architecture synthétique (SAR), dont il existe très peu de fabricants dans le monde ; Tekever étant l’un d’entre eux[4]. Ce capteur permet d’obtenir des images à travers les nuages et la cime des arbres, nuit et le jour. Le groupe parie sur le développement d’un SAR déjà embarqué sur des drones et pouvant être utilisé sur des satellites, et embarqués[4]. L’un des projets pour lesquels Tekever a reçu une approbation de financement RRP est la création d’une constellation de SAR satellites, issue d'un partenariat entre Tekever et d’autres investisseurs[4].

Dans le cadre de son plan de développement, le groupe prévoit le lancement de nouveaux satellites dans trois ans, afin de compléter les informations qu'il fournit déjà aujourd’hui à ses clients, comme le Home Office (British Defence) ou l’Agence européenne pour la sécurité maritime (EMSA) », avec qui l’entreprise a un contrat d’une valeur de 30 millions d’euros[4]. Ces nouveaux satellites doivent permettre de compléter et de croiser les informations en temps réel provenant des drones avec les informations, qui ne seront pas en temps réel, mais sur de larges zones, en provenance des satellites »[4].

Commandement logistique et administratif

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Le Commandement Logistique et Administratif de la Force Aérienne (en portugais : Commando Logístico e Administrativo da Força Aérea, CLAFA) est dirigé par un lieutenant-général, et a pour mission la gestion de l'armée de l'air, des matériaux et des ressources financières en vue d'accomplir les plans et directives du CEMFA (Chef d'État-Major de la Force Aérienne).

Il a sous son commandement, les unités suivantes :

  • Direction de la logistique ;
  • Direction électronique ;
  • Direction des finances ;
  • Infra-structure de direction ;
  • Direction mécanique aéronautique ;
  • Unité de transport ;
  • CLAFA service administratif ;
  • Bureau de l'armement ;
  • Dépôt Général de Matériel de la Force Aérienne (en portugais : Depósito Geral de Material da Força Aérea, DGMFA) ;
  • Groupe de Génie de l'air de la Force Aérienne ;
  • Centre de maintenance électronique.

Liste des aéronefs

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Avions à réaction précédemment utilisés par l'armée de l'air portugaise :

Un F-84G portugais
Un EH-101 Merlin portugais.
Un Alpha Jet de la patrouille acrobatique Asas de Portugal (en).
Un F-16B biplace portugais se prépare à décoller.
Kamov Ka-32A-11BC utilisé comme bombardiers d'eau. Transférés à la force aérienne en 2022. Livraison à l'Ukraine fin 2024.

Les appareils en service en 2023 sont les suivants[13] :

Aéronefs Origine Type En service Versions Notes
Avions de chasse
General Dynamics F-16 Fighting Falcon Drapeau des États-Unis États-Unis Avion multirôle 28 F-16 AM/BM MLU
Embraer EMB 314 Drapeau du Brésil Brésil Avion d'attaque léger et de lutte insurectionnelle 0 A-29N Super Tucano 12 A-29N Super Tucano commandés le 16 décembre 2025 pour 200 millions d'euros. Départ des premiers appareils à destination du Portugal le 25 août 2025[14]. La cérémonie de livraisons des cinq premiers a lieu le 17 décembre 2025.
Avions de transport
Lockheed C-130 Hercules Drapeau des États-Unis États-Unis Avion de transport 5 3 C-130H-30 et 2 C-130H
CASA C-295 Drapeau de l’Union européenne Union européenne Avion de transport 7 C-295M
Embraer KC-390 Drapeau du Brésil Brésil Avion de transport 1 5 KC-390 commandés en septembre 2019[15]
Dassault Falcon 50 Drapeau de la France France Avion évacuation médicale et transport 3 Falcon 50Ex
Dassault Falcon 900 Drapeau de la France France Avion de transport de hautes personnalités et transport 1 reçu en 2023[16]
Avions de patrouille maritime
CASA C-295 Persuader Drapeau de l’Union européenne Union européenne Avion de patrouille maritime 5 C-295MPA
Lockheed P-3 Orion Drapeau des États-Unis États-Unis Avion de patrouille maritime 5 P-3C CUP+ avions rachetés aux Pays-Bas
Avions d'entraînement
Socata TB-30 Epsilon Drapeau de la France France Avion d'entraînement 16 TB-30P Construit sous licence au Portugal.
Chipmunk Mk.20 Mod. Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni / Drapeau du Portugal Portugal Avion

d entrainement

7 Mk.20 7 avions modernisés chez OGMA
ASK-21 Drapeau de l'Allemagne Allemagne Planeur

d' entraînement

4
LET L-23 Super Blaník Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie Planeur d'entraînement 3 L-23B
Hélicoptères
Sikorsky UH-60 Black Hawk Drapeau des États-Unis États-Unis Hélicoptère de transport et lutte contre les incendies 2 UH-60A 6 hélicoptères commandés en 2022[17]
AgustaWestland EH101 Merlin Drapeau de l'Italie ItalieDrapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni Hélicoptère de transport 12 6 version SAR , 2 Version SIFICAP, 4 version CSAR
Agusta A.119 Koala Drapeau de l'Italie ItalieDrapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni Hélicoptère utilitaire léger 7 AW119kx 5 commandés en octobre 2018 plus 2 en option, livraison à partir de décembre 2018[18]. le Portugal a décidé d'acquérir d'ici 2022 7 A.119 supplémentaires dans sa version de combat[19].
Kamov Ka-32 Drapeau de la Russie Russie Hélicoptère utilitaire lourd 6 unités Ka-32A-11BC Ces appareils, précédemment utilisés par l'Autorité nationale des urgences et par la protection civile portugaise, entre autres usages comme bombardiers d'eau, ont été transférés par l’État à la force aérienne portugaise en 2022, à cause de coûts d'entretien trop élevés. La remise à niveau de ces hélicoptères est évaluée à plus de vingt millions d'euros. Les Kamov serait affectés à des "missions de soutien militaire aux populations civiles"[20]. Ils sont donnés à l'Ukraine en septembre 2024[21]
Drone
UAVision OGASSA OGS42 Drapeau du Portugal Portugal Surveillance et Reconnaissance 12 [22]
ANTEX-M Drapeau du Portugal Portugal Surveillance et Reconnaissance 4 [23]

Structure des grades

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  • Tableau des grades des militaires du rang et des sous-officiers.
Code OTAN OR-1 OR-2 OR-3 OR-4 OR-5 OR-6 OR-7 OR-8 OR-9
Grade Soldado Segundo-cabo Primeiro-cabo Cabo-adjunto Cabo de secção Segundo-furriel Furriel Segundo-sargento Primeiro-sargento Sargento-ajudante Sargento-chefe Sargento-mor
Equivalent Aviateur de 2e classe Aviateur de 1re classe Caporal Caporal-chef Sergent Sergent-chef Adjudant Adjudant-chef
  • Tableau des grades des officiers.
Code OTAN OF-(D) OF-1 OF-2 OF-3 OF-4 OF-5 OF-6 OF-7 OF-8 OF-9
Grade Aspirante-a-Oficial Alferes Tenente Capitão Major Tenente-Coronel Coronel Brigadeiro-General Major-General Tenente-General General
Équivalent Aspirant Sous-Lieutenant Lieutenant Capitaine Commandant Lieutenant-colonel Colonel Général de brigade Général de division Général de corps d'armée Général d'armée

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Portuguese Air Force » (voir la liste des auteurs).
  1. https://www.emfa.pt/biografia-77-
  2. a b c d e f g h i j k et l Jan van den Oever, « La Força Aerea Portuguesa de 1911 à nos jours », Le Fana de l'Aviation, no 286,‎ , p. 48-53.
  3. (pt) José Fernandes dos Santos, « Aviões da AM - Vickers Valparaiso I, II e III », (consulté le ).
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s et t (pt) Luís Fraga, « SÚMULA HISTÓRICA DAS AVIAÇÕES MILITARES E DA FORÇA AÉREA DE PORTUGAL » [archive du 26 de dezembro de 2016], Repositório Institucional da Universidade Autónoma de Lisboa (consulté le )
  5. a b et c Antony Angrand, « Le Portugal signe un avenant pour l'acquisition de son sixième KC-390 », sur air-cosmos.com, Air & Cosmos,
  6. a b et c Laurent Lagneau, « Le Portugal confirme la livraison de 8 hélicoptères de manœuvre SA-330 Puma à l’Ukraine », Zone Militaire Opex 360,‎ (lire en ligne)
  7. « Le Portugal s’apprête à fabriquer « l’un des plus gros drones du monde » », sur vivreleportugal.com,
  8. Florine Galéron, « Feu vert pour l'usine de drones de Tekever dans le Lot: Le groupe portugais va bénéficier de 4 500 m2 pour produire en série des drones de plus en plus courtisés par les pays de l'OTAN », sur latribune.fr,
  9. « F-86F in Foreign Service »,
  10. Cessna T-37C "Asas de Portugal"
  11. Fiat G.91 - Wikipedia, the free encyclopedia
  12. Photography & Reports: A-7P Corsair II
  13. (en-US) « Portuguese Air Force (2023) », sur www.wdmma.org (consulté le )
  14. « Les premiers A-29N Super Tucano en vol pour le Portugal », sur Avianews,
  15. (en-US) Soumya Sharma, « Portuguese Air Force’s first KC-390 aircraft arrives in Portugal », sur Airforce Technology, (consulté le )
  16. (pt) « Avião utilizado para tráfico de droga fica para o Estado como pagamento de dívida », sur TVI Notícias (consulté le )
  17. (en-US) Defense Brief Editorial, « Portugal buys UH-60 Black Hawks for firefighting ops », sur Defense Brief, (consulté le )
  18. Emmanuel Huberdeau, « Cinq AW119Kx pour l’armée de l’Air portugaise », sur Air et Cosmos, (consulté le ).
  19. (pt) Sérgio A. Vitorino, « Portugal vai ter seis ‘hélis’ de ataque », sur cmjornal.pt, Correio da Manhã, (consulté le ).
  20. « Kamov transferidos para a força aérea [m2289 », sur passarodeferro.com (consulté le ).
  21. (en) « Portugal Transfers its Inoperable Ka-32 Firefighting Helicopters to Ukraine », sur /theaviationist.com,
  22. (pt) « Incêndios. Drones made in Portugal nascem a contrarrelógio », sur www.dn.pt (consulté le )
  23. « Antex-M - ASASF », sur web.archive.org, (consulté le )

Bibliographie

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  • Gilles Rivet et Michel Bénichou, « La Força Aérea Portuguesa », Le Fana de l'Aviation, no 235,‎ , p. 7-16.
  • Jan van den Oever, « La Força Aerea Portuguesa de 1911 à nos jours », Le Fana de l'Aviation, no 286,‎ , p. 48-53.

Liens externes

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